Samedi 26 mai 2012
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A propos de « Penser le Coran » ou se libérer d’une lecture littéraliste

Pour nos auteurs « Penser le Coran » revient à opposer une lecture personnelle à une lecture littéraliste. Nous avons noté qu’elle consistait à opposer une lecture occidentale à une lecture islamiste, du fait de ce que l’une suppose comme point de vue d’un lecteur occidental informé des résultats du savoir des sciences sociales et humaines, et l’autre d’un point de vue informé des seules sciences traditionnelles.

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L’ambition des auteurs de « Penser le Coran » n’est pas moins que de nous libérer d’une lecture littéraliste. Pour « comprendre » le Coran, Mahmoud Hussein (pseudonyme qui recouvre deux personnes) préconise qu’il faille restituer le Livre à son contexte historique, lui rendant ainsi son autonomie, pour en libérer et saisir le vrai sens, la cohérence d’ensemble.

Ce qu’il montre admirablement. Mais je ne crois pas que cela puisse suffire pour remettre en cause cette lecture, car les auteurs limitent trop le champ de leur réflexion. Ils excluent de leur démarche l’autre versant du texte, son usage ou sa consommation, et ils opposent trop rapidement à notre sens, une lecture personnelle à celle littéraliste. Peut-être la levée de ces simplifications relèvera-t-elle du prochain livre ? Nous en avons comme le profond sentiment, car ce livre nous apparaît comme un bon point de départ pour un débat sérieux entre croyants et non croyants.

Les deux moments de la lecture littéraliste

Le livre montre donc que l’on ne peut comprendre le Message divin sans en référer aux conditions historiques d’une société du septième siècle, sans voir qu’il est une direction pour des hommes appartenant à des coordonnées spatio-temporelles données. Il ne s’occupe pas de mettre en regard cette dimension avec cette autre que contient explicitement le Message divin : Il s’adresse à tous les hommes de tous les temps et de tous les lieux.

Le Message n’est pas pris tout de suite comme un message adressé à tous les hommes au travers d’hommes particuliers, venant de Dieu certes, mais tel qu’il puisse être adressé par un homme à des hommes, d’ici et d’ailleurs. Autrement dit, un message divin, participant d’une histoire, s’adressant ainsi à tous les hommes au travers de quelques-uns d’entre eux. Il focalise toute son attention sur la critique de la lecture littéraliste, autrement dit sur un moment particulier (il rétablit le Message comme étant celui d’un homme à d’autres hommes particulièrement semblables) de la démarche précitée (un message d’un homme à des hommes différents), selon lequel toute lecture qui ne se replongerait pas dans un septième siècle arabique ne peut-être correcte.

Le lecteur pressé peut tout de suite demander si ce sens retrouvé, après ce détour historique, ne nous éloigne pas singulièrement de la réalité d’aujourd’hui. Nous verrions les hommes d’une époque révolue vivant sous la direction d’une révélation. Nous verrions un message à prétention universelle adressé à une communauté particulière. Comment pourrait-il nous servir aujourd’hui : restitué au passé comment pourrait-il passer au présent ?

On peut dire que la lecture littéraliste s’épargne une telle difficulté en simplifiant au lecteur ce rapport au temps : l’universalité du Message signifie comme son existence hors du temps, c’est-à-dire son applicabilité immédiate ou presque. Entre le passé et le présent, la proximité est immédiate, entre le texte et le lecteur, nulle mise à distance historique nécessaire. Pour le lecteur occidental, cela devrait signifier la mobilisation de ressources en sciences humaines et sociales : comment apprendre des hommes du septième siècle sans l’aide de ces sciences pour comparer les hommes, les sociétés d’hier et d’aujourd’hui ?


Lecture littéraliste et érection de frontières entre savoir profane et savoir religieux

Les auteurs ne soulignent pas le risque sous-jacent à une historicisation du message divin, surtout qu’ils ne s’occupent que de la critique de la lecture littéraliste (moment négatif) et non de sa compréhension. Ils sous-estiment la menace que cela représente pour les croyants et les défenseurs de leur croyance, la crainte que le message ne puisse pas subsister à l’histoire, qu’il puisse devenir le fait d’une culture historique particulière qui ne survive pas à son temps.

La crainte que ne soient identifié une culture et le Message universel. Et celle encore qu’il faille en revenir à de nouvelles médiations, aux savants des sciences profanes pour accéder à la parole divine en passant par l’anthropologie, une comparaison des cultures.

A ce propos, l’incompréhension et la critique des auteurs vis-à-vis d’un classement des versets qui ne soit pas effectué selon l’ordre de leur révélation sous-estime ce besoin qu’ont les croyants de séparer le texte de son origine historique, de réduire la distance qui le sépare d’eux.

Ce que permet un tel classement, c’est d’éviter d’avoir à comparer des cultures comme totalités. Ils ont besoin que soit distingué simplement origine divine et origine historique (asbâb an’nuzûl), selon les besoins, pour justifier par cela la diversité des points de vue des savants religieux et de leurs écoles. L’idéal pour beaucoup, à tort bien entendu, serait que la parole divine puisse être énoncée ici et maintenant pour tout un chacun[1].

On comprend mieux aujourd’hui, de ce point de vue, ce qui fonderait la résistance des représentants de la pensée islamique : la sécularisation de leur fonds propres par une intégration au sein des sciences humaines et leur disparition en tant que catégorie sociale. Résistance dont le corps social pourrait ne pas manquer d’être solidaire. Considérer le texte de la révélation comme un texte tout simplement, auquel on appliquerait tout le savoir accumulé sur le texte, le monde, leurs destinataires passés et présents, semble bien être ce dont il faille se protéger.

La lecture littéraliste apparaîtrait alors comme une protection contre un tel devenir qui insère les sciences religieuses au sein des sciences humaines et donne au savant religieux le statut d’un simple savant. On comprendrait la contradiction qui peut résider dans le fait qu’une lecture littéraliste strictement définie soit défendue par des religieux qu’elle ne justifie pas. La lecture littéraliste des savants faisant appel à un minimum de compétences que l’on pourrait dire traditionnelles. Pourquoi en effet des savants pour une lecture qui ne mobilise qu’un savoir limité, donné une fois pour toutes ?

Ce qui fragilise dans le même temps le statut du savant quand la lecture littéraliste n’a pas pour horizon la disparition de cette catégorie. La contradiction n’est en vérité qu’apparente, formelle. Ce qu’il faut voir donc, c’est que d’une part, la lecture littéraliste, qui unit savants et sens commun, dresse en vérité des frontières entre l’interprétation du texte religieux et les sciences humaines et sociales dans toute leur diversité. D’autre part que les intellectuels religieux sont moins des penseurs que des défenseurs de positions idéologiques, c’est-à-dire des défenseurs de structures et de positions sociales. Ils ne pensent pas les autres cultures, les autres sociétés, pour faire parvenir le Message divin aux autres hommes[2]. Encore qu’il faille rappeler que cette activité ne soit pas sans risque, comme le montre la pensée de l’Occident expansionniste.

On peut ainsi affirmer que l’on ne peut comprendre l’érection de ses frontières du seul point de vue logique, discursif. C’est une erreur de croire que l’opposition « Coran incréé » et « Coran créé » explique logiquement la lecture littéraliste : elle lui prête une explication qui n’est pas d’elle. La thèse concernant la nature du Coran donne une justification a posteriori à la lecture littéraliste. Celle-ci n’a pas besoin de la thèse du « Coran incréé » pour soustraire le Message divin à l’histoire, au comparatisme historique[3].

