Appel aux intellectuels du monde entier

L’émotion ne résoudra rien. Seul les faits historiques et les arguments irréfutables de la juste cause pa

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mardi 6 janvier 2009

Dans un contexte de grave crise mondiale, morale, politique et économique, comme dans les années trente avec le fascisme, le sionisme idéologie raciste favorise le nettoyage ethnique, l’occupation coloniale et les massacres. Plus encore, elle met en danger toute la planète en inventant un nouvel ennemi, en menant la guerre contre l’islam, civilisation de la ligne médiane, qui a orienté vers le vrai et fait ses preuves, notamment en ayant participé à l’Occident d’hier, et aujourd’hui témoin abrahamique, figure du résistant, du droit à la différence, face au règne du culte du « veau d’or », des idolâtries et dérives de notre temps qui portent atteintes à la nature humaine et à la nature elle même. Les sionistes pratiquent l’amalgame, fabriquent et nourrissent les extrémismes, en vue de répandre la peur.

Pour paralyser toute forme de protestations, ils exploitent à outrance le souvenir de l’immonde, l’holocauste, et la mauvaise conscience occidentale, en se mettant au dessus de toutes les lois. Ainsi, même si des centaines, voire des milliers de Palestiniens sont tués par les sionistes, on risque de ne pas voir une mobilisation massive de l’opinion publique occidentale contre les crimes de guerre des sionistes. Il est impérieux d’expliquer le fond de la question, de contrecarrer les mensonges et de déconstruire les schémas mystificateurs.

L’émotion ne résoudra rien. Seul les faits historiques et les arguments irréfutables de la juste cause palestienne peuvent changer les rapports de force et démasquer les cyniques. Il s’agit en même temps d’exiger l’égalité entre Palestiniens et Israéliens, d’autant qu’ils existent des juifs, des chrétiens, et des êtres humains honnêtes de par le monde qui savent que le sionisme c’est l’anti-judaïsme et l’antihumanisme. Expliquer de façon réfléchi, fondé sur la communication, le savoir et la vigilance afin d’élargir les forces attachées à la justice est le chemin pour amener la communauté internationale à refuser enfin : que l’on dépossède un peuple de sa terre, qu’on le déshumanise en lui infligeant des traitements barbares et que l’on impose un monde de non-droit.

Droit ou loi de la jungle ?

Est t-il donc possible d’exprimer une opinion différente de celle qui domine en Occident au sujet de la situation génocidaire en Palestine ? Apparemment, cela parait quasi impossible. Les données sont tellement manipulées que même des personnes de bonne foi sont trompées. Tout le monde n’est pas dupe, et les manifestations internationales sont encourageantes ; mais les discours officiels et médiatiques deviennent des armes d’enfermement. Ils empêchent la critique. Le système occidental, malgré la diversité de parole, impose pour certaines questions une seule manière de voir. J’appelle à nous interroger sur ce que l’Occident refuse d’admettre. A Gaza ce n’est pas une guerre comme les autres, ni une agression banale ; mais à trait à l’avenir du monde. Le droit régira t-il les relations internationales ou la loi de la jungle ?

Tout être objectif ne peut qu’être stupéfait des réactions des autorités en Occident, qui prétendent que cette agression est « défensive », et, dans le meilleur des cas, mettent sur le même plan les parties en présence, en occultant l’injustice dont souffre le peuple palestinien depuis 60 ans. Qui reconnaitra qu’il y a des oppresseurs et des opprimés, des colonisateurs et des colonisés, des agresseurs et des agressés ? Tout appel à la paix qui ne s’accompagne pas d’un discernement et d’une dénonciation de l’injustice ne peut être entendu. Le mythe grossier d’un encerclement d’Israël ne peut plus tenir. Après des années de tergiversation, car le monde arabe est innocent des crimes commis durant la deuxième guerre mondiale à l’égard des juifs ; en 1979 l’Egypte a signé un accord de paix. Suivi en 1996 par la Jordanie.

Depuis 1991 lors de la Conférence internationale de Madrid la volonté de paix des arabes basée sur le recouvrement des territoires occupés depuis juin 1967 était évidente. En 1993 les autorités palestiniennes ont acceptés le processus de paix, sans garantie d’édifier leur Etat. Depuis ils survivent dans une prison à ciel ouvert, bantoustans qui forment à peine 8 % des territoires qui leur reviennent selon le partage de 1948. En 2002, à l’unanimité, les 22 pays arabes soumettent une solution diplomatique de normalisation, qui est confirmée à chaque sommet. A tout cela les USA et Israël ont toujours préférés le langage de la force, le viol des 60 résolutions des Nations Unies à ce sujet et la diabolisation des musulmans.

Un problème de colonisation !

Cette tragique injustice s’est aggravée. A force d’exploitation des crimes commis par des groupes politico-religieux manipulés, poussés au désespoir et apparentés à l’islam, l’Occident, depuis la chute du mur de Berlin en 1989 et plus encore après le « 11 septembre 2001 », s’est inventé un nouvel ennemi, et pratique l’amalgame, pour faire diversion aux impasses politiques. Contrairement à ce qui est colporté, l’immense majorité des musulmans, de par le monde, rejette l’instrumentalisation de la religion et l’islamisme qui sont l’anti-islam. De plus, en Palestine c’est un problème de colonisation.

