Marielle de Sarnez : "C’est un nouveau drame inacceptable"

Figure emblématique du MoDem, dont elle est la première vice-présidente, Marielle de Sarnez est une eurodé

lundi 31 mai 2010

Marielle de Sarnez : "C’est un nouveau drame inacceptable"

Marielle de Sarnez, quel était l’objectif de votre mission à Gaza la semaine dernière ?

 

  •  Avec neuf collègues eurodéputés oeuvrant dans les commissions des affaires économiques, des budgets et du développement, nous avons effectué une mission d’enquête à Gaza, sous la bannière « Levez le siège maintenant ». Face à l’aggravation tragique de la situation humanitaire, notre délégation a décidé de se rendre sur place afin de faire l’état des lieux d’un blocus intolérable, long de trois ans déjà, et évaluer les résultats concrets de l’assistance financière de l’Union Européenne.

    Quel est le bilan de votre voyage d’étude ?

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  •  L’appauvrissement, la précarisation, l’exclusion des gazouis sont de plus en plus catastrophiques, 80% de la population dépend aujourd’hui de l’aide alimentaire. Conséquence inéluctable du siège : la création d’un marché noir, qui fait le jeu des factions les plus radicales, elles-mêmes cherchant à renforcer leur pouvoir en gagnant de plus en plus d’argent. L’état des lieux est insoutenable. Combien faudra-t-il encore de souffrances, de morts, avant que la communauté internationale agisse et exige la levée immédiate du blocus ? Il est urgentissime de donner libre accès à l’aide humanitaire, de favoriser la reconstruction, d’offrir une nouvelle chance à l’activité économique légale et, surtout un espoir à la population.

    Votre périple vous a menée également en Israël et en Cisjordanie. Vous avez été à la rencontre des citoyens israéliens et palestiniens, que ressort-il de vos échanges  ?

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  •  Il ne fait pas l’ombre d’un doute que chacun des deux peuples aspire plus que jamais à la paix, à vivre en paix, paisiblement. Ce conflit, qui s’enlise depuis 62 ans sans voir le bout du tunnel, est un drame incommensurable, qui tue, qui détruit, mais aussi qui use en profondeur. Les peuples veulent la paix, mais la politique en décide autrement.

    Quelle est votre réaction face à la nouvelle démonstration de force meurtrière d’Israël contre un convoi humanitaire, composé de parlementaires ?

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  •  C’est un nouveau drame inacceptable. Il était simple de vérifier qu’il s’agissait bien d’une mission humanitaire, et de rien d’autre. La marine israélienne aurait dû faire son travail en amont pour laisser passer ces navires. Israël emploie la pire des stratégies, et il est plus que temps que la communauté internationale et les Etats-Unis interviennent, tous deux ont des responsabilités dans ce conflit interminable.

    Selon vous, des sanctions à l’encontre d’Israël doivent-elles être prises ?

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  •  Je serai demain au Parlement européen, et il est évident que la question sera mise sur le tapis. Le conflit du Proche-Orient a des résonances dans le monde entier. Je vais plus que jamais m’impliquer pour exhorter à une pacification urgente, dans un souci du juste milieu, qui passe encore une fois par la levée sans délai d’un blocus qui n’a que trop duré. Les Etats-Unis, l’Union européenne, les 27 Etats membres, doivent réagir, quand on songe que seulement deux ministres des affaires étrangères des 27 Etats membres sont venus à Gaza, ce n’est pas normal. Si on n’intervient pas maintenant, on n’interviendra jamais.

    Propos recueillis par la rédaction d’Oumma.com

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