Avignon, Trappes, la violence islamophobe a de nouveau sévi

Avignon, Trappes, la violence islamophobe a de nouveau sévi

En cette période de transhumance estivale, seules les agressions islamophobes ne font pas relâche, continuant soit de peinturlurer leur marque nationaliste rageuse et ordurière comme ce fut le cas, lundi, à Avignon, soit de s’acharner avec une incroyable sauvagerie sur une jeune fille voilée, une de plus et de nouveau à Trappes.

Avignon, Trappes, deux passages à l’acte qui, pour être de nature différente, n’en sont pas moins tout aussi inqualifiables et hautement répréhensibles, le deuxième culminant dans une violence raciste et sexiste abominable, deux actes insupportables qui viennent noircir le tableau déjà très sombre de l’islamophobie hors de contrôle, assoiffée de vengeance et criminelle.

Lundi matin, la Cité des Papes a eu un électrochoc visuel et les Avignonnais de confession musulmane un réveil douloureux en découvrant taguée à la peinture rouge, sur le mur d’entrée des célèbres remparts, l’inscription « Mohamad, le profet était un cochon », accompagnée de dessins de deux têtes de cochon. Indigné, Abdallah Zekri, le président Nîmois de l'observatoire de l'islamophobie du CFCM, a immédiatement porté plainte pour "diffamation et provocation à la discrimination et à la haine raciale".

A Trappes, ce même jour de sinistre augure, c’est un nouveau palier dans l’horreur qui a été franchi avec le passage à tabac d’une adolescente de 16 ans, injuriée, humiliée et rouée de coups par deux individus, deux barbares des temps modernes, dont l’un avait le crâne rasé. Après l’avoir apostrophée en voiture en l’insultant, « Eh toi connasse je te parle non ! », les deux énergumènes sont sortis de leur véhicule pour foncer droit sur elle, lui arrachant son voile avec une brutalité inouïe, en lui lançant « Sale pute avec ton voile ». Se faisant plus menaçants, ces derniers ont hurlé : « Sale noire, sale musulmane, retourne dans ton pays, retire moi ça ! », avant de la traîner dans un endroit isolé pour libérer leurs pires pulsions, incluant dans un raffinement de cruauté des scarifications au visage et des attouchements sexuels.

L’effroyable calvaire subi par cette jeune fille, qui a été prise en charge par les pompiers et hospitalisée à la clinique de Trappes, est à lire dans son intégralité sur le site du CCIF qui la soutient et l’assiste juridiquement afin que les auteurs de son agression soient punis à la hauteur de leur monstruosité.

Les sonnettes d’alarme n’en finissent pas d’être tirées par les associations qui luttent sans répit contre le fléau de l’islamophobie, toutes pressant les pouvoirs publics de prendre le problème à bras le corps avant qu'il ne soit trop tard. Combien d’agressions terrifiantes de femmes voilées, combien de profanations et dégradations odieuses faudra-t-il avant que l’Etat n'enraye cette hémorragie de violences insoutenables, source d’anxiété, de traumatisme et de ressentiment ?

Publicité

commentaires