Face à la brutalité de la répression, l’attentisme de la plupart des élites, et des autorités morales et religieuses, en Occident, sont inadmissibles. Le Pape lui-même n’intervient pas, alors que trois jours avant à l’occasion de Noel, il appelait à la paix au Moyen Orient. La peur et la propagande rendent-elles à ce point muet, aveugle et sourd et partant complice ? Les islamophobes ne mettent l’accent que sur la violence épisodique des faibles et non celle à grande échelle et permanente des puissants. Pire, toute critique des crimes de guerre d’Israël est assimilé à de l’antisémitisme.

Terrorisme d’un puissant régime doté d’armes de destructions massives, Etat pas comme les autres, aux frontières inconnues, qui agit dans l’impunité, contre une résistance légitime, lorsqu’elle défend le droit à la vie libre et vise des forces armées d’occupation. En sachant que, au lieu de construire une société fondée sur la responsabilisation des citoyens, le savoir et la connaissance, les régimes arabes perfides et illégitimes, sont inertes, ou complices, que faire ? Il s’agit de dénoncer sans relâche la barbarie, que le monde occidental laisse faire, sans oublier que des non-musulmans de tous pays sont solidaires des palestiniens. La cause Palestinienne n’est pas que l’affaire des arabes et des musulmans, bien au contraire. En temps d’accalmie, comme de guerre, il y a lieu d’expliquer tous les faits. Dans ce cadre, il sera possible d’exiger des sanctions internationales contre Israël et la traduction des responsables israéliens devant une cour de justice internationale.

Plus encore qu’il il y a trois ans, suite à l’agression contre le peuple libanais, tout non-musulman doit comprendre pourquoi ce carnage est révoltant. L’actuelle guerre totale, air, terre, mer, d’une puissance militaire fascisante, avec prés de 600 tués palestiniens et plus de trois mille blessés, démontre que nous sommes dans un début de “solution finale” pour liquider le peuple palestinien, et partant de la notion de liberté dans le monde. “On n’arrêtera que quand nous aurons fini le travail” répètent les chefs de la soldatesque sioniste. Après un long blocus, c’est la continuation du Mur de l’apartheid en Cisjordanie, des exécutions extrajudiciaires, des crimes de Chabra et Chatilla, de Jenine, de Naplouse… Mener des représailles féroces, préméditée et préparée de longue date contre des opérations dérisoires de très faibles amplitudes comme le lancement de roquettes, par des actions de guerre totale et de destruction massive prouve que ce qui compte ce n’est pas le prétexte mais un projet de domination.

Les pays européens ferment les yeux, et demandent aux victimes, dépossédées de leur terre, coupées du monde et réduites à des conditions inhumaines, de reconnaître leur bourreau. Cette politique inique est vouée à l’échec. A Gaza, les palestiniens unis résistent et se battent. Les soutenir c’est défendre la dignité humaine et notre propre devenir.

Quelle folie que cette guerre perpétrée par Israël, alors que par le passé les juifs se refugiaient en terre d’islam pour fuir les persécutions européennes. Comment des sionistes peuvent-ils croirent que c’est en semant la mort et la haine et en maintenant un autre peuple sémite sous un déluge de feu qu’ils obtiendront la paix et la sécurité ? Le sioniste ne semble pouvoir vivre que dans le bellicisme. Ce sont les prophètes bibliques qui sont trahis, c’est le judaïsme qui est trahi. Tout comme le Prophète est trahi à chaque fois qu’un « islamiste » tue un innocent. Même si son idéologie peut être contestable, la diversité est une richesse, le problème n’est pas « Hamas », mouvement de résistance, choisit démocratiquement par les palestiniens, qui n’a jamais commis d’attentats en dehors du territoire de l’occupant.

Rien ne fera plier la volonté de liberté des palestiniens. Un million de résistants, renaitront des cendres de Gaza. Sans justice il ne saurait y avoir de paix. L’amnésie de l’histoire et l’impunité détruisent l’image de l’Occident moderne et creusent la tombe de l’actuel « ordre mondial ». Que les êtres épris de justice assument leur responsabilité. Sinon plus rien n’aura de valeur. Quel est le refoulé de cette guerre que l’Occident ne veut pas voir ? Qui a pris le monde en otage ? Avant que l’humanité ne sombre, dites le nous, nous qui croyons encore aux vertus de la raison, aux bienfaits du dialogue vigilant et au vivre ensemble.

www.mustapha-cherif.net

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 Le Professeur Mustapha Cherif est lauréat du prix Unesco du dialogue des cultures, auteur notamment de « Le Coran et notre temps », « Le Prophète et notre temps » édition Al bouraq Paris, et « Sortir des extrêmes » édition Points sur les i, Paris.

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