Vendredi 25 July 2014
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Le Coran, une méditation continuelle

Le Coran, une méditation continuelle
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Écrire sur le Coran nous met dans une prise de conscience d’avoir probablement failli : failli à ses préceptes, failli à ses commandements et à sa compréhension.

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En islam écrire comme tout autre acte exige un plein engagement et une totale responsabilité.Dans cette exigence, le rapport du Prophète à la Révélation a été résumé par Aïcha : son caractère était le Coran. Une foi absolue et une sincérité sans faille dans ce qu’il a lui-même transmis à l’humanité. Écrire donc sur le Coran nous met dans une prise de conscience d’avoir probablement failli : failli à ses préceptes, failli à ses commandements et à sa compréhension.

Le Coran

Mohammed Hamidullah rappelle que le Coran est « la parole de Dieu, révélée par fragments à Muhammed, pendant 23 ans de sa mission de messager de Dieu. » Quant à l’histoire de son écriture : « Toute les fois qu’il recevait une révélation, un fragment du Qur’an, il appelait un de ses scribes, et lui dictait ce qui lui avait été révélé. Muhammad précisait, en outre, ou il fallait placer la nouvelle révélation dans la collection des fragments antérieurs (…) Il ordonnait non seulement de transcrire ces passages du Qur’an – et d’en multiplier les copies pour les membres de la communauté- mais aussi de les apprendre par cœur.   La copie officielle, préparée moins d’un an après la mort du Prophète, resta d’abord chez le calife Abü Bakr ; puis, à sa mort, chez son successeur le calife Omar.   C’est ce texte, précise Hamidullah, du temps d’Abû Bakr, officiellement diffusé par Uthman, que nous possédons maintenant. Et c’est le même texte dans le monde entier.» A ces deux méthodes rigoureuses, pour la conservation du texte coranique, vient s’ajouter une autre infaillible : celle de Dieu « Nous avons fait descendre la Rappel. Nous en sommes les gardiens » (CoranXV, 9)

Pourquoi cette intervention divine ?

Il nous semble intéressant de relater l’expérience réalisée au congrès de psychologie de Göttingen particulièrement édifiante à cet égard : « Non loin de la salle des séances, il y avait une fête publique avec un bal masqué. Tout à coup, la porte de la salle s’ouvre, un clown se précipite comme un fou, poursuivi par une personne, revolver au poing. Ils s’arrêtent au milieu de la salle. Le tout avait à peine duré vingt secondes. Le président pria les membres présents d’écrire aussitôt un rapport, parce que sans doute il y aurait enquête judiciaire. Quarante rapports furent finalement remis. Un seul avait moins de 20 pages. 100 d’erreurs relatives aux actes caractéristiques ; quatorze eurent de 20 à 40 pages. 100 d’erreurs, douze de 40 à 50 et treize plus de 50 pages. 100. De plus, dans vingt-quatre rapports, 10 pages. 100 des détails étaient purement inventés, et cette proportion de l’invention fut plus grande encore dans dix rapports (…) Bref, un quart des rapports dut être regardé comme faux. Il va sans dire que la scène avait été convenue et photographié d’avance » les témoins étaient « tous psychologues, juristes et médecins plus maîtres de leur pensée et de leur plûmes qu’un public ordinaire. » (Voir A. Van Gennep, La Formation des légendes, Flammarion, 1920).

Il y a lieu de faire la remarque suivante par rapport au temps : le témoignage s’est fait tout de suite après la scène, ce qui devrait mettre les témoins à l’abri de l’oubli.Mais la conclusion de l’expérience est là pour nous montrer et nous rappeler que le témoignage humain le plus sérieux n’est jamais sans altération. Le texte coranique, par cette intervention divine, est à tous égards inattaquable.

A notre connaissance aucune œuvre, aucun texte, n’a laissé à la postérité ce défi avec une telle assurance : « Ne méditent-ils pas sur le Coran ? Si celui-ci venait d’un autre Dieu, ils trouveraient de nombreuses contradictions ».

Le Coran ne pose pas de problème d’authenticité . Le tafsir

Après la mort du Prophète et les siècles qui suivirent, il s’est installé dans le paysage intellectuel musulman une discipline que l’on appellera le tafsir (l’exégèse). L’histoire du tafsir n’étant pas l’objet de cette étude, nous retiendrons seulement que le Coran a fait l’objet d’une compréhension intimement liée à une époque historique des exégètes (Ibn Messaoud, Tabari, Ibn Khatir, etc.). Il en demeure d’ailleurs un travail précieux fruit de louables efforts.

