Dimanche 21 September 2014
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Les fondements du cheminement spirituel (1/3)

Les fondements du cheminement spirituel (1/3)
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La quête de vérité commence par la concentration de tout l’être sur un questionnement crucial : celui de la raison d’être et du devenir après la vie terrestre

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L’Islam est en soi une invitation à tendre l’oreille pour écouter le message, sans préjugés aucuns, pour que se réveille l’innéité, cette part enfouie de chacun, qui tend naturellement vers la transcendance divine. La sourate La Cité, qui évoque l’âpreté de l’existence humaine, faite de luttes et d’épreuves, est une invitation à franchir les obstacles de l’égo et d’un milieu hostile pour aller à la rencontre de l’Etre Suprême.

La quête de vérité commence par la concentration de tout l’être sur un questionnement crucial : celui de la raison d’être et du devenir après la vie terrestre. Le canal de la perception du cœur, seul à même d’appréhender ce questionnement vital, est obstrué par les rythmes de vie qu’imposent les sociétés postmodernes, matérialisées par un environnement visuel et sonore agressif, le règne du tout-publicitaire, une incitation à toujours plus consommer, via le flot médiatique qui submerge et obnubile les esprits.

La société d’image conditionne et reflète cette réalité d’un mode de vie superficiel, dépourvu de sens, noyé par des considérations matérielles jamais assouvies. La notion de cheminement, abstraite pour les esprits cartésiens, est essentielle pour comprendre les finalités spirituelles de l’Islam et le rôle qu’il assigne à l’être. L’Islam considère que la Révélation de Dieu à l’humanité s’est accomplie par l’entremise d’hommes semblables au commun des mortels.

Ces Messagers-élus, porteurs d’une vérité universelle, sont chacun unis à Dieu par un pacte de soumission. Donner sens à la vie de chaque être est l’essence même de la mission des Messagers de Dieu. L’Islam, conçoit l‘appartenance et l’allégeance à Dieu comme une finalité qui s’exprime à chaque instant de la vie. L’appel de Dieu aux hommes représente l’esprit du Message coranique. Chaque être ressent naturellement dès la naissance son appartenance à Dieu.

Cette foi originelle est très tôt confrontée aux effets de l’éducation, d’un environnement familial, social et culturel parfois dénué de toute référence à la vérité révélée. Les sociétés occidentales, dont les repères moraux sont subordonnés à l’universalisme laïc, confinent les croyances religieuses à la sphère privée. L’idéal de « réussite », sous-tendu par un substrat humaine qui mêle individualisme et matérialisme, se traduit par l’ambition de se hisser sur l’échelle de la promotion sociale et professionnelle, quel qu’en soit le prix. Cette finalité de « l’homme-machine à consommer », dans l’indifférence générale, mine les sociétés postmodernes.

Dans cette humanité, noyée dans un tapage médiatique assourdissant, l’appel du divin trouve difficilement écho. Les mouvements émergents de par le monde, de contestation, d’hommes et de femmes qui se mobilisent localement et en réseaux pour restituer à l’homme sa dignité, s’érigent comme les porte-paroles de tous les laissés pour compte du système économique et social libéral qui marque des signes flagrants d’essoufflement. Les programmes gouvernementaux et les actes de charité des Etats riches en faveurs des pays pauvres ont davantage pour vocation d’afficher un semblant de justice mondiale, qui masque difficilement la réalité accablante d’une faim criante mondialisée que d’éradiquer définitivement les origines du mal généré par le capitalisme sans lois qui s’est longtemps targué de sa capacité d’offrir à tous un idéal de bien être, l’American way of life.

La prime nature, ensevelie, enfouie, sous des substrats socio-éducatifs, psychologiques, culturels, idéologiques, peine à entendre l’appel de Dieu. Le monde a assisté à partir du vingtième siècle à la faillite des principaux systèmes de pensée politiques et économiques antagonistes : de la théorie marxiste de lutte des classes et du soulèvement prolétarien, intrinsèquement coupée de toute spiritualité, à celle du capitalisme libéral dans la tourmente. Ce dernier est apparu un temps, sous l’effet de la globalisation et de la prégnance du leadership américain, comme la solution la plus accomplie, d’où l’adhésion de nombre de pays à ses valeurs.

