Affaire Guigue : du devoir de réserve au droit réservé…
Par Jean-Claude Lefort
mardi 1er avril 2008
Le sous-préfet de Saintes, M. Bruno Guigue, vient d’être brutalement démis de ses fonctions par sa ministre de tutelle au titre qu’il aurait gravement dérogé au « devoir de réserve » qui doit marquer sa haute fonction. Cela a fait grand bruit en France mais aussi à l’étranger, il faut le savoir, notamment au Proche et Moyen-Orient.
Examinons donc successivement les faits, puis la notion de « devoir de réserve », voyons si elle a ou non un caractère « universel » et tirons les conclusions de cette « affaire ».
1. L’objet du délit ? Une tribune libre publiée sur Internet. C’était sa 18ème contribution sur le site « oumma.com » signée de son nom mais sans qu’il soit fait mention de sa fonction. Selon le ministère, il a tenu à cette occasion des propos « violemment anti-israéliens ». En conséquence, toujours selon le ministère, il a manqué à son devoir de réserve et il a été limogé sur le champ.
Dans la tribune libre incriminée, Monsieur Bruno Guigue réagissait à un article paru dans « Le Monde » signé par plusieurs intellectuels (1). Cet article était intitulé : « L’ONU contre les droits de l’Homme ».
M. Guigue prenait alors sa plume pour défendre le droit international et les institutions mises en place pour le « dire » et « l’appliquer » selon la Charte des Nations unies. Car cet article publié dans « Le Monde » le 27 février s’en prenait violemment au Conseil des droits de l’homme de l’ONU, et à l’Organisation en tant que telle. Ils accusaient l’ONU de vouloir, ni plus ni moins, « détruire » les principes énoncés dans la Déclaration universelle des droits de l’homme tant, selon eux, « depuis un certain nombre d’années, par ses dérives, l’ONU s’est caricaturée ».
Et les auteurs de l’article paru dans le journal du soir s’en prenaient, d’un même mouvement à la réunion, tenue en 2001 à Durban en Afrique du Sud sous les auspices de l’ONU, la « Conférence mondiale contre le racisme », au cours de laquelle l’Etat d’Israël, notamment, avait été fortement mis en cause pour sa politique d’occupation des Territoires palestiniens.
Maintes résolutions de l’ONU et du Conseil de sécurité disent exactement la même chose, ce qui souligne et met en évidence le fait que l’Etat d’Israël bafoue impunément le droit international. Mais outre la mise en cause frontale de l’ONU, cet article publié dans « Le Monde » avait un objectif clair qui reste d’actualité : faire pression sur les pays européens pour saborder la prochaine Conférence sur le racisme organisée par l’ONU, dite Durban 2, alors que l’Etat d’Israël a déjà annoncé qu’il la boycotterait.
Dans sa défense de l’Organisation des Nations unies, M. Guigue, spécialiste du Proche-orient, citait le cas du conflit israélo-palestinien dont on a retenu qu’une phrase qui énonce un fait exact, à savoir que l’Etat d’Israël disposait « de snipers (qui) abattent des fillettes à la sortie des écoles ».
C’est cette phrase qui a mis le feu aux poudres tandis que le silence fut bien lourd quand le vice-ministre israélien de la défense a brandi, le 29 février, la menace d’une « shoah » contre le peuple palestinien. Cette seule phrase a été retenue mais aussi qualifiée par un responsable politique français comme étant de caractère « antisémite », ce qui est totalement faux et d’un caractère qui est sujet à de possibles poursuites.
Voilà le « délit » considéré, toute affaire cessante, comme étant « violemment anti-israélien ». Voilà qui est « reproché » à un sous-préfet jeté en pâture.
2. Cela nous conduit directement à examiner le second point : la question du « devoir de réserve » auquel sont assujettis les fonctionnaires, spécialement les hauts fonctionnaires.
