Mercredi 27 August 2014
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En Egypte, l’ONU s’inquiète pour les chrétiens

En Egypte, l’ONU s’inquiète pour les chrétiens
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http://oumma.com/sites/default/files/369723_l-assemblee-generale-de-l-onu-a-new-york.jpg

Il n’est pas venu un seul instant à l’esprit de ces responsables onusiens que les attaques contre les églises puissent être le fait d’agents provocateurs au service de la sûreté de l’Etat en vue de discréditer le mouvement populaire et créer un climat de tension confessionnelle qui donnerait au pouvoir militaire le beau rôle du sauveur de la paix civile.

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Non, ce n’est pas une blague même si l’histoire aurait pu passer pour telle si les circonstances auxquelles elle se rapporte n’étaient pas aussi tragiques. Après le carnage du « mercredi noir » qui a fait officiellement selon le ministère égyptien de la santé 632 morts et 3700 blessés même si le bilan réel est malheureusement beaucoup plus lourd et même s’il faut s’attendre à d’autres boucheries comme celles de vendredi, deux hauts responsables de l'ONU n’ont pas trouvé mieux que d’exprimer leurs vives inquiétudes contre le risque de représailles anti-chrétiens en Egypte.

Dans un communiqué datant du 15 août, le conseiller spécial de Ban Ki-moon sur la prévention du génocide Adama Dieng et la conseillère spéciale sur la responsabilité de protéger, Jennifer Welsh, ont rendu public un communiqué dans lequel ils  "notent avec inquiétude qu'un certain nombre d'églises et d'institutions chrétiennes ont été visées" dans plusieurs provinces "en représailles après les incidents au Caire". Ils appellent les Egyptiens «  à éviter d'utiliser la violence pour exprimer leurs revendications, en particulier en visant des minorités et institutions religieuses".

Les deux responsables de l’Onu ont également demandé aux autorités égyptiennes de mener « une enquête rapide, indépendante et efficace sur les circonstances des événements tragiques du Caire et des attaques contre des minorités et institutions religieuses".

Après le massacre effroyable du mercredi, et comme il fallait s’y attendre, des protestations populaires ont éclaté partout dans le pays et ont parfois pris un caractère insurrectionnel. Des bâtiments et des véhicules de police ont été notamment incendiés. Dans quelques localités, des églises coptes ont été visées. Si parmi les policiers, on compte des morts et des blessés, fort heureusement, aucune source n’a déploré de victimes dans les rangs de l’église copte. Le chef de la junte militaire, le général Abdelfattah Al Sissi a tout de suite déclaré que l’armée prendra à sa charge les frais de réparation des destructions subies par les églises visées. La dimension oeucuménique d’un tel geste ne sera que plus justement appréciée quand on sait que c’est le même général Al Sissi qui a ordonné de brûler la mosquée de Rabiya Al Adawiya et de bombarder les mosquées dans lesquelles se sont réfugiés les manifestants pourchassés par la police.

Cependant, les observateurs les mieux intentionnés ne manqueront pas de se réjouir du communiqué des responsables onusiens. Pour une fois, des responsables internationaux de la prévention des génocides n’ont pas attendu que l’irréparable soit commis pour tirer la sonnette d’alarme. On aurait souhaité que pareille sollicitude ait été de mise à la veille de l’assaut sanglant lancé par les forces de sécurité égyptiennes contre les camps de Rabiya Al Adawiya et Al Nahda au Caire. Pourtant, ce massacre était prévisible mais visiblement les voix qui n’arrêtaient pas de mettre en garde contre de pareils dérapages n’ont pas été entendues dans les couloirs des Nations unies.

Le communiqué de ces responsables onusiens pose question dans la mesure où dans un climat aussi chargé sur le plan émotionnel, il risque d’être compris comme une nouvelle manifestation d’indifférence à l’égard des victimes de la répression sauvage des services de sécurité qui se comptent par milliers.