 Tour à tour, ces modèles, non sans failles, se désagrègent, victimes de leurs tares et d’une violence intrinsèque, malgré les progrès apparents qu’ils ont pu susciter pour l’humanité. Ils n’ont pu concrétiser, en dépit de leurs aspirations, un idéal de l’homme fondé sur la justice, l’équité, la solidarité, la paix sociale et entre les peuples, le respect des droits fondamentaux de chacun, tout en préservant l’unité et la cohésion des populations de la destruction des liens interpersonnels, intergénérationnels, de l’individualisme, du communautarisme, et de toute forme de ségrégation et de haine.

Le sociologue Edgar Morin nous expose sa perception du bien être et ses limites tels qu’ils sont conçus en Occident : « Et pourtant, de plus en plus apparaîtront aux sociétés évoluées, si elles continuent leur course à la prospérité, l’irrationalisme de l’existence rationalisée, l’atrophie d’une vie sans communication véritable avec autrui comme sans réalisation créatrice, l’aliénation dans le monde des objets et des apparences. Les crises de fureur des jeunes gens, les tourments existentiels des intellectuels (parfois grotesques), les névroses spiritualistes des bourgeoises de Passy sont déjà les symptômes d’une crise qui se généralise sans doute un jour. Mais il faudra que la civilisation du bien-être ait été vécue à fond, il faudra qu’elle se réalise vraiment en civilisation de l’abondance, pour que naisse sa propre critique, son propre au-delà »[1].

Répondre à l’appel de Dieu, constitue pour l’homme le moyen de se libérer des entraves de l’ego prisonnier, des pesanteurs psychiques et sociales, de l’esprit conformiste dominant, dévoué aveuglément à la cause du modèle consommationniste et du paraître. Jean Baudrillard, sociologue et philosophe engagé, stigmatise une société où le paraître prime inévitablement sur l’être : « Nous n’avons plus le temps de nous chercher une identité dans les archives, dans une mémoire, ni dans un projet ou un avenir. Il nous faut une mémoire instantanée, un branchement immédiat, une sorte d’identité publicitaire qui puisse se vérifier dans l’instant même. Ainsi, ce qui est recherché aujourd’hui n’est plus tellement la santé, qui est un état d’équilibre organique, mais un rayonnement éphémère, hygiénique et publicitaire du corps - beaucoup plus une performance qu’un état idéal (…). Chacun cherche son look. Comme il n’est plus possible de tirer argument de sa propre existence, il ne reste plus qu’à faire acte d’apparence sans se soucier d’être, ni même d’être regardé (…).Ce n’est même pas du narcissisme, c’est une extraversion sans profondeur, une sorte d’ingénuité publicitaire où chacun devient l’imprésario de sa propre apparence (…)[2].

 Être soi devient selon lui une performance éphémère, un maniérisme désenchanté dans un monde sans manières. La question existentielle, de la raison d’être, de la présence sur terre, embarrasse et intègre le registre des sujets tabous et de ce fait est reléguée au fin fond des consciences. Dans une société de l’image où le martèlement médiatique envoûte et disperse, les finalités de l’individu, pressé de manière incessante par le temps, sont confinées à son épanouissement immédiat et éphémère dans le travail, à sa nécessité toujours plus superficielle de consommer, de se divertir.

La pérennité de cet équilibre de vie très fragile est dépendante des aléas d’un système où la stabilité se paye par temps de crise au prix du sentiment toujours présent d’insécurité professionnelle, de stress et même de refus de la vie.Les évolutions de l’institution sacrée de la famille, valeur refuge, dont les fondements sont menacés par une pensée matérialiste délivrée de toute morale, annoncent pour nombre d’intellectuels l’avènement d’une nouvelle « ère sociale ». 

