Mercredi 20 August 2014
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La place de Jésus dans l’Islam

La place de Jésus dans l’Islam
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http://oumma.com/sites/default/files/calgraphie7340.jpg

A l’avènement de l’Islam, il y avait de nombreux sujets de division entre les différentes communautés chrétiennes (les monophystes, nestoriens, priscilliens, ariens…) se réclamant du message de Jésus. Est-il fils de Dieu ? Dieu lui-même ? Quelle place accorder à Jésus ?

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Pour comprendre la place de Jésus (sur lui le salut et la paix) dans l’Islam il faut aller à la source, revenir au Coran : message divin révélé au Prophète Mohammed (sur lui le salut et la paix).

A l’avènement de l’Islam, il y avait de nombreux sujets de division entre les différentes communautés chrétiennes (les monophystes, nestoriens, priscilliens, ariens…) se réclamant du message de Jésus. Est-il fils de Dieu ? Dieu lui-même ? Quelle place accorder à Jésus ? Dans ce contexte le Prophète Mohammed, à travers la révélation coranique, va honorer et réhabiliter Marie et préciser la mission de Jésus.

Dans l’Arabie pré-islamique, deux événements majeurs, en relation avec les chrétiens marquent le destin du Prophète : le premier, lors d’un voyage avec son oncle Abu Talib en Syrie à l’âge de 7 ans Mohammed est reconnu, à certains signes, par le moine chrétien nestorien Bahira. Le second a lieu lors de la première révélation du Coran au Mont Hira qui troubla le Prophète et c’est un chrétien dénommé Warraka, parent de sa femme Khadija, qui lui confirmera sa mission prophétique .

On peut aussi ajouter qu’au cours de la période mecquoise où les musulmans étaient oppressés le Prophète Mohammed recommande à ses compagnons d’émigrer vers l’Abyssinie chrétienne avec qui il entretenait une relation cordiale et amicale. En effet, le Négus, roi d’Abyssinie, avait entendu parler du Prophète et lu les premiers récits coraniques parlant de Jésus et Marie. Ayant été touché par la vénération et le respect avec lequel le Coran parlait de Jésus et de sa mère, il accorda sa protection aux premiers émigrés de l’Islam malgré la réprobation répétée des mécquois avec lesquels pourtant il entretenait un fructueux commerce.

A sa mort, le Prophète Mohammed réunit ses compagnons et il fit avec eux une prière dans la mosquée de Médine pour le repos de son âme. Un autre événement qui donne réfléchir sur les relations qui existaient entre les deux communautés. Lorsque la délégation du Najrân (région se situant actuellement au Yémen) arriva à Médine avec soixante personnes et à sa tête un évêque pour voir le Prophète et passer avec lui un pacte d’alliance. Voulant prier il demandèrent un lieu pour célébrer l’office. Le Prophète leur suggéra que le meilleur lieu pour prier était sa mosquée : la maison dédiée à l’adoration de Dieu. Et pour la première fois la messe sera célébrée dans l’un des lieux les plus saint de l’Islam

On le voit, la reconnaissance et le respect de Jésus et de sa communauté existent dès le début de la mission du Prophète. Ainsi les rapports entre l’Islam et la chrétienté se trouvent dès le départ invités au dialogue et au respect mutuel.

Comme les textes le prouvent, il existait un rapport fécond, d’une grande richesse d’échanges tant du point de vue intellectuel, artistique, commercial et spirituel, malgré les affrontements d’intérêts politiques, économiques, qui jalonnent l’histoire, chacun utilisant ses références religieuses et dogmatiques pour justifier sa domination. Ce bref aperçu évoqué, quel regard porte le musulman ouvert et sincère sur Jésus (Sidna Aissa) très souvent associé à Marie (Myriam) ?

Il est considéré comme un être spirituel exceptionnel. Exception confirmée par le Prophète quand il annonce le retour de Jésus pour les temps messianiques où la paix, la justice, l’égalité triompheront enfin sur terre.

Donc dans la conscience musulmane le retour de Jésus est une espérance. C’est la fin d’un cycle apocalyptique au cœur duquel se trouvent les germes du renouveau. Dès lors les hommes s’uniront pour oeuvrer au bien de l’humanité et terrasser le mal.

