Arabophone, en poste notamment à Beyrouth, à Damas, à Rabat, Alain Chouet a été chef du bureau de coordination des recherches et opérations anti-terroristes pendant cinq ans, et conseiller technique (islam, terrorisme) du directeur du renseignement de 1996 à 1999. En 2008, il a préfacé l’ouvrage de Ian Hamel « L’énigme Oussama Ben Laden ». L’ancien chef du service de renseignement de sécurité de la DGSE a accepté de répondre aux questions d’Oumma.com.
Ancien chef du service de renseignement de sécurité de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), Alain Chouet a brisé un tabou lors d’un colloque organisé au Sénat fin janvier 2010 en déclarant que « la Qaïda est morte sur le plan opérationnel dans les trous à rats de Tora Bora en 2002 ». Il ne resterait qu’une cinquantaine de membres, essentiellement des seconds couteaux, incapables d’animer à l’échelle planétaire un réseau coordonné de violence politique (1).
Durant cette table ronde, à laquelle participaient Jean-Pierre Filiu et François Heisbourg, Alain Chouet constatait que « des médias réducteurs et quelques soi-disant experts » invoquaient à tout propos - et souvent hors de propos - Al-Qaida, « dès qu’un acte de violence est commis par un musulman, où quand un musulman se trouve au mauvais moment et au mauvais endroit, où même quand il n’y a pas de musulman du tout ». Or, aucun membre de cette organisation n’a agi dans les attentats de Londres, Madrid, Casablanca, Djerba, Sharm el-Sheikh, Bali, Bombay.
Toutefois, si Al-Qaida n’existe plus, la violence politique islamiste existe, elle, bel et bien. L’ancien responsable de la lutte anti-terroriste, terminait son exposé au Sénat en déclarant que si Al-Qaïda est morte « avant de mourir, elle a été engrossée par les erreurs stratégiques de l’Occident et les calculs peu avisés d’un certain nombre de régimes de pays musulmans ». Arabophone, en poste notamment à Beyrouth, à Damas, à Rabat, Alain Chouet a été chef du bureau de coordination des recherches et opérations anti-terroristes pendant cinq ans, et conseiller technique (islam, terrorisme) du directeur du renseignement de 1996 à 1999. En 2008, il a préfacé l’ouvrage de Ian Hamel « L’énigme Oussama Ben Laden » (2). L’ancien chef du service de renseignement de sécurité de la DGSE a accepté de répondre aux questions d’Oumma.com.
Vous avez déclaré au cours d’un récent colloque au Sénat qu’ « Al-Qaïda est mort sur le plan opérationnel depuis 2002 ! ». Or, le discours politique officiel et médiatique en Europe et aux Etats-Unis prend le contrepied de votre constat. Quel est le véritable intérêt à vouloir faire systématiquement d’« Al-Qaida » la principale menace terroriste, et à entretenir le mythe ?
Toute mon intervention au colloque du Sénat vise justement à répondre à cette question. Il faudrait donc l’écouter attentivement......
Cela dit, il n’y a pas véritablement de discours "officiel" sur ce sujet.
D’une manière générale, les politiques et les médias se satisfont de l’appellation réductrice "Al-Qaïda" appliquée à toutes formes de violence politique dans le monde musulman ou émanant du monde musulman. C’est une démarche qui évite d’avoir à expliquer son action auprès des opinions publiques et qui évite surtout d’avoir à admettre le fait que cette violence n’est pas le fait d’une seule organisation mais de plusieurs mouvements qui répondent à de multiples situations politiques, économiques et sociales problématiques mais très hétéroclites dans lesquelles la responsabilité de nombreux pays occidentaux est souvent engagée.
L’Arabie Saoudite est selon vous l’épicentre de la violence islamiste qui n’est ni en Afghanistan ni en Irak ? Comment expliquez-vous que ce régime bénéficie de la plus grande bienveillance des Etats-Unis et de l’Europe ?
C’est aux dirigeants américains et à certains politiques européens qu’il faudrait poser la question. Cependant, il est clair que les Etats Unis sont liés à l’Arabie Séoudite par de multiples relations économiques consacrées par le pacte de protection conclu en 1945, à titre personnel, entre le Président Roosevelt et le roi Ibn Saoud. Et ce n’est un secret pour personne que l’administration Bush et ses sponsors pétroliers texans entretenaient des liens d’intérêt financier très étroits avec la famille royale séoudienne.
Remettre ces liens en cause menacerait le monopole de fait dont les Etats Unis disposent dans la relation économique et financière avec l’Arabie.
Quant aux Européens, ils craignent le désordre économique mondial qui pourrait résulter d’une déstabilisation du régime séoudien et des conséquences qui pourraient en résulter sur le prix des hydrocarbures.
La famille Saoud qui détient actuellement le pouvoir en Arabie Saoudite est-elle contestée au sein de ce pays ?
L’état du droit en Arabie Séoudite ne permet pas à la contestation de s’exprimer librement de façon publique par voie de presse ou par des processus électoraux. Cependant, au vu du nombre d’attentats et d’actes de violence qui ont frappé ce pays depuis une vingtaine d’années et qui ont toujours été commis par des ressortissants séoudiens, visant clairement la famille royale, il est clair que le régime ne bénéficie pas d’un consensus très solide. Le roi Abdallah a fait, au cours de ces dernières années, des efforts intenses qu’il faut saluer, et promu d’intéressantes réformes visant à faire évoluer le pays et tenter de le faire entrer dans la modernité. Il semble toutefois qu’une grande partie de la famille royale reste hostile à ses projets et à ses réformes, et tente par différents moyens d’en limiter les effets.