La mondialisation de l’économie caractérisée par le diktat des multinationales menaçant la subsistance d’Etats-nations souverains, des échanges, de la culture et la « standardisation » des modes de vie, sont les signes d’un bouleversement majeur qui annonce la fin d’une ère où l’individu ne représente qu’un simple numéro dissous dans le système-monde : « Le monde éclaté par suite de la planétarisation progressive des mécanismes d’organisation et de fonctionnement des divers domaines de l‘activité économique, ainsi que de la vie socioculturelle et de l’environnement ne peut plus s’appuyer entièrement sur les structures mises en place jadis et naguère. La transition s’avère être difficile, car les ruptures sont plus nombreuses et plus amples que les évolutions souples. Confrontations, conflits et affrontements se multiplient. Mais le mouvement se poursuit en dépit de toutes les turbulences qui se font jour »[3]. La question du sens de la vie se dissipe dans l’indifférence généralisée qui caractérise nos espaces publics. A l’échelle individuelle, si la question interpelle ponctuellement l’esprit, elle est rapidement renflouée pour laisser place aux préoccupations plus terre à terre.



[1] E. MORIN, 1994, Sociologie, Fayard, Paris, p. 282.

[2] J. Baudrillard, 1990, La transparence du mal, éditions Galilée, Paris, p. 31.

[3] G. Wackerman, 1995, De l’espace national à la mondialisation, ellipses, p. 119.

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Commentaires

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ZADIG
-8 points

Partir d'edgar Morin et de Baudrillard (qui sont des athées) pour parler de spiritualité c'est un peu incongru.
Ce n'est pas la sociologie qui a mis en évidence que l'homme est attiré par le matérialisme ou qu'il s'oriente vers le matérialisme.
C'est les trois livres du monothéisme et en particulier le Coran ainsi que les hadits.
Ces livres nous mettent en gardent contre la course à la possession de biens matériels, l'illusion qu'ils représentent et la perdition dans laquelle ils nous entrainenet.
L'eschatologie musulmanes à travers les hadits du prophètes ont mis en évidence la décadence de nos société régis par le matérialisme, le monsonge(développement de la communication et de la publicité), le scientisme ( ces savants ignorant complètement la divinité le dispenser du savoir).

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baraa
419 points

cet article intéressant offre une voie pour sortir de l'impasse actuelle dans laquelle nous a amené le modèle de société consumériste et de fait idolâtre dans lequel nous vivons. Mais le cheminement vers le divin ne peut se faire sans lien avec la mobilisation contre l'injustice, ce qui nécessite la prise en compte des acquis du marxisme. Qui derrière son matérialisme apparent, reste surtout un mouvement iconoclaste qui respecte ce que Marx appelait "le sublime" et la spiritualité, mais n'y porte pas attention dans le cadre d'une société qu'il fallait débarrasser avant tout des formes de cultes chrétiennes dépassées, du judaïsme devenu usuraire et de la société de la convoitise capitaliste. Déblayer le terrain de ces scories avant de laisser l'homme cheminer à nouveau librement donc. L'Amérique latine a compris cela. A quand le tour du monde musulman de savoir marcher sur deux jambes ? Celle de l'analyse concrète d'une situation sociale concrète et celle du cheminement vers le divin

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alice
-2167 points

Merci Monsieur pour votre analyse que j´ai lue avec intérêt.
Cependant quelques passages me posent questions.

"Ces Messagers-élus, porteurs d’une vérité universelle, sont chacun unis à Dieu par un pacte de soumission. "

N´écrivez-vous pas un peu plus haut l´impérieuse nécessité que se " réveille l´innéité , cette part enfouie de chacun qui tend naturellement vers la transcendance divine "?
Pourquoi donc est-il besoin de parler de soumission?
Le Créateur tout Amour aurait-il besoin de notre soumission après nous avoir à ce point rendu à nous-mêmes, libres de créer à notre tour?

"Répondre à l’appel de Dieu, constitue pour l’homme le moyen de se libérer des entraves de l’ego prisonnier, des pesanteurs psychiques et sociales, de l’esprit conformiste dominant, dévoué aveuglément à la cause du modèle consommationniste et du paraître"

De toute beauté , ces lignes!

Merci aussi de vous être fait l´écho de la Parole d´Edgar MORIN.

