Le Raincy : le maire exclut une femme d’une cérémonie de Noël parce qu’elle porte un foulard

Une fois de plus, une citoyenne de confession musulmane a été la cible d’une humiliatio

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mardi 20 décembre 2016

Le Raincy : le maire exclut une femme d’une cérémonie de Noël parce qu’elle porte un foulard


Une fois de plus, une citoyenne de confession musulmane a été la cible d’une humiliation publique.

Ce mercredi 15 décembre le service jeunesse de la mairie de Raincy organisait un événement accueillant parents et enfants pour des remises de cadeaux, dans l’esprit de Noël. Accompagnant sa nièce de deux ans lors de cet événement, Inès* a été sommée de quitter la salle à trois reprises, au prétexte que son foulard était “un signe ostentatoire”. Au mépris de la loi, le maire en personne lui a infligé cette humiliation.

L'événement ouvert à tous, devait avoir lieu de 18h30 à 20h30. Inès, qui souhaitait accompagner sa nièce pour la voir “prendre des photos avec son beau cadeau que sa maman a soigneusement préparé”, a dû partir à 19h30.

Une employée de la mairie est venue directement la voir pour “discuter en privé”. Son interlocutrice lui apprend qu’elle “n’a pas le droit de rester” car elle porte “un signe ostentatoire” et que “c’est une institution laïque”. Ces assertions sont par ailleurs complètement fausses et illégales.

Inès est alors contrainte de sortir aux yeux de tous. Mais avec le soutien d’une femme (qui lui confie être elle-même "de confession juive" particulièrement sensible à ce qui s'est passé), elle décide de revenir à l’événement pour défendre ses droits. Pour la seconde fois, la même employée du cabinet du maire revient à la charge : “faut sortir, vous ne pouvez pas rester ici !”

La victime refuse et exige un texte de loi justifiant une telle éviction, auquel cas elle accepterait de sortir. Aucune réponse. Pour la troisième fois, alors qu’Inès souhaite seulement assister à la remise de cadeau de sa nièce, l’autorité municipale exige qu’elle quitte la salle. Cette fois c’est le maire en personne, Jean-Michel Genestier, qui se déplace.

“Le Maire vient me voir avant de quitter la salle, me demandant si « Ça va ? ». Je lui réponds « Oui ça va mais bon… » quand il me coupe la parole et ose dire « C’est un signe ostentatoire, on fait du mieux pour faire respecter les lois, c’est pour le bien de la République ! ». Il n’a même pas eu la décence de me regarder dans les yeux.”

Inès s’est rapprochée du CCIF qui lui apporte, depuis hier, soutien et assistance. La victime sera accompagnée dans l’ensemble des démarches à mener.

Après que des maires aient remis en cause cet été les libertés individuelles des femmes musulmanes sur les plages de l’hexagone, c’est également un maire qui inflige une humiliation publique à une femme, juste parce qu’elle porte un foulard.

Dans le basculement raciste auquel nous assistons en France, la première des nécessités, au niveau des municipalités comme au plus haut niveau de l’Etat, est de rassembler le peuple et non d’en exclure une partie en raison de leur confession religieuse.

C'est donc l'autorité qui est supposée la protéger qui a condamné Inès à l'exclusion de la communauté nationale.

Ce n'est hélas pas une situation inédite à Raincy, on se souvient encore de l'épisode du club de sport "Orty Gym" dont la gérante, de confession musulmane et portant le foulard, avait été harcelée administrativement par l'ancien maire Éric Raoult parce qu'elle détonnait dans le paysage raincéen. L'action en justice lancée par cette gérante à l'encontre de la commune est du reste toujours en cours.

Il est temps que les autorités publiques se positionnent clairement contre ces pratiques discriminatoires.

Le CCIF sera déterminé à faire valoir les droits de la réclamante.

*Inès est un prénom modifié.

Le CCIF

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Auteur : le CCIF

Collectif Contre l'Islamophobie en France

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