Qu’en est-il actuellement de l’organisation internationale des Frères musulmans. Cette organisation n’est-elle pas en déclin ? Est-ce qu’elle demeure toujours la seule alternative aux régimes arabes qui ont perdu toute légitimité auprès de leur population respective ?
Au gré de ses échecs et de ses scissions pendant les dix dernières années, l’organisation a certainement perdu une part de son influence. Les disputes entre, d’une part, les anciens qui sont fatigués d’attendre le pouvoir et seraient prêts à des formules de composition avec les régimes contestés, et d’autre part, les plus jeunes et plus radicaux prêts à l’aventure, ont nui à la lisibilité de la stratégie du mouvement parmi les masses, en particulier en Egypte, en Jordanie et en Syrie.
Toutefois, l’Association reste le seul mouvement panislamiste transnational suffisamment organisé et solidaire pour exploiter les opportunités politiques, sociales, économiques, financières nées du désordre mondial post 11/09.
En contrepoint à son affaiblissement relatif dans certains pays arabes, elle a en revanche beaucoup gagné en influence au sein des communautés musulmanes émigrées, en particulier en Occident.
Quel regard portez-vous sur la politique actuelle d’Obama en Afghanistan et plus généralement avec le monde musulman ? Est-ce que son allocution du Caire n’était qu’une déclaration d’intention ?
Je crois que le Président Obama, utilement conseillé par d’excellents connaisseurs de la réalité arabe et musulmane, a bien perçu quels étaient les problèmes et bien identifié dans quelles impasses l’administration Bush avait engagé les Etats Unis. Mais les Etats Unis sont un énorme paquebot qui ne manœuvre pas comme un petit hors bord. La pression de différents lobbys, en tête desquels le complexe militaro-industriel, les pétroliers texans, les sociétés militaires privées et tous ceux qui trouvent un intérêt économique et financier aux aventures extérieures du pays, sont très fortes. Et il est très facile pour ces lobbys de jouer sur la sensibilité du citoyen moyen, ses ignorances et ses craintes, pour anéantir les efforts du Président, s’il se montre trop rapide ou trop brutal. Les Etats Unis ne sont pas une dictature. Le Président doit y négocier chaque jour ses décisions et son pouvoir en fonction d’intérêts multiples et antagonistes, où la raison et la sagesse ne pèsent pas lourd face à l’argent.
Comment lutter efficacement contre la violence islamiste, dont vous affirmez par ailleurs que les musulmans en sont les principales victimes ?
La lutte contre la violence islamiste passe par des mesures sécuritaires de défense à court terme, en liaison avec nos partenaires sécuritaires des pays musulmans et par des mesures politiques, sociales, économiques, culturelles à moyen et long terme. Il faut contribuer à désamorcer les contentieux locaux, cesser d’apporter un soutien inconditionnel aux régimes les plus dictatoriaux et les plus réactionnaires de la zone, organiser un « plan Marshall » susceptible d’apporter l’aide des pays musulmans les plus riches et de l’occident aux pays les plus pauvres, rassurer les pays musulmans les plus menacés par l’intégrisme salafiste en leur donnant des garanties de sécurité, organiser des partenariats régionaux (type Union pour la Méditerranée) entre les pays musulmans et les pays non musulmans de la même zone, arrêter de faire de l’Islam un enjeu de politique intérieure dans les pays non musulmans, donner la parole en occident aux musulmans tolérants plutôt qu’aux extrémistes de tous bords même s’ils sont évidemment plus médiatiques, etc. Dans ce domaine, la limite est celle de l’imagination. Il y a beaucoup à faire.
Outre la non-résolution de la question palestinienne, quels sont les autres facteurs de déstabilisation au Moyen-Orient ?
Ils sont malheureusement très nombreux et s’expriment sur toutes les limites du monde musulman. Les deux principaux sont pour l’instant le conflit indo-pakistanais et l’état de menace permanent pesant sur l’Iran, qui conduit ce dernier à des réponses provocatrices. Mais d’autres contentieux sont aussi lourds de conséquences potentielles. L’occupation de l’Irak et de l’Afghanistan n’ont fait qu’aggraver les contentieux internes de ces pays qui ne manqueront pas de ressurgir violemment quand, pour une raison ou pour une autre, les armées étrangères devront partir.
La Somalie s’enfonce dans l’anarchie et la pauvreté, et devient une vraie nuisance régionale. Les contentieux inter-yéménites sont plus violents que jamais et les interventions extérieures ne font que les exacerber.
Le régime alaouite syrien, même s’il a très intelligemment négocié son retour dans le concert des Nations, reste inquiet des menaces de son environnement sunnite et prêt à y faire face par la violence et la manœuvre s’il le faut. La situation économique et sociale de l’Egypte est très préoccupante et pourrait déboucher sur d’importants désordres internes faciles à exporter. « L’après Bouteflika » en Algérie s’annonce incertain et divers contentieux avec les pays voisins, en particulier avec le Maroc, restent irrésolus.Tout cela sans préjudice des problèmes du Sahel, du Nigéria, du Caucase, des Philippines
Comment expliquez-vous le retard (politique économique, culturel..) auquel est confronté le monde musulman dans son ensemble ?
