Après les nouvelles déclarations de Sharon : des sanctions contre Israël !

En attaquant publiquement la population française de culture musulmane, Ariel Sharon a apporté une fois de p

mardi 20 juillet 2004

En attaquant publiquement la population française de culture musulmane, Ariel Sharon a apporté une fois de plus dimanche une preuve de la volonté du gouvernement israélien d’exporter le conflit du Proche-Orient, et d’inciter les minorités juive et musulmane de notre propre pays à se livrer à la haine ethnique, religieuse et raciale.

Impudent, parce que tous ses crimes contre le peuple palestinien sont restés à ce jour impunis, le pitre sanglant qui dirige « la seule démocratie du Moyen-Orient » s’est ainsi permis de fustiger les Français musulmans et de décréter un état de danger absolu pour les Juifs de France.

Il a sommé ces derniers de venir « immédiatement » en Israël, où ils trouveraient « paix et sécurité », au lendemain même de la scandaleuse affaire dite du RER D, où l’ensemble de l’opinion publique française, à commencer par sa composante arabo-musulmane, a été odieusement accusée d’antisémitisme.

Ariel Sharon croît-il à ce qu’il éructe ? A dire vrai, cela n’a aucune importance. Les dirigeants israéliens cultivent, depuis toujours, l’idée que tout Juif, à la surface de la planète, a l’obligation morale de s’installer en Israël, ou plus précisément encore dans les territoires palestiniens occupés de Jérusalem-Est, de Cisjordanie, voire même de la bande de Gaza (où les arrivées de colons fanatiques continuent, aujourd’hui encore !)

Cette politique a pourtant largement échoué : 56 ans après la création de l’Etat d’Israël, et malgré des incitations matérielles et financières importantes, moins de 40% des citoyens juifs du monde ont fait un tel choix. Parmi d’autres raisons, parce qu’Israël, en menant une politique constante d’oppression et de répression des peuples de la région, à commencer par le peuple palestinien, n’a jamais été en mesure d’apporter « la paix et la sécurité » à ses immigrants juifs.

S’agissant de la France, c’est même le phénomène inverse qui se produit : il y a actuellement plus d’Israéliens qui émigrent en France ou qui y reviennent, qu’il n’y a de Français qui partent habiter en Israël ou dans les colonies des territoires palestiniens !

Alors, les Sharoniens de tout poil, notamment au sein des médias et de la classe politique française, multiplient provocations et diffusions de fausses nouvelles comme celle du RER D et plusieurs autres avant celle-ci (affaires faussement qualifiées d’antisémites du poignardage du rabbin Farhi, de l’incendie de l’école juive de Gagny, ou de l’agression d’Epinay, pourtant présentées comme les preuves les plus manifestes de la réalité de l’antisémitisme en France).

Sharon, ses collaborateurs et ses alliés directs comme le CRIF en France (qui dispose d’un représentant au sein du gouvernement avec la désormais tristement célèbre Nicole Guedj, secrétaire d’Etat au droit des victimes) savent pertinemment qu’ils alimentent, par leur politique, l’incitation à la haine raciale, dont l’antisémitisme qu’ils prétendent combattre.

Comme le dit très bien Uri Avnery, dirigeant du mouvement pacifiste israélien Gush Shalom, « L’Etat d’Israël est la cause de la renaissance de l’antisémitisme dans le monde. Le gouvernement Sharon est un laboratoire géant pour la culture du virus de l’antisémitisme. Il l’exporte dans le monde entier »

Et cela, parce que le chantage à l’antisémitisme est devenu la seule arme dont disposent désormais les partisans de la politique israélienne, condamnée par l’humanité éprise de justice, et par les instances représentatives du droit international, comme vient de le faire la Cour Internationale de Justice de La Haye, en se prononçant sur l’illégalité du mur de l’annexion construit par Israël en Cisjordanie.

C’est pourquoi, se contenter de dire, comme vient de le faire le gouvernement français au lendemain de la dernière sortie de Sharon, que les propos du dirigeant israélien sont « inacceptables », ou faire mine de découvrir que le boucher de Sabra et Chatila a « pété les plombs » ressemble à de l’hypocrisie.

Pour faire reculer le gouvernement israélien dans son entreprise de destruction du peuple et de la société palestiniens il faut des sanctions, c’est-à-dire des signaux forts adressés par la communauté internationale au peuple israélien, pour qu’il comprenne que ses dirigeants le guident tout droit vers l’abîme, s’imposent.

La petite Nouvelle-Zélande, qui avait croisé le fer avec succès contre la France il y a une vingtaine d’années quand des espions français avaient assassiné un marin du navire écologiste Greenpeace sur son territoire, vient de montrer une nouvelle fois l’exemple : elle a suspendu ses relations diplomatiques avec Israël, après avoir condamné en justice deux agents du Mossad (services secrets israéliens) en mission d’espionnage.

Il est temps, que ce soit au niveau de l’Union européenne pour ce qui concerne les privilèges économiques et scientifiques concédés à Israël au mépris de la violation par ce dernier de ses obligations humanitaires, ou au niveau de la France, de prendre des sanctions effectives contre ce gouvernement d’assassins et de fauteurs de guerre.

 

Paris, le 19 juin 2004-07-19

Publicité

commentaires