La sexualité des algériens sous le signe de l’attachement aux traditions

Le vent du progrès peut bien balayer certains archaïsmes socio-politiques préjudiciables et

vendredi 3 décembre 2010

Le vent du progrès peut bien balayer certains archaïsmes socio-politiques préjudiciables et mettre les sociétés arabes sur les bons rails de la modernité, il n’en demeure pas moins vrai qu’en matière de sexualité l’attachement aux traditions prévaut largement, comme indéracinable face à la tornade occidentale ultra-libérée.

90% des personnes interrogées se prononcent en faveur des relations sexuelles dans le cadre du mariage (88% en milieu urbain contre 94% en milieu rural), c’est à travers ce plébiscite que l’on mesure le haut degré de fidélité qui lie la population algérienne à un schéma familial sacré, transmis comme un legs précieux, mais qui n’est toutefois pas exempt de quelques paradoxes révélateurs.

Le sondage réalisé par l’institut Ecotecnics pour le quotidien Le Temps d’Algérie a interrogé 1200 individus représentatifs de la population algérienne, âgés de 18 ans et plus. Si l’institution du mariage en ressort grandie, tel un havre de confiance et de transmission des valeurs morales et spirituelles, l’enquête met également en lumière un modèle de société conventionnel dont se réclame aussi bien les femmes que les hommes, les jeunes que leurs aînés, en milieu rural ou urbain, que l’on soit instruit ou bien analphabète.

Aussi, le recul de l’âge du mariage constitue-t-il en soi un changement notable, passant de 21 ans pour les femmes et 25 ans pour les hommes en 1977, à 29,3 ans pour les femmes et 33 ans pour les hommes en 2008.

Alors que 83% des sondés estiment que la société algérienne occulte l’éducation sexuelle, et considèrent que la responsabilité devrait en incomber à l’école pour 73%, à la mosquée pour 64%, à la télévision pour 68%, des contradictions se font jour quand on se penche sur la réalité de la vie quotidienne. Ainsi que le souligne très justement Le Temps d’Algérie « comment expliquer que 50% des jeunes célibataires aient un(e) ami(e), et non un(e) fiancé(e)), notamment en milieu urbain, qu’ils aient des rapports sexuels (50%), (même peu poussés) », mais qu’en même temps ils considèrent que ces rapports doivent se dérouler dans le strict cadre du mariage et que la virginité de la femme est essentielle pour une écrasante majorité des individus ?

De l’autre côté de la rive azurée, l’attachement aux traditions n’est pas dénué de légers contrastes, même si la vie des couples semble connaître la félicité, 90.90% des personnes mariées se disant satisfaites de leur vie sexuelle dans le mariage.

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