Arafat ... et après ? La guerre civile est-elle évitable ?

Arafat disparu, le peuple palestinien peine à dire " Le Roi est mort, Vive le Roi ! ". Nul ne sait en effet

lundi 22 novembre 2004

Arafat disparu, le peuple palestinien peine à dire " Le Roi est mort, Vive le Roi ! ". Nul ne sait en effet qui sera Roi et à quelles conditions. Et avant le sacre, le simulacre... L’enjeu est de taille - l’élection doit se dérouler dans un contexte irréprochable - afin que la communauté internationale puisse à nouveau se prévaloir d’une légitimité démocratique... pour encore boycotter la Palestine et les palestiniens, assoiffés de liberté !

Le simulacre : procéder à des élections présidentielles dans un non Etat. Désigner par la voie des urnes celui qui ne gouvernera pas, faute d’entité à gouverner. Demander à des affamés sans espoir et sans horizon de voter, alors qu’ils savent bien toute l’inutilité de cette démarche. Et qui viendrait leur donner tort sur le fond... ? Voter pour un leader et une équipe qui puissent sortir les palestiniens du trou au fond du quel ils se trouvent... Mais sortir sans corde relève de l’impossible... Arafat s’y est essayé et y a laissé sa liberté, son histoire et enfin sa vie. Loin de moi l’idée d’accréditer la thèse de l’empoisonnement qui court les rues de Gaza, mais il n’est pas faux de dire que les israéliens ont consciemment assassinés l’Autorité Palestinienne et son Chef. J’entends ça et là des voix dire que Arafat a causé sa propre perte en lançant la seconde Intifada, dite des Mosquées. Nous savons bien combien cette théorie est légère : Arafat est politiquement mort le jour du retrait de l’armée israélienne du Sud Liban, sur ordre de Barak alors Premier Ministre d’Israël. Ce retrait a laissé accroire à la rue Palestinienne que la politique de harcèlement et d’attaques suicides menée par le Hezbollah libanais et glorifiée par les médias arabes comme autant d’actes héroïques portait ses fruits. La rue palestinienne ne pouvait rester insensible à cet exemple ; elle a voulu s’emparer de la résistance, comme elle l’avait déjà fait une première fois. Arafat, pour ne pas se laisser déborder, à essayé de tenir la main de la jeunesse palestinienne, qui s’est vite éloignée du vieux Chef pour tomber dans les rets des islamistes. Politiquement, Arafat est mort le 25 mai 2000. Ses funérailles politiques se sont déroulées sur l’esplanade des Mosquées, et Sharon, pas encore Premier Ministre d’Israël, y assistait...

A présent c’est à l’autorité palestinienne de passer l’arme à gauche. La date du décès est prévisible ; le 9 janvier 2005, jour d’un vote vide de sens pour la très grande majorité des palestiniens. A ce moment, Hamas et le Djihad islamique se disputeront la rue palestinienne de Gaza à Ramallah en passant par Amman, dans une alliance objective avec l’Etat hébreu qui, à l’instar des fondamentalistes musulmans, n’a pas effectué le choix stratégique de la paix.

Arafat mort, beaucoup espèrent que le processus de paix reprendra. Cela n’est pas de la responsabilité exclusive des palestiniens. Le contexte économique - plus de 50% de la population palestinienne vit en dessous du seuil de pauvreté de 2 USD par jour et par personne - ne favorise pas la paix. Celle-ci impliquera une séparation totale d’Israël d’avec les palestiniens. Or Israël est le principal client et le principal fournisseur de la Palestine. Le contexte politique ne favorisera pas non plus la paix après les élections du 9 janvier 2005. En effet, Hamas et le Djihad, avides de mettre la main définitivement sur la rue palestinienne annoncent déjà qu’ils comptent boycotter l’élection... Si les éléments internes de désordre ne suffisent pas, Israël à toujours la possibilité de relâcher Marwan Barghouti, " à titre humanitaire ", afin qu’il participe au " processus des élections ". Décision inattaquable par la fameuse opinion publique internationale mais lourde de sens puisque il est clair qu’une fois en liberté, Barghouti voudra s’emparer du pouvoir au détriment d’autres, plus vieux, qui le briguent depuis déjà si longtemps...

L’horizon palestinien est donc bien sombre. La violence urbaine interne peut succéder à la violence " armée " entre israéliens et palestiniens, qui fera alors figure d’historiette...

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