Afghanistan : la « guerre de libération » a tué 25 % de civils en plus en 2010

A force de courir deux lièvres à la fois, au nom du pseudo devoir d’ingérence, on se demande quelle feuil

mardi 10 août 2010

A force de courir deux lièvres à la fois, au nom du pseudo devoir d’ingérence, on se demande quelle feuille de route préside actuellement aux destinées des troupes armées occidentales sur le sol afghan, dont l’ancrage territorial, autoproclamé libérateur, s’est pris les pieds dans un bourbier sans perspective et meurtrier.

Décrétée comme si cela coulait de source, la libération de l’Afghanistan a été orchestrée par une coalition occidentale en ordre de marche, débarquant en 2001 sous la bannière de l’émancipation à tout prix et quel que soit le tribut à payer. Libérer le pays des forces du mal personnifiées par les Talibans, libérer les femmes, libérer le peuple d’un régime corrompu, l’affiche était ambitieuse, mais neuf ans après, le désenchantement de l’immobilisme règne, endeuillé par un long cortège de vies humaines sacrifiées.

2010 enregistre un funèbre record : plus de douze cents civils ont été tués en Afghanistan lors de la première moitié de l’année, soit une hausse de 25 % par rapport à 2009, que l’ONU attribue aux insurgés et aux forces internationales.

"1 271 civils ont été tués et 1 997 ont été blessés, la plupart grièvement", a déclaré Staffan de Mistura, le représentant spécial de l’ONU à Kaboul, lors d’une conférence de presse dans la capitale afghane. Des hommes, des femmes, et de nombreux enfants afghans sont tombés sous les tirs en rafale de frappes aériennes américaines, certaines requalifiées en bavures, mais également sous les bombes artisanales d’attentats-suicides opérés par les insurgés, visant le plus souvent des bâtiments officiels ou des soldats étrangers ou afghans, selon le récent rapport de l’ONU.

"Le coût humain de ce conflit augmente malheureusement, le nombre de civils tués ou blessés augmente", a souligné M. Mistura, déplorant une hausse de 55 % du nombre d’enfants tués. Les insurgés tuent "sept fois plus que les forces afghanes et internationales", avec 72 % des morts (10 % par les forces régulières) a-t-il indiqué.

L’ONU s’alarme également devant la recrudescence de violences dans des zones du Nord-Est, considérées jusque là comme stables, comme la province de Kunduz, de Baghlan et du Badakhchan, où dix humanitaires, dont huit occidentaux, ont péri la semaine dernière.

Un bilan mortifère, où l’on cherche en vain la délivrance promise par l’impérialisme américain et occidental, qui ne doute jamais de rien, jusqu’à ce qu’il soit dos au mur, contraint de faire face à ses propres failles et exactions.

Publicité

commentaires