Anicet Le Pors est le « père » du « statut général » qui régit la fonction publique. Ministre, il a fait adopter en 1983 ce statut reconnaissant explicitement que les fonctionnaires étaient des citoyens comme les autres et qu’en conséquence « La liberté d’opinion (leur) est garantie » (Article 6 de la loi du 13 juillet 1983).
Dans la discussion de cette loi, Anicet Le Pors s’est opposé à un amendement visant justement à codifier « le devoir de réserve » auquel sont contraints les fonctionnaires – « devoir de réserve » à ne pas confondre avec le respect du « secret professionnel » ou bien encore avec le devoir d’exécuter les instructions que reçoit tout fonctionnaire de sa hiérarchie « sauf dans le cas où l’ordre donné est manifestement illégal et de nature à compromettre gravement un intérêt public » (Article 28 de la loi).
S’agissant du « devoir de réserve », le ministre a fait valoir qu’il ne fallait pas le codifier car celui-ci est, pour Anicet Le Pors, « une construction jurisprudentielle extrêmement complexe qui fait dépendre la nature et l’étendue de l’obligation de réserve de divers critères dont le plus important est la place du fonctionnaire dans la hiérarchie » (Assemblée nationale, le 3 mai 1983).
Le plus important étant donc : la place occupée par un fonctionnaire dans la hiérarchie. Et s’il y a deux fonctions qui, à ce titre, supposent clairement le respect du « devoir de réserve », ce sont celles de préfet et d’ambassadeur. Ces deux fonctions sont sensées exprimer et représenter la totalité de la politique de l’Etat au service duquel lesdits fonctionnaires ont été nommés.
Bien que M. Bruno Guigue ait publié bien d’autres écrits sur le sujet du conflit israélo-palestinien, en particulier deux livres (2), et bien qu’il n’ait jamais fait état de sa fonction, il est juridiquement fondé de dire, en l’espèce, qu’il est sorti de son « devoir de réserve ».
Mais on est alors obligé de se demander si ce qui est vrai pour lui l’est en toutes circonstances, et donc pour tous les fonctionnaires de haut rang. Autrement dit, il nous faut vérifier si le « devoir de réserve » s’applique de manière absolue ou non, s’il procède de l’arbitraire ou non.
On admettra volontiers qu’il ne peut y avoir aucune exception ou dérogation à ce principe comme à tout principe.
3. Le « devoir de réserve » est donc nécessairement valable pour tous ou il n’est pas. Or il n’est pas. Je prendrais deux exemples récents pour le démontrer.
Le premier concerne le préfet du Val-de-Marne, M. Tomasini, qui en octobre 2006 est face au problème du « squat » des « 1000 de Cachan ». L’imitateur Gérard Dahan, se faisant passer pour Philippe de Villiers, l’appelle au téléphone le 3 octobre. Le préfet le prend aussitôt au fil et, entre autres choses, lui dit que les « squatteurs » veulent « reconstituer un village africain en plein Paris ». Il ajoute sans ambages : « Ce sont principalement des Maliens et des Ivoiriens. Ces gens-là tuent des gens chez eux mais ils nous donnent des leçons ». Le faux Philippe de Villiers s’interroge s’il ne pouvait pas tout de même prendre la défense des parents d’élèves.
Le préfet le stoppe. « Il faut savoir, dit-il, que les parents d’élèves tous sont membres de la FCPE qui est entre les mains du Conseil général qui est communiste ici. Et si vous communiquez en disant « les pauvres parents d’élèves, les pauvres enfants », bon oui, mais vous faîtes le jeu de la FCPE et donc des communistes ». Ses propos ont fait le tour des radios et des média. Interrogé sur la réalité de ceux-ci le préfet Tomasini confirmait et assumait. Je me souviens avoir écrit aussitôt au premier ministre de l’époque pour lui demander de révoquer le préfet qui tenait des propos qui sentaient le racisme et qui avait une position politique partisane absolument contradictoire avec son « devoir de réserve » et de neutralité.