Ce que je viens d’évoquer, concerne l’aspect extérieur, l’aspect temporel celui lié au sens de l’histoire. Il existe un autre aspect peu connu c’est celui de la place accordée à Jésus par l’ésotérisme musulman. C’est celui relatif au verbe incarné de Dieu comme le dit le Coran sourate 4, verset 171 :

Cela signifie qu’il est intemporel. II ne peut être ni cerné, ni connu, ni localisé. Le message spirituel de Jésus ne peut pas se révéler à celui qui ne va pas à la source même d’où émane cette réalité divine. Dans l’ésotérisme musulman (Tacawwuf - soufisme), il y a des stations (degrés spirituels) pour chaque prophète évoqué dans la Bible, et dans le Coran. La station de Jésus est particulière et parmi les plus élevées. Son enseignement délivre une spiritualité pure sans lien déterminé dans le temps et dans l’espace.

Cette réalité se révèle à celui qui fait l’effort soutenu d’arriver à cette station, à ce maqqam de Sidna Aïssa (Jésus). Celui-ci, délivre un message extraordinaire : la force de l’amour à puissance sur tout. Par sa naissance Jésus nous apprend que les lois physiques, et temporelles qui gèrent la création peuvent être bouleversées voire inversées par le divin, telle la résurrection des morts. Notre conception du divin se référant uniquement aux lois qui gèrent le monde manifesté est si limitée, qu’elle nous empêche de comprendre la mission de Jésus et sa station. De ce fait, son message demeure inconnu pour le plus grand nombre.

Pour les soufis, Jésus est l’émanation ou la démonstration physique que l’être par une voie initiatique peut retrouver l’essence universelle qui donne équilibre et harmonie au monde manifesté, mystère de la création. L’avènement du message mohammadien vient confirmer et révéler dans sa profondeur le contenu du message christique. Comme le dit le prophète Mohammed « Nul n’est plus en droit de se réclamer de Jésus et Marie que moi-même, car entre lui et moi il n’y a aucun prophète ». Ainsi le message rnohammadien devient le miroir révélateur de Jésus car entre les deux prophètes il n’y a aucune altération, aucune rupture. C’est donc dans l’équilibre entre ses deux pôles que le mystère de la vérité se dévoile à l’homme.

Ce qu’on peut encore retenir du message de Jésus c’est que les valeurs matérielles du monde ne sont que l’ombre trompeuse des illusions qui nous égarent et exacerbent nos passions. A l’exemple de son entrée dans le temple pour le purifier, Il nous invite à se situer à la verticalité du Divin, symbole du soleil au zénith ou nulle ombre est perçue ou nulle illusion est permise. Par-là, l’homme est habité par l’esprit divin. Quant à Mohammed, il apporte lui l’équilibre de l’horizontalité, symbole du serviteur qui accepte totalement son appartenance au divin. Il se confie à Lui, et assume cette responsabilité d’en être le témoin dans le monde. Ainsi l’homme habité par le divin, réalise et manifeste l’état parfait de l’homme universel.

Selon l’ésotérisme musulman si Jésus de par sa naissance échappait aux lois physiques de la vie, sa mort devrait aussi échapper à celle de tout un chacun. Car il existe une réciprocité. Pour les musulmans en général et les soufis en particulier Jésus a été élevé à Dieu, n’étant d’ailleurs pas le seul puisque d’autres prophètes sont dans le même cas : Elie, Idris, Enoch, ... Cette élévation est une occultation mais aussi une présence, une permanence.

Il était, n’est plus mais personne ne peut dire où il se trouve, ou qu’il n’existe plus. On ne peut le situer dans l’espace ou dans le temps, sans nier sa présence. Si on lui assigne une place, un rôle, une fonction même la plus sacrée, elle demeure en dessous de la vérité qu’il incarne car le message spirituel de Jésus est élevé et intemporel. Mais chacun par une démarche intérieure de purification, d’humilité, de pardon, d’amour peut retrouver l’essence de ce message, son parfum et sa béatitude.

J’ajoute qu’on pourrait aussi qualifier le message de Jésus de radical. Il ébranle la forteresse des croyances, des dogmes, des certitudes... notre conception limitée des choses de ce monde, qui n’ont de réelles valeurs qu’en étant rattachées à l’essence, à Dieu. Sans ce rattachement, les pouvoirs, les savoirs, les connaissances ne sont qu’illusoires. Le message de Jésus ne se comprend et ne se vit que dans l’amour absolu intransigeant et décapant.

Cette vertu, cet état d’être sont très difficiles à concevoir et à réaliser. Il suffit de voir comment nous vivons. Le constat est affligeant ! Quelles sont les valeurs qui déterminent notre époque ? Jésus est le verbe divin et les valeurs qu’il enseigne ne sont pas celles sur lesquelles reposent notre monde. Nous ne comprendrons son message et réaliserons cette transformation alchimique que par la quête de ces valeurs spirituelles et chevaleresques qu’il est venu pour nous enseigner.