Ce que pratique sans gêne l’individu ordinaire. La lecture littéraliste aide à fixer des « positions » théoriques en lutte, opposées, comme on fixe des positions de combat, qui en retour la justifient.

Déterminations historiques du message et du lecteur

Le reproche que l’on peut donc faire aux auteurs est qu’une telle critique de la lecture littéraliste ne permet pas d’en faire une lecture historique comme les auteurs l’ont préconisée et effectuée pour la révélation. L’explication philosophique qu’ils en donnent (le « Coran incréé » comme position philosophique de mise hors histoire du Message divin) est le moyen d’évacuer d’autres explications non philosophiques.

La cohérence du sens, attribuée par des présents à des absents, comme le souligne les auteurs, met en rapport un message et une histoire, ce qui restitue au passé une certaine autonomie, mais elle met aussi en présence des demandes et des histoires actuelles. En rappelant les déterminations passées du message on ne doit pas oublier celles présentes des lecteurs.

On n’aurait accompli que la moitié de la tâche. Ainsi en est-il des déterminations de la lecture littéraliste qui n’a pas besoin de mise à distance, qui est prise telle quelle, ou rabattu sur des positions philosophiques qui peuvent être vite oubliées.

Il faudrait pouvoir distinguer pour les hommes d’hier et d’aujourd’hui tout autant, les hommes et leurs représentations. La fixation du sens n’est pas indépendante des divers échanges entre sociétés et communautés, hier comme aujourd’hui, qu’ils soient symboliques ou autres. Tout à la fois en ce qui concerne le Message que la compréhension du message.

Les auteurs ne supposent donc pas l’inverse de leur démarche : le présent dicte la lecture du passé. On critique souvent une telle démarche que l’on voit opérer à des échelles diverses dans les sociétés dominées, concernant la gestion de leur mémoire, mais on n’explique pas une telle démarche.

On l’accuse d’être irrationnelle pour la disqualifier en recourant au savoir positif disponible. Si parfois il semble que le passé (la connaissance du passé) explique le présent (le texte présent), il faut aussi admettre le mouvement inverse : le présent (les luttes présentes) motive le retour au passé et la volonté de savoir. Autrement dit, la cohérence du sens, dans lequel se trouve pris l’homme, a besoin d’une certaine unité du passé (de son champ d’expérience) et de l’avenir (de ses attentes) ; d’une unité du ciel et de la terre.

La lecture présente du passé n’est donc pas indépendante d’attentes présentes, le sens qu’on lui attribue aujourd’hui du fait de certaines raisons, de l’effet sur d’autres pratiques, peut rendre secondaire le sens qu’on lui attachait jadis ou qu’on devrait logiquement lui attribuer aujourd’hui. Le sens ne s’auto-engendre pas, ne s’attribue pas à lui-même, de lui-même. Il est attribué à des forces par des forces, il s’inscrit dans une dynamique : voilà ce que devrait signifier, il me semble, s’inscrire dans l’histoire.

Il faut rendre le texte et le lecteur à l’histoire, ce qui met en présence deux champs de déterminations distincts. Tant que le travail intellectuel ne concerne que le texte, il est incomplet quant à la compréhension d’une lecture qui renvoie à un texte et un lecteur, une fixation et une appropriation. Le discours se construit dans les échanges de pratiques où il développe ses effets, il n’obéit pas qu’aux seules logiques formelles et discursives.

On peut avoir tort logiquement, c’est-à-dire du point de vue d’un savoir donné, des pratiques discursives et de leurs règles, mais pas du point de vue de l’ensemble des pratiques, de leur configuration stratégique. C’est l’effet d’une pratique sur l’ensemble des pratiques qui est donc décisif, non pas le territoire d’une telle pratique, soit-elle la plus explicite de l’ensemble.

On ne saurait confondre la vérité du Tout[4] avec celle de la partie. Cela peut se traduire aussi par une opposition de ce que l’on croit et de ce que l’on peut expliquer logiquement. On peut ajouter que dans une « société approximative », où peu de considération est faite aux grandes constructions logiques, les croyances[5] paraissent d’une importance plus immédiate. De ce point de vue, on peut dire que la compréhension de la lecture littéraliste nécessiterait sa restitution à un système actuel de croyances et de dispositions sociales.

Elle ne serait donc pas fondée philosophiquement, ni logiquement mais globalement par le motif de construction d’une communauté dominée à laquelle pourrait être prêtée une idéologie et les dispositions plus fines d’une société et ses connaissances intimes. Cette lecture pourrait ainsi correspondre à une « position théorique » (une manière de prendre les choses) dans un système d’actions et de croyances. Bien entendu, comme le souligne les auteurs, cela ne va pas sans créer bon nombre de contradictions au sein de ces sociétés. Les barrières qu’elles érigent ne font qu’imparfaitement face aux savoirs que développent les sciences humaines et sociales modernes.

Dépendance et lecture littérale

Last but not least, la tendance de l’Occident à se considérer comme l’incarnation de la Raison, sa monopolisation du savoir, ne laissent pas d’autres alternatives aux sociétés des autres civilisations que la soumission[6] ou la mise au ban. La révolte conduit les pays musulmans à se réfugier dans leurs retranchements culturels, à promouvoir des positions théoriques qui s’apparentent davantage à des croyances pour faire face à une Raison dominante, agressive qui s’est moins émancipée de certaines croyances qu’elle n’est pas sommée d’expliciter, qu’elle ne s’est libérée de certaines monopoles sociaux.

On l’a déjà dit d’une autre manière, une personne qui se défend mal ne saurait avoir gain de cause auprès d’un tribunal humain, mais auprès de Dieu, elle n’aura pas besoin d’avocat pour sa défense. Après avoir conféré une égale dignité aux textes quels qu’ils soient, il faut en faire de même avec les croyances et les systèmes réfutables. Il faut les restituer à leur système de pratiques.

Et si l’on doit comparer la foi et la Raison, celle où la foi excède et comprend (c’est-à-dire en fait libère) la Raison et non pas l’inverse ?[7]

Ainsi donc les auteurs laissent dans l’obscurité ce pan de la réalité d’aujourd’hui qui expliquerait pourquoi beaucoup de musulmans, sont encouragés à choisir ou à se réfugier, dans une lecture littéraliste. Car, comme nous venons de le dire, les historiens et les sciences dont ils tirent profit, doivent expliquer la production du texte et de son usage qui comme toute production et toute consommation renvoient à des déterminations distinctes.

Car la lecture littéraliste correspond à des positions théoriques qui ne sont pas justifiées théoriquement mais politiquement. Le livre donc se contente de rappeler, l’unité du temps et des hommes, de la terre et du ciel à l’époque de la Révélation coranique, il ne peut expliquer la lecture littéraliste du livre saint qui est faite par les hommes d’aujourd’hui, objet de déterminations historiques présentes, ni celle promue lors de l’expansion de la religion islamique.

Ce qui est théoriquement sûr, comme le suggèrent et affirment les auteurs, c’est que d’une part, il n’est plus possible d’effectuer une lecture littérale en Occident étant donné le savoir accumulé, comme il n’est plus possible d’autre part, d’appliquer littéralement le texte dans les pays musulmans étant donné le changement historique et les contradictions qu’il génère. Il reste qu’entre le possible et le réel s’interpose des acteurs qui s’accommodent fort bien de contradictions.