Je vous laisse la responsabilité de cette appréciation concernant « l’ensemble du monde musulman ». La majorité des musulmans vit dans des pays qui sont à des stades de développement divers, mais plutôt encourageants : Indonésie, Malaisie, Singapour, Inde (où il y a quand même près de 200 millions de musulmans….), Iran, certains pays d’Asie Centrale, etc.
Les problèmes politiques, sociaux et culturels qui existent ailleurs – et ils sont réels – me paraissent moins liés à l’Islam, qu’à l’opposition entre une culture de rente et une culture d’entreprise.
De ce point de vue, la rente hydrocarbure a été une catastrophe des temps modernes pour les pays musulmans, où sont concentrés les deux tiers des réserves d’énergie fossile de la planète. L’enrichissement facile d’un certain nombre de pays à peine sortis du moyen âge a conduit leurs dirigeants à abandonner tout esprit d’entreprise, à refuser tout effort collectif ou même individuel, à vouloir toujours plus aux dépens des plus pauvres, à se crisper sur leurs richesses en les déniant aux autres, à légitimer leurs privilèges par des idéologies les plus conservatrices et les plus fondamentalistes possibles (si c’est Dieu qui m’a donné la richesse, qui aurait le droit de me la retirer ?).
Parallèlement, les voisins ou les « sujets » de ceux là - qui ne bénéficient pas de la rente - n’ont qu’une idée en tête, qui est de la voler à ses titulaires pour en profiter à leur tour sans effort…. Tout cela ne contribue pas à des solutions satisfaisantes mais n’a rien à voir avec la religion.
Quelle est votre position sur le fait musulman en Europe et plus particulièrement en France ? Partagez-vous certains discours alarmistes qui font de l’islam une religion exogène à la société française, posant sans cesse des problèmes d’intégration et de sécurité ? Peut-on aller jusqu’à évoquer une spécificité française en la matière ?
Il y a en France près de six millions de musulmans. Quelques dizaines sont passés à la violence terroriste, quelques centaines manifestent publiquement des comportements provocateurs intégristes et intolérants (dont il serait intéressant d’étudier les motivations…), quelques milliers sont tombés dans la violence sociale et la criminalité (proportionnellement pas plus d’ailleurs que les non musulmans de milieu social équivalent).
Que faut-il alors considérer ? Les quelques milliers qui sont dans la déviance, ou les quelques millions qui vivent paisiblement dans notre pays en respectant grosso modo ses lois ? Le problème me paraît plus culturel que religieux. Ce que certains reprochent aux « musulmans » aujourd’hui est ce que l’on reprochait aux Bretons, aux Auvergnats, aux « Romanichels » et aux Juifs au 19ème siècle, aux Italiens, aux Polonais, aux Espagnols et aux Portugais au milieu du 20ème.
Il n’y a pas de spécificité française en la matière. Il existe en Europe certaines confusions entre l’origine religieuse et l’origine géographique des migrants. Pour un Français, un musulman est d’abord un Maghrébin, pour un Anglais un Pakistanais, pour un Allemand un Turc. Or, les Maghrébins ne sont pas considérés comme posant des problème en Angleterre, les Pakistanais n’en posent ni en France ni en Allemagne, les Turcs n’en posent pas en Angleterre et très peu en France. Et personne ne parle nulle part de problèmes posés par des musulmans originaires d’autres régions, tels que les Libanais, les Syriens, les Egyptiens, les Iraniens, les Indonésiens, etc.
Si les difficultés étaient uniquement dues à la religion, le problème serait le même pour tous et partout. Ce n’est pas le cas. Les origines des incompréhensions, des rejets et des antagonismes sont donc sans doute à rechercher plutôt dans des contentieux historiques, politiques, culturels et sociaux mal digérés de part et d’autre que dans le thème facile d’une appartenance religieuse. Cela dit, il est clair qu’en stigmatisant collectivement l’appartenance religieuse ou ethnique, au lieu de mettre en cause des comportements individuels, les Européens vont à l’encontre de leur propres valeurs, dramatisent le problème et font de l’appartenance religieuse un point de ralliement et de revendication pour tous les contestataires de l’ordre établi, les rejetés du système social, les aigris de l’intégration.
Les services secrets français ont-il une perception différente du monde musulman que les services américains ? Serait-ce lié à une ancienne tradition politique bien distincte ?
Les services français restent les héritiers d’une longue tradition coloniale et « mondialisée » qui avait ses défauts mais aussi quelques qualités.
Même si le paternalisme condescendant du colonialisme a fait les ravages que l’on sait, les cadres civils et militaires de la « plus grande France », les officiers des affaires militaires musulmanes, les officiers des affaires indigènes, les diplômés de l’Ecole de la France d’outre-mer, etc. faisaient l’effort d’essayer de comprendre et respecter les langues et les cultures des populations qu’ils avaient la charge d’administrer, de vivre parmi elles, de manger à leur table. Nombre d’entre eux s’y sont attachés au point d’en devenir parfois les plus ardents défenseurs.