Au XIXe siècle, d’autres savants musulmans ont essayé de faire de l’ijtihad (effort) en lisant le Coran avec des yeux neufs, mais aussi pour répondre à des exigences intellectuelles d’un temps qui, fatalement, n’était pas celui de Tabari (839-923) ou Ibn Khatir (1301-1373). Nous pouvons citer cheikh Mohammed Abdou (1849-1905) et son disciple Rachid Reda (1865-1935) avec Tafsir al manar, Tahar Ben Achour  (1879 - 1973) Tafsir At Tahrir wat-Tanwir, ou Mahmoud Cheltout (1893-1963) Tafsir al Qur’an.

Mais l’effort de ces ulémas, n’a pas pu « modifier essentiellement l’exégèse classique"  comme le rappelle  Malek Bennabi  (1905-1973): « Le problème de l’exégèse demeure important : D’une part par rapport à la conviction de l’individu formé à l’école cartésienne et d’autre par, par rapport à l’ensemble des idées courantes constituant le fond de la culture populaire.»

Pour essayer d’approcher la première catégorie, nous essayerons de méditer le Coran sur deux sujets qui nous semblent révélateurs : Il s’agit du problème de l’écriture de l’histoire et du phénomène de la naissance de l’amour.

Des sujets de méditations. Le récit dans le Coran

Larousse définit le récit comme une « histoire réelle ou inventée que l’on raconte par écrit ou oralement.» Mais les récits sont « innombrables » comment dès lors distinguer entre le récit factuel et le récit  fictionnel . Cela a donné naissance à la narratologie qui est la science du récit.

Des études approfondies et variées ont été faites dans ce sens comme celle du critique littéraire  Gérard Genette dans son ouvrage Récit fictionnel, récit factuel, ou   Dorrit Cohn (1924-2012) Le Propre de la fiction. Le récit est bien présent dans le Coran. Il existe même une sourate « Le récit (El Quassas) » sourate 28. Du point de vue de la narration, le récit coranique ne suscite aucune critique et son caractère distinctif apparaît dans un examen comparatif (Bennabi lui consacrera tout un chapitre dans son ouvrage Le Phénomène coranique. Mais l’exemple le plus éloquent est certainement la sourate Joseph.

Dieu dit : « Nous te racontons le meilleur récit, grâce à la révélation que Nous te faisons dans le Coran » (Coran, XII, 3). C’est le seul endroit ou le terme récit est précédé de meilleur. Pourquoi ? Les savants musulmans nous apprennent que la sourate Joseph a été révélée après une demande des Juifs –dans une sorte de défi- au Prophète de leur raconter l’histoire de Joseph, puisque dans la Bible il existe une version. Ils croyaient à une sorte de propriété exclusive. Le mot « meilleur » est celui « qui l’emporte dans l’ordre de la qualité » ou « que rien ni personne ne surpasse dans son genre », selon Larousse.

Le mot récit a donc été précédé de « meilleur, » par comparaison au récit biblique : il est le meilleur, le plus complet et le plus véridique. C’est le récit par excellence et la Vérité absolue. Le terme « meilleur » prend ici toute son importance, le Coran va même souligner le caractère divin du récit en affirmant au Prophète tout de suite après : « Bien que tu aies été, auparavant, au nombre des indifférents. » (Coran, XII, 3).

Du point de vue qui nous intéresse ici, nous allons revenir au récit de Moïse dans la sourate Taha. Méditons cette réponse de Moïse à Dieu au sujet de l’utilité de son bâton : « Et qu’est-ce qu’il y a dans ta main droite, Ô Moïse ?Il répond: C’est mon bâton sur lequel je m’appuie et avec lequel j’abats du feuillage pour mes moutons ; il me sert encore à d’autres usages ». (Coran, XX, 17-18)

La réponse est fragmentée, concise et précise.Il y a donc deux fonctions précises de son bâton :

- il lui sert d’appui ;

- il « secoue les arbres sans casser les branches » précise moralement Ibn Khatir dans son tafsir, pour l’alimentation de ses moutons.

La troisième réponse « et j’en fais d’autres usages » est d’une importance fondamentale qu’on peut faire entrer dans le « champ de l’incomplet inévitable » qui existe dans n’importe quel récit. Nous pouvons poser la question suivante à une personne : Qu’as-tu faistdans la journée ? Même si sa réponse est très détaillée, il ne pourra jamais nous raconter tout ce qu’il a fait, c’est évident. Il y aura toujours un « champ incomplet inévitable ». Pour tenir compte de cette incomplétude serions-nous tenté de dire, il doit ajouter cette formule : « et j’ai fait d'autres choses ».