Car on ne promouvra pas en Occident une lecture du Coran conformément aux acquis de la science, comme on le ferait pour tout autre texte d’intérêt : cela pourrait ne pas correspondre aux intérêts politiques dominants. Tout comme on ne voudra pas en pays musulman se rendre à l’évidence historique pour incapacité à faire face au débat intellectuel. C’est pour cela que je pense que la position occidentale dominante détermine celle musulmane dominée qui lui correspond.

Lecture personnelle et lecture littéraliste

Dans leur analyse, les auteurs excluent donc de leur champ de réflexion l’usage du texte, les différences de lectures entre celles possibles et celles choisies par les acteurs. Ensuite, après avoir relevé l’impossibilité d’appliquer le texte de manière littérale, ils préconisent une lecture personnelle. Là aussi, mais en aval plutôt qu’en amont, nous relevons une déficience, nous entrevoyons un effet idéologique occidental où la religion qui a été et reste le fait d’une Eglise (qui n’a toujours pas été abrogé) est néanmoins refoulé à un espace privé pour raison d’équilibre des pouvoirs.

Non seulement les musulmans n’ont pas d’instance autonome représentant la religion, mais ils doivent de plus en faire une affaire personnelle. Ce qui consiste un peu à leur demander de se débarrasser de leur religion sans se demander ce qu’il pourrait leur en coûter. Ce à quoi nous sommes parvenus jusqu’ici, nous indique que seule une lecture mettant à contribution non pas seulement la philosophie ou l’histoire, mais l’ensemble des sciences humaines et sociales[8], et par conséquent une production collective scientifique, est en mesure de redonner un sens à une lecture personnelle.

Dans le cas contraire, la lecture personnelle ne nous éloignerait pas de la lecture littéraliste. En fait la lecture personnelle élargit le champ d’interprétation en fonction du savoir incorporé par le lecteur. Le facteur discriminant serait donc ce savoir incorporé, selon la distance qu’il entretient avec le savoir dominant ou le savoir traditionnel. Ce « savoir incorporé » dicterait la « lecture personnelle » réelle. Il faut en réalité distinguer entre le caractère privé manifeste de la religion au niveau de la vie courante et sa prégnance réelle au niveau collectif, et sous une forme séculière.

Ainsi les auteurs s’arrêtent au seuil d’une réflexion sur la « lecture personnelle » oubliant le contexte en général dans lequel une telle option est défendue (existence d’une Eglise comme organisation des hommes de savoir religieux ; existence de sciences humaines et sociales développées). Les auteurs ne posent pas la question du background, du savoir incorporé par le lecteur qui lui donnera ses grilles de lecture.

On peut donc dire qu’une lecture personnelle en réalité exige un travail social préalable qui la rendrait possible et la libérerait d’une lecture immédiate. Dans le contexte des sociétés chrétiennes modernes, cela signifie que l’individu et le débat public sont autonomes et responsables de leur choix vis-à-vis des diverses instances du savoir. La justification de la lecture personnelle ne renverrait donc pas au savoir, plutôt collectif qu’individuel, mais à la responsabilité.

Le savoir n’est pas un, il ne dispense pas de la responsabilité. Pour le musulman, il serait plutôt inciter à rejeter toute lecture personnelle aujourd’hui du fait des risques qu’elle représente, même si la responsabilité religieuse lui incombe individuellement. Car les musulmans sont plutôt dans un contexte où ils ne peuvent exercer leur responsabilité individuelle puisqu’ils sont face à un savoir traditionnel déclassé et un savoir occidental suspect. Ils s’abstiennent de choisir parce qu’on ne leur propose pas de choix réels.

Le problème principal est ailleurs, et nous avons eu l’occasion d’y réfléchir dans d’autres écrits. Il s’agit de l’incapacité des sociétés musulmanes à se doter d’un savoir autonome qui pourrait éclairer une autre lecture et autoriser l’exercice de la responsabilité individuelle. Elles sont divisées entre détenteurs de savoir occidental et de savoir traditionnel. La lecture littéraliste s’impose comme le résultat de luttes au plan de la connaissance et du savoir pour perpétuer une certaine domination. Sans réels penseurs du monde et de soi, les sociétés musulmanes optent pour un déni de l’évidence historique et du débat intellectuel.


Universalité du Message et/ou singularité d’une culture : le modèle de Médine

Le message divin a fait corps avec une culture qui l’a porté et diffusé à travers le monde. Où donc serait l’universalité de ce Message si on en restait là ? Au « Coran incréé » les auteurs n’opposent pas une réponse particulière.

Selon les auteurs, on ne saurait séparer le Message de son contexte socio-historique, nous avons ajouté, de même l’usage du Message. C’est en restaurant l’unité du Message et des contextes de sa révélation que paradoxalement le Message peut être libéré d’une histoire, à condition qu’Il puisse entrer dans une autre histoire, être compris de nous-mêmes et d’autres qui sommes différents des hommes qui l’ont reçu, être incorporé dans un nouveau système de pratiques. Mais non plus sans la médiation du savoir accumulé sur les sociétés et les hommes par les sociétés savantes au travers du temps.

En somme pour passer d’une culture à une autre, il faut comme dirait Edgar Morin pouvoir opérer sur le texte une double opération de recontextualisation. Il faut le restituer à ces deux systèmes d’émission et de réception, à ses deux systèmes de pratiques mis en présence. Autrement dit, il faut comparer les conditions d’émission et de réception, ou se donner les coordonnées spatio-temporelles des deux systèmes socioculturels pour pouvoir effectuer l’opération de translation.

Pour qu’une vérité puisse passer d’une culture à une autre, soit admise d’une culture à une autre, sous une forme ou une autre, il faut une mise en communication des deux systèmes de pratiques. Pour sortir d’une culture et entrer dans une autre, il faut pouvoir avoir connaissance des deux systèmes de pratiques qu’elles représentent.

On imagine bien que cette double opération de contextualisation ne puisse relever de l’activité des individus et de leurs compétences, mais des compétences d’une intelligence collective[9]. En effet, la mise en communication de deux systèmes de pratiques (de pensée ou de culture), met en jeu les sociétés savantes, comme compétences des sociétés à se comprendre et comprendre autrui. Les rapports d’influence et de dominations des sociétés passent par leur entremise. Et les individus se meuvent dans le cadre de ces échanges collectifs.

L’universalité du Message relèvera donc de la capacité de circulation de ce Message d’une culture à l’autre, de la mise en adéquation des différents systèmes de pratiques, de l’unité des hommes qu’Il réussira à construire au-delà de leurs différences de culture. Le contenu du message tout comme l’impact sur les systèmes de pratiques sont tout aussi importants, mais ce qui compte d’abord c’est la qualité des systèmes de pratiques et de leur orientation générale, qualités auxquelles l’esprit, la cohérence globale du texte religieux et de la révélation ne sont probablement pas indifférents.


Comprendre le Coran et penser avec le Coran

Pour nos auteurs « Penser le Coran » revient à opposer une lecture personnelle à une lecture littéraliste. Nous avons noté qu’elle consistait à opposer une lecture occidentale à une lecture islamiste, du fait de ce que l’une suppose comme point de vue d’un lecteur occidental informé des résultats du savoir des sciences sociales et humaines, et l’autre d’un point de vue informé des seules sciences traditionnelles.

Dans la mesure où le texte du Coran est identifié à la Parole divine, on peut se demander si l’entendement humain peut penser Dieu ou sa parole. Or même informé par les sciences humaines et sociales on ne peut ambitionner de « penser la Parole divine », de connaître son en-soi, mais seulement de s’en inspirer.

