Abderrahmane Dahmane, conseiller en charge de la diversité, limogé par Nicolas Sarkozy

Cela pourrait être la chronique de l’islamophobie ordinaire, à ceci près que ce qu’elle révèle sur la

samedi 12 mars 2011

Cela pourrait être la chronique de l’islamophobie ordinaire, à ceci près que ce qu’elle révèle sur la France d’en haut n’a rien de banal, mais de très alarmant, et que l’indignation collective qu’elle soulève est sans précédent.

La grande famille de la droite rassemblée n’apprécie guère qu’on lui renvoie en son sein le pâle reflet de ses déviances, d’autant plus quand la réprobation est musulmane et qu’elle appuie là où ça fait très, très mal…

Abderrahmane Dahmane, conseiller en charge de la diversité au sein de l’UMP, vient de l’apprendre à ses dépens, en se voyant débarqué illico presto par Nicolas Sarkozy pour avoir dénoncé un secret de polichinelle : le débat spécieux, qui ne fait plus illusion, est le point d’orgue d’une vaste entreprise de démolition de l’islam impulsée par la droite décomplexée, de plus en plus ouvertement islamophobe, dont Jean-François Copé tire les ficelles.

Franco-algérien, Abderrahmane Dahmane avait été décoré en 2010 de la Légion d’honneur par le président de la République, qui ne tarissait pas d’éloges à son égard, le présentant comme un "jeteur de ponts" entre les deux rives de la Méditerranée.

Depuis, de l’eau a coulé sous le pont, et jeudi, lors d’une réunion à la Grande Mosquée de Paris, riche en rebondissements, la coupe était manifestement pleine pour ce fidèle Umpiste, qui est sorti de ses gonds : " L’UMP de Copé c’est la peste pour les musulmans", s’est-il exclamé, appelant ses coreligionnaires à "ne pas accepter le débat dans les sections s’ils ont une dignité et une fierté", et à "ne pas renouveler leur adhésion" à l’UMP tant qu’il n’aurait pas été annulé ", avant d’ajouter excédé : "Ce débat, voulu par Nicolas Sarkozy pour la défense des musulmans a été dévié parce qu’à l’UMP il y a des gens très proches du Front National".

Si ce limogeage rondement mené par l’Elysée met un frein à la carrière Umpiste d’Abderrahmane Dahmane, il semble avoir un effet infiniment libérateur, de nature à ouvrir la voie à de nouvelles perspectives : "Il (Nicolas Sarkozy) vient de me rendre ma liberté, je vais me mettre en campagne pour défendre la dignité des musulmans de ce pays" a déclaré ce dernier.

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