Dimanche 13 July 2014
Oumma.com sur Facebook
Oumma.com sur Facebook
Oumma.com sur Google+
Oumma.com sur Facebook
Oumma.com sur Facebook
Oumma.com sur Facebook

Une famille musulmane de Jordanie a veillé sur une église pendant 80 ans

Une famille musulmane de Jordanie a veillé sur une église pendant 80 ans
fr
http://oumma.com/sites/default/files/eglise_de_madaba.jpg

Partagez :

Il n’y a guère que 30 kilomètres qui séparent la capitale de Jordanie, Amman, de la célèbre ville des Mosaïques, Madaba, et un sentier vieux de 5 000 ans, la Route des Rois, qui permet de relier les deux dans une fabuleuse traversée du temps, parsemée d’un chapelet de sites anciens. Tout au bout, le dépaysement est spectaculaire, rutilant et coloré, recelant des trésors de mosaïques byzantines et omeyyades qui font de l’illustre cité antique de Madaba un enchantement pour les yeux.

C'est tout près de ce site exceptionnel qu'en 1932, une belle histoire à la croisée des religions a eu pour cadre le village de Khirbat Al Mukhayyat. En effet pendant  plus de 80 ans, une famille musulmane a veillé, en gardiens du temple, sur les vestiges de l’église de Saint Lo et Saint Procope, après qu’une mosaïque datant de l’Antiquité ait été décelée à l’intérieur de sa maison Le narrateur de cette découverte qui a passionné et ému les prêtres franciscains de l’époque, alors engagés dans de grandes fouilles archéologiques dans la région, n’est autre qu’Abdullah, le fils aîné de la famille Eigittat, dont la mère avait vu juste en croyant discerner une ornementation chrétienne sous le plancher de sa cuisine.

Ainsi qu'il l'a révélé au Jordan Times, cette dernière s’était empressée d’en informer les prêtres franciscains en les conviant à déjeuner pour qu’ils authentifient la provenance du dessin. Expert en restauration de mosaïques, Franco Sciorilli, qui a confirmé la véracité des faits, a indiqué au Jordan Times que Le Vatican, soucieux de préserver les sanctuaires catholiques autour de Madaba, avait chargé les Franciscains, présents sur place, d’acheter l’église et de reloger la famille Eigittat.

"Les prêtres ont acheté le terrain où nous avions l'habitude de vivre, construit une maison pour ma famille et c’est ainsi que nous sommes devenus les gardiens et protecteurs officiels de l'église", a déclaré Abdullah Eigittat non sans fierté. Depuis dix ans, ce dernier est rémunéré par les prêtres franciscains pour entretenir le site, l’ouvrir quotidiennement et faire briller la précieuse mosaïque de 15 mètres de long incrustée dans le sol.

Cette véritable œuvre d’art, qui date de 560 ans, a magnifiquement résisté à l’érosion du temps. Elle illustre deux grandes scènes : l’une représente l'histoire de la collecte du raisin et de la vinification, avec le cérémonial musical qui célèbre l'événement, et l’autre dépeint différentes espèces d’animaux qui vivaient dans la région, avec au premier plan, des cerfs, des ours et des lions.

"Pour moi, prendre soin de l'église n'est pas un travail mais un privilège. Avant sa mort, le désir le plus cher de ma mère était que nous continuions à prendre soin de l'Eglise, en la considérant comme notre propre maison", a confié avec émotion Abdullah Eigittat. Quel plus joli point final pouvait-on mettre à ce récit très personnel à la portée universelle, aussi riche d’enseignements que le lieu unique où il s’est passé est riche d’histoire, de spiritualité et de traditions !

Publicité Oumma.com