Allemagne : le président Wulff fustigé pour ses propos en faveur de l’islam

Parler de l’islam dans le Vieux Continent confine aujourd’hui à un exercice de style des plus délicats,

jeudi 7 octobre 2010

Parler de l’islam dans le Vieux Continent confine aujourd’hui à un exercice de style des plus délicats, où chaque mot doit être soupesé, chaque expression finement ajustée, si l’on ne veut pas qu’éclate une énième polémique orageuse, émaillée de démentis horrifiés, de droits de réponse courroucés, et de retournements de veste en tout genre…

Christian Wulff, le président allemand, vient de l’apprendre à ses dépens, après sa récente déclaration pétrie d’un humanisme qui, pour nombre de conservateurs germaniques, n’a rien d’éclairé, mais a tout d’obscurantiste. Clamer haut et fort « être aussi le président des musulmans », alors que le débat sur l’immigration battait son plein, condamnait d’office le téméraire chef d’Etat à un esseulement certain, à commencer par la chancelière allemande Angela Merkel, qui a aussitôt pris ses distances.

"L’Allemagne est marquée par ses valeurs chrétiennes, par ses valeurs juives", a indiqué la chancelière conservatrice afin de réajuster le tir, en marge d’une conférence de presse à Berlin en présence de la présidente de l’Argentine Cristina Kirchner. "Chez nous prévaut la Loi fondamentale (qui tient lieu de Constitution) et non la charia", a cru bon de renchérir la chancelière, tout en se disant favorable à la formation d’imams en Allemagne.

Les poncifs ont la vie dure, et les subtilités de langage de ceux qui nous gouvernent ne réussissent qu’à raviver les brasiers incandescents des idées reçues. Tout président qu’il est, Christian Wulff a été sévèrement rappelé à l’ordre par les siens, le camp conservateur se montrant intraitable envers son empressement à adouber les citoyens de confession musulmane.

Si pour le président visionnaire « l’islam fait à présent partie de l’Allemagne », cette assertion, manifestement lourde de sens pour ses pairs, est empreinte d’un réalisme qui reste sur l’estomac de nombre d’esprits chagrins Outre-Rhin... et ailleurs...

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