Assez de mensonges israéliens ! Retrait de tous les territoires occupés

Depuis des mois, le gouvernement israélien tient le monde en haleine avec la promesse d’un retrait de 8000

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lundi 23 mai 2005

Depuis plusieurs mois, les Palestiniens serrent les dents, subissent les conseils, remontrances et outrecuidances de l’occupant, relayés par la communauté internationale, concernant la nécessité de "faire des réformes" et de "cesser la violence". Ils résistent courageusement aux multiples provocations israéliennes, ceux-là mêmes qui leur font la leçon poursuivant sans discontinuer leurs violences : assassinats de femmes d’hommes et d’enfants, rafles, arrestations sans aucun motif, bouclages de plus en plus hermétiques.

Depuis des mois, le gouvernement israélien tient le monde en haleine avec la promesse d’un retrait de 8000 colons de la Bande de Gaza, sur les 450.000 installés dans les territoires occupés par ses troupes. Un "désengagement", qui laissera de toute façon les habitants de cette étroite bande de terre emprisonnée, sans aucune possibilité de liaison avec les autres Palestiniens de la Cisjordanie ou de Jérusalem Est, ni avec aucun pays étranger. Encerclés, surveillés, sans débouchés.

Mais même cette perspective apparaît de plus en plus incertaine. Après avoir promis que l’évacuation des colons aurait lieu le 20 juillet, Sharon vient d’annoncer un report à la mi-août après avoir découvert l’importance extrême de fêtes religieuses.
Pas si vite ! Vient de s’exclamer le travailliste Shimon Peres en estimant que la démolition des maisons des colons allait provoquer des "millions" de tonnes de gravats qu’il serait difficile, voire impossible de transporter en Israël ! Oui, vous avez bien lu, ce prix Nobel de la paix n’imagine pas de départ des colons de la terre palestinienne qu’ils occupent illégalement sans une destruction préalable de leurs maisons. Comme si l’armée israélienne n’avait pas déjà suffisamment détruit de maisons palestiniennes, de cultures, d’écoles dans la Bande de Gaza. Comme si les colons n’avaient pas déjà suffisamment pompé pendant 38 ans un maximum d’eau palestinienne. (L’occupant contrôle 100 % de l’eau dans les territoires palestiniens et s’en approprie 80 % pour ses propres besoins).

Le ministre israélien des affaires étrangères, Sylvan Shalom, a déclaré de son côté, il y a quelques jours, qu’ Israël "reconsidèrerait sa décision de se retirer de la bande de Gaza, si le Hamas remportait les prochaines élections législatives". (Là encore, on appréciera, de la part d’un Etat qui confie les plus hautes responsabilités à l’extrême droite raciste et à des intégristes religieux fanatiques).

Et ce n’est pas tout, en matière de provocation. Le ministre israélien de la Défense, Shaoul Mofaz, s’est quant à lui déclaré favorable à un retrait de la Bande de Gaza dans un entretien, mercredi, au quotidien Yediot Aharonot, en précisant : "Cela nous permettra de garder le contrôle des grands blocs de colonies de Judée Samarie (Cisjordanie) et de garder Jérusalem comme la capitale unifiée de l’Etat d’Israël" "En fait, a-t-il ajouté, les colons de Judée

Samarie et de Gaza pourront dire dans quelques années qu’ils ont aidé à établir les frontières Est de l’Etat d’Israël". (Lors de sa rencontre le 11 avril avec George W. Bush aux Etats-Unis, Ariel Sharon avait déjà affirmé qu’Israël garderait le contrôle des grands blocs de colonies de Cisjordanie dans le cadre de tout accord futur avec les Palestiniens.)

Pourquoi aucun gouvernement européen ne réagit-il, alors que l’Europe a réaffirmé sa volonté de faire partie du fameux "quartette" censé faire appliquer la non moins fameuse "feuille de route" ? Pourquoi aucun pays n’exerce-t-il la moindre pression sur Israël quand son gouvernement cherche à faire capoter de manière aussi éclatante toute possibilité de paix entre les deux peuples ? Pourquoi sanctionne-t-on Cuba, l’Irak, la Syrie, et pas Israël ?

Dans les deux semaines qui viennent de s’écouler, des journalistes ont relaté le fait que des colons israéliens répandaient du poison sur les champs palestiniens et avaient ainsi provoqué la mort d’une centaine de bêtes. Aucune enquête n’a été diligentée. Des bulldozers continuent à raser des maisons palestiniennes (12.000 détruites depuis le début de l’occupation) tandis qu’aucun permis de construire n’est délivré à un Palestinien. Ils continuent à déraciner les oliviers (un million en tout avec les arbres fruitiers déracinés depuis 1967). Seuls nos amis israéliens de l’ICAHD (Comité Israélien contre la démolition des Maisons) protestent.

Plus de 8000 prisonniers dont 300 enfants croupissent dans les prisons israéliennes, battus, torturés. L’un d’eux, âgé de 22 ans vient d’en mourir. Une femme palestinienne a fait une fausse couche avant-hier à un check-point après une attente interminable dans la chaleur. Quoi de plus normal ?

Lors d’une manifestation pacifique pour protester contre la construction du Mur qui coupe en deux un village palestinien à Bi’lin, l’armée a utilisé des gaz lacrymogènes et de nouvelles balles particulièrement douloureuses contre les manifestants palestiniens et israéliens. Le dirigeant de Gush Shalom, Uri Avenery, agé de 82 ans, a été jeté à terre, un député israélien arabe de la Knesset a été blessé et plusieurs policiers israéliens déguisés en manifestants avaient infiltré le cortège et commencé à lancer des pierres en direction de l’armée pour tenter de donner une justification à la répression. Tout cela a été filmé (voir les deux vidéos impressionnantes sur le site de http://www.gush-shalom.org ). Si les manifestations pacifiques sont brutalement réprimées, quelles sont les formes de résistance possibles ? Le Mur de "séparation" (avec des Israéliens des deux côtés du mur), s’élève malgré la décision de la Cour de Justice Internationale sur de nouveaux emplacements et annexe encore plus de terres palestiniennes. A Bethléem, à Naplouse, il remplace désormais des amoncellements de bric et de broc aux check-points, bouclant définitivement les Palestiniens dans une ville, voire un quartier.

Qu’attend-on de plus des Palestiniens ? On a décrié Arafat. On a vanté la modération de Mahmoud Abbas. Et maintenant ? On attend que des Palestiniens désespérés aillent à nouveau se faire sauter n’importe où pour nous rejouer le mauvais scénario de "l’absence d’interlocuteur pour la paix" et du "terrorisme palestinien" ? La complicité dans le crime a-t-elle des limites ?

CAPJPO-EuroPalestine

 http://www.europalestine.com

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Auteur : Olivia Zémor

Présidente de CAPJPO (Coordination des Appels pour une Paix Juste au Proche-Orient) et candidate Euro-Palestine

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