2011 : l’arc-en-ciel de la saine indignation ?

Le Nouvel An peut bien s’annoncer en fanfare, transcendé par la même candeur enthousiaste qui prétend,

dimanche 2 janvier 2011

Pour peu que l’espoir brille encore au-dessus de tous les gouffres sombres, illuminant de sa douce blancheur des profondeurs en ébullition, l’entrée en scène de 2011 a de quoi éprouver sa belle sérénité, et le faire envoler à tire-d’aile.

Le Nouvel An peut bien s’annoncer en fanfare, transcendé par la même candeur enthousiaste qui prétend, à chacune de ses apparitions, effacer les errements de l’année échue, il esquisse ses premiers pas sur une terre en proie à mille tourments, rattrapée par de vieux démons invulnérables et agitée par une kyrielle de menaces, en fusion ou en éruption, qui bouillonnent sous nos pieds ou explosent à la surface.

Là où l’on aimerait que tous les frontons gravent en lettres d’or l’Idéal de paix, de justice, et de fraternité, le cynisme fait rage et de sourdes angoisses montent, comme si l’idéal de bonheur n’était plus accessible au cœur de notre société minée par des maux lancinants qui, à force d’exhumer le plus noir passé, l’a fait renaître de ses cendres pour de bon : résurgence du populisme des ténèbres, persistance d’une crise économique source de désespérance, nivellement par le bas du débat démocratique, profonde défiance de l’opinion à l’égard de ses institutions et de la classe politique, suprématie d’une oligarchie au pouvoir bafouant l’intérêt général et décernant des palmes à l’impéritie...

Quand on souhaiterait que de chauds rayons dorent le ciel, l’arc-en-ciel inattendu émane d’un sage magnifique, Stéphane Hessel, maquisard de la première heure et éternel résistant, éclairant, dans la maturité gaillarde de ses 93 printemps, l’aurore qui se lève de la saine et noble indignation. "Indignez-vous !" exhorte-t-il dans son petit ouvrage au succès fulgurant et retentissant qui, en l’espace de quelques lignes, redessine notre ligne d’horizon, la projetant loin des confins obscurs pour lui faire toucher les étoiles. 2011 sera-t-il à l’unisson, sous le signe de la protestation qui a pris de la hauteur ?

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