Affiche anti-islam du FN : prison et inéligibilité requises contre Le Pen

Vulgaire plagiaire de la terrifiante affiche anti-minarets conçue par son homologue suisse l’UDC, le FN de

vendredi 29 octobre 2010

Affiche anti-islam du FN : prison et inéligibilité requises contre Le Pen

Vulgaire plagiaire de la terrifiante affiche anti-minarets conçue par son homologue suisse l’UDC, le FN de Le Pen, patriarche en fin de règne, nous aura livré son dernier baroud d’honneur lors des régionales, dans un art consommé de la propagande de la terreur qui n’a pas abusé le procureur du tribunal correctionnel de Paris.

Que n’aurait pas fait le FN, alors exsangue, pour reconquérir un électorat particulièrement volatil ? Redynamisé par un nationalisme européen qui avait le vent en poupe, au point d’importer sa veine créative, le leader vieillissant de l’extrême-droite française a tiré ses dernières salves populistes, en bâtissant sa campagne nauséeuse sur un électrochoc visuel, terriblement dans l’air vicié du temps : une femme en niqab, sur fond d’un Hexagone aux couleurs du drapeau algérien, quadrillé par des minarets en forme de missiles, le tout surhaussé par un cri de guerre : « Non à l’islamisme ! ».

Deux mois de prison avec sursis, un an d’inéligibilité, et une amende de 20 000 euros, telle est la sentence requise par le procureur Claire Donnizaux contre Jean-Marie Le Pen, intransigeante envers la croisade haineuse de trop, vouant aux gémonies la population musulmane et les français d’origine algérienne.

Familier des prétoires, mais brillant en l’occurrence par son absence sur le banc des accusés, l’agitateur redoutable qu’est Le Pen n’a rien perdu de son ironie acerbe, qui lui a fait dire à distance : "Mon avocat n’aura pas trop de mal à me défendre à l’issue de la déclaration de M. Ben Laden".

Un avocat contraint de jouer sur les mots, entre islam et islamisme, pour défendre l’indéfendable, et dont la subtilité linguistique a manifestement résonné dans le vide, le procureur dénonçant au contraire « l’assimilation trompeuse entre islamisme et islam », et exigeant au vu des "antécédents" judiciaires de M. Le Pen en la matière, la plus grande sévérité.

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