Passé le temps de la décolonisation, cette forme d’esprit est tout de même restée et imprègne la mémoire collective, et les pratiques quotidiennes des services français. C’est loin d’être parfait, mais cela permet tout de même de mieux comprendre les choses qu’en faisant piloter un drone par un technicien du Middle West depuis une base de Virginie occidentale……
Vous étiez en poste dans les années 90 à Genève. Quels souvenirs conservez-vous du Centre islamique, et notamment de Tariq Ramadan. Son ascension vous étonne-t-elle ?
Dans les années 90, le Centre islamique des Eaux Vives à Genève, tenu par Hani Ramadan, le frère de Tariq, faisait partie de ces innombrables centre culturels, clubs, lieux de rencontre qui, dans toute l’Europe diffusent l’interprétation religieuse, politique et sociale de l’Association des Frères Musulmans. On y prônait en gros la nécessité de pratiquer une version fondamentaliste de l’Islam, de protéger cette pratique par l’isolement, par la résistance individuelle et collective à l’intégration dans la société d’accueil, par le rejet de ses valeurs, par le prosélytisme et la pression à l’égard des autres musulmans.
Tariq Ramadan, pour sa part, est vite sorti de ce « petit centre local » pour une vocation plus internationale. Intelligent, fin, séducteur et séduisant, il sait parler à la fois au petit peuple émigré des banlieues et aux bobos urbains des grandes capitales. Il a l’art de parler en termes mesurés de la nécessité pour chacun de « conserver son authenticité », de « défendre sa différence », de « rester fidèle à ses origines ». Autant de thèmes qui sont les mêmes que ceux de son frère mais qui, à la façon dont il les exprime, entrent en résonance aussi bien avec l’aigreur des exclus qu’avec le politiquement correct des « bobos » bien pensants. Ce sont d’ailleurs des militants du Parti socialiste et de différentes associations militantes laïques qui, en France et en Belgique et croyant bien faire, ont assuré sa promotion publique.
Cette habileté lui a rapidement ouvert les portes des plateaux de télévision dans divers pays, indispensable tremplin médiatique de nos sociétés. Et il est devenu au fil des ans l’incontournable « musulman de service » de toute émission de radio ou de télévision consacré à l’Islam.
Je salue l’intelligence de l’homme. Je m’interroge sur le fond de son discours et sur ses motivations. En tout état de cause – et à titre personnel – j’apprécierais que d’autres musulmans qui ne partagent pas forcément ses idées soient conviés par nos journalistes à donner leur avis.
Notes :
(1) Alain Chouet écrit « la Qaïda », alors que dans la presse, on écrit habituellement « Al-Qaida », mais il s’agit de la même entité, créée par Oussama Ben Laden.
(2) Editions Payot, 318 pages.
Commentaires
Il est clair que plusieurs menaces de destabilisation pèsent sur le monde dit arabo-muuslman. Avec des regimes arabes archaïques qui se succèdent à eux-mêmes, l’avenir s’annonce incertain.
Tariq Ramadan, pour sa part, est vite sorti de ce « petit centre local » pour une vocation plus internationale. Intelligent, fin, séducteur et séduisant, il sait parler à la fois au petit peuple émigré des banlieues et aux bobos urbains des grandes capitales. Il a l’art de parler en termes mesurés de la nécessité pour chacun de « conserver son authenticité », de « défendre sa différence », de « rester fidèle à ses origines ». Autant de thèmes qui sont les mêmes que ceux de son frère mais qui, à la façon dont il les exprime, entrent en résonance aussi bien avec l’aigreur des exclus qu’avec le politiquement correct des « bobos » bien pensants. Ce sont d’ailleurs des militants du Parti socialiste et de différentes associations militantes laïques qui, en France et en Belgique et croyant bien faire, ont assuré sa promotion publique. Cette habileté lui a rapidement ouvert les portes des plateaux de télévision dans divers pays, indispensable tremplin médiatique de nos sociétés. Et il est devenu au fil des ans l’incontournable « musulman de service » de toute émission de radio ou de télévision consacré à l’Islam.
Voici clairement démasquées les visées prosélytes de Ramadan.
En fin connaisseur de la spychologie des intellectuels tiers-mondistes, il sait utiliser les poncifs véhiculés par la gauche bien pensante pour caresser dans le sens du poil les frustrations des immigrés. Son objectif étant de détruire le modèle d’intégration à la française pour faire progresser l’idéologie des frères musulmans en Europe.
La réaction d’Athée est caricaturale. Tariq Ramadan n’ a aucune visée prosélyte. Tariq Ramadan est un intellectule qui comme tout intellectuel cherche avant tout à rayonner sur le plan de ses idées.
La vie intellectuelle musulmane en France ne doit pas se réduire à un débat autour de Tariq Ramadan. Ce dernier n’est qu’un auteur au demeurant narcissique, dont les médias exercent sur lui une grande attraction, d’où sa présence sur les plateaux de télé. Il est dommage que Tariq Ramdan offre très peu de résistance aux tentations médiatiques.
Athée Hilarant écrit :
Son objectif étant de détruire le modèle d’intégration à la française pour faire progresser l’idéologie des frères musulmans en Europe.
Ainsi donc il suffit d’un seul homme, de Tariq Ramadan, pour détruire le modèle d’intégration à la française ?! Est-il si fragile et inconsistant que çà  ?!