Un message prophétique où l’homme est prêt à se sacrifier pour le bien être d’autrui afin que la Vérité demeure parmi nous. Ainsi il triomphe de l’absurdité de son égocentrisme , il renaît et il vit dans le monde parfait de l’Essentiel.

Qui laisse croire qu’il n’existe aucune réalité, hormis celle que l’homme s’impose dans ce conflit permanent avec lui-même et avec son prochain ? Incapable de pardonner car incapable de se pardonner. Aujourd’hui nous sommes dans les situations où le message de Jésus semble d’une urgence capitale, voire vitale. Notre monde est gravement malade, seule une médecine radicale peut le soigner.

Pourquoi tant de misère et de haine, de conflits et de corruption ? Au nom de qui ? Pour servir quels intérêts ?Au nom de Dieu ? Au nom d’Allah ?... Quel est le sens d’un monde en démence où personne n’ose dire la vérité par peur d’être incapable de la vivre et d’en assumer la responsabilité et les conséquences. La vérité est exigeante comme l’est le message de Jésus. Dans l’atmosphère dramatique de notre époque qui peut concevoir que pour trouver Dieu il faut tout donner. Quel est le pays, la communauté, l’être capable de tout donner pour tout recevoir ?

Dans le monde actuel ne pas tricher avec soi-même soulève mépris, ironie et sarcasme. Pourtant nous allons vers un monde qui nous impose d’ être et non de paraître. Humain se conjugue au verbe être et non au verbe avoir. C’est à ce prix que nous pourrons résister au chaos qui nous attend.

Que Dieu accorde sa grande miséricorde à tous les innocents qui périssent par la faute de l’incompréhension et de la bêtise humaine.

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Commentaires

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Claude
-838 points

(B)
« L’avènement du message mohammadien vient confirmer et révéler dans sa profondeur le contenu du message christique. Comme le dit le prophète Mohammed « Nul n’est plus en droit de se réclamer de Jésus et Marie que moi-même, car entre lui et moi il n’y a aucun prophète ». Ainsi le message mohammadien devient le miroir révélateur de Jésus car entre les deux prophètes il n’y a aucune altération, aucune rupture. » (Cheikh Khaled Bentounès, « La place de Jésus dans l'islam »)

Une fable traduira mon objection. J'imagine qu'une femme noire nommée Ahmad, parvenue à la plus haute station du soufisme, reçoive la révélation qu'elle est le prophète annoncé par Jésus (Jean 14:16,26; 15:26-27), le "Περιχλεησ" (= "Pericleis", "Laudatissimus" en latin, "Glorifié" en français, "Ahmad" en arabe), porteuse d'une révélation divine à la fois ultime et vraiment universelle car elle l'annoncerait dans toutes les langues de la Terre sans les avoir apprises (miracle prouvant qu'elle est prophète)

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Claude
-838 points

(C et fin)
Je me demande alors comment réagiraient les érudits en sciences islamiques en entendant ses plus proches compagnes expliquer :

« L’avènement de la révélation ahmadienne vient confirmer et révéler dans sa profondeur le contenu du message muhammadien. Comme le dit la prophétesse Ahmad : "Nulle n’est plus en droit de se réclamer de Muhammad que moi-même, car entre lui et moi il n’y a aucun prophète". Ainsi la révélation ahmadienne devient le miroir révélateur de Muhammad car entre les deux prophètes il n’y a aucune altération, aucune rupture. »

(la partie linguistique de cette fable est basée sur une analyse de Waglioni sur un forum du 29/02/2012 : http://oumma.com/11538/jesus-aurait-predit-la-venue-du-prophete-mohammad...)

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Waglioni
-1249 points

A votre interrogation, sans préjuger ce que vous répondraient "les érudits en sciences islamiques", et me fondant tout simplement sur quelques notions élémentaires de grammaire grecque, il me semble que la forme du
"Περιχλεησ"
soit au masculin, non ? Ce qui m'a l'air de clore le débat.

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Alina Reyes
74 points

Merci pour ce beau texte. Je voudrais préciser aux commentateurs précédents que le mot employé par Jean n'est pas périchléis mais paraklètos, qui signifie : celui qui est appelé au secours (par exemple en grec moderne pour dire s'il te plait on dit parakalo, c'est le même verbe). Cela correspond bien à la situation d'apocalypse au terme de laquelle doit revenir Jésus. Il y a une urgence, une détresse, un appel au secours - du moins de la part de ceux qui aspirent à vivre et se rendent compte du danger. Le fait que Mohammed soit identifié par certains au paracletos, au Paraclet annoncé par Jésus, n'est pas contradictoire avec une autre apparition christique du Paraclet. Car dans cette seconde venue, l'islam nous enseigne que Mohammed demandera à Jésus de diriger la prière, et que Jésus répondra en priant derrière Mohammed, à la façon de Mohammed. Ils sont alliés, amis, frères. Tout cela est parfaitement logique en Dieu.