En appelant les Egyptiens «  à éviter d'utiliser la violence pour exprimer leurs revendications, en particulier en visant des minorités et institutions religieuses", les responsables onusiens ont déjà désigné le coupable des méfaits dénoncés à juste titre sans attendre les résultats d’une enquête indépendante. Peu importe que la « Jamaa islamiya » à Assiout ait fermement condamné les atteintes aux églises.

Il n’est pas venu un seul instant à l’esprit de ces responsables onusiens que les attaques contre les églises puissent être le fait d’agents provocateurs au service de la sûreté de l’Etat en vue de discréditer le mouvement populaire et créer un climat de tension confessionnelle qui donnerait au pouvoir militaire le beau rôle du saveur de la paix civile. Pourtant, ce ne serait pas la première fois que la sûreté de l’Etat égyptienne se rabaisse à ce genre de vils procédés. On se souvient que lors de la révolution de janvier 2011, les services de sécurité de l’ancien ministre de l’intérieur Habib el-Adly ont attaqué l’église des Qidissiyines à Alexandrie et ont imputé l’attentat aux révolutionnaires avant que la vérité n’éclate au grand jour et qu’ils ne soient finalement démasqués et confondus. Pour revenir aux dernières attaques, un prêtre copte de l’église Mary Gergis dans la localité de Miny a ouvertement accusé les baltadjia au service de la police d’être derrière les récentes attaques ayant visé des églises.

Aussi déplacé soit-elle, la sortie de ces responsables onusiens qui, en s’inquiétant légitimement des risques de représailles à l’encontre des chrétiens en Egypte, n’ont pas cru nécessaire de rappeler le contexte tragique dans lequel des milliers de leurs compatriotes musulmans sont massacrés, risque d’augmenter le sentiment de discrimination et de séparation entre les communautés confessionnelles au lieu de le diminuer comme cela est recherché.

Quand les victimes humaines sont ainsi discriminées en fonction de leur appartenance religieuse par des institutions internationales censées protéger le droit international et humanitaire au mépris de l’esprit et de la lettre des conventions internationales, le risque est grand de voir ces organisations subir un grave discrédit. Il n’est pas étonnant dans ces conditions que dans le monde arabe s’élèvent des voix appelant à boycotter ces organisations internationales.

Pire, le mépris qui peut être ressenti par de nombreux musulmans à travers une telle déclaration risque de les conforter dans le sentiment d’injustice qu’ils éprouvent devant l’attitude du « deux poids, deux mesures » dans laquelle se confine la « communauté internationale » dès lors qu’il s’agit de la protection des droits de l’Homme des uns ou des autres.

Entre cette déclaration indécente et la situation qui sévit dans le monde arabe par la faute de pouvoirs et d’élites autochtones qui n’ont rien à envier à leurs  anciens maîtres coloniaux, on pourrait malheureusement y déceler un fil logique. Il s’agit du mépris de tout ce qui ne relève pas de la civilisation occidentale. Aussi stupide que cela puisse paraître et même si la civilisation chrétienne copte est plus ancienne que la civilisation chrétienne occidentale, dans l’inconscient d’une grande partie élites politiques et intellectuelles occidentales, le christianisme en Orient constitue un des derniers vestiges de l’Occident dans la région que leurs officines cherchent à instrumentaliser dans leurs desseins géopolitiques sordides.

Que l’Eglise copte ne soit pas plus « moderne » ni plus « progressiste » que les méchants islamistes décriés, que sa hiérarchie se soit honteusement compromise dans le coup d’Etat militaire et qu’elle ait eu l’indécence de rendre public un communiqué soutenant le pouvoir militaire après les massacres du « mercredi noir », tout cela n’a aucune importance. Ce qui compte c’est que l’Eglise copte est du bon côté, le côté de l’Occident « civilisé et démocratique » contre le péril islamiste qui a, depuis la fin de la guerre froide, remplacé le péril communiste dans le nouvel imaginaire politique du « monde libre »

Dans cette construction fantasmatique et dangereuse, l’islam représente l’Autre négatif par excellence dans tout ce qu’il a de repoussant. Les formes de mépris et de rejet peuvent bien entendu varier suivant le lieu et les circonstances. Du rejet soft qui se manifeste à travers les différentes formes de l’exclusion sociale aggravée par le climat islamophobe qui se développe en Europe à la guerre totale pratiquée dans certains pays du Moyen Orient au nom de la guerre contre le terrorisme.