Dans les recommandations de M.Chouet pour lutter contre la violence islamiste, il a oublié de dire "cesser d’utiliser certains mouvements jihadistes contre ses adversaires".
Il est de notoriété publique que les Etats-Unis se sont servi d’al-Qaeda en ex-yougoslavie et ont utilisés, eux avec l’Arabie Saoudte, des islamistes pour embrasser le caucase dans une guerre de proxy contre la Russie.
Les Etats-Unis ont aussi apporté de l’aide et un refuge à AbdelMalik Rigi et son groupe contre l’Iran. Ce sont les journaux américains, sous la base de témoignages d’officiers de renseignement "sous couvert de l’anonymat", qui, en premiers, ont révélés ces liens.
En effet, les premières victimes de "violence islamiste" sont les musulmans, le Pakistan des talibans du Swat et du Waziristan et l’Irak de l’"Etat Islamique d’Irak" et de "Ansar al-Sounnah" (les principales victimes de ces groupes sont en particulier les chiites) en sont les parfaits exemples. Ils n’hésitent d’ailleurs même pas à commetre des attentats dans les mosquées...dans l’indifférence générale.
Merci à Oumma.com pour cette interview !
"Durant cette table ronde, à laquelle participaient Jean-Pierre Filiu et François Heisbourg, Alain Chouet constatait que « des médias réducteurs et quelques soi-disant experts » invoquaient à tout propos - et souvent hors de propos - Al-Qaida, « dès qu’un acte de violence est commis par un musulman, où quand un musulman se trouve au mauvais moment et au mauvais endroit, où même quand il n’y a pas de musulman du tout ».
Ce propos est relayé dans le blog de Chouet dans lequel il déclare "...Cela m’évite aussi d’étaler les coups de sang et les coups de gueule que peuvent m’inspirer les manifestations de trop nombreux pseudo-experts médiatiques auto-proclamés - plus médiatiques et auto-proclamés qu’experts - qui encombrent malheureusement trop souvent les rayons des librairies et les petits écrans à des fins lucratives, d’indice d’audience ou - et c’est pire - de manipulation politique."
La combinaison des deux passages tendait à me surprendre agréablement au regard de ce que je connaissais de Chouet. Je me dis à ce moment là que la bande à Calvi (Sfeir et Cie) en prend pour son grade...
Oui, mais...
"En langue française, les travaux et recherches de Rémy Leveau (†2005), Gilles Kepel , Olivier Roy, Antoine Sfeir , Agnès Levallois, des différents enseignants et chercheurs spécialisés du CERI (Centre de recherches internationales de la Fondation des sciences politiques), de l’Institut français des relations internationales (IFRI), du Centre de recherches sur les menaces criminelles contemporaines (DRMCC) de l’Université de Paris II, constituent autant de repères incontournables. Dans le monde de la presse , les enquêtes de Richard Labévière (RFI), les questions pertinentes d’Yves Calvi à ses invités de "C dans l’air" sur la 5 (...) fournissent autant de clés de lecture "grand public" sans sacrifier aux effets de mode ou de manche . Inutile ici de citer les uns et les autres, la qualité permanente de leurs prestations est connue et se passe de commentaires."
Antoine Sfeir, Yves Calvi... Merci Alain Chouet !
A part ça, interview pas vilaine du tout. Merci Mr Branine et Mr HAmel
Entretien intéressant qui a le mérite de rompre avec la langue de bois traditionelle.
Farouk a dit :
La réaction d’Athée est caricaturale. Tariq Ramadan n’ a aucune visée prosélyte. Tariq Ramadan est un intellectule qui comme tout intellectuel cherche avant tout à rayonner sur le plan de ses idées.
Mais quand les idées servent le religieux pour forcer l’adhésion on appelle cela du prosélystisme.
Il est extrait du texte cette phrase "Autant de thèmes qui sont les mêmes que ceux de son frère " or vous n’êtes pas sans savoir que son fère est une des têtes pensantes des frères musulmans.
Si je suis l’idée sous-jacente à cette interview, il apparait que si al qaïda est morte l’offensive de frères musulmans ne l’est pas. Un train peut en cacher un autre.
athée a dit : Voici clairement démasquées les visées prosélytes de Ramadan. En fin connaisseur de la spychologie des intellectuels tiers-mondistes, il sait utiliser les poncifs véhiculés par la gauche bien pensante pour caresser dans le sens du poil les frustrations des immigrés. Son objectif étant de détruire le modèle d’intégration à la française pour faire progresser l’idéologie des frères musulmans en Europe.
Je savais que ça vous plairait :-)
Quand un fantasme répond à un autre fantasme, on nage en plein manichéisme. La lutte du bien absolu contre le mal absolu. Êtes-vous certain que vous êtes athée ?
Développez donc, pour que nous comprenions mieux :
• le modèle d’intégration à la française
• l’idéologie des frères musulmans
Encore deux autres fantasmes, sans doute. Il y avait l’athéisme dogmatique, maintenant, il y a l’athéisme paranoïaque.
Quand le raz-de-marée arrive sur la plage, il s’affaiblit. Il en est ainsi de toute armée en contact avec l’ennemi. Aucune idéologie indigne ne peut perdurer sur la trahison parce qu’elle également susceptible d’être affaiblie par la trahison.