Le préfet du Val-de-Marne est toujours en place à ce jour… Et vous allez voir qu’il sera nommé préfet de région un de ces quatre….
Second exemple. Un français, député européen, M. François Zimeray, a mené, et ceci durant plusieurs années, une véritable campagne combinée à des actes « violemment anti-palestiniens » au Parlement européen. Au point que son parti (le Parti socialiste) ne l’a pas représenté, pour ces motifs précis, aux élections européennes suivantes. Il a continué néanmoins son action dans le même sens avec des moyens conséquents d’origine « non contrôlée », si l’on peut dire. Et voilà que tout récemment ce monsieur vient d’être nommé en Conseil des ministres « Ambassadeur des droits de l’homme » sur proposition de rama Yade.
Il aurait du se taire et ne plus parler à titre personnel à partir de là. Mais, non ! Devant la décision de le nommer à ce poste, compte tenu de son profil, des voix se font entendre vers les pouvoirs publics. Et M. Zimeray, ayant rang d’ambassadeur cette fois, répond de manière publique qu’il maintient ses positions antérieures qualifiables, encore une fois, « d’anti-palestiniennes extrêmes ». A peine est-il nommé qu’il déroge à son « devoir de réserve », et cela une semaine tout juste avant que n’éclate « l’affaire Guigue ». Est-il pour autant sanctionné ? Aucunement.
Il est toujours ambassadeur des droits de l’homme…
Un préfet, un ambassadeur. Leur niveau hiérarchique ne fait pas de doute : ils sont formellement tenus au « droit de réserve ».
Et pourtant, dans ces deux cas, aucune sanction d’aucune sorte n’est venue, ni du ministère de l’Intérieur ni de celui des Affaires étrangères.
4. Il ne fait pas de doute, en comparant les situations évoquées, que le « devoir de réserve » n’est donc pas seulement un concept « légal » ayant une valeur « universelle ».
Il est avant tout, la preuve nous est donnée ici, sous emprise de la politique.
D’un côté on inflige une lourde sanction à un sous-préfet qui a défendu le droit international et son application et, de l’autre, on ne fait et on ne dit rien contre deux hauts fonctionnaires tenant des propos sortant totalement de ce que l’Etat est en droit d’attendre d’eux.
En vérité M. Guigue est avant tout frappé par une sanction politique.
Cette sanction politique reflète à l’évidence tout à la fois la dérive proaméricaine de la politique extérieure de la France et le fait que le lobby pro-israélien français y trouve des espaces nouveaux pour sévir, ceci à la manière du lobby de même nature qui existe aux USA. Un livre de deux courageux professeurs américains détaille cette question dans « Le lobby pro-israélien et la politique étrangère américaine » (3). ‘ C’est pourquoi le sous-préfet Bruno Guigue est aujourd’hui frappé par une décision discrétionnaire teintée de droit mais qui est en réalité principalement politique. C’est pourquoi notre solidarité lui est acquise ainsi que notre estime.
Amis, tout cela se passe en France aujourd’hui. Mais dans cette même France de 2008, il y a des voix nombreuses en faveur de la paix au Proche-Orient ainsi que des personnes suffisamment lucides quant au motif réel de la sanction qui frappe ce sous-préfet. Symbolique cette décision de le frapper lui, et lui seul, est largement commentée à l’étranger, notamment dans les pays arabes. Que toutes ces personnes s’unissent pour protester vivement contre ce « deux poids, deux mesures » qui est à l’œuvre dans cette affaire. Elles agiront de la sorte pour la justice et l’image mais aussi le rôle de la France à l’étranger.