En effet, dans son quotidien Moïse peut utiliser son bâton pour d’autres fonctions : se débarrasser d’un objet gênant par exemple, ou donner des coups de bâton à ses moutons égarés, etc... Pour être « complet » dans sa réponse, qui est aussi une caractéristique d’honnêteté chez les prophètes, il donnera cette troisième fonction indéterminée de son bâton ; « et j’en fais d’autres usages », grâce à quoi, il échappera à la critique d’un « récit amputé »

Les soufis ont vu dans cette troisième réponse un désir ardent de Moïse de prolonger la discussion avec Dieu. Ils ont donc jugé cette réponse « et j’en fais d’autres usages » comme un facteur additionnel sans importance pour le récit. C’est une conception un peu mystique. Mais fondamentalement, les détails dans le Coran ont leur importance, et ce détail a confirmé qu’en histoire il n’y a « jamais des faits complets » comme l’a souligné, Seignobs.

Pourquoi un enfant ?

Dieu dit dans le Coran : «  Que la paix soi sur lui .Le jour où il naquit.Le jour où il mourra.Le jour où il sera ressuscité » (Coran XIX – 15)

Nous pouvons distinguer dans ces ayats trois étapes : l’étape de la naissance, celle de la mort et celle de la résurrection. On peut remarquer, dans cet ordre ainsi énuméré, que Dieu élude l’étape entre la naissance et la mort. Pourquoi ? Pour répondre à cette question nous allons commencer par la fin.

Ces trois moments sont importants pour chaque homme et plus particulièrement pour le croyant. C’est ce que Dieu nous révèle dans cet aya. En effet, l’étape de la résurrection est cruciale. C’est l’étape qui déterminera la demeure éternelle de l’homme : « Jour au sujet duquel aucun doute n’est possible, une partie d’entre eux sera au Paradis et une autre dans le Brasier » (Coran XLII, 7).

L’étape de la mort est aussi importante. C’est la découverte pour l’homme de la Vérité de l’au-delà : «  L’ivresse de la mort fait apparaître la Vérité. Tu restais indifférent à cela ; nous avons ôté ton voile ; ta vue est perçante aujourd’hui » (Coran L, 19-22) Par conséquent, il apparait clairement que le jour de la naissance est extrêmement important. Dans une autre aya Dieu parle des mêmes étapes : «  Que la Paix soit sur moi, le jour où je naquis ; le jour où je mourrai ; le jour où je serai ressuscité » (sourate Marie ; 33)

L’étape d’avant la naissance est mentionnée dans le Coran comme dans le cas ici de Zacharie animé de l’ardent désir d’avoir un enfant avec cette intention affirmée : «  Accorde-moi, venant de toi, une excellente descendance » (III, 38), ou la femme de Imran : «  Mon Seigneur ! Je te consacre ce qui est dans mon sein ; accepte-le de ma part. Tu es, en vérité, celui qui entend et qui sait » (Coran III, 35).

A la lecture de ces deux ayats une question directe et claire se pose : Pourquoi avoir un enfant ? Car dans les deux cas, on voit bien que l’intention précède et s’accorde avec le désir d’avoir un enfant, ce qui donne un but et un sens à cette naissance. L’autre enseignement qui est très important réside dans cette sorte d’ambiance où des éléments impriment l’enfant dès sa naissance (et même avant) et sont déterminants.

C’est donc l’étape de la naissance qui est très importante dans l’influence de l’enfant. C’est à cette période-là que s’impriment ces éléments qui l’accompagnent le restant de la vie ; voilà pourquoi Dieu a parlé du moment de la naissance et n’a pas parlé de l’étape de la naissance à la mort.

Nous allons constater, de façon plus frappante encore, qu’après avoir accouché d’une fille, la femme de Imran dit : «  Mon Seigneur ! J’ai mis au monde une fille, je l’appelle Marie, je la mets sous ta protection, elle et sa descendance contre Satan, le réprouvé » (Coran III, 36). Cette spiritualité responsable, lumineuse, active et intelligente, engage le souci contant, chez les parents, de l’avenir de leur enfant, affirmé avant et après la naissance, car l’existence en islam a un but.

Cette intensité de la responsabilité élargie le souci, l’étend aux générations futures : «  elle et sa descendance «  dit la femme de Imran. «  Notre Seigneur ! Fais de nous des croyants qui te seront soumis ; fais de notre descendance une communauté qui te sera soumise ; indique-nous les rites que nous devons observer ; pardonne-nous » (Coran II, 128).

Et que la paix et la bénédiction soient sur le Prophète Mohammed.

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