Mais quelles que soient les variantes du mépris dans lequel on veut enfermer les musulmans, ces derniers doivent prendre conscience que la résistance contre ce mépris est indivisible. S’ils s’habituent aux formes soft sans réagir, ils risquent de se retrouver dans un futur plus ou moins proche devant des formes plus dures et plus violentes. S’ils se laissent abattre par un sentiment d’impuissance ou pire d’indifférence face à ce qu’endurent leurs frères et sœurs dans le monde arabe, en particulier en Syrie et en Egypte, sans oublier la Palestine, ils ne feront qu’alimenter les complexes de supériorité et les sentiments de mépris dans lesquels les tiennent ceux qui leur dénient en Europe le droit à l’égalité et à la citoyenneté pleine et entière à moins qu’ils acceptent de se fondre dans l’invisibilité pseudo-républicaine du genre qu’affectionne en France l’imam faussaire de triste renommée Chelghoumi.

Les musulmans ont raison de se battre en Europe pour leurs droits démocratiques élémentaires et contre les agressions islamophobes aussi bien physiques que symboliques. Mais leur aspiration légitime à la dignité et à l’égalité ne sera prise en considération comme elle le mérite que s’ils se hissent au niveau que requiert aujourd’hui la tragique solitude de leurs frères égyptiens qui résistent les mains nue à des hordes surarmées et excitées. La vie humaine sacralisée dans le Coran comme dans la plupart des sagesses de l’humanité est aujourd’hui ouvertement bafouée en Egypte dans un déchaînement de barbarie sans précédent.

Si les organisations internationales et les grandes puissances ne semblent pas se soucier outre mesure de la vie humaine dans certains contextes géopolitiques précis et si les musulmans se sentent à juste titre abandonnés à leur sort aux côtés des nombreux autres damnés de la terre, il est de leur droit et de leur devoir de montrer pacifiquement à la face du monde que leur vie, tout autant que la vie de n’importe quel humain sur terre, mérite le respect. Dans ce combat, les musulmans rencontreront à leurs côtés les hommes libres de tous horizons. Et c’est dans ce combat commun pour la dignité humaine que toutes les diversités se hisseront ensemble à la compréhension et à l’entente que les organisations internationales devraient se donner comme horizon au lieu de se rabaisser à alimenter, même involontairement, la discrimination et la division.

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Commentaires

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elham
558 points

sous moubarak, les gens du régime brûlent les églises des coptes pour les amputer aux islamistes, ainsi peuvent-ils justifier leur répression contre ces derniers.

bruler une église, même Al-qaïda ne l'a jamais fait. ceux qui brûlent les églises en Égypte, n'hésitent pas à brûler les hommes, les femmes, les enfants et les mosquées, c'est à dire la junte militaire de Al-sissi, et les preuves sont en image sur youtube.

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Abdoul-Momini
2 points

Assalamou alaykoum
J'avoue que c'est avec des larmes aux yeux que j'ai lu cet article, tellement il correspond à la description que je ferais de l'attitude de la prétendue "Communauté internationale" face au carnage en Egypte. J'ai du mal à comprendre ce qui se passe dans ce beau pays d'autant plus que:
1-le Président déchu Mouhammad Morsi a été démocratiquement élu: pour cette raison, il ne devrait en aucun cas être destitué, son remplacement devrait se faire à l'issue de son mandat si tant est que la majorité du peuple égyptien en avait décidé ainsi;
2-Il y a eu des manifestations contre le Président Morsi; et il n'y a pas eu de tués parmi les manifestants; pourquoi donc massacrer ceux qui manifestent en faveur du Président Morsi?
3-je note avec amertume l'hypocrisie des soi-disant défenseurs de la démocratie et des droits de l'homme car leur inaction face au coup de force et au massacre perpétré par l'armée égyptienne contre le pouvoir et les électeurs de Morsi en est une preuve.