Car il faut noter, pour en tirer toutes les conséquences sérieuses, que cette fois ce « deux poids, deux mesures », c’est en France qu’il s’exerce… On ne peut laisser faire. C’est une question qui provoque le présent mais qui convoque aussi l’avenir…
Jean-Claude Lefort
Député honoraire
Notes :
(1) « Point de vue » du 27 février publié dans « Le Monde » et signé notamment par Pascal Bruckner, Alain Finkielkraut, Claude Lanzeman, Elie Wiesel, Pierre-André Taguieff, Frédéric Encel…
(2) « Aux origines du conflit israélo-arabe » en 1998 et « Proche-Orient : la guerre des mots » en 2005, tous deux chez « L’Harmattan »
(3) « Le lobby pro-israélien et la politique étrangère américaine » de John J. Mearsheimer et Stephen M. Walt. Editions « La Découverte » 2007.
Jean-Claude Lefort
Député honoraireDu même auteur, à lire en ligne sur Oumma.com :
Vos réactions et commentaires sur cet article
Bonjour, la lecture des réactions après l’injustice subie par Guigue ainsi que la lecture des noms et professions sur la pétition ouverte me laisse croire qu’il existe encore des êtres humains. Bruno Guigue a eu du courage. il n’avait rien à gagner à écrire ce qu’il a écrit. Au contraire, il avait tout à perdre car les précédents existent, et pourtant il l’a fait.
J’ai fait le rêve qu’un jour il n’y ait plus le deux poids deux mesures. J’ai fait le rêve que la victime d’hier ne soit pas le bourreau d’aujourd’hui. J’ai fait le rêve qu’un être humain puisse écrire ce que M. Guigue a écrit et qu’il puisse obtenir pour cela je titre de "juste devant les nations" et non pas l’opprobre.
Sioux, être humain.
Salam à tous,
J’entends souvent dire que les caricatures du prophète ( personnellement, n’ayant jamais vu le prophète SAW je ne considère pas celà comme des caricatures)sont islamophobes. Ce qui est en parti vrai. Je les considère plus pour ma part comme raciste envers les arabes ( arabophobes), car les arabes ne sont pas tous musulmans, il ne représente que 10% des musulmans. Or, ces caricatures possèdent les caractéristiques que l’on attribuent souvent aux arabes ( nez,etc...). Donc, il s’agit bien de racisme envers les arabes et non d’islamophobie. Je pense que la religion est ici un prétexte.
bravo Mr Lefort voila un raisonnement juste .Merci
Dans le sillage de Bruno GUIGUE, qui bien malgré lui - sauf sa liberté d’expression privée - est placé en figure de proue d’un devoir de résistance qui aura finalement attendu longtemps avant de se lever ! Signons tous la pétition et faisons la signer.
Les politiciens élus doivent impérativement se souvenir qu’ils ont le devoir impérieux de servir tous les citoyens de notre pays plutôt que d’être inféodés à des intérêts très particuliers, ultra minoritaires en France et affichant clairement des relations directement liés à des pays et des intérêts étrangers.
ALors que dans le grand poker-menteur actuel qui agite le paysage médiatico-politique de notre pays et dans lequel les acteurs jouent entre eux du miroir aux alouettes pour mieux considérer les vessies de leur sujétion avec les lanternes de leur impunité illusoire, il faut en revanche considérer, pour les autres et avec tous les autres, que la résistance pour la liberté d’expression est un minimum sur lequel nous ne pouvons plus reculer davantage. Il est grand temps d’agir ! Et nous verrons bien assez tôt les très frileuses vessies se dégonfler comme des baudruches car comme chacun sait : l’incompétence et la lâcheté quand elles se conjuguent, forment le lit de la traîtrise ; et laquelle conduit et appelle immanquablement à une addition à payer, tôt ou tard.
Salutations fraternelles,
Dabeldi
Très bon article mais je suis pas d’accord avec vous quand vous dites que l’affaire a fait grand bruit en France car je l’ai entendu où vu nulle part il a fallu que je me connecte sur le site Oumma pour pouvoir en être informé et pourtant j’écoute souvent la radio et en particulier des émissions sur les débats de l’actualité où on parle de tout et de rien et je dirais même des choses futiles comme par exemple les amourettes de Nicolas et Carla ect... et j’en passe mais quand il s’agit d’ histoires intelligentes il y a un silence bref soutenons monsieur Guigue ! vive la liberté d’expression en France !