On ne peut s’élever au point de vue divin. On ne peut prendre Sa parole, en supposant qu’elle puisse nous être donnée, que d’une certaine manière dans les termes de nos moyens limités, d’un savoir donné. La Parole que ne peut résorber l’Histoire, excèdera toujours le texte qui la transcrit. Car Elle tient son sens non pas de sa substance inaccessible ou de son nombre fini de signes, mais de la connexion qu’elle établit avec les autres signes de l’univers.

Elle est là et ailleurs. Le Texte sera ouvert, sa portée infinie malgré le caractère fini de ses signes, ou celui historique de notre compréhension. Il nous survivra. Notre intelligence sera datée, tout comme notre savoir, qui n’aura de cesse de changer pour renouveler celle-ci. Cette notion de parole au singulier (la Parole divine) dans le Coran, s’apparente à quelque anthropomorphisme, tout comme Sa main, et que Dieu qui ne ressemble à quiconque ne peut recevoir un caractère humain que par métaphore pour cause de finitude de l’esprit humain. Parce que nous comprenons bien que ce qui nous ressemble. Ici nous retrouvons un postulat que la science a emprunté à des croyances d’origine chrétienne pour enclencher ses premières révolutions.

Dieu aurait déposé dans la nature des lois que l’homme pourrait déchiffrer et par quoi il pourrait s’en rendre maître. L’idée de finitude des lois (et donc par extension de la Parole divine) qui gouvernent le monde est solidaire de l’idée du retrait divin du monde. Grâce à ses lois, le monde fonctionne sans Dieu. Il est aussi solidaire de la possibilité de leur appropriation humaine, de l’élévation de l’homme au point de vue divin.

La fertilité d’un tel postulat aujourd’hui est largement épuisée. Il ne faut donc plus comprendre la Parole divine comme un ensemble fini de signes qui dirigerait la conduite du croyant, ce dont s’accommode parfaitement la lecture littéraliste. Mais un ensemble de signes qui font sens avec d’autres signes externes à la Parole divine, ce à quoi avait servi la restitution de la Parole à ses conditions historiques de réception.

Sauf à lui donner un autre sens qui n’est pas celui de l’ensemble du texte, mais une petite partie, comme dans le sens de l’expression « la parole donnée », qui s’apparente alors au mot Mithâq. Ou comme dans le sens des « dix commandements de Moïse » ou le nombre de prescriptions fini de Luqmân. Le Livre contient certes un nombre fini de signes, mais dans la mesure où ils sont attribués à Dieu, ils signifient qu’ils ne peuvent être épuisés, isolés du reste des signes de Dieu qu’Il déploie dans la nature et l’univers.

Quel sens aurait alors l’acte de penser le Coran, ensemble fini de signes, mais dont le nombre en réalité ne sauraient être limités du fait de leur appartenance à des chaînes de signes que l’on ne pourrait arrêter au texte ? Seulement de penser un texte comme les autres (double opération de contextualisation) qui ne saurait contenir la présence divine mais certains de ces signes. Dieu n’a pas déserté le monde pour se réfugier dans le Livre ou Ses lois, cette hypothèse simplificatrice de la doctrine occidentale qui a fait preuve d’une grande fertilité a montré ses limites.

C’est cette ouverture du Livre sur l’univers que lui refusent beaucoup de détenteurs de savoir traditionnel de crainte qu’Il ne fasse l’objet de quelque hold-up, c’est sur cette fermeture que s’érigent probablement la séparation des sciences religieuses et humaines, la séparation du Coran et de notre temps.

L’érection de barrières entre le Coran et les savoirs historiques, entre le Coran et l’univers (enfermer la présence divine et ses signes dans un texte), voilà sur quoi se sont construites la « position littéraliste » et la séparation de la Raison et de la foi dans le monde musulman. Cela résulte d’effets de domination internes (défense de positions dans une structure sociale au départ) et externes (défense de positions dans des structures mondiales suite à l’expansion occidentale), qui empêche l’émergence d’un savoir autonome dans lequel les musulmans pourraient avoir confiance et qui permettrait de faire l’économie des face à face stériles avec le reste du monde.

Notes :

[1] C’est pour cela que nous entrevoyons un effet négatif du livre de Mahmoud Hussein : séparer une fraction instruite des sciences contemporaines de la majorité des croyants. En l’absence de communauté scientifique en mesure d’interpréter les textes sacrés, la lecture personnelle ne permet que de révéler la diversité du stock de savoir incorporé par chaque lecteur. Aussi la lecture du Coran finit-elle souvent par opposer le savoir de sociétés données. Que l’on envisage les choses sous cet angle, cette lecture entrerait dans le cadre d’une compétition culturelle, dimension de la compétition entre les sociétés, voilà qui situe mieux les enjeux. La lutte contre le terrorisme ne devrait pas être un prétexte pour justifier les règles injustes d’une compétition culturelle.Le présentisme s’il n’était pas général à certaines époques, n’en était pas moins une virtualité générale chez les « associants », disposition que rappelle le Coran (74, 52)

[2] Ce n’est probablement pas un hasard si l’Islam n’a pas pu aller au-delà de certaines cultures, de certaines sociétés.

[3] L’échec de l’Islam est probablement ici, dans son refus de vouloir s’engager plus profondément dans l’histoire, dans la compréhension des autres sociétés, pour ne pas avoir développé un savoir que ne contenait pas la révélation. Il se confrontera directement à la philosophie, à la pensée des autres et non aux conditions de production de ces pensées.

[4] Tout dire est un phantasme de l’homme-Dieu. De manière plus prosaïque et comme nous pouvons le constater dans notre vie quotidienne, parler n’est heureusement pas toujours la meilleure façon de s’exprimer.

[5] La première différence entre système formel et croyances peut se rapporter à la plus grande fluidité de ces dernières.

[6] Je ne veux pas dire que du point de vue du soumis, son destin soit inéluctablement inscrit dans la volonté du dominant. La soumission aux règles du jeu, qu’elles quelles soient, me paraît le passage nécessaire à une libération. La révolte n’est que l’énergie du changement, elle ne porte pas de règles en elle-même. Je considère que la soumission aux règles de Dieu et des hommes est la première sagesse. Il faut s’approprier la mécanique du monde pour la changer.

[7] J’ai envie de dire que dans le cycle des civilisations, ou des régimes d’historicité qu’elles connaissent, l’opposition de ces deux termes peut permettre de distinguer la phase ascendante de celle descendante. C’est la foi qui ouvre le champ des possibles de la Raison. Et la Raison désespère quand elle en a épuisé les possibles. On se trompe quand on pense que la Raison s’est libérée de la foi en Occident. Elle s’est libérée des dogmes qui lui étaient associés, qui la tenait en captivité. On confond croyances et dogmes, la positivité des croyances et la stérilité des dogmes. En vérité la Raison ne fait que creuser les hypothèses que les croyances lui offrent. En retour la stérilité des croyances fait retourner la Raison contre les croyances. Il y a donc une interactivité des croyances et de la Raison. Celle-ci se déploie vers l’extérieur lorsque les croyances sont fécondes, elle se retourne contre elle quand elles ne peuvent plus la porter. Il faut conférer une égalité dignité aux croyances scientifiques et aux croyances religieuses, comme on doit le faire pour tout Texte, qu’il soit religieux ou autre. On verrait alors que l’optimisme ou le pessimisme de la raison ne renvoie pas à elle-même.

[8] Un peu comme le préconise depuis longtemps des savants musulmans d’occident comme Mohamed Arkoun, et de mieux en mieux pour ce dernier, en ce qu’il prend de plus en plus compte, à mon avis, le point de vue du lecteur non occidental et participe de plus d’un débat.