Il faut donc se rendre à l’évidence que la nuisance de l’idéologie des frères musulmans est toute relative puisqu’elle ne peut pas réellement convaincre si elle n’est que nuisance, ou alors que l’idéologie des frères musulmans repose sur autre chose qu’une simple volonté de nuisance, et que c’est en cela qu’elle peut séduire des gens intelligents et qui n’ont rien de guerriers belliqueux.
Alors, à nouveau : où est le mal si ce n’est dans une remise en cause des valeurs ? Je suis personnellement convaincu qu’il n’est jamais mauvais de remettre en cause un système quel qu’il soit.
Est-ce que vous remettez véritablement en cause Tarik Ramadan ? Non, vous ne faite que plussez un présupposé. J’ai beau examiner les propos de Tarik Ramadan ainsi que les polémiques auxquelles il a à faire face, je ne vois pas grand chose de concret à lui reprocher.
Cela signifie-t-il que je vois quelque chose à lui reprocher ? Oui, le fait de vivre de ses livres et d’une carrière de prêcheur. Mais vous avouerez qu’il fait bien son métier et qu’il vend bien sa marchandise. On ne peut pas en dire autant des parasites qui s’accrochent à ses basques et dont attend toujours l’ombre d’une preuve de la capacité de nuisance de Tarik Ramadan.
Pourrais-je le contredire ? Ce n’est pas évident, parce que l’argumentation du bonhomme est cohérente et tient debout. Si elle repose sur l’idéologie des frères musulmans, je suis prêt à me laisser séduire. Mais vous savez très bien que je ne me satisferai pas d’un chat dans un sac.
Tarik Ramadan est pro-palestinien, c’est clair, mais est-il vraiment anti-israélien pour autant ? Ce serait contraire à son propre propos.
Alors, Tarik Ramadan, salaud ? Je ne sais pas, et je me méfie des idées convenues. Je crois qu’un coupable doit avoir quelque chose à se reprocher, sinon le doute doit profiter à l’accusé.
Pierre Meur
Rappelons à Athé que plusieurs partis politiques en Europe sont d’inspiration religieuses, les chrétiens démocrates par exemple. En quoi cela est choquant ? Si ces partis sont démocatiques et respecteux des valeurs universels.
Mon cher P.Meur a trop vouloir défendre l’indéfendable on en perd de sa crédibilité.
Les Frères musulmans (FM) (arabe : جمعية الأخوان المسلمين, jamiat al-Ikhwan al-muslimin, littéralement Association des Frères musulmans) est une organisation panislamiste fondée en 1928 en Égypte avec comme objectif une renaissance islamique, la lutte contre l’influence occidentale et l’instauration de la charia. Elle a rapidement essaimé ces idées dans les pays à majorité musulmane du Moyen-Orient, au Soudan et dans une moindre mesure en Afrique du Nord, et a établi des « têtes de pont » jusqu’en Europe. Certains groupes de partisans se sont constitués en mouvements indépendants, comme par exemple le Jama’a al-islamiya ou encore le Hamas.
Son opposition fondamentale et parfois violente aux États laïcs arabes a amené son interdiction ou la limitation de ses activités dans certains pays comme la Syrie ou encore l’Égypte. La lutte contre l’État d’Israël est au cœur du mouvement depuis sa fondation, et le théoricien du jihad armé, Sayyid Qutb, fut l’un de ses membres égyptiens les plus en vue. Néanmoins, ses différentes branches ont depuis condamné le recours à la violence en dehors de la Palestine. Le mouvement entretient avec les institutions promouvant le wahhabisme saoudien des relations alternant entre la coopération et la rivalité.
La nébuleuse des Frères musulmans serait coordonnée par la Muslim Association of Britain de Londres, s’appuyant sur la banque Al-Taqwa. Néanmoins, selon Xavier Ternisien, elle ne constitue pas une structure pyramidale centralisée mais une mouvance hétérogène, labile et multiforme. En 1997 voient le jour le Conseil européen de la fatwa (Dublin), dirigé par Al-Qardawi, et l’Association musulmane de Grande-Bretagne. Le premier organisme, sur lequel s’appuient l’UOIE et l’UOIF, s’est donné pour mission d’émettre des fatwas spécialement destinées aux musulmans vivant en Europe afin qu’ils puissent rester intégralement gouvernés par la charia. Le second a pour but de renforcer la présence frèriste face aux autres organisations islamiques britanniques puissantes comme le British Muslim Council. Deux instituts de formation d’imams liés à l’UOIE et à l’UOIF sont créés : l’Institut européen des sciences humaines de Château-Chinon (1990) et l’European Institute for Humanitarian and Islamic Studies au Royaume-Uni. Par ailleurs, deux fils de Saïd Ramadan, non officiellement membres des FM mais disciples déclarés de Hassan el Banna, exercent comme prédicateurs et activistes. Hani Ramadan, directeur du Centre islamique de Genève depuis 1995 et employé par l’Union des jeunes musulmans (UJM) est actif en Suisse et en France, Tariq Ramadan a une grande audience en Suisse, France et Grande-Bretagne.
Depuis leur résurgence, les Frères musulmans rivalisent avec d’autres groupes islamistes pour être reconnus comme interlocuteurs privilégiés des gouvernements européens et sous-traitant officiels des affaires islamiques. Ils cherchent à se positionner en modérés en comparaison de leurs concurrents (wahhabites, néosalafis, tablighs), tout en s’alliant avec eux dans certaines entreprises. Suivant une technique qui a fait ses preuves dans d’autres régions, les associations fréristes s’efforcent d’être les plus présentes sur le terrain.