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Hanafy
41 points

Malheureusement l'histoire se répète. Les militaires algériens ont bien sacrifiés les moines de Thiberines, imputant ces tueries aux islamistes.

Il faut vraiment être naïf pour croire que l'armée (les armées arabes en générale et financé par les atlantistes) au pouvoir joue le rôle de stabilisateur. Bien au contraire ces armées possèdent des arsenaux pour mater toute rébellion. Quelqu'un comme Al Sissi ou Belkheir/Lamari (duo de gros lard ayant pillé l'Algerie) voit d'abord son confort personnel, celui de sa famille et le maintien du compte en banque. Sacrifier quelques centaines de vies est une formalité pour ces démons qui ont érigé leur paradis sur terre.

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Abdoul-Momini
2 points

Face à la situation qui prévaut en Egypte, je me pose beaucoup de questions:
1-Pourquoi le roi saoudien a-t-il soutenu le coup d'état militaire et même cautionné le massacre des partisans des Frères Musulmans? D'où tire-t-il la raison de son attitude? Du Coran? Certainement non, car ce Livre sacré interdit de tuer injustement une âme, fusse-t-elle mécrayante; or en Egypte ce sont des musulmans qui sont tués;
2-Des militaires (qui taxent les FM de terrorisme et les massacrent) et des Frères musulmans, qui sont vraiment terroristes?
3-Qu'est-ce que "Le peuple égyptien" dont s'est targué l'armée pour faire son coup d'Etat? Sont-ce les quelques personnes ayant manifesté contre Morsi ou la majorité des égyptiens ayant exprimé leur suffrage à l’élection présidentielle?
4- Quel sera désormais le mode de désignation du Président en Egypte? Ne me dites pas que cela se fera par une élection démocratique, car ce mode a été rejeté par l'armée égyptienne soutenue par des puissances de l'Occident.

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bouhbouh
3 points

Tiens tiens ! l'ONU s'inquiète sur le sort des chrétiens d'Egypte ,alors que c'est les musulmans qui se font massacrés et emprisonnés en masse .

Drôle d'époque pour les musulmans , pas seulement d'occident ou d'ailleurs , mais dans leur propre pays dirigés par les leurs censés les diriger et protégés . Qu'Allah vienne en aide aux musulmans persécutés .

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Philippe29
-1392 points

Je suis effaré par un tel article "conspirationniste".

A aucun moment l'ONU ne pointe du doigt les islamistes, cette organisation se contente juste de dénoncer les attaques contre les coptes et demande aux autorités d'enquêter sur ça.

Mohamed Tahar Bensaada, se range une nouvelle fois et de manière totalement aveugle du côté des islamistes. Par ailleurs, Mr. Bensaada, ne semble pas lui non plus attendre le résultat de l'enquête avant de crier au complot et d'insinuer que les attaques anti-chrétiennes seraient des "false flag".

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rimas72
63 points

Les six plaies du monde arabe :

1- L'armée.
2- L'intégrisme et l’extrémisme religieux.
3- Politiser l'Islam.
4- Les monarchies.
5- Le nationalisme.
6- Le ressources naturelles (Pétrole, Gaz, ...)

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Liliane Bénard
-309 points

Il est clair que des Coptes ont pris parti pour l'action de l'armée égyptienne et la demission de Morsi. Ils pensent probablement que la force est de ce côté au mépris de la volonté du peuple. Ces Coptes partisans ne sauraient demander l'impunité.

