Mardi 22 mai 2012
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Alain Chouet : « A peine une dizaine de prisonniers de Guantanamo relèvent des tribunaux »

Dans un chapitre intitulé « Les loups et les chacals », Alain Chouet évoque la délicate question du recrutement. Comment les services secrets débauchent-ils leurs informateurs ? « L’officier de renseignement ne s’attaque pas à l’individu dominant du troupeau convoité, bien installé dans son statut (…) Il jette son dévolu sur la bête isolée, blessée, malade, marginalisée, ou qui s’est imprudemment éloignée de ses congénères », écrit-il.

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Ancien chef du service de renseignement de sécurité de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), Alain Chouet publie « La Sagesse de l’Espion » (*). Fidèle à lui-même, l’ancien patron français de la lutte anti-terroriste n’a pas sa langue dans sa poche.

« C’est ne rien comprendre que d’accuser les services secrets de faire “dans l’illégalité“. Bien sûr, qu’ils font “dans l’illégalité“. Ils ne font même que cela. C’est leur vocation et leur raison d’être », lâche Alain Chouet, aujourd’hui à la retraite. Après des études de droit, de sciences politiques et de langues orientales, cet arabophone est recruté à la DGSE.

Il rappelle avec humour qu’en 1973, juste avant le choc pétrolier, le désordre mondial qui suivit la guerre d’Octobre, et l’émergence du terroriste palestinien, les grands experts français sont persuadés que le monde arabe ne présente qu’un intérêt folklorique et documentaire. Et que tout va se jouer autour du Pacifique…

En poste au Liban à 28 ans

À 28 ans, Alain Chouet se retrouve en poste au Liban. « Le Liban passait alors pour la Suisse du Proche-Orient et Beyrouth pour le Monte-Carlo du monde arabe. Le poste était convoité et normalement réservé à des anciens supposés y couler quelques années heureuses et rémunératrices en attendant une retraite bien méritée », raconte l’ancien agent secret. Quelques mois à peine après son arrivée, éclate une guerre civile meurtrière qui va durer vingt ans.

« On en vint vite à me plaindre plutôt qu’à me jalouser », assure Alain Chouet. En poste également à Damas, à Rabat, mais aussi à Genève et à Bruxelles, il s’est imposé au fil des ans comme le responsable de la lutte anti-terroriste, de la contre-criminalité et du contre-espionnage à l’étranger. Mais contrairement à tous ceux qui voient de dangereux islamistes derrière chaque mosquée, l’auteur de « La Sagesse de l’Espion » sait raison garder.

Vendeur de whisky arrêté pour terrorisme

Interviewé par « Oumma.com » en mars 2010, Alain Chouet déclarait : « La Qaïda est morte sur le plan opérationnel dans les trous à rats de Tora Bora en 2002 », Selon lui, il ne resterait qu’une cinquantaine de membres, essentiellement des seconds couteaux, incapables d’animer à l’échelle planétaire un réseau coordonné de violence politique.

« Sur les centaines de personnes emprisonnées à Guantanamo, je pense qu’une dizaine à peine relève du terrorisme. L’immense majorité d’entre elles, si elles étaient présentées devant des tribunaux, elles en sortiraient les mains libres », confie l’ancien responsable de la DGSE. Comme cet Ouzbek qui vendait clandestinement du whisky en Afghanistan sous les taliban. Les Américains l’ont pourtant pris pour un terroriste et emprisonné cinq ans !

Le recrutement des informateurs

Alain Chouet, qui s’est lui-même rendu à Guantanamo pour rencontrer les prisonniers français, raconte plusieurs anecdotes savoureuses. « Ces jeunes Maghrébins, totalement néophytes dans le maniement des armes, étaient affectés aux cuisines dans les camps en Afghanistan. Ils n’ont jamais tiré un coup de feu. Ne parlant pas arabe, ils ne savaient même pas qui était Ben Laden », sourit l’ancien espion.

Dans un chapitre intitulé « Les loups et les chacals », Alain Chouet évoque la délicate question du recrutement. Comment les services secrets débauchent-ils leurs informateurs ? « L’officier de renseignement ne s’attaque pas à l’individu dominant du troupeau convoité, bien installé dans son statut (…) Il jette son dévolu sur la bête isolée, blessée, malade, marginalisée, ou qui s’est imprudemment éloignée de ses congénères », écrit-il.

On devient rarement une taupe par idéal, encore moins par idéologie. « Les Soviétiques se gardaient bien de recruter des membres du Parti communiste dans les pays occidentaux. Quant aux Israéliens, contrairement à une idée préconçue, ils ne débauchent pas des juifs », assure l’ancien chef du service de renseignement de sécurité à la DGSE.



(*) Alain Chouet,« La Sagesse de l’Espion », Editions L’œil Neuf, 109 pages, 13,50 €

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Commentaires

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Je pense que ce monsieur enfonce des portes ouvertes. Pour ceux qui ont du temps à perdre ils pourront à la rigueur ( comme dirait le Canard enchainé) lire son livre pour savoir si réellement il est si raisonnable parce que d’après les citations il n’est pas le seul à savoir que les prisonniers de Guantanamo sont des gens emprisonnés pour rien, tout le monde le sait et les américains les premiers et d’ailleurs en France aussi de pseudo islamistes sont également emprisonnés et malmenés pour rien pourtant contrairement à l’Amérique il y a en France quelqu’un comme Mr CHOUET qui "sait raison garder". Malheureusement la raison ne garde pas de tout et c’est pourquoi son livre ne présente aucune utilité.

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Il est rare de voir des membres de services secrets parlaient avec autant de franchise.

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Bien entendu, un livre n’a jamais changé la face du monde, mais peut alerter l’opinion publique qui obligera, peut-étre, a revisiter le droit.

Ce livre peut étre une source d’information pour les gens attachés aux valeurs de démocratie et de droit !

Beaucoup d’occidentaux et d’américains refusent d’associer leur pays a la barbarie.

Ce livre est donc utile pour que les gens sachent qu’il y a des innocents a Gantanamo.

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Le livre de monsieur Chouet ne cherche pas à être utile. Il se place dans la catégorie des livres qui nous font connaître les aspects inconnus de certains métiers et dans ce cas-ci il montre que le métier d’espion est loin des James Bond ou OSS 117 de cinéma
Il est écrit avec humour, sensibilité, sans complaisance et avec tout l’amour que monsieur Chouet a eu pour son métier