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miro
-9 points

Un tel article nous fait réaliser au pied de quel Everest nous nous trouvons et l'ampleur de la tâche à tenter d'accomplir, tant horizontalement que verticalement (i. A.).

Claude, vous devriez descendre du manège car ce que vous brandissez fièrement n'est pas Jésus (as), c'est la queue du Mickey...

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Waglioni
-1249 points

Alina, je vous reposte mon commentaire ancien et que Claude rappelait :

--------------
Dans l'Evangile selon St-Jean, précisément dans (Jean 14 :16 et 26 ; et 15 :26-27), "Celui qui doit advenir" est nommé Περιχλεησ (Pericleis), ce qui se traduit par Laudatissimus en latin, par Ahmad en arabe, Glorifié en français (Coran 61 :6). Alors bien sûr il y a controverse, car certains scribes ont mal-transcrit Περιχλεησ (Pericleis) en Πaρaχλεtoσ, Paraclet, ce qui ne veut rien dire de tangible ("avocat" ?), mais suffit à certains pour nier que "Ahmad" fût annoncé.
--------------

Pour en décider, sans doute êtes-vous plus savante que tous les théologiens qui ont discuté de cela (car c'est un "classique" de la critique scripturaire) ?

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Alina Reyes
74 points

Parakletos ne s'écrit pas, comme vous le donnez en grec, avec un chi (χ) (transcrit ch), mais avec un kappa (transcrit k ou c) Et c'est bien le mot qui se trouve dans l'Évangile de Jean, si vous saviez le grec vous pourriez vérifier vous-même.

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Claude
-838 points

Waglioni,

1) Dans une fable, même une incorrection grammaticale serait acceptable pour faire comprendre un message.
2) En grammaire, vous savez bien que le masculin l'emporte toujours.
Ici, dans le doute sur le sexe de l'Envoyé de Dieu annoncé par Jésus, il était correct d'employer le masculin "Περιχλεησ" dans le texte.
3) Si Jésus a employé un mot féminin, ses disciples - incapables d'imaginer que l'Envoyé puisse être une femme - l'ont spontanément remplacé par un mot masculin.
4) Dans le Coran, les phrases destinées aux croyants des deux sexes sont rédigées comme si elles n'étaient adressées qu'aux hommes.

Vous semblez bien pressé de clore le débat sur une pirouette. Pourquoi la question de fond vous fait-elle peur ?
Ma fable n'est destinée qu'à montrer la faiblesse intrinsèque de l'un des arguments de Khaled Bentounès. Je n'y suis pour rien si, par ricochet, elle montre la faiblesse d'une parole attribuée à Mohammed. Peut-être ce hadith n'est-il pas d'une parfaite authenticité ?

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Claude
-838 points

rrrrrrrrrr,

Quand on a reçu une éducation chrétienne et que l'on s'est forgé durant des dizaines d'années une solide culture biblique et évangélique, ainsi qu'une bonne connaissance des principales méthodes d'étude de ces textes (exégèse classique, décryptage sémiotique, analyse référentielle), on ne peut qu'être surpris de voir tout cela ramené à une "queue de Michey".

Surtout par quelqu'un qui n'a sans doute jamais pris la peine d'ouvrir un Evangile pour voir si la thèse d'une continuité, entre le message de Jésus et celui de Mohammed, est valide.

Ma petite fable met en effet en lumière le caractère illusoire de l'argument de Cheikh Khaled Bentounès à propos de cette prétendue continuité. Seuls ceux qui y croient déjà, sur la foi d'une parole attribuée à Mohammed, peuvent être satisfaits par un tel argument. Ils n'y accorderaient aucune valeur s'il était employé par un nouvel Envoyé (a fortiori si c'était unE EnvoyéE !).

Il y a d'ailleurs bien d'autres failles dans cette thèse...

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miro
-9 points

Claude quand vous écrivez :
"Quand on a reçu une éducation chrétienne et que l'on s'est forgé durant des dizaines d'années une solide culture biblique et évangélique, ainsi qu'une bonne connaissance des principales méthodes d'étude de ces textes (exégèse classique, décryptage sémiotique, analyse référentielle), on ne peut qu'être surpris de voir tout cela ramené à une "queue de Michey"."