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kamel
83 points

Une chose est sûre, tout cela arrange les affaires d Israël dont les Philippe, samir (pseudo musulman) et consorts sont de grands admirateurs et défenseurs.
Néanmoins nous savons très bien que l' ONU a été crée pour diviser l unité arabe.
Les musulmans doivent dorénavant se prendre en main sans attendre l aide de l occident ni des monarchies dévolues aux USA, car la réponse est en la communauté musulmane sincère, authentique et indivisible.
La France et l Europe ne sont que les suppôts d Israël qui prépare l avènement de leur mystique Machaa ( faux messie)

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Gandalf
-1779 points

De nouvelles agressions ne feraient qu'accélérer l'émigration des Chrétiens vers des pays plus tolérants. Dans la région c'est un phénomène récurrent.

http://www.portesouvertes.fr/

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Anasparis
5 points

Bonjour,

Merci pour l'article.

Je suis Copte et j'aimerais apporter quelques précisions.

Copte ne veut pas dire chrétien d'Egypte comme c'est écrit ici ou là, y compris dans des livres d'histoire, et sur Wikipédia que beaucoup de gens consultent de nos jours et dont la fiabilité des informations est à peine mieux que "TF1", vu que n'importe qui peut y écrire ce qu'il veut pour peu qu'il ait une source, même douteuse type "Voici" (j'exagère à peine!).

Copte, veut dire "égyptien descendant de l'Egypte antique". L'équivalent des aborigènes d'Australie, des indiens d'Amérique, des Bérbères d'Afrique du nord...etc. Cela est héréditaire et n'a aucun rapport avec la pratique religieuse. De nombreux Coptes se sont convertis à d'autres religions notamment à l'Islam ou sont devenus athées. Ils n'en sont pas moins resté Coptes.

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Anasparis
5 points

Quand aux événements douleureux que connait actuellement l'Egypte, j'aimerais vous inviter à faire la différence entre le peuple Copte et sa hiérarchie. Le mufti d'Al Azhar vient de se ranger du côté de l'armée. Peut-on voir en lui un représentant de la communauté musulmane d'Egypte? non bien sûr. C'est un traître. Tawadros II aussi. Nous sommes sous un régime dictatorial qui est sans pitié pour tous ceux qui s'y opposent, Musulmans et Coptes, et cela dure depuis 1956. La majorité des Coptes sait qu'elle est victime du pouvoir ou de criminels que le pouvoir instrumentalise avant d'intervenir en tant que "garant de l'ordre".

La semaine dernière, sur les chaînes de télévision coptes, plusieurs coptes ont appelé pour dire que les 3 églises ont été brûlées par des "baltagia" et non par des Frères Musulmans et ont exprimé leur opposition à la dictature militaire.

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Anasparis
5 points

English version for those who do not speak Arabic. No French version available.

https://www.youtube.com/watch?v=00t-0NEwc3E&list=WLB4E8399280B66D28

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Gandalf
-1779 points

"De nombreux Coptes se sont convertis à d'autres religions notamment à l'Islam ou sont devenus athées. Ils n'en sont pas moins resté Coptes"

Certes, Anasparis. Le problème n'est pas là. Peut-on vivre en terre d'Islam sans être musulman ? Si les coptes se sont convertis au fil des siècles, c'est peut-être par incitation "financière". Une obligation de payer pour rester différent. Un impôt (dont je cherche le nom), dont l'inverse n'existe pas en Occident pour les Musulmans.

Tout est là : tolérance ou intolérance ? La religion de paix et de tolérance doit avoir la réponse. Et surtout ses adeptes...

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Waglioni
-1249 points

Liliane, je n'ose reproduire ce que vous avez posté ici, totalement déraisonnable. Je vous incite simplement à vous reprendre d'une fatigue sans doute passagère.