[9] Inséparable d’une mémoire collective. Il ne s’agit pas de minimiser l’apport des individus et de leur expérience personnelle, tout au contraire, il s’agit de souligner les modalités de conversion de l’expérience individuelle en savoir social.

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Commentaires

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c’est quoi cette notion farfelue de "science occidentale". pourquoi la science comprise comme tentative renouvellé de trouver la verité devrait-elle se parer d’un adjectif quelquonque ( dans ce cas une une categorisation cultuel et historique) .

a partir de cette maldonne .l’auteur de cet article peut tout justifier et meme traiter d’irresponsable l’auteur du livre ..ce faisant il décrédibilise totalement sa critique qui n’est qu’’un fatras ideologique .

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Les versets coraniques constituent un message d’origine divine, transmis par le biais de l’ange Gabriel au Messager Muhammad, pour qu’il le transmette à son tour aux hommes. Les versets ont été d’abord révélés au Prophète à la Mecque, puis à Médine, et il les a communiqués, lors de leur Révélation, aux hommes qui vivaient dans ces localités.

Les versets transmettaient un message nouveau, souvent révolutionnaire, à des hommes qui avaient de toutes autres croyances. Pour que ces gens puissent comprendre ce message, et y adhérer, il fallait nécessairement que les versets transmettent un message clair, que des bédouins illetrés puissent comprendre facilement, intuitivement, sans l’aide d’aucun intermédiaire, d’aucun spécialiste, et sans avoir à leur disposition tous les outils d’une formation universitaire (laquelle n’apparaîtrait dans le monde arabe et occidental que de nombreux siècles plus tard, de toutes les façons).

Le message coranique énonçait de nouvelles règles concernant les relations entre les hommes et le Créateur, et l’ensemble du dogme religieux, de nouveaux principes d’éthique, de nouvelles valeurs sur le plan moral, de nouvelles règles de vie en famille et en société.

Le message était donc exprimé en termes de l’époque, d’usage courant chez les Arabes de la Mecque et de Médine. Le message ne reposait pas sur le sens caché des mots ou des versets, mais sur leur sens apparent, càd leur sens « normal » à l’époque.

Le message faisait souvent référence à des événements qui venaient de se produire, ou donnait une réponse à des questions que certaines personnes avaient posées au Prophète. Tout cela était donc en rapport direct avec le milieu de la Mecque et de Médine, avec des hommes déterminés qui étaient les premiers auditeurs du message révélé, et qui avaient une spécificité certaine en matière de culture, d’éducation (ou absence d’éducation), de mode de vie, de croyances religieuses que le message cherchait à modifier, ou à remplacer, etc.

C’est donc à ce premier niveau, très simple et clair, qu’il faut aborder la lecture des versets coraniques. Les mots ont le sens apparent de l’époque de la Révélation, il n’y a pas de sens caché aux versets, à un deuxième, troisième ou quatrième niveau, que seuls les « grands clercs » peuvent comprendre. Car cela aurait réduit d’autant le nombre de personnes capables d’adhérer à ce nouveau message.

Il faut souligner, à cet égard, qu’il n’y a pas de hierarchie en Islam. Chaque homme est supposé comprendre le sens des versets coraniques par ses propres moyens, et chercher évidemment conseil auprès des autres, si nécessaire, mais nul n’a d’autorité suprême pour imposer une règle ou une interprétation spécifique d’un verset déterminé.

Il est cependant évident que certains hommes développent une plus grande expertise que d’autres dans un domaine déterminé. Les théologiens musulmans ont donc développé toute une « science » se rapportant aux questions religieuses, et sont souvent capables d’expliquer les choses de manière plus experte que ceux qui sont complètement « illettrés » en la matière.

Quant aux prescriptions coraniques qui énoncent des règles juridiques, elles sont évidemment d’une grande complexité, quand il s’agit, non pas de comprendre leur sens apparent, mais de les traduire en des applications concrètes. Là, les juristes musulmans jouent un rôle fondamental. D’autant plus que les versets coraniques qui sont à la base de la charia ne constituent qu’un pourcentage extrêmement modeste du nombre total des versets (5 à 10 % du total ?), et que la plus grande partie de la charia a été développée par les juristes musulmans à partir de ces bases modestes, en utilisant une méthodologie propre, développée à cet effet.

Quand il s’agit d’interpréter les prescriptions coraniques associées à des règles de la charia, il n’est donc plus question de prendre le sens apparent des versets, uniquement, mais bien la lettre et l’esprit du texte, le contexte dans lequel ils ont été révélés (asbab an-Nuzul) et tous autres versets qui, directement ou indirectement, se rapportent aux mêmes points ou peuvent avoir une influence sur eux. Cela devient alors un travail d’expert, qui ne peut pas s’improviser.

C’est pour cela qu’il existe des règles très strictes au sujet de ce qu’est une « fatwa » (une opinion juridique explicative d’une règle de la charia), au sujet de qui peut l’énoncer, quelle est la portée d’une fatwa, à qui s’applique-t-elle, à qui s’impose-t-elle, etc. D’ailleurs, il faut savoir que la « fatwa », par définition, ne s’impose à personne d’autre qu’à son auteur, et qu’elle ne vaut que ce que valent les connaissances de son auteur en la matière, et son savoir-faire dans le domaine.

Il faut se souvenir, dans ce contexte, que les mêmes observations s’appliquent au droit positif également. N’importe qui peut lire et comprendre le sens apparent des mots dans un texte de loi moderne, ou dans une Constitution, mais seuls les experts chevronnés arrivent à interpréter convenablement les textes auprès des tribunaux, ou auprès d’une Cour Constitutionnelle. D’ailleurs, les mêmes textes sont interprétés d’une certaine manière, à un moment donné, et de manière bien différente, à une autre époque.

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A tariq :
ta méthode relève de l’école dhahirite. elle a sa raison d’être mais elle n’est pas l’unique.elle consiste à dire : contentons-nous de l’apparence du texte.mais le texte comporte des versets clairs ( mohkam) et d’autres ambigûs ( moutachabihat) qui nécessitent une interprétation.celle-ci peut être de différentes façons.et chacun a des arguments pour défendre sa façon de voir.celà fait la richesse de la pensée islamique à condition de s’accepter et de ne pas s’anathémiser.

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Salamo’alaykom wa rahmatollah wa barakatoh,

Parlons le langage de ces auteurs :

En lisant ce texte, à la lumière du coran, j’ai reconnu la méthode utilisée par les auteurs de ce livre dont il faut se méfier, car nous n’avons pas besoin d’une extrême pour sortir d’une autre.

Il s’agit d’un mélange diabolique de trois méthodes : foucaldienne, derridienne et marxiste, avec un fond de nihilisme à la Nietzsche (eh oui, Nietzsche n’est jamais sorti du nihilisme si bien qu’il ait critiqué). Résultat : une confiture indigeste !

Je refuse radicalement cette approche du coran, car, à cause de cette méthode, le résultat sera un relativisme primitif où le coran serait un texte comme un autre et donc à historiciser.

Ce que les auteurs ont omis dans leur pensée, si pensée il y a, c’est que le Livre provient d’Allah Qui ne subit pas de contraintes, pas d’influences, ni de conditions qui rendraient possible Sa Parole.