Après tous ces efforts, en place de Dieu, oui, vous ne récoltez que la queue du Mickey, ainsi qu'un camarade de "je", Waglioni.
Si on accepte de grimper sur votre petit manège, on est admiratif, impressionné par tant de savoirs accumulés mais point semble-t-il de ce qu'apporte "la Science utile" (composée en Islam de celles qui rapprochent de Dieu).
Il manque juste pour compléter votre trio "monothéiste" un juif qui démonterait, moult sources sérieuses à l'appui, la réalité de Jésus (as)... Et à lui le précieux "trophée", vous vous rappelez ? La queue du Mickey à la place de Dieu (pour azimut).

1/2

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miro
-9 points

2/2

Nos trois religions ne sont pas de "vulgaires canassons" chargés de nous faire gagner individuellement ou collectivement une quelconque course, en particulier, au détriment des autres. Certes, chacune d'elle est une monture mais seul le centre à atteindre est identique, le reste est tout en nuances, les modalités, la forme extérieure, les histoires prophétiques (au sens d'enseignements et non d'histoires "vraies" pour prosélytes).

Il y aurait, dans la démarche qui consiste à vous suivre dans les sources scripturaires pour revendiquer (ou nier, pour certains) la Réalité Muhammadienne (saws), une sorte de manque de foi, une quête de preuves pour combler un déficit dans son cœur.

Il est des formes d'érudition qui restent un grand mystère et peut-être une source d'égarement, celles qui nous font conjecturer, exclure et ne nourrissent que l'appétit sans fin de notre nafs, au détriment de notre cœur.

Mon rapport aux Évangiles ?
Paix et bénédiction pour votre Sainte Famille.

X
Alina Reyes
74 points

Le Cheik Khaled Bentounès est courageux d'écrire ainsi sur Jésus. J'aimerais voir davantage de chrétiens s'intéresser ainsi à Mohammed, paix et prière sur lui, et à l'islam. Certains heureusement l'ont fait, de grands poètes du XIXème siècle comme on sait, mais aussi de notre temps des croyants comme Christian de Chergé, le moine de Tibhirine. Nous avons besoin de telles personnes, car nous avons besoin d'entente entre les hommes et entre les peuples. Cela ne fait rien perdre à personne de sa religion, au contraire cela aide à mieux la comprendre et la vivre en profondeur. Quant au Paraclet dont discourent les commentateurs, ce n'est pas un homme mais l'Esprit de Vérité qui anime Jésus et fait écrire le Coran à Mohammed. Voilà ce qui est universel et traverse les âges, voilà ce que chacun, quelle que soit sa religion, doit appeler, chercher, accueillir.

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Waglioni
-1249 points

Alina, merci pour votre avoir rectifié mon erreur de transcription. En effet, le mot s'écrit bien avec un kappa, et "si vous savez" n'est pas "si vous saviez". Merci encore.

Claude, vos spéculations rappellent celui sur le sexe des anges : nous sommes en pleine guerre des civilisations fomentée par le sionisme supranational, l'urgence est de calmer le jeu, de rapprocher notamment les vérités comprises dans le catholicisme et dans l'islam, et non de se lancer dans le "et si, et si".

@miro, je serais un camarade de "je" ? A qui tentez-vous de plaire avec pareils jeux de mots ?

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Rachid Zani
-302 points

" Lorsque l'Imam apparaitra, et qu'il déclarera publiquement qu'il est le Mahdi, ce sera le signe que le retour du Messie approche. Puis lorsque Jésus('alayhi salam) reviendra,il descendra face à l'Imam qui déclarera alors :« C'est le fils de Marie!»(Voir Sahih Muslim). Ainsi,l'identification du Messie sera accomplie en deux occasions(lorsqu'il apparait au monde) et elle sera effectuée selon la même méthode, à savoir par le biais d'une personne élevée par Allah le Plus Haut pour cette raison spécifique. Une compréhension correcte du rôle crucial de Jean-Baptiste('alayhi salam) en liaison avec Jésus le Messie ('alayhi salam)aurait empêché Ibn Khaldoun de commettre la grave et dangereuse erreur de rejeter tous les Ahadiths concernant l'Imam al Mahdi, et aurait évité à Iqbal de répéter et d'aggraver l'erreur d'Ibn Khaldoun...."

suite...

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Rachid Zani
-302 points

...Nous notons en passant que la croyance en l'Imam al Mahdi dont la venue sera contemporaine au retour du Messie, le fils de Marie, semble être concordante avec une croyance Juive en deux personnes qui apparaitront à la fin des temps,le premier décrit comme un Messie "royal" et l'autre un Messie "sacerdotal" (NDT un Messie-prêtre). Haim Zafrani a émis l'important commentaire qui suit concernant les Manuscrits de la Mer Morte:« Selon certains autres passages dans les écrits de Qumran, il semble tout à fait certain que cette communauté, qui était fondamentalement une communauté de prêtres, attendait en particulier un prêtre de statut élevé («le Messie d'Aaron")ainsi qu'un dirigeant laïc particulièrement consacré ("le Messie d'Israël »). Il convient de noter que, dans le Document de Damas du Caire (NDT : Cairo Damascus Document) (CD 7:20) le Messie royal n'est pas appelé «roi», mais «prince»...

suite...