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Anasparis
5 points

Bonjour Gandalf,

Vous faites allusion probablement à la "dhimmitude". Ce statut n'existe plus depuis la fin du 19ème siècle. Ce fût une loi islamique qui consistait à faire payer aux "gens du livre" un impôt qui s'appelait la "jizya" pour l'un et le "kharaj" pour l'autre, en échange de leur protection. Le taux était le même que la "zakat" pour les musulmans. La différence était donc l'appellation :-)
Par ailleurs, et contrairement à ce qui est écrit dans les livres d'histoire, le statut de "dhimmi" était extrêmement avantageux pour les chrétiens et les juifs sous l'empire islamique. En effet, ces derniers n'avaient pas à s'engager dans l'armée. Donc pendant que les musulamans combataient et mourraient pour défendre les territoires, les non musulmans faisaient du business et s'enrichissaient. C'est ce qui explique que les juifs et les chrétiens ont toujours été plus riches.

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Anasparis
5 points

Pour répondre à votre question:

"Peut-on vivre en terre d'Islam sans être musulman?"

Je n'aime pas trop l'expression "terre d'Islam". Nous sommes sur terre :-)

La question peut être formulée ainsi:

"Peut-on vivre avec les musulmans?"

Ma réponse est sans appel: OUI

Depuis 2000 ans, les juifs, les chrétiens (d'orient car le christianisme n'est pas occidental) et les musulmans vivent dans une harmonie rarement observée dans le monde.

Hélas, le colonialisme, la spoliation des palestiniens de leur terre, l'hégémonie occidentale sur les richesses du monde musulman et la punition des peuples de ces régions en leur imposant des dictateurs sans pitiés, tout ça est passé par là.

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Jean-Pierre CHAMBARD
167 points

Waglioni a écrit : Liliane, je n'ose reproduire ce que vous avez posté ici, totalement déraisonnable. Je vous incite simplement à vous reprendre d'une fatigue sans doute passagère.

Cher Waglioni : Que c'est joliement écrit ... tout en finesse ... vous feriez un excellent diplomate ... chapeau :-)
Cordialement

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Jean-Pierre CHAMBARD
167 points

Anasparis a écrit : Hélas, le colonialisme, la spoliation des palestiniens de leur terre, l'hégémonie occidentale sur les richesses du monde musulman .....

Voilà, tout est pratiquement dit !
Quand j'ai entendu le fiston Bush parler de la lutte du Bien contre le Mal, sous entendu, l'Occident Chrétien contre le mal Musulman, je n'ai pû m'empêcher de m'exclamer : Oh, le Con (avec un grand C) !!!
Les Chrétiens d'Orient en payent aujourd'hui le prix ... mais le Pétrole (avec un grand P) est sous contrôle ... donc, tout va bien !

D'autre part, il faut signaler qu'il y a encore quelques années, en France, presque tout le monde se foutait bien de ce qu'il pouvait advenir des Chrétiens d'Orient. Mais, ce que je constate sur le terrain, c'est que tout le monde s'en préoccupe et parmi les multiples facteurs de l'islamophobie, celui du sort des Chrétiens d'Orient prend de l'ampleur, sans prende en compte notre propre responsabilité.
Les Musulmans de France n'avaient pas besoin de ça !

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Gandalf
-1779 points

"Ces Coptes partisans ne sauraient demander l'impunité"

Vous appelez au meurtre, Liliane ? Vous une chrétienne, peut-être un peu masochiste.

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Philippe29
-1392 points

"Les Frères Musulmans sont farouchement antichrétiens" dixit Tewfik Aclimandos :

http://blogcopte.fr/2013/08/19/news-tewfik-aclimandos-les-freres-musulma...