A la lumière de cela, l’historicisation du Coran est non seulement impossible mais aussi non envisageable, car le Coran n’est pas l’oeuvre d’un homme. "Walaw kâna mine ’indi ghayri llah, lawajadou fîhi ikhtilâfane kathîrâ"

Une archéologie du savoir islamique n’est possible que si l’on étudie l’émergence des pensées des hommes qui sont succeptibles d’être influencés par la culture, le pouvoir, etc., bref, l’épisémé ; Mais pas le coran car il est une révélation révélée par Allah. "Ine howa illâ wahyoune youhâ"

PS : Franchement j’ai peur pour ma communauté, ce texte m’irrite et m’attriste, on essaye à tout prix d’introduire des méthodes des "sciences humaines" sans se soucier des fondamentaux de l’Islam. Il faut être vigilent en lisant tout texte à la lumière du coran et non pas l’inverse. C’est tout ce que je peux conseiller à mes frères et soeurs.

Salam

Mouhib

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A mouhib : il ne faut pas tomber dans la paranoia non plus. ce texte reste un effort de compréhension et d’interprétation du coran comme tant d’autres.ceci dit, même si le texte est divin il a pris la couleur et le langage des arabes du 7ème siècle et a épousé les contours de leur réalité.d’où cette science appelée " circonstances de la révélation".celà ne date pas d’aujourd’hui.Elwahidi au 11ème siécle avait déjà écrit un livre appelé " asbàb ennouzoul".Dieu ne s’adresse pas à des anges , mais à des êtres humains, avec leurs qualités et leurs défauts.les auteurs du texte nous disent : il faut tenir compte de cet aspect.Où est le problème ? le coran n’est pas un message en dehors du temps et de l’espace.

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a mouhib
Lorsque la civilisation islamique était au top, traduisait et améliorait certains textes scientifiques grecs, elle était au summum de l’esprit civilisé et raffiné.
A cette époque (calife al mamun), la théologie officielle était Mutazilite et croyait à la création et n’hésitait pas à y relever certaines imperfections. Quand on compare à la situation aujourd’hui.
C’était l’époque de la liberté de ton, d’expression dans l’islam. Réfléchissez y, cher Mouhib
ah oui au fait les "marxistes" comme vous dites c’est grâce aux sacrifices de millions d’entre eux et à la terreur qu’ils inspiraient aux capitilistes que vous avez un peu de sécurité sociale, d’allocations chômage alors évitez de les mépriser

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Au respectable Moujâhid,

Moujâhid,

Non, je ne suis pas "parano", je fais preuve d’esprit critique et je prends garde qu’on ne me pervertisse pas :

Méfiance :

"Juge alors parmi eux d’après ce qu’Allah a fait descendre. Ne suis pas leurs passions, et prends garde qu’ils ne tentent de t’éloigner d’une partie de ce qu’Allah t’a révélé" (Al-Maïda, 49).

Esprit critique :

"qui prêtent l’oreille à la Parole, puis suivent ce qu’elle contient de meilleur. Ce sont ceux-là qu’Allah a guidés et ce sont eux les doués d’intelligence !" (Az-zumar, 18).

Donc, ce n’est pas de la paranoïa.

Quand aux asbab nuzûl, j’ai lu ce livre de al Wâhidî an-Naysâbourî et ensuite al borhân fî ’Ulûm al corân de Zarkachî, etc, et je vous défie, ici et maintenant, de trouver un seul théologien musulman qui a expliqué le coran sans "asbab nuzûl" et qui est une référence pour les théologiens et les musulmans...(pour légitimer le recours à cette vulgaire historicisation du coran, à la marxiste).
Même ibno kathir, élève de ibno taymiyya, guide spirituel et vénéré des salafi (qui sont réputés être des littéralistes) a eu recours aux asbâb nuzûl. Alors, où est le problème ?! Pourquoi recourir à cette vulgaire idéologie qu’est le marxisme pour expliquer un Livre pur ?! Sobhânallah, kayfa tahkomoune ?!

Les asbâb nuzûl sont une "science" constitutive des sciences du coran qu’on retrouve dans de nombreux ouvrages traitant des sciences du coran (’Ulûm al coran).

Mais l’amalgame consiste dans le fait que les asbab nuzûl ne sont pas une contextualisation ou une historicisation de la Parole d’Allah, au sens des sciences humaines et sociales contemporaines ; Ces "asbâb" nous permettent seulement de connaitre les "causes de révélation" à une fin strictement pédagogique, c’est à dire éducative, voulue par Allah, et ce afin de comprendre Sa Parole. Connaitre sabab nuzûl n’implique pas forcément la spécificité du verset, c’est à dire n’altère pas forcément sa généralité. Et ça vous le savez très bien...enfin, j’espère. Car, par exemple, les histoires contées dans le coran ne s’appliquent pas uniquement aux gens du livre, ou bien aux compagnons, ou bien au prophète (ç) quand Allah s’adresse à eux ; elles sont aussi et surtout des leçons pour nous, lecteurs, qui sommes doués d’intelligence : "...Ils démolissaient leurs maisons de leurs propres mains, autant que des mains des croyants. Tirez-en une leçon, ò vous êtes doués de clairvoyance." (Al-hashr, 2). De même, bien que des versets ont un "sabab" relatif à des compagnons par exemple, les fuqaha (les juristes) ont en quand même extrait des prescriptions juridiques (et les exemples sont multiples).
De plus si vous avez lu le livre de Al wâhidi ou celui de Aççoyoutî, vous avez aussi dû constater que tous les versets n’ont pas de "sabab", de cause de révélation.

Et j’en profite pour répondre à votre première intervention : les versets "motachâbih" ne s’interpretent pas indépendemment du coran et certainement pas en dehors des versets "muhkam". On explique le coran par le coran d’abord ensuite par la sunna et non pas en fonction de nos conjectures.

A la lumière de ce qui vient d’être dit, la lecture du coran ne peut être personnelle ou singulière et sans intermédiaire, qu’après l’avoir compris à la lumière des sciences du coran, indispensables !

Accepter l’historicisation proposée par ces auteurs, nous conduirait inéluctablement à considérer le coran comme texte "accidentel" et non "nécesaire" (au sens aristotellicien des termes), c’est à dire comme une "construction sociale" accidentelle située à un moment donné de l’histoire, de manière contingente.

Mais attention, cela ne veut pas dire que le coran est déconnecté de notre vie, de nos affaires. Que l’on ne s’y trompe pas s’il vous plait. Je l’ai déjà dit ailleurs sur ce site lors d’un commentaire, et j’en profite pour faire copier coller :

En effet la révélation au messager d’Allah (ç) a été progressive, durant 23ans ; mais pourquoi ?

"(Nous avons fait descendre) un Coran que Nous avons fragmenté, pour que tu le lises lentement aux gens. Et Nous l’avons fait descendre graduellement." (Alisra, 106)

"Et ceux qui ne croient pas disent : "Pourquoi n’a-t-on pas fait descendre sur lui le Coran en une seule fois ?" Nous l’avons révélé ainsi pour raffermir ton coeur. Et Nous l’avons récité soigneusement." (Alfurqan, 32).

Certains théologiens ont pensé la finalité de cette sagesse divine :

Il faut savoir que le coran est avant tout un livre d’action et d’application, et c’est pourquoi il a été révélé durant des événements concrets, en des dates et lieux différents, propres à notre vie. Cela fait donc partie de la pédagogie divine. Le fait de partir de la réalité humaine raffermit la personnalité à travers la pensée, et ce sous la bienveillance permanente d’Allah.

D’où :

"Nous l’avons révélé ainsi pour raffermir ton coeur"

Le coeur signifie la personnalité intellectuelle, spirituelle et réformatrice, qui pourrait être menacée et donc ébranlée par les aléas des événements difficiles. C’est pourquoi cette sagesse divine est à finalité pédagogique. C’est aussi en ce sens qu’Allah tient compte de la nature humaine.