Il faut davantage s’impliquer dans les actions citoyennes, refuser de céder aux provocations et agir toujours conformément aux droits pour dénoncer les situations de non droits. Soyons patients, inscrivons nos actions dans le long terme et dans la justice.
Le fait d’avoir démis Monsieur Guigue de ses fonctions cache un autre problème encore plus grave, qui devrait tous nous interpeller, celui de la liberté d’expression mais aussi de l’injustice qui est aujourd’hui érigé en valeur suprême. Quand un état ne peut faire face à l’injustice et au deux poids deux mesures cette Etat est en faille mais qu’advient-il d’un état qui prône l’injustice ?
Il y bien un moment,personne ne pouvait critiquer Israel,aujourdhui les voix se lévent partout dans le monde,même si le prix a donner est fort,il y a bien des gens responsables en l’occurence Monsieur Guigue qui rejoint le cercle des Hommes justes.
Il est peut-être temps que la résistance s’organise non ?
Aujourd’hui dans le figaro : " l’islam est devenue la première religion de la planète(1,3 MD), dépassant la religion catholique(1,1 MD)..." Même le journal du Vatican peine à relater les faits , prétextant une croissance de la population mondiale ,je cite : "Le quotidien officieux du Saint-Siège, L’Osservatore romano, en a fait état ce week-end, avant leur publication officielle dans l’ Annuaire pontifical . « Pour la première fois dans l’histoire, nous ne sommes plus en tête : les musulmans nous ont dépassés », a ainsi commenté M gr Vittorio Formenti, responsable de ces calculs." Les données provenant du monde musulman se fondent sur des estimations qui tiennent compte de la croissance de la population mondiale, a-t-il encore expliqué. Sic !!faut croire que le souverain pontife : Benoit XVI doit se demander ou sont passées ses ouailles. Seulement et devant l’évidence, force est de reconnaitre que l’Islam attire de plus en plus d’individus en quête de spiritualité et de justice. Justice que M.GUIGUE devrait saisir par la même occasion si tant est qu’il le veuille et qu’il le "peut" bien évidemment.
En parlant de liberté d’expression, il faut rappeler une autre hypocrisie, celle qu’on a mis en avant pour défendre les caricatures et ceux qui les ont publiés alors que ces dessins s’ils en portent en rien atteinte à l’Islam sont surtout des dessins racistes et islamophobes qui disent les arabes sont des terroristes.
Ceux qui publient cela et ceux qui ont défendu soit disant au nom de la liberté d’expression savent parfaitement cela.
L’affaire a fait du bruit et réveille même les consciences. Je n’étais même pas au courant et je l’ai appris en entendant des gens en parler dans la rue, plus tard des amis en ont également parlé et même au boulot les gens avec qui j’en ai discuté était au courant, c’est une affaire de plus qui fissure un peu plus le mur d’hypocrisie derrière lequel se cachent les gros lourdeaux manipulateurs et manipulés.
Aujourd’hui,dans certains pays europeens on tend a developper une atmosphere de suspicion et d’amalgame au nom de la liberte d’expression sans tenir compte des positions défendues par l’union européenne et son observatoire des phénomènes racistes et xenophobe (EUMC) de Vienne en Autriche, ce droit n’est pas sans limites : précisément celles que lui imposent les législations nationales, les textes législatifs de l’UE et les conventions internationales signées et ratifiées par la France. Tout contrevenant à ces obligations devra rendre compte de ses paroles et de ses actes devant la justice.
J’attends de Mr Guigue qu’il ecrive un article et l’adresse au journal "le Monde" qui ,j’espere,lui ouvrira ses colonnes comme il le fait habituellement pour ces "pseudo-intellectuels",et lui permettre de defendre ses points de vue.