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michel75200
-1710 points

Cet article appelle deux réactions de simple bon sens :

1) Comme l'a fait remarquer Philippe ci-dessus, Mohamed Tahar Bensaada « ne semble pas, lui non plus, attendre le résultat de l'enquête avant de crier au complot et d'insinuer que les attaques anti-chrétiennes seraient des "false flag". »

2) M. T. Bensaada amalgame "partisans de l'ex-président Mohamed Morsi" et "mususlmans". Comme si tous les musulmans d'Egypte soutenaient Morsi, comme s'il n'y avait aucun musulman parmi les anti-Morsi.
Sachant que 85% environ des égyptiens sont considérés comme musulmans (plus ou moins croyants, ou ex-croyants), comment se fait-il que Mohammed Morsi n'ait obtenu qu'un peu plus de 50% des voix à l'élection présidentielle ?
Sachant qu'une partie des électeurs qui ont voté "Morsi" – surtout afin de contrer le candidat militaire représentant l'ancien régime – se sont ensuite éloignés de lui, quelle est la proportion des musulmans égyptiens qui continuent à le soutenir ?

Ceci invalide le reste.

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michel75200
-1710 points

Anasparis,

1) « Depuis 2000 ans, les juifs, les chrétiens (d'orient car le christianisme n'est pas occidental) et les musulmans vivent dans une harmonie rarement observée dans le monde. »

Nous sommes au début du 21ème siècle et je pensais que Mohammed avait vécu au 7ème siècle. Comment les musulmans peuvent-ils cohabiter harmonieusement « depuis 2000 ans » avec les croyants des deux autres monothéismes ?
Pour votre argumentation, est-ce que 1300 ans ne suffiraient pas ?

2) « Le statut de "dhimmi" était extrêmement avantageux pour les chrétiens et les juifs sous l'empire islamique. En effet, ces derniers n'avaient pas à s'engager dans l'armée... »

Pensez-vous que le statut des arabes israéliens soit « extrêmement avantageux » pour eux ? Eux aussi sont dispensés de service militaire (3 ans pour les hommes, 2 ans pour les femmes dans l'armée d'Israël, sans compter les fréquentes périodes d'entrainement qui suivent).
De telles exclusions de l'armée s'accompagnent d'un profond mépris.

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Gandalf
-1779 points

@ Anasparis

« Depuis 2000 ans, les juifs, les chrétiens (d'orient car le christianisme n'est pas occidental) et les musulmans vivent dans une harmonie rarement observée dans le monde »

Il n’y avait pas de Musulmans il y a 2000 ans. En Arabie, il y avait de nombreux Juifs et aussi des Chrétiens : qu’ont-ils bien pu devenir ? Car vous embellissez la réalité : l’Europe chrétienne a vécu sous la menace arabe puis turque pendant des siècles. Quant aux Juifs, c’était mal parti. Mahomet chasse 2 des 3 tribus juives de Médine. Il fait par la suite décapiter les hommes de la dernière tribu, et vendre les femmes et les enfants (voir le récit qu’en fait Tabarî). C’est sans doute ça une harmonie rarement observée dans le monde...

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Anasparis
5 points

Michel7520,

« Depuis 2000 ans, les juifs, les chrétiens (d'orient car le christianisme n'est pas occidental) et les musulmans vivent dans une harmonie rarement observée dans le monde. »

Je parle d'une cohabitation entre 3 religions, qui a démarré avec l'arrivée de la seconde, c'est à dire il y a 2000 ans, et a continué avec la troisième.
Votre remarque aurait été valable si j'avais fait allusion à une cohabitation entre musulmans d'une part et chrétiens et juifs d'autre part.

Je confirme également que le statut de "dhimmi" était avantageux. A l'époque on revenait rarement vivant d'une guerre.
Quand aux palestiniens, je ne crois pas qu'ils vivent la dispense d'être enrôlés dans l'armée comme une exclusion. Ils doivent se sentir heureux de ne pas être obligés de tirer sur leurs frères à Gaza et aux territoires.

Amicalement.