X
Rachid Zani
-302 points

...(nasi, conformément à Ez. 34:24, 37:25, etc.).

Le concept des deux Messies, l'un royal et l'autre prêtre, remonte
probablement à Zacharie 4:14: «Ce sont les deux oints qui se tiennent devant le Seigneur de toute la terre».
(Encyclopedia Judaïca - Eschatologie - Messianisme.)

De plus, à ces deux personnes s'ajoute une troisième qui ne
pourrait être autre que le Prophète Mohammad (sallalahou'alayhi wa sallam) :« La loi qu'ils (c.à.d. la communauté sacerdotale de Qumran)ont reçu de lui (leur enseignant) devait être leur mode de vie «jusqu'à la venue d'un prophète et des oints d'Aaron et d'Israël». » 1 Rouleaux de Qumran 9 :11)
(Encyclopedia Judaica – Yahad – Eschatological Hope)."

Jerusalem Dans le Coran page 381-382 par Imran Nazar Hosein dont je recommande vivement la lecture..à angelo tout particulièrement.

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mickael
-14 points

L'article de Cheikh Kalhed Bentounès est très intéressant.

Merci aussi, Rachid Zani, pour vos apports complémentaires.
Un seul petit bémol :

Vous citez Ezéchiel 36:25, dans lequel David est désigné comme "prince". Mais dans le verset précédent David est aussi désigné comme "roi", ainsi que comme "pasteur" et "seul pasteur" (Ez. 36:24). De même, dans le verset 34:24, David est désigné comme "prince", mais dans le verset précédent il est aussi désigné comme "pasteur" et "seul pasteur" (Ez. 34:23).

Il ne faudrait sans doute pas isoler et surinterpréter, comme vous le faites, la désignation de David comme "prince" parmi les titres qui lui sont accordés dans ces quelques versets, alors qu'ils semblent interchangeables.

Pour replacer vos citations bibliques dans leur contexte scripturaire, je vous conseille le site http://lire.la-bible.net/index.php, où la recherche d'un verset conduit au chapitre qui le contient, et où l'on peut comparer cinq traductions françaises reconnues.

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Alina Reyes
74 points

J'ai écrit "si vous saviez" parce que quelqu'un qui a des notions de grec ne peut pas ne pas savoir comment écrire ce mot, issu d'un verbe tellement courant que l'écrire avec un chi au lieu d'un kappa c'est comme si vous écriviez en français "abeler" au lieu d'"appeler". D'autre part il est aisé à quelqu'un qui sait lire le grec de vérifier dans le dictionnaire que paracletos signifie avocat, d'après son sens littéral qui est : "celui qui est appelé au secours". Et il est également aisé à quelqu'un qui sait lire le grec de chercher ses citations à la source, et donc de ne pas falsifier les textes. D'où il s'ensuit un discours faux à n'en plus finir.

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Claude
-838 points

rrrrrrrrrr,
(A)
Vous en serez peut-être surpris, mais j’ai apprécié votre dernier commentaire ci-dessus, et cela dans plusieurs de ses dimensions : l'importance de la foi, la tolérance et l’ouverture envers d’autres religions (hélas exclusivement les grands monothéismes).
Je vous suis donc reconnaissant pour ce que vous m’avez écrit, essentiellement dans la deuxième partie de votre réponse.

Il y a cependant, dans la première partie, deux points sur lesquels je suis en désaccord avec vous.

1°) « Il manque juste [..] un juif qui démonterait, moult sources sérieuses à l'appui, la réalité de Jésus (as) ».

Ce juif n’est pas indispensable. On trouve bien mieux dans l’ouvrage d’un ex-catholique : « Sous le Christ, Jésus : méthode d'analyse référentielle appliquée aux Evangiles » (Ennio Floris, ed. Flammarion, Paris, 1987).
Je le conseille à tous ceux qui souhaitent avoir une petite idée de ce qu’ont réellement été la personne et de la vie de Jésus....

X
Claude
-838 points

(B)
... Celui-ci a certainement été un homme tout à fait extraordinaire, mais il ressemblait bien peu aux portraits qu’ont dressés de lui les chrétiens puis les musulmans.