Le principal objectif des Frères musulmans est l’instauration au lieu des régimes en place de républiques islamiques dans les pays à majorité musulmane telles que l’Égypte, la Libye, la Syrie, ou encore la Tunisie. Les Frères musulmans s’opposent ainsi aux courants laïques des nations à majorité musulmanes et préconisent un retour aux préceptes du Coran, impliquant autant un rejet des influences occidentales que des influences soufies qui elles préconisent une adaptation du Coran au temps. Le mot d’ordre de l’organisation est : « Allah -Dieu en arabe- est notre objectif. Le prophète Mahomet est notre chef. Le Coran est notre loi. Le djihad -guerre ’juste’, appelé improprement guerre sainte- est notre voie. Mourir dans les voies d’Allah est notre plus grand espoir ». Il existe depuis 1944 une branche féminine : les « dames musulmanes ».
Je vous rappelle que l’emblème de ce groupe est un coran accompagné de deux sabres croisés. Plein de délicatesse et de fraternité.
alain chouet ,merci pour votre intervention ,magistral ,je suis content de voir que Mr chouet parle de MR ramadan sur le fond de son discours et sur ses motivations.
et de préciser que d autre intellectuel serait le bien venue ,par exemple le DR al AJAMI qui a un discours tres clair et sans langue de bois
A tous, atention monsieur athée vous a piégé en déviant la discussion sur Tariq Ramadan alors que cet excellent article porte pour l’essentiel sur l’aspect véritable du terrorisme islamique et des implications réelles des occidentaux. Ces occidentaux qui serve la patée à monsieur athée.
A Pierre Meur, votre intelligence et votre sensibilité font de vous un anti-athée. vous avez raison, athée ne l’est pas vraiment, , il est même un pur monothéiste. Il s’adore lui_même tout comme Pharaon en son narcissisme et son égotisme paranoïaque. Face aux Signes évident de Moïse il se réfugia pour protéger la divinisation de son moi, rationnelement, et ne reconnu la vérité que lorsqu’il vit la mort. A méditer cher athée, à méditer...
Athée a dit : Mais quand les idées servent le religieux pour forcer l’adhésion on appelle cela du prosélystisme.
Effectivement, c’est le prosélytisme religieux qui vous gène. Et que pensez-vous du prosélytisme athée ? Ne le niez pas, tout en votre propos le dénonce constamment.
DUDH : ART. : 18 : Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction seule ou en commun, tant en public qu’en privé, par l’enseignement, les pratiques, le culte et l’accomplissement des rites.
Je nierai jamais qu’il y a des salauds de par le monde. En ce qui concerne Tarik Ramadan, je ne peux juger que la forme et le fond. Sans crime, il n’y a pas de coupable. Parlez-moi du crime de Tarik Ramadan.
Mon cher athée, il ne suffit pas de dire qu’il y a une demande d’un renouveau islamiste, que je ne nie pas, pour affirmer que cette revendication émane forcément d’un "ennemi".
Il est clair qu’il y a un désir d’émancipation et même de revanche par rapport à l’occident. On ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre. Comment voulez-vous qu’un peuple passe du stade de sous-homme (colonisé) à un stade d’homme émancipé sans éprouvé la juste révolte qui est l’étape nécessaire à la reconstruction individuelle et collective ?
C’est justement dans un débat d’idées équilibré que l’argumentation peut redevenir "humaine" plutôt que partisane. Et si Tariq Ramadan tient un propos modéré (difficile de faire mieux), on ne peut tout de même pas lui demander de devenir athée pour devenir crédible à vos yeux.
Instrumentalise-t-il la modération ? Il faudrait qu’il ait une capacité au cynisme assez considérable pour préférer des visées radicales à son propre discours diablement bien argumenté. Je ne crois pas faire mieux que lui, en ce domaine, et c’est, dès lors, souligner moi-même mon amateurisme.
Mais je comprend que quelqu’un comme vous qui appartient au noyau dur d’une pensée, l’athéisme combattant en l’occurrence, soit outré qu’une autre pensée, qui montre également des signes de radicalité, l’Islam dans ce cas-ci, ose se permettre de revendiquer un statut au moins égal à l’athéisme occidental.
Vous pensez, comme tous les radicaux, et il y en a chez les musulmans également, que tout est affaire de rapport de force. C’est méconnaître la raison même de l’existence de la laïcité. Mais je ne vais pas vous expliquer une laïcité que vous ne pouvez pas accepter parce que vous estimez que les athées en sont les gardiens.
à suivre, bien entendu
Pierre Meur
très très bon entretien, qui ouvre un peu plus yeux sur la réalité. Une série d’attentat ces 20 dernières années ? Pourquoi on n’en entend pas parler en France ? C’est des incidents minimes ? La liberté d’expression et ses limites me sidéreront toujours !
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Merci Monsieur Chouet
Votre analyse est des plus éclairante en ce qu’elle analyse clairement les menaces et désamorce certaines d’entre elles
La "Guerre contre la terrorisme" est aussi une guerre psychologique
Cher Athée,
Ce que vous dîtes des Frères musulmans est idéologique, c’est-à -dire critiquable.
