Angelina Jolie et l’histoire d’amour entre une musulmane et un Serbe

Pour son premier passage derrière la caméra, ce n’est pas au registre de la bluette romantique que s’est

mardi 9 novembre 2010

Pour son premier passage derrière la caméra, ce n’est pas au registre de la bluette romantique que s’est essayée Angelina Jolie, mais plutôt à la tragédie épique, celle d’une impossible histoire d’amour entre un Serbe et une musulmane, sur fond d’une épuration ethnique de macabre mémoire.

"Ils ne peuvent mettre à l’écran ce que nous avons traversé !", désapprouve avec virulence Bakira Hasecic, présidente de l’association locale "Femmes victimes de la guerre", qui apporte aide et réconfort aux femmes musulmanes violées pendant la guerre de Bosnie, lesquelles se compteraient par milliers, selon les estimations officielles.

L’émotion est à son comble en Bosnie, à la perspective de voir retracer sur grand écran l’horreur qui ne cesse de hanter les esprits, sous les traits de deux personnages romanesques épris l’un de l’autre, avant que la barbarie à visage humain ne les oppose et ne les sépare à jamais.

Pour un coup d’essai aux manettes, c’est déjà un coup de maître médiatique, même s’il est entouré du parfum du vrai faux scandale… Le film est en effet précédé d’une terrible rumeur qui a fait les choux gras de la presse locale, celle du viol de l’héroïne par son compagnon serbe, lui assurant une couverture médiatique sans précédent, qui est remontée jusqu’au plus haut sommet de l’Etat.

Troquant sa casquette de réalisatrice contre celle de médiatrice, Angelina Jolie a souhaité rencontrer les victimes afin de démentir une allégation fallacieuse, au beau milieu d’un tournage chaotique, qui s’est vu interdire d’entrée en Bosnie en octobre, puis finalement autorisé par les responsables politiques à la lecture du scénario.

Ayant finalement réussi à planter ses décors en Bosnie en novembre, Angelina Jolie est toujours dans le collimateur de Mme Hasecic, qui n’en démord pas en dépit du feu nourri de critiques qui accablent cette dernière, notamment de la part d’autres associations regroupant des victimes de viols, et alors même que les milieux du cinéma de Sarajevo font bloc derrière l’actrice.

Une chose est certaine, Angeline Jolie sera bien avisée de peaufiner sa bande annonce, car un sujet aussi sensible, qui exhume le mal absolu en exacerbant localement des luttes intestines, ne résistera ni aux effets spectaculaires, ni à une forte charge émotionnelle, dans le plus pur style hollywoodien.

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