Bonjour,
Plusieurs réactions demandent s’il est possible de faire quelque chose. Effectivement, je crois que deux actions sont possibles : d’une part lancer une pétition pour protester contre ce qui vient d’être fait et soutenir B. GUIGUE ; d’autre part, créer une association pour veiller à ce que de tels actes, quand ils se commettent, ne soient pas passés sous silence et que les personnes qui en sont victimes soient soutenues.
Il faut bien entendu que cela soit fait en concertation avec B. GUIGUE (et son avocat !) selon la ligne de défense qu’il va adopter.
Je précise enfin que ce cas n’est hélas pas unique dans notre pays, puisque l’on a vu ces dernières années (notamment à Strasbourg) des agents sanctionnés pour ne pas s’être pliés au discours islamophobe dominant.
La vigilance est plus que jamais nécessaire.
prendre résolument fait et cause pour israel, ses intérêts et ses projets, voilà à quoi on nous prépare avec le muselage de toute forme d’opinion critique à l’égard d’israel. Voilà à quoi on nous prépare avec cette ignoble campagne médiatique islamophobe sous caution politique ouvertement affichée, bien que de moins en moins crédible. J’en veux pour preuve cette affaire du limogeage du préfet Guigue très vite médiatiquement étouffée en France ! Alors qu’elle fait grand bruit ailleurs...
La démarche est plus sordide dans ce qui semble être son projet que méchante par son racisme apparent.
En effet, les prises de position "anti-islam" de responsables politiques et médiatiques français nous laissent à penser que ces derniers, dans une posture provocatrice évidente, tentent de pousser à bout des personnes pour qui ces médisances quotidiennes, ces infamies et ces injures deviennent véritablement insupportables. En clair, par ces provocations, le sentiment qui règne est que nos responsables politiques et médiatiques attendent d’odieuses réactions (pour eux il s’agirait de conditions idéales) et guettent d’éventuels "faux pas" afin de cautionner avec plus de vigueur toute action présente d’israel et toute action futur de ses alliés dirigée et engagée à l’encontre des ennemies d’israel : l’Iran, la Syrie et plus tard, l’Arabie "Saoudite", l’Egypte... sans oublier la Palestine, en première ligne.
L’on entend en bruit de fond à ces injures, des inconditionnels d’israel dire que « Les États-Unis ayant assez donné, c’est au tour de l’Union Européenne de prendre le relais de l’offensive » avec une préparation de terrain diaboliquement orchestrée par les médias nationaux français et leurs principaux acteurs politiques.
Je m’adresse à vous Monsieur le Président de la République Française, au nom de quoi le destin de la France devrait il être associé à celui d’israel. Au nom de quoi les intérêts d’israel devraient ils primer sur ceux de notre pays ? Au nom de quoi un seul de nos ressortissants devrait il verser le sang pour israel ?
Le gouvernement et les médias, ne cessent de nous parler du pays des droits de l’homme. Kouchner notre « livreur de riz » doit d’abord balayer à côté de sa porte. Ce qui est dramatique c’est qu’à chaque fois qu’on critique le gouvernement israélien on nous taxe d’antisémitistes afin de discréditer nos dires…et ça marche à tous les coups. Après on nous dit que le lobby israélien n’est qu’un mythe. La question est comment soutenir Mr Bruno GUIGUE et de la même façon tous ceux et celles qui ont critiquer et qui critiqueront ce régime sioniste ? Merci au site d’Oumma.com et toutes celles et ceux qui nous « informent »
Tout a fait d’accord avec cet article.Le "devoir de reserve" a geometrie variable.On ensence et ont promeut ceux qui confortent la politique israelienne,font des discours racistes ou islamophobes.La sanction est donc politique,effectivement.