PS : Au cas où encore une fois des provocateurs diraient pour qui se prend celui là, "se permet de dire", "juriste", etc. J’interviens sur ce site comme une assemblée de rappel (thikr), une assemblée qui traite de ma communauté, car celui qui ne s’interesse pas à notre communauté n’est pas des nôtres. Je ne suis qu’un étudiant en fin de cursus qui n’a jamais jusqu’à présent fait d’études de théologie dans une quelconque institution, ou auprès d’un cheikh, ou je ne sais quoi d’autres. Alors répondez moi avec des arguments non ad hominem. Si mes arguments ne vous semblent pas convaincants, alors réfutez-les intelligemment avec votre esprit critique, mais ne me demandez pas d’être un mouton en consommant tout ce qu’on m’offre.

Salam

Mouhib

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Au respectable Darwin,

Alors peut être devrions nous revenir au temps des colonisations, au temps de ces "missions civilisatrices" ? Hein ? C’est bien ça ? Relisez vous s’il vous plait.

Ensuite, plus sérieusement, j’éviterais d’entrer dans ce faux débat entre écoles : mu’tazilite, ach’arite, etc. Franchement c’est stérile comme débat.
Quand aux "imperfections", est ce que vous pouvez me donner des exemples avec des sources détaillées s’il vous plait ? Je ne suis pas au courant.

Enfin, vous vous trompez quand vous opposez le capitalisme et le marxisme. Ce sont deux idéologies matérialistes. Il n’y a pas eu de réelle rupture entre Marx et les économistes classiques (Adam Smith et Ricardo notamment), lire "Les mots et les choses" de Michel Foucauld. C’est même Marx qui a crée idéologiquement cette "classe" ouvrière (Lisez la grande transformation de Karl Polanyi). L’un des rares musulmans qui a démasqué cette imposture marxiste, c’est bien Mohammad Baqir açadr, dans son livre "Iqtaçâdonâ" (Il est traduit en français notamment "notre économie), il en parle avec lucidité et beaucoup plus de clarté dans sa conférence transcrite dans un petit livre "lecture thématique du coran").

Après tout le marxisme défend des thèses anti-islamiques, il dit que l’Histoire est faite de contradictions des modes de production, esclavage, servage, capitalisme, etc. C’est à dire que ce sont les conditions matérielles qui déterminent notre culture, notre conscience, notre morale, même notre religion. D’ailleurs il y a des faibles d’esprit marxistes qui veulent nous persuader que le prophète (ç) et ses compagnons étaient des rebels prolétaires contre les bourgeois de Qurayche. Ce n’est pas une blague, croyez-moi. Et ces résultats ridiculs sont dûs à une méthode ridicule. C’est logique, quand les prémisses sont fausses, les résultats de la démonstration le seront aussi.

Pourquoi je considère que le marxisme est un Tâghût ?

Exemple :

Allah dit : "Et Allah vous propose en parabole une ville : elle était en sécurité, tranquille ; sa part de nourriture lui venait de partout en abondance. Puis elle se montra ingrate aux bianfaits d’Allah. Allah lui fit goûter la violence de la faim et de la peur (en punition) de ce qu’ils faisaient" (An-Nahl, 112).

Principe général de cet exemple :

"En vérité, Allah ne modifie point l’état d’un peuple, tant que les (individus qui le composent) ne modifient pas ce que est en eux mêmes" (Ar-Ra’d, 11).

En outre du fait que pour Marx ces principes divins seraient un opium du peuple aliénants, il dit, à l’inverse du coran :

Marx dit :

"Les idées ne sont rien d’autres que les choses matérielles transposées et traduites dans la tête des hommes".

"Ce n’est pas la conscience des hommes qui déterminent leur existence sociale, c’est au contraire leur existence sociale qui déterminent leur conscience".

Comparez ces propos avec le coran.

Salam

Mouhib

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Le Prophete Mohamed SAW a dit :"Je laisse parmis vous deux choses (al thaqalayn)de poids,de valeur,ce sont le Livre d’Allah (le Coran)et ma progentiture Ahl ul Bayt (les gens de la maison = Fatima,Ali,Hassan,Hussein,et lesImams de leur descendance).Allah m’a informe qu’ils ne se separeraient jamais jusqu’a qu’ils me rejoignent a l’oasis du Paradis.Quiconque les suit sera bienguide,quiconque s’en egare sera egare" !

Donc le Saint Coran tel qu’il fut revele par Dieu , et les enseignements du Prophete et des Saint Imams d’Ahl ul Bayt ont toujours ete,sont,et seront toujours suffisant pour la bonne guidance et l’evolution des musulmans et de l’humanite.D’ailleurs les Imams tirant leur science de Dieu,du Coran,et du Prophete SAW ont ete historiquement a l’origine de toutes les sciences mathematiques,philosophiques,historiques,astrononmiques,religieuses,sociologiques,medicales,developpees depuis et a l’origine des sciences modernes.
La seule raison d’etre et l’origine de ces nouveaux pseudo "penseurs" et "reformateurs"de l’Islam est que les interpretations erronees de l’Islam ,ayant rejete et abandonne la guidance du Coran a la lumiere des Ahl ul Bayt ,se sont trouvees perdues,abandonnees,emplies de contradictions car leur objectif n’etait point Dieu mais d’assoir des regimes dictatoriaux,criminels,corrompus et hypocrites.Alors,quelques siecles apres,les pseudo penseurs et "imams" de l’ignorance ,asservis par les rois et l’argent ,ayant ferme la porte de l’ijtihad,nous nous retrouvons avec des interpretations et regles debiles,debilisantes,et contraire a l’evolution et l’expansion de l’Islam .Donc,maintenant on nous amene des pseudo "penseurs" chasses ou en fuite de leur bidonville dans le tiers monde ,incapables de se lever pour faire regner la verite et la justice dans leurs pays soumis a la tyrannie et qui viennent en France nous embrouiller et nous empoisonner avec leurs interpretations sulfureuses et malintentionnees que personne ,a part les ennemis de l’Islam bienheureux de semer la zizanie,ne leur a demande !

Wa Salam

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au respectable Moujahib
ah oui au fait lisez Karl Marx dans le texte au lieu de lire des interprétations et vous verrez que la rupture avec Smith est on ne peut plus clair.
Quand à Foucauld, c’est un philosopheux et comme tout philosopheux il n’y a jamais entravé à l’économie. En outre il a toujours été très apprécié par le grand capital

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A mouhib et musulman citoyen..(etc)..
Vos discours se ressemblent ce qui me permet de faire une réponse commune.
Bravo mouhib , pour le respect que vous démontrez à vos contradicteurs dans ce débat.
Sur le fond:Partant du principe qu’il n’y a pas de clergé en islam( à part chez les chiites et encore..)personne ne peut prétendre détenir la vérité contre le reste des musulmans.même une femme a pu contredire Omar sur un point d’héritage.ceci pour dire, qu’en dehors du prophète tout le monde est faillible. l’imam Malek disait "on peut prendre et en laisser des gens sauf du prophète".D’où la nécessité d’écouter toutes les propositions et tentatives de comprendre le coran qu’elles que soient leurs origines.On a le droit de ne pas être d’accord, mais on n’a pas le droit de jeter l’opprobre sur quelqu’un qui nous apporte une nouvelle façon de comprendre le coran.car il ne faut pas croire que tout a été dit à concernant le coran.le salaf n’a pas épuisé le sujet.alors que reste au " khalaf", c’est à dire à nous citoyens du 21 ème siècle et à nos enfants dans le futur ? répéter jusqu’à l’épuisement ce qui a été dit durant des siécles, ou prendre notre part à ce "banquet de dieu"( maàdoubatou Allah)qu’est le coran ?
Prendre notre part c’est écrire et dire ce que nous comprenons aujour’dhui du coran, sans censure ni anathème.les auteurs du livre ne poussent personne à les suivre .ils proposent une thèse.chacun est libre d’être d’accord ou pas.
les outils modernes ( sciences humaines par exemple) ne sont pas tous à jeter.ce sont le fruit de notre époque et ils peuvent nous aider à comprendre.
le salaf (el wahidi , zarkachi...) a fait son travail. à nous de fair le nôtre car c’est notre devoir et aussi notre droit.