2°) « ce qu'apporte "la Science utile" (composée en Islam de celles qui rapprochent de Dieu). »

D’une part, contrairement à vous, j’estime que toute connaissance scientifique peut être utile à l'humanité.

Je sais pourtant très bien que certaines conduisent aussi à des inventions techniques extrêmement nuisibles (voire que leurs progrès sont encouragés et subventionnés dans ce seul but).
Mais l’étude de la radioactivité n’a pas seulement permis de fabriquer les bombes nucléaires, elle aide aussi à soigner certains cancers, voire à les faire complètement disparaître. On est bien loin de la queue du petit Mickey !

X
Claude
-838 points

(C et fin)
D’autre part, je ne connais pas de « sciences qui rapprochent de Dieu ». Celui-ci étant au mieux inconnaissable, au pire inexistant, ce ne sont pas des sciences qui peuvent nous venir en aide.

Même si elles s’appuient sur de multiples connaissances réellement scientifiques, je n’appelle pas « sciences » les méthodes qui aident à lire et interpréter les Textes sacrés et permettent de mieux comprendre le message divin. En effet, leur emploi n'apportera jamais aucune certitude quant à la justesse de l'interprétation qu'elles nous permettent d'obtenir. Ce ne sont que des techniques et en les utilisant, deux personnes différentes obtiennent deux résultats différents.

Quant à se rapprocher de Dieu, cela ne se peut qu’à travers l’expérience spirituelle, voire mystique.
(et encore, il n’est pas certain que cette dernière ait un réel rapport avec le divin, et pas seulement avec des capacités humaines, d’après les expériences dites « de mort imminente » et « de mort provisoire »)

X
Claude
-838 points

Waglioni,

1°) « Nous sommes en pleine guerre des civilisations fomentée par le sionisme supranational. »

Je suis en total et radical désaccord avec une telle phrase, sur la forme comme sur le fond. Au contraire, le jeu se calme entre les USA et l'Iran. Ce n'est peut-être que provisoire, mais si la trêve actuelle ne dure pas, ce sera du fait de l'intransigeance iranienne sur la poursuite de son programme nucléaire. Le "sionisme supranational", ce fantasme bien commode pour éviter de regarder la complexité du monde actuel, n'y sera pour rien.

2°) « L'urgence est de [..] rapprocher notamment les vérités comprises dans le catholicisme et dans l'islam. »

Je suis au contraire certain que rien ne serait pire pour les libertés qu'un "rapprochement" entre le catholicisme et l'islam. Après l'instrumentalisation liberticide de la "guerre contre le terrorisme", une telle "union sacrée" conduirait à l'abolition de la séparation entre religions et Etat puis à un totalitarisme religieux.

X
Rachid Zani
-302 points

Allusif dites vous! J'en prends bonne note.

«Les Etats d’Amérique eux-mêmes ne devinrent Unis qu’après l’extermination des anciens propriétaires, les Peaux-Rouges, et après quatre ans de tueries fort peu démocratiques au long de la guerre de Sécession.Et encore ! Vingt millions de Noirs vivent-ils, à cette heure, contre leur gré, sous la férule de millions de Blancs qui, au siècle dernier, continuaient à tatouer au fer rouge leurs pères et leurs mères, exactement comme s’ils eussent été des poulains ou des mules."

"Mais j’en ai tant vu, j’ai tant souffert qu’une amertume de plus ne me lassera pas au point où j’en suis parvenu. Ainsi, tant pis ! Ces rêves, eh bien oui, je les ai eus. Ces élans, oui, je les ai portés. Cet amour des autres, oui, il m’a brûlé, il m’a consumé. J’ai voulu voir dans l’homme un cœur à aimer, à enthousiasmer, à élever, une âme qui, fut-elle à demi asphyxiée par la pestilence de ses esclavages, aspirait à retrouver un souffle pur....

suite

X
Rachid Zani
-302 points

...et n’attendait parfois qu’un mot, un regard pour se dégager et pour renaître...Aujourd’hui, étouffé par un sort implacable, le grand incendie de jadis n’a laissé que des cendres.J’y reviens malgré tout, obstinément, parce qu’elles évoquent les moments de ferveur de ma vie, les élans les plus profonds, la base spirituelle même de mon action. Les voilà donc, bon gré, mal gré,livrées au vent qui les dispersera vite." page 5-7 Les âmes qui brûlent Léon Degrelle.

X
miro
-9 points

Claude,

j'allais me réjouir que certains de mes propos trouvent grâce à vos yeux mais je crains que des incompréhensions subsistent.