« ..le sous-préfet Bruno Guigue est aujourd’hui frappé par une décision discrétionnaire teintée de droit mais qui est en réalité principalement politique. »
Eh oui, Mr. Lefort, ce commentaire est le parfait résumé de « l’affaire GUIGUE ». Votre article est d’une grande justesse et plein de lucidité. Un point sur lequel je ne suis pas vraiment d’accord avec vous tout de même :
« Cela [l’« affaire Guigue »] a fait grand bruit en France... »
J’ai - pour ma part - plutôt l’impression qu’on a évité de trop ébruiter ce qui s’est réellement passé. On a cloué Mr. Guigue au piloris et on l’a jugé de manière expéditive pour ne pas avoir à discuter du fond de son article (et s’il disait vrai ?). On a présenté cet homme comme un pestiféré sans prendre le temps d’expliquer certains faits : son article était surtout une réponse à une tribune d’une médiocrité insoutenable parue dans le Monde.
Je ne comprends pas très bien où vous voulez en venir : une vérité est une vérité. Mr Guigue a simplement dit une vérité.Les "droits de l’homme" selon Rama Yade ou autres lobbyes israeliens ne s’appliquent pas aux palestiniens et aux "barbares gazaouis" selon l’expression d’un journaliste sur I TV
Monsieur Guigue est un brave,je parie que la majorité des intellectuels Français sont d’accord avec lui sans pouvoir le dire.Grave dérive et recul dans la démocratie française...
C’est bien nous voila informé ! hamdoulila ! merci pour l’article,mais concrétement que pouvons nous faire ? Si des personnes ont des idées,ou des pistes, tout ce qui pourrait aider,ou à défaut ennuyer les institutions concernées tout cela serait le bienvenu kbs
Malheureusement, le deux poids deux mesures est devenu une règle générale en France sur tous ce qui approche de près ou de loin l’Islam. On aurait pu citer également le cas de Redeker, en tant que professeur il a également un devoir de réserve, d’autant plus qu’il fait cours à des jeunes. C’est triste ! En tout cas cet épisode aura montré que les politiques français ne croient plus en l’ONU ni en la paix. Encore une fois on reste dans la superficialité, les questions de forme sans aborder sérieusement les questions de fond. l’image qu’on donne de notre pays est pitoyable. Est ce que quelqu’un sait comment témoigner notre soutien à Bruno Guigue ? J’imagine que cette fois il n’y aura pas de tribune médiatique pour défendre le droit d’expression...
c’est inadmissible mais bon pas vraiment étonnant en fait ! au vue de tout ce qui se passe ces dernières années en France. par contre j’ai eu l’impression que cette affaire n’a pas eu un grand impact sur les médias français. y-a-t-il une suite judiciaire à cette affaire ? quelle est la position aujourd’hui de Mr Guigue ? Respect à cet homme. La france devrait faire extrêment attention à ses actions discriminatoires de plus en plus nombreuses dans les années à venir si elle ne veut pas voir une partie de ses citoyens sortir de sa réserve et se soulever contre l’indignation que cela engendre !!!
Et quel avenir M.LEFORT !!! C’est quelqu’un comme vous qu’il faut à la tête du parti communiste . Vous comprenez les problèmes du moment et les expliquez clairement ainsi vous pourriez réunir un électorat au demeurant laissé pour compte : les noirs, les maghrébins,les banlieusards et tout ce que la pensée unique a exclu définitivement.
Merci à vous, Mr. Guigue et Mr. Lefort, de défendre la justice et la paix, de condamner le deux poids deux mesures et les abus de pouvoirs, malgré toutes les conséquences négatives que cela pourrait avoir sur vous. C’est cela le courage, défendre ses principes, surtout et même si cela coute. J’espère retrouver ce courage chez les autres élus et responsables, car c’est aussi de cette lâcheté qu’est malade notre monde. Merci
Deux poids, deux mesures ? Liberté d’expression pour les caricaturistes du prophète mais limogeage pour les critiques des "jeux de guerres" israeliens ?
Clair, net, précis et concis !!! Mais, ce sont ces injustices (il y en a bien d’autres) qui servent malheureusement de terreau fertile au extrémistes...
merveilleux article. Merci M. Leford pour vos précieuses informations. Réhabilité M.Guigue à ses fonctions de préfet.
