Valérie Boyer, porte-parole de Fillon, répond aux critiques au sujet de sa croix : "ce n’est pas un signe d’oppression"

Dans une France qui se drape dans l’étendard d’une laïcité dévoyé

lundi 28 novembre 2016

Valérie Boyer, porte-parole de Fillon, répond aux critiques au sujet de sa croix : "ce n’est pas un signe d’oppression"

Dans une France qui se drape dans l’étendard d’une laïcité dévoyée et où le deux poids deux mesures fait rage en toute impunité, comment s’étonner que le moindre signe religieux crée un vif émoi et que certains d’entre eux soient jugés moins ostensibles que d’autres ?                      

Alors que son champion, le très catholique François Fillon, acclamé par ses militants en liesse, connaissait la consécration hier soir, Valérie Boyer, sa zélée porte-parole, lui a volé brièvement la vedette en apparaissant avec un pendentif qui a attiré tous les regards : une croix arménienne, appelée khatchkar.

Première à dégainer sur Twitter, Caroline Fourest, égale à elle-même, y est allée de sa pique assassine en alertant le bon peuple en ces termes « le retour des signes religieux ostensibles, c’est maintenant », tandis que la députée des Bouches-du-Rhône, essuyant un feu nourri de critiques, se défendait d’enfreindre la loi de 1905 en faisant preuve d’une intolérance religieuse envers l’islam à peine voilée et terriblement dans l’air du temps.

Guère charitable pour une chrétienne qui ne s’en cache pas, Valérie Boyer a lancé, rayonnante, sur franceinfoplus : « C’est quelque chose que je n’enlève jamais, pour dormir, pour me laver, pour me baigner, que j’ai toujours sur moi, vous pouvez le regarder sur les photos. Et je pense qu’il y a pas de commentaire à faire parce que c’est pas un symbole d’oppression, bien au contraire ».

Nul besoin d’être grand clerc pour comprendre le sous-entendu de sa piètre défense, d’autant plus que sa farouche hostilité envers le voile, « ce signe d’enfermement » selon elle, est de notoriété publique.

Avec une telle femme politique et croyante comme porte-drapeau du projet ultra-libéral, autoritaire et sectaire de François Fillon, la citadelle hexagonale, déjà mise à rude épreuve par le FN et les laïcistes de gauche, risque fort d’être assiégée par tous ses vieux démons, loin de la « France apaisée, réconciliée », riche de sa diversité, ethnique et religieuse, qu’Alain Juppé appelait de ses vœux.

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