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Moujâhid,

Le respect lors des débats est recommandé par Allah :

"Par la sagesse et la bonne exhortation appelle (les gens) au sentier de ton Seigneur. Et discute avec eux de la meilleure façon. Car c’est ton Seigneur qui connaît le mieux celui qui s’égare de Son sentier et c’est Lui qui connaît le mieux ceux qui sont bien guidés." (An-Nahl, 125).

J’essaye tant bien que mal de respecter ce principe fondamental.

Quand à la question de l’écoute de ce que d’autres, musulmans ou pas, nous proposent, je suis d’accord avec vous, il faut prêter l’oreille à leurs discours. Ok...mais avec esprit critique, c’est à dire les passer au détecteur de mensonge islamique : le Livre d’Allah.

Et c’est une transition pour la question de l’infaillibilité : « O les croyants ! Craignez Allâh comme Il doit être craint. Et ne mourez qu’en pleine soumission. Et cramponnez-vous tous ensemble au « Habl » [câble] d’Allâh et ne soyez pas divisés ; et rappelez-vous le bienfait d’Allâh sur vous : lorsque vous étiez ennemis, c’est Lui qui réconcilia vos cœurs. Puis, par Son bienfait, vous êtes devenus frères... » (Al-’Imrâne, 103).

En arabe dans le coran c’est "wa (i)’taçimou"= cf. infaillibililté. Quand quelqu’un est infaillible, on dit qu’il est "ma’çoum".

Je vous laisse de votre côté faire des recherches sur ce qu’est le "Habl" pour y chercher refuge...contre le déluge. Et croyez moi, ce n’est ni de la prose ni de l’improvisation.

Wallaho aa’lam.

Salam

Mouhib

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Au respectable anonyme,

Donnez vos preuves si vous êtes véridique. J’ai donné les miennes. J’ai cité Marx dans le texte. J’ai même lu ses "manuscrits", ses "correspondances" où sa haine des ouvriers est on ne peut plus claire. Il a instrumentalisé la "classe" ouvrière à ses propres fins, à sa haine des "bourgeois", des gens riches, des hauts industriels...ce qu’il ne fut pas. Il faut faire une "généalogie" Nietzschienne de l’oeuvre de Marx, on aura de belles surprises à mon avis. Il faut la "déconstruire". Je verrai bien un titre comme "généalogie du Capital", ou bien "par delà le Marx et le Capital"...

Je sui prêt à vous écouter avec grande attention Anonyme.

Quand à Foucauld - aussi "bourgeois" que Marx (bourgeois raté), eh oui il ne faut pas le nier - je vous conseille de lire "les mots et les choses" vers la fin de ce livre, où il traite de l’épistémé de l’âge classique. C’est assez documenté dans dans une perspective archéologique et non dans la perspective de "l’histoire des idées". Vous y verrez la théorie de la "valeur marchande", de la "valeur travail", empruntée à Ricardo (classique "libéral" qui a influencé l’économie néoclassique).

Ce n’est pas pour rien que des marxistes s’en sont pris à Foucauld, dans la revue temps modernes, ou bien dans la revue Actuel Marx dirigée par le marxiste Jaques Bidet, et ailleurs aussi. Faucauld a autonomisé la "superstructure" contrairement à Marx qui l’avait rendu dépendante de "l’infrastructure" (c’est la fameuse théorie du reflet de perspective marxiste). Foucauld a sytématisé cela dans son ouvrage théorique "l’archéologie du savoir".

D’ailleurs, a y regarder de plus prêt autour de vous, vous verrez bien que le champs lexical du "capitalisme" est bel et bien emprunté par les marxistes : aucune perspective ethique ! : "plus d’emplois", "plus de salaires", "plus de confort matériel", etc..."Toujours plus !" selon "l’heureuse formule" et titre de François de Closet. Et que répond Le président de la république ? "Vous voulez plus ?...ok, ben travaillez plus ! Trimez plus !" A croire que les marxistes sont "un peuple amoureux du fouet abrutissant" comme dirait le poète.
Les critiques y sont presque toujours relatives à "l’existence sociale", c’est à dire aux vulgaires conditions matérielles...et ça arrange les "capitalistes", ils récupèrent ce langage qui est le leur (C’est ce que Luc Boltanski et Eve Chiapello appellent dans leur pavé "le nouvel esprit du capitalisme").

Non, Anonyme, je ne cherche pas mon savoir dans google, je lis ces "mots noirs" dans les textes.

Puisque vous semblez connaitre Marx, vous devez savoir que toute sa théorie est fondée sur un axiome, une prémisse philosophique, qui consiste à dire que l’essence de l’homme est la nature, le sensible, le plaisir (à la Démocrite sur lequel Marx a fait sa thèse de doctorat).
Et à partir du moment où cette nature n’appartient plus à l’homme, eh bien il y a "scission", c’est à dire aliénation, alienum, où la nature (les marchandises notamment) devient étrangère à l’homme...par l’exploitation, "plus value relative" et "absolue" . Voilà le postulat de base de Marx.
Mais moi, en tant que Musulman, mon essence n’est pas la nature, ma conscience et mon intellect ne dépendent pas des vulgaires infrastructures, des modes de production, de la propriété privée, etc. Marx pense, si pensée il y a, le contraire en disant : "la propriété privée nous a rendu si stupides et si bornnés qu’un objet n’est nôtre que lorsque nous le possédons"(Marx). Ok, s’il le dit, mais je refuse d’entrer dans cette catégorie. Ce qui me rend stupide c’est quand j’oublis Allah. Point.

Musulmans, musulmanes, unissez vous autour du Livre d’Allah.
Marx a instrumentalisé les ouvriers. Les marxsites français veulent instrumentaliser les musulmans de France, ils y voient de la bonne chair à canon, ils se disent c’est un potentiel de la classe ouvrière. C’est ça le projet pharaonique des marxistes, diviser la société actuelle en clans comme Marx l’avait souhaité. Mais ça on ne le dit pas, même les intellectuels musulmans n’osent pas le dire...j’ignore pour quelle raison.

En historicisant l’oeuvre de Marx, Freud et Levi strauss ; Georges steiner a montré dans son ouvrage, "la nostalegie de l’absolu" que ces études se situaient dans une période de nostalegie de l’absolu, du religieux chrétien qui a laissé un vide après avoir perdu les rapports de force entre les laïcards et l’Eglise, conflit qui date de bien avant le XIX siècle.

Mais nous musulmans, nous n’avons pas de vide dans notre religion, nous avons le plus Authentique, le plus Excellent des livres, la Lumière, et si on s’y attache en ces temps de fitna, on ne s’égarera pas.

Salam

Mouhib