Je m’explique, lorsqu’il s’agit de la lutte entre l’Orient et l’Occident, c’est une absurdité comme toute guerre de religion.
Un point plus positif voudrait qu’ils désirent que soient respectés dans les pays islamiques les principes du Coran.
Le problème est bien de savoir quels sont ces principes et particulièrement quel rôle ils entendent faire jouer à la femme dans la vie sociale. Être contre la terreur ne suffit pas...
Alain Chouet a de bonnes raisons de critiquer l’idéologie des Frères musulmans, essentiellement anti-occidentale, il oublie que Tarik Ramadan est un philosophe qui critique les idéologies et dont la parole est fondée intellectuellement tout en respectant ses frères.
Nous pouvons certes lui demander de clarifier ses positions mais sans douter de sa sincérité. Il est un ardent défenseur des droits de l’homme, de l’égalité des hommes et des femmes. Reste à lui demander ce qu’il pense de l’égalité des religions.
Amitiés.
Liliane Bénard
Pierre
Meur a dit :
Mon cher athée, il ne suffit pas de dire qu’il y a une demande d’un renouveau islamiste, que je ne nie pas, pour affirmer que cette revendication émane forcément d’un "ennemi".
Il est clair qu’il y a un désir d’émancipation et même de revanche par rapport à l’occident. On ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre. Comment voulez-vous qu’un peuple passe du stade de sous-homme (colonisé) à un stade d’homme émancipé sans éprouvé la juste révolte qui est l’étape nécessaire à la reconstruction individuelle et collective ?
C’est justement dans un débat d’idées équilibré que l’argumentation peut redevenir "humaine" plutôt que partisane. Et si Tariq Ramadan tient un propos modéré (difficile de faire mieux), on ne peut tout de même pas lui demander de devenir athée pour devenir crédible à vos yeux.
Instrumentalise-t-il la modération ? Il faudrait qu’il ait une capacité au cynisme assez considérable pour préférer des visées radicales à son propre discours diablement bien argumenté. Je ne crois pas faire mieux que lui, en ce domaine, et c’est, dès lors, souligner moi-même mon amateurisme.
Mais je comprend que quelqu’un comme vous qui appartient au noyau dur d’une pensée, l’athéisme combattant en l’occurrence, soit outré qu’une autre pensée, qui montre également des signes de radicalité, l’Islam dans ce cas-ci, ose se permettre de revendiquer un statut au moins égal à l’athéisme occidental.
Vous pensez, comme tous les radicaux, et il y en a chez les musulmans également, que tout est affaire de rapport de force. C’est méconnaître la raison même de l’existence de la laïcité. Mais je ne vais pas vous expliquer une laïcité que vous ne pouvez pas accepter parce que vous estimez que les athées en sont les gardiens.
à suivre, bien entendu
Il est curieux que vous vous fassiez le chantre inconditionnel du communautarisme musulman. En votre qulité de belge vous devriez être sensible aux divergences qui existent entre flamands et wallons. Bel exemple de communautarisme. Je ne crois pas qu’il soit déjà si simple de gérer une société faite de gens de même confession mais se réclamant de cultures et de langues différentes.
La laïcité n’a pas de problème avec l’athéisme. On ne peut pas en dire autant avec l’exercice militant des religions.
Croire comme vous que la religion est la quintessence de l’humain relève d’une vision romantique des hommes. Il est probable que s’en affranchir est une étape décisive pour l’avenir. Un point de divergence en moins c’est déjà cela de pris.
La révolte du colonisé est légitime dans le pays où il est colonisé pas en France. Cette dialectique fait des ravages, je vous renvoie aux "indigènes de la république", pour lequel c’est le fond de commerce.
Comme d’habitude en France, dès qu’on parle islam on parle Tariq Ramadan et les fantasmes qu’il soulève. La France est le seul pays européen où aucune université n’ose l’inviter. La "science" française craint le débat pluraliste avec un seul homme ! Mais soyons optimiste, on découvre qu’Al Qaida n’existe pas (si jamais elle a existé ?). Le modèle républicain français petit bourgeois est en crise à cause de ses propres fautes et de son ignorance des souffrances du peuple. Les classes populaires n’en peuvent plus alors elles cherchent des réponses qui vont à la racine. Quoi d’étonnant si on n’en trouve plus dans le marxisme ou dans l’islam que dans la vieille idéologie rad-soc qui a formé tant de politiciens pétainistes ?
Excellente interview. Il faudrait qu’elle soit traduite en anglais pour que les Américains ne meurent pas idiots.
Oui, Al-Qaida est un groupe qui dimune à ce niveau de Tora Bora. Mais, comme l’article le stipule, il y a des militants plus jeunes et plus radicaux là -bas, qui veulent particulièrement révolutionner l’image et le mouvement d’Al-Qaïda, et ce sont ces cellules qui doivent être surveillées de très près.
Iran US conflict
Je pense que ce sont d’excellentes nouvelles ! Ils ont été autorisés à exister depuis bien trop longtemps, de sorte que la diminution de leur pouvoir n’est qu’une bonne chose.
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Effectivement un peu marre de ce rapprochement quasi systématique de Monsieur Ramadam et l’Islam, arrêtons de mélanger les deux svp.
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