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alice
-2167 points

" de la théorie marxiste de lutte des classes et du soulèvement prolétarien, intrinsèquement coupée de toute spiritualité "

Connaissez-vous au monde cause plus spirituellement noble que cette lutte-là?

Moi non! :-)

" L’Islam, conçoit l‘appartenance et l’allégeance à Dieu comme une finalité qui s’exprime à chaque instant de la vie. "
"Donner sens à la vie de chaque être est l’essence même de la mission des Messagers de Dieu" ?

Ne sommes -nous pas appellés, chacun, à devenir Son messager?
Chacun de nous ne devrait-il pas incarner Sa Parole en totale harmonie avec ce qui nous fait sens, justement ?!
Pourquoi donc dans ce cas parler d´allégeance et d´appartenance lorsque l´on sait au fond de nous-mêmes qu´Il se passe bien de notre petite allégeance et de notre petite appartenance?

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Justine
-388 points

Assalâmou alaykoum wa rahmatoullâhi wa barakâtouhou,

Ma chère Farida,

Tout d'abord, je te souhaite un excellent jeûne du mois de Ramadan ainsi qu'aux musulmans du monde.

Oui, Dieu se passe de toute Sa création ; Il nous a créés pour être connu car Il est Le Digne d'être adoré, nos allégeance et soumission lui sont dues :

"Et quand ton Seigneur tira une descendance des reins des fils d'Adam et les fit témoigner sur eux-mêmes: "Ne suis-Je pas votre Seigneur?" Ils répondirent: "Mais si, nous en témoignons..." - afin que vous ne disiez point, au Jour de la Résurrection: "Vraiment, nous n'y avons pas fait attention" (7 Les Murailles, 172)

"Notre Seigneur! Fais de nous Tes Soumis, et de notre descendance une communauté soumise à Toi. Et montre nous nos rites et accepte de nous le repentir. Car c'est Toi certes l'Accueillant au repentir, le Miséricordieux." (2 La Génisse, 128)

Wa salâm

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alice
-2167 points

Amîn.

Coucou Justine,

Ramadhan karim à toi et tes proches!:-)

J´aime beaucoup la traduction des Feuillets par Mohamad Assad.
Il emploie le mot surrender qui signifie abandon.
Ainsi il écrit : " O our Sustainer ( Soutien) !
Make us surrender ourselves into Thee (fais-nous nous abandonner à Toi ) and ... " Sourate 2 verset 128

Il traduisait le mot muslim par " self surrender " : se donner à Dieu.

Il est une notion fondamentale en islam, le tawakul, l´abandon au Très-Haut dans la confiance et c´est là toute la différence, selon moi.
Le Très-Haut tout Amour ne nous demande pas d´obéir à Ses lois, Il attend de nous de les aimer, de les faire nôtres.

Et Justine , tu me comprends! :-)

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Justine
-388 points

Assalâmou alaykoum wa rahmatoullâhi wa barakâtouhou,

Chère Farida,

En développant le thème d'at-tawakkul, Al-Mouhasibi parle de "remise confiante en Dieu", ce que d'autres appellent "l'abandon à Dieu". J'aime les deux notions mais ai une préférence pour la première.

"L'homme sincère dans son Tawwakkul ressent que son cœur ne se soumet à aucune créature parce qu'il est rempli de la confiance de l'assurance de Dieu." ("Les règles de la bienséance de l'âme", Al-Muhasibi,Editions Iqra, p.243).

La station du tawakkul s'obtient par l'évitement de ce que Dieu nous interdit parce que nuisibles pour la purification de notre être et de notre âme, et par l'obéissance consentie à l'invitation à ce qui nous est profitable.

A l'annonce d'un décès, nous, musulmans, affirmons : "A Dieu nous appartenons et à Lui nous retournons."

Nous tuons notre ego lorsque nous n'éprouvons aucun orgueil à reconnaître notre statut de serviteur à l'égard de notre Créateur : nous agréons Sa voie... at-tawakkul...

