Algérie : un curieux imbroglio dans l’affaire du contrôle judiciaire du fils du ministre de la Justice

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mardi 20 juillet 2010

Faut-il y voir un grand classique du rétropédalage politique ou bien un démenti formel rétablissant la vérité ? Le procureur général d’Oran s’est inscrit en faux, hier, contre l’information délivrée par le quotidien El Watan qui révélait que Tayeb Belaïz, le fils du ministre de la Justice, avait été récemment inculpé pour trafic de drogue, blanchiment d’argent et placé sous contrôle judiciaire.

Une intervention officielle, marquée du sceau du ministre dont l’embarrassant rejeton est aux prises avec ses propres services, qui a accusé un retard à l’allumage pour le moins étonnant, propice à toutes les interrogations et conjectures : 8 longues heures après que l’indiscrétion croustillante ait eu le temps de faire le tour des rédactions internationales et des agences de presse.

Personnalité réputée très proche du président Bouteflika, mais également de l’ancien président Ahmed Ben Bella, Tayeb Belaïz semble cristalliser autour de lui toutes les suspicions, dont celle de la commission prétendument perçue dans le cadre d’un contrat de réalisation de pipelines pour le compte de Sonatrach qui lui a valu, il y a quinze jours, une garde à vue pendant 24h, avant d’être déféré au parquet d’Oran, qui l’a placé sous contrôle judiciaire.

Balayant d’un revers de la main les accusations de « trafic de drogue » véhiculées par El Watan, le haut magistrat algérien a indiqué dans un communiqué de presse que "le nom du fils du ministre de la Justice (...) n’a fait l’objet ni de près ni de loin d’une implication ou de poursuite judiciaire", et qu’en l’occurrence "Il s’agit d’un homonyme", "un nommé Belaïz D (...) poursuivi et détenu depuis le 1er septembre 2009 pour des infractions liées au trafic de drogue".

Dans ce qui a tout d’un curieux imbroglio politico-judiciaire sur fond d’enquête au long cours menée sur la corruption de Sonatrach, le géant algérien des Hydrocarbures, Tayeb Belaïz jurera-t-il qu’on ne l’y reprendra plus, lui dont le nom a été réhabilité en haut lieu sans empressement... ?

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