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Anasparis
5 points

@Gandalf,

Vous n'affirmez que des contre-vérités. Vous roulez pour BHL ou quoi? :-)
Il vous faut un minimum d'honnêteté intellecuelle pour participer à des discussions et encore plus pour être convaincant.
L'Europe n'a jamais été chrétienne au sens spirituel du terme mais féodale. Les clergés étaient tout en haut de la pyramide, juste après les rois et la noblesse. Ils étaient en première ligne dans la spoliation des populations.

Sinon je n'embellis rien du tout. Les chrétiens, les juifs et les musulmans vivaient en parfaite harmonie de tout temps jusqu'en 1950/60 à Fès, Constantine, Tunis, Alexandrie, Damas, Baghdad, Sanaâ, Istanbul, Téhéran...etc. Qui a foutu le bordel? le colonialisme.

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michel75200
-1710 points

Anasparis,

« Je parle d'une cohabitation [harmonieuse] entre 3 religions, qui a démarré avec l'arrivée de la seconde, c'est à dire il y a 2000 ans... »

Désolé de vous contredire à nouveau, mais le christianisme et le judaïsme n'ont jamais cohabité harmonieusement, pas plus du 1er au 7ème siècle qu'ensuite... sauf dans les pays musulmans.

Les Juifs avaient mauvaise réputation dans l'Antiquité, avant l'apparition du christianisme, mais c'est ce dernier qui a construit un anti-judaïsme doctrinal et théologique. Il est devenu un persécuteur des Juifs dès qu'il en a eu le pouvoir, soit à partir du 4ème siècle, quand Constantin en a fait la religion officielle – et bientôt unique – de l'Empire. Cela a duré pendant tout le Moyen Âge et, en France, jusqu'à ce que la révolution donne aux Juifs l'égalité des droits. Mais l'anti-judaïsme catholique n'a pas disparu. L'église catholique n'a fait son "aggiornamento" qu'au concile "Vatican 2" (1962-65).

Cordialement.

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michel75200
-1710 points

Anasparis,

Puisque Gandalf n'a pas répondu au dernier commentaire que vous lui avez adressé, je me permets de le faire.

Vous avez écrit :
« L'Europe n'a jamais été chrétienne au sens spirituel du terme mais féodale. Les clergés étaient TOUT EN HAUT de la pyramide, juste après les rois et la noblesse. Ils étaient en première ligne dans la spoliation des populations. »

Votre propos sur « les clergés » (dont la mise au pluriel est erronée car en français on dit "le clergé" comme on dit "la noblesse") ne tient pas compte de la distinction entre :
- le "haut clergé", dont les membres (cardinaux, archevêques, évêques, supérieur-e-s de congrégation, abbés et abbesses), tous enfants de nobles, étaient « tout en haut de la pyramide » ;
- le "bas clergé" qui était au contact direct du peuple : prêtres de paroisse, moines ordonnés prêtres.

(De même, il y avait une "haute noblesse" des rois, ducs, comtes, marquis, etc., mais aussi une "petite noblesse" des chevaliers sans titre.)
(à suivre)

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michel75200
-1710 points

(suite 1)
Le peuple (le "tiers état") était étroitement encadré et guidé dans tous les aspects de sa vie par le bas clergé, qui régulièrement l'entendait "en confession" et éduquait ses enfants dans la religion par le "catéchisme".

Certes, deux catégories ne se soumettaient pas à la morale chrétienne :
- Les nobles et le haut clergé, comme toute classe dominante, voyaient la religion comme destinée à ce que le peuple reste tranquille. Ils n'en étaient pas moins influencés dans leur spiritualité par l'enseignement chrétien, d'autant qu'eux-mêmes étaient instruits surtout par les prêtres, auxquels ils devaient aussi se confesser.
- Parmi les habitants des villes, ceux qui n'étaient ni au service des nobles ou de l'Eglise, ni bourgeois (commerçants, membres des corporations artisanales), résistaient à l'endoctrinement chrétien.

Cependant, l'immense majorité de la population était constituée des "serfs" sur les terres de la classe dominante, ou au service de celle-ci ou bourgeoise.