Aissatou, une adolescente sous "pression"

Quelles sont les raisons de cette descente aux enfers ? Un proche de la famille parle d’un "commissaire qui la traite de menteuse", "il lui a même dit qu’elle avait tout inventé puisqu’ils ne retrouvaient pas ses agresseurs". Nassima et Khoudjedhi quant à elles parlent d’une « pression » avant de nommer explicitement un « commissaire qui ne croit pas Aissatou ».

Aissatou, une adolescente sous "pression"

On l’appelle plus souvent Mc Flurry qu’Aissetou, c’est son surnom, elle le tient de ses copines pour son goût prononcé pour le dessert de la grande enseigne américaine. La jeune Trappiste vit chez ses parents, elle a décidé de porter le voile en juin dernier « après avoir bien réfléchi», précisent Khoudjedhi et Nassima, ses copines de toujours. Un cheminement religieux et une envie de ne plus être l’adolescente turbulente qu’elle était. « Elle est devenue meilleure, plus calme, plus gentille. Franchement la religion l’a apaisée ça se voyait ».

Lundi 26 août, la jeune Aissatou s’est défenestrée.

Quelles sont les raisons qui ont bien pu pousser Aissatou à se jeter du 4e étage de l’appartement familial ? Khoudjedhi, 17 ans et Nassima, 14 ans ne comprennent pas. Ce sont elles qu’Aissatou a été rejoindre après son agression le 13 août dernier. « Quand elle est arrivée, elle a juste eu le temps de nous raconter ce qu’il s’était passé après elle s’est évanouie ! On l’avait jamais vu comme ça ». Le rapport médical fera état d’ « ecchymoses aux deux bras importantes », d’une « ecchymose à la poitrine gauche », de « lésions cutanées à type de coupures sur la joue droite et la cervicale droite » et d’un « état de choc psychologique ».

Nassima et Khoudjedhi ont beau être jeunes, elles étaient bien conscientes que ça n’allait pas. « Elle a grave maigri, elle ne prenait plus soin d’elle et prenait de plus en plus de médicaments », lance Khoudjedhi. L’une des sources du problème selon cette dernière c’est la pression que vivait à longueur de journée Aissatou, « tout le monde lui posait des questions, elle en avait marre de tout ça, de toujours devoir raconter avec détails ce qu’il s’était passé ».

L’état psychologique de l’adolescente de 16 ans n’aura de cesse de se dégrader suite à l’agression selon ses copines.

Vendredi 23 août, Aissatou est hospitalisée après avoir pris une trop forte dose de médicaments qui lui sont prescrits. La presse parle d’une première tentative de suicide. Un proche de la famille, nie catégoriquement cette thèse,« j’ai discuté avec elle le lendemain (24 août Ndlret elle m’a dit que ce n’était pas son but, le problème c’est qu’elle avait pris trop de médicaments au cours de la semaine».Selon lui, « les médecins n’auraient jamais permis à Aissatou de sortir dès le lendemain s’ils considéraient vraiment qu’elle voulait mettre fin à ses jours. » D’ailleurs, la jeune fille va même confier à ce proche à sa sortie de l’hôpital qu’elle prenait « de plus en plus de médicaments » depuis le début de la semaine parce qu’elle avait « toujours autant mal ».

Quelles sont les raisons de cette descente aux enfers ? Un proche de la famille parle d’un "commissaire qui la traite de menteuse", "il lui a même dit qu’elle avait tout inventé puisqu’ils ne retrouvaient pas ses agresseurs". Nassima et Khoudjedhi quant à elles parlent d’une « pression » avant de nommer explicitement un « commissaire qui ne croit pas Aissatou ». Les jeunes filles vont, elles aussi être interrogées par la sureté départementale des Yvelines, « des gens sympas », selon Nassima. Les enquêteurs appellent directement les adolescentes sur leurs téléphones portables. Un mode de fonctionnement que Sabrina, la mère de Nassima, qualifiera « d’insensé ». Elle va d’ailleurs tenir à accompagner sa fille à l’interrogatoire.

Koudjedhi, va quant à elle se rendre à sa convocation seule. « Ils m’avaient déjà convoqué deux fois mais je n’y étais pas allée parce que j’avais peur, après ils m’ont dit si tu ne viens pas on vient te chercher chez toi. Là, j’ai flippé et j’y suis allée», explique la mineure de 17 ans.
Sabrina ne décolère pas : « ils appelaient ma gamine sur son portable alors qu’ils ne m’avaient même pas envoyé de convocation écrite, j’ai dû la leur demander ! Ce sont des gamines elles ne connaissent pas leurs droits mais moi si ! ».

« elle a du courage de s’être jetée, j’aurais jamais pu …»

La mère célibataire a suivi l’affaire de près tout en tentant de « protéger les enfants »« J’ai bien vu qu’elles étaient sous le choc, c’est pas normal, aucune cellule psychologique n’a été mise en place alors qu’elles ont vu la marque au sol qu’a laissé la trace du corps d’Aissatou ». Des adolescentes marquées au fer rouge d’autant qu’Aissatou leur « lançait des piques », selon elles. « Samedi elle m’a dit "si je meurs t’as pas intérêt à pleurer", nous on l’a pas prise au sérieux et là bim bam boom on apprend ça», raconte Nassima. Avant de conclure, de manière glaçante « elle a du courage de s’être jeter, j’aurais jamais pu …»

Peu avant de se défenestrer, Aissatou va leur envoyer un dernier texto « Salam. Depuis quelques semaines ça se voit que je vais mal mais bon (je dois) toujours (le) cacher. T’es une sœur pour moi mais là j’en peu plus, j’ai plus espoir, on cherche à m’enfoncer mais je suis à bout, le commissaire j’ai l’impression qu’il fait tout pour pas m’aider désolée. » Les filles l’ont gardé. Elles le récitent presque par cœur…

Source : Blog Journaliste d'apparence

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