Affairisme et calculs politiciens autour du pèlerinage dans le nord de la France

Aujourd’hui, de France, nous sommes à quelques heures de vols des lieux saints, et si la somme à débourse

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mercredi 14 février 2001

Il est bien loin le temps où les croyants prenant leur bâton de pèlerin s’engageaient, sans toute autre volonté que celle de plaire à Dieu, sur des routes peu sûres, été comme hiver, à pied ou sur toute monture, sur les traces de notre père Ibrahim.

Le point culminant de ce voyage est Arafat, préfigurant le rassemblement final, qui nous ramènera devant Dieu. De toutes les origines, de toutes les langues, de toutes les couleurs, ils sont unis en l’amour fraternel du Dieu Unique, et rentreront chez eux auréolés du titre de « Hadj ou Hadja » mais, bien plus que cela, ils garderont en eux, la trace indélébile de ce voyage de la vie pour lequel ils ont tout laissé, famille, biens, amis et qu’ils ont préparé avec le ferme espoir d’en revenir comme au jour de leur naissance.

Et pourtant ne vas pas au Hadj qui veut ! L’on dit, en effet, que l’âme qui n’a pas entendu l’appel d’Ibrahim ( que la paix de Dieu soit sur lui ) ne saurait s’y rendre ! Et puis Dieu guide qui Il veut ! Mais il faut surtout en avoir les moyens physiques et financiers. Et c’est là que le

En effet, aujourd’hui, de France, nous sommes à quelques heures de vols des lieux saints, et si la somme à débourser ( investir devrais-je dire ) est à peu près la même pour tous, les conditions de voyage, d’arrivée, de logement et de parcours du Hadj sont totalement différentes selon les organisateurs, qui, il faut le dire, sont le plus souvent mais pas tous, des spéculateurs, dont le seul but est de « se faire du fric » sur le dos des pèlerins !

Car qui organise les départs ? Dans les pays musulmans, c’est l’état. Mais leur nombre est limité car, l’Arabie Saoudite, pour des raisons de logistique, impose un quota de pèlerins calculé par rapport à la population totale du pays. De plus, dans certains pays, il faut s’inscrire sur une liste et vous êtes désignés par tirage au sort.

Le Pèlerin est donc pris en charge, au départ, sur place dans les points d’accueil de chaque pays, avec l’assistance nécessaire, et ce jusqu’au retour.

Mais cela est différent, pour la France, et l’Europe, d’où les musulmans partent par leurs propres moyens, en s’inscrivant chez des agences de voyages plus ou moins bien organisées. Et le déplacement est plus ou moins bien réussi selon le sérieux ou non des responsables. Cela va de l’avion ( et encore faut-il qu’il décolle à l’heure ) qui fait une ou plusieurs escales non prévues, à l’hôtel complet et où en guise de « chambre avec vue sur le sanctuaire sacré », l’on se retrouve à une dizaine par chambre ou plus, avec la promiscuité que cela implique !

 

Et, bien sûr, pas de point d’accueil, pour les milliers

C’est pourquoi, de plus en plus de voix s’élèvent pour lutter contre ce désordre dans notre pays, et notamment dans le Nord, où chaque année, depuis 7 ans, le SAVFER qui regroupe une dizaine d’associations de la région Nord-Pas-de-Calais, a assuré de façon bénévole, en collaboration avec l’aéroport de Lille, la Préfecture, les compagnies en charge des vols des pèlerins, les services de Police, de douanes, de gendarmerie, l’accueil et l’encadrement des familles venues accompagner leurs parents, grands-parents, frère ou sœur ou ami, en partance ( et de retour ) pour les lieux saints de l’islam.

 

Cette année encore, alors que les premiers départs ont lieu en ce moment, et malgré nos différentes exhortations, nous n’avons pas été entendu. En fait, il s’avère que les autorités préfèrent une administration communautaire de la situation, alors que l’on parle de plus en plus de la gestion d’un « islam de et en France » ( cf la consultation initiée par le ministère de l’Intérieur ).

Pour les départs de cette année, et alors que nous avons toujours inscrit notre démarche dans une ligne d’aide technique et de soutien aux pèlerins et à leur famille, il se vérifie que certaines structures, cautionnées pour ce faire, sont dirigées par des hommes d’affaires qui sous couvert de l’islam font leurs « choux gras » de cette aide providentielle des pouvoirs publics. Est-il saint en effet, qu’un recteur d’une grande mosquée à Lille puisse cumuler deux fonctions. Peut-on, à la fois être recteur d’une mosquée et directeur d’une agence de voyage qui souhaite s’arroger le monopole de la direction des opérations du pèlerinage avec la bénédiction des pouvoirs publics. Peut-on être juge et partie ? N’est-ce pas là, l’exemple d’une confusion des rôles qui constitue une dérive inquiétante au détriment des nombreuses associations bénévoles complètement désintéressées, et qui agissent depuis des années sur le terrain au service avant tout de Dieu et de l’intérêt des pèlerins. Cette attitude des pouvoirs public démontre le peu d’intérêt qu’ils accordent au musulmans qu’ils considèrent comme des citoyens de seconde zone. Il s’agit en fait d’une attitude bassement politiciennes qui relèvent d’une gestion indigène de la communauté musulmane dans le nord de La France. Cette attitude des pouvoirs publics consiste à choisir implicitement un seul ‘’partenaire et interlocuteur musulman’’ docile et peu revendicatif qui leur convient parfaitement, en vue de gérer un des 5 piliers de l’islam qu’est le pèlerinage à la Mecque. Le pèlerinage à la Mecque est une est une démarche de foi qui ne saurait faire l’objet de surenchère Islamo-affairiste et politicienne.

 

Aussi, nous avons dénoncé lors d’une récente réunion cet état de fait, et avons décidé de boycotter avec la plus ferme conviction l’organisation des départs et des retours de cette année, pour ne pas avaliser ce dérapage qui tend à soumettre les musulmans de notre région, voire de notre pays, à des « tour-opérateurs » plus soucieux de la rentabilité du pèlerinage que des pèlerins eux –mêmes.

Car, à part nous, qui pose la question – et c’est là notre principale préoccupation - de la création d’un centre d’accueil

Qui, fort de sept années d’expérience, a attiré l’attention des autorités, sur les difficultés rencontrées par les pèlerins et leur famille ( retard des avions, bagages perdus, insécurité et mauvaises conditions d’attente, pas de chapiteau pour permettre faciliter l’attente des familles !!!! etc..)

Il est urgent de ne pas laisser la situation se dégrader et c’est pour cela que nous serons toujours vigilants pour lutter contre cette anarchie et l’exploitation du Pèlerinage par des entreprises à but lucratif, avec la bénédiction des autorités publiques, qui préfèrent à la citoyenneté républicaine, la gestion communautariste, voire nationaliste, en négociant aussi avec les consulats d’origine des pèlerins et en nous reléguant au rang de citoyen de seconde zone …… comme d’habitude !

 

1 Cette année, les chiffres avancés sont de 15 à 20.000 pèlerins.

à partir de la France au 00.966.2 suivi de :

651.10.30 651.70.45 651.09.77

651.14.13 651.00.82 651.69.63

En cas d’extrême urgence : 00.966.55.35.18.02

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Auteur : Moussa Allem

Responsable associatif, animateur d'un groupe de dialogue islamo - chrétien, concepteur et coordinateur de divers projets sociaux, sportifs, économiques, culturels et cultuels.

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