Si j'ai convié un représentant du 3e monothéisme, ce n'est pas à l'exclusion de toutes les autres spiritualités mais pour ne pas trop nous éloigner du sujet. Ce juif des premiers siècles de "notre ère" donc, c'est un peu vous, des décennies d'études de sa religion, un gros bagage culturel et historique; On comprendra que pour cet être, Jésus (as) ne peut être accueilli dans toute sa dimension. Aucun des "on dit" annonçant sa venue ne peut être pris au sérieux.
Pas plus que vos discussions à propos du Paraclet n'ajoutent ou ne retranchent quoi que ce soit à l'amour que portent les musulmans pour leur Prophète Muhammad (saws).
Les signes, ce qui fait qu'on "suit" tel Envoyé plutôt qu'un autre ne se situent pas au niveau du "récit d'un récit qui serait passé d'un monde sémitique à un monde grec".
Jésus (as) a moissonné...

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Rachid Zani
-302 points

"On pourra réunir toutes les Conférences du monde, rassembler par troupeaux les Chefs d’État,les experts économiques et les champions de toutes les techniques. Ils soupèseront. Ils décrèteront.
Mais, au fond, ils échoueront car ils passeront à côté de l’essentiel.La maladie du siècle n’est pas dans le corps. Le corps est malade parce que l’âme est malade.C’est elle qu’il fallait, qu’il faudra coûte que coûte guérir et revivifier.La vraie, la grand révolution à faire est là.Révolution spirituelle ou faillite du siècle,le salut du monde est dans la volonté des âmes qui croient."

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miro
-9 points

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@ Claude

Jésus (as) a moissonné les cœurs des juifs ou des païens que Dieu a guidés vers Lui et , depuis 1400 ans, c'est guidés par Dieu que des millions d'Hommes ont embrassé l'Islam.

Si on est dépourvu de foi, on peut gloser pendant des heures sur les causes secondes mais si on considère qu'il existe un Être, Vivant et Agissant, on doit relier toute chose à son origine, même si notre raison bute parfois.

D'où la notion de "monture" à propos des religions, en tant que moyen de salut, d'élévation et non en tant que finalité ou "chapelle".

Quant aux "sciences utiles", à l'intérieur de chaque spiritualité elles permettent d'effectuer ce chemin et leur résonance varie en fonction du "réceptacle" de chaque individu.
L'épisode andalou devrait vous rappeler que l'Islam non seulement ne rejette pas les sciences dites profanes mais les bonifie en les rattachant à un Principe supérieur et en magnifiant toute la création.
La vision du monde pour chacun, est façonnée par ces rapports.

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Rachid Zani
-302 points

Dans le désert du temps se dresse la Croix.
La vie banale ou louche ou perverse des hommes continuera à s’écouler comme un fleuve terne.
Le Christ recevra les coups et les épines. Il s’écroulera sur le sol. Le bois de la croix écrasera sa chair.
On le plantera à grands coups de marteau sur l’arbre dur.
Ils ont percé mes mains et mes pieds, ils ont
compté tous mes os.Qu’en saura le monde ?
Son sang descendra lentement sur son corps blêmi. Ses yeux chercheront à la fois son Père et nos âmes.
Qu’auront-elles compris, nos âmes, à cette tragédie?
Elles n’auront ni frémi ni pleuré.Elles n’auront même pas pensé.Même pas vu."

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Hayat
-138 points

''...et pour la première fois la messe sera célébrée dans un des lieux les plus saints de l'islam.'''' Tuba pointait avec pertinence la nécessité d'une approche holistique du Coran. Or il est surprenant de constater combien la sunna souffre également d'un angle de vision tronqué et combien la portée de tels comportements prophétiques rejaillis peu sur ceux de notre communauté.

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Claude
-838 points

(C et fin)
En passant tout cela sous silence, Rachid Zani autorisait une lecture anti-juive des versets qu'il citait.

D'autre part, sur le forum de
http://oumma.com/201515/40-dessinateurs-protestent-contre-partenariat-en...
(forum qui a disparu ensuite)
le même Rachid Zani avait cité un verset du Coran sorti de son contexte (Sourate 5, verset 82).

Or la lecture des deux versets suivants suffisait pour en changer radicalement le sens. Isolé, il louangeait les chrétiens et blâmait les juifs. Avec les deux suivants, les chrétiens dignes de louanges se réduisaient à ceux qui embrassaient l'islam dès qu'ils entendaient le message de Mohammed.
C'est pourquoi j'ai reproduit ici, pour lui, les trois versets (5:82-84) et mis en caractères gras ceux qu'il avait négligés.

Les autres citations de versets isolés sont seulement destinés à lui montrer qu'à ce petit jeu pervers, l'on peut certes trouver des versets qui disent du mal des juifs, mais qu'il y en a aussi qui en disent du bien.