Alain Juppé n’y va pas par quatre chemins : la République française est islamo-compatible !

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jeudi 10 décembre 2009

Alain Juppé n’y va pas par quatre chemins : la République française est islamo-compatible !

Les périphrases et autre art de tourner autour du pot, le maire de Bordeaux, Alain Juppé, n’en a manifestement cure, et en a fait la démonstration magistrale au micro d’Europe 1, signant là un retour très remarqué pour certains démocrates, et plutôt embarrassant pour des esprits plus chagrins...

Eminence grise de la politique nationale, longtemps considéré comme le dauphin de Jacques Chirac, Alain Juppé, dont la parole s’est raréfiée au fil des années, refuse de jouer la même partition sournoise que la droite aux ordres, en formulant sans détour la seule vraie question posée en filigrane aux français : « J’ai manifesté un peu de scepticisme sur l’utilité de ce débat. Sauf si l’on pose la vraie question. Il ne faut pas se cacher la face. Elle est la suivante : est-ce que la France, est-ce que la République française est islamo-compatible ou pas ? ».

L’ancien ministre des Affaires Etrangères n’a pas éludé la réponse, tout en indiquant qu’il est favorable à l’édification d’une mosquée à Bordeaux, restant toutefois plus évasif sur la construction d’un minaret : « Evidemment oui, l’islam est compatible », enchaînant : « Parce que toutes nos valeurs, précisément liberté, égalité, fraternité, laïcité, respect de l’autre, nous conduisent à dire que la société française comme elle l’a été dans le passé doit être accueillante et respectueuse des différences », pour conclure en insistant sur la réciprocité de ces mêmes valeurs.

Une liberté de ton qui détonne de la part d’un ténor de la droite, certes aujourd’hui reclus en province, arrivant à point nommé pour démystifier un débat sur l’identité nationale monté de toutes pièces, et tordre le coup à des fantasmes qui prennent leurs racines sous d’autres cieux, notamment l’Arabie Saoudite. Une indépendance d’esprit qu’il convient toutefois de relativiser, quand ce dernier déclare « avoir bien aimé la tribune parue dans le Monde du chef de l’Etat ».

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