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latifa
-56 points

Et si le Communisme se reliait au Principe suprême : Dieu ?. Faudrait commencer par remettre la pensée Hégélienne à l'endroit dans le Marxisme.

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alice
-2167 points

Merci Justine pour cette si jolie Parole de Al Mouhasibi ( je ne connais pas cette personne).
J´aime nous définir comme petits Servants du Très-Haut, responsables émissaires de Sa grâce.
Vois-tu Justine , selon moi, il n´est pas utile de tuer notre égo mais de l´amener à la Lumière. Il convient de le rendre conscient!
Par Sa grâce , nous nous sentons unifiés jusqu´au plus profond de nous mêmes.
C´est un peu comme l´alchimiste qui transformerait le plomb en or.
Une partie de nous-mêmes se transforme, s´affine, se purifie.

Certains disent qu´au cours de notre vie, nous expérimentons des petites morts, des renoncements, des dépouillements.
Je préfère parler de métamorphose , de transformation salutaire, de transfiguration. Pas de mort mais de resurrection!

Ceci ne se peut sans Sa grâce, sans notre abandon confiante en Lui.

Voici ce que je peux t´écrire , Justine ici. Je te remercie de ton écoute.

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Spinoza forever
-412 points

Que veut dire être soumis à Dieu? Être soumis, c'est obéir, se conformer à l'Ordre de Dieu!

L'obéissance-soumission à un certain sens autorisé du Texte divin;en ce cas il y a lieu de parler d'un rapport de soumission-conformation au Divin,le Texte étant La Forme absolue de Dieu qui in-forme l'Homme sur son Origine,sur lui-même,le Monde et son Devenir.Il est convenu de voir dans ce rapport une vision passive de l'Homme et de son destin sur la terre:obéir strictement à l'Ordre Dieu et ses représentants( sans dire rien sur les redoutables dangers liée à la légitimité irréfragable de cette Parole si absolue.Car si n'importe qui perçoit plus ou moins clairement le bien et le mal,cependant,devant l'autre qui parle au nom de Dieu:on fait silence en soi et on obéi-.
En dernière analyse dans cette conception,Dieu est présenté comme une Être absolument Parfait,Libre, mais qui paradoxalement désir et manque..d'être célébré par des créatures imparfaites et passives!Là, un rapport:Maitre/esclave.

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Justine
-388 points

Assalâmou alaykoum wa rahmatoullâhi wa barakâtouhou,

"Vois-tu Justine , selon moi, il n´est pas utile de tuer notre égo mais de l´amener à la Lumière. Il convient de le rendre conscient!"... J'aime... :)

La transformation du plomb en or... un mythe... trop maçonnique pour moi. ;)
A cela, je préfère la taille, le façonnage, du diamant brut qui laisse dès lors la Lumière pénétrer ses différentes facettes pour briller de tout son éclat.

Jazaki Allâhou khayrane jazilane pour ce moment de spiritualité, ma chère Farida.

Wa salâm

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Spinoza forever
-412 points

En fait, je crois que cette conception de soumission à Dieu est intenable pour des hommes qui se vivent comme des êtres spirituels et libres.
C'est une vision qui représente Dieu comme un Sur-Etre Origine du Tout, mais surtout: Sur-Puissant! A titre tel que les mortels ne devraient pas interroger Sa conduite en terme moraux.Car on n'interroge pas le caractère moral ou immoral du plus fort. En effet, selon cette perspective,le plus Fort a tous les droits; devant Lui,nous ne pouvons que nous soumettre.Point.

Voila comment beaucoup de gens,hélas, perçoivent Dieu: Un Roi païen Sur-Puissant,devant qui il faut impérativement s'agenouiller pour réclamer les grâces, et ce afin d'éviter sa redoutable colère associée à la douleur la plus infernale et cuisante qui soit-pour l’Éternité-.
Or si un tel Dieu existait,il serait du devoir de chaque hommes et femmes libres de ce monde de le combattre de toutes leurs forces, car un tel Être serait méprisable.
Si Dieu est Parfait:Il est Joie et Amour.

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latifa
-56 points

Salam Farida, salam Justine,

Je propose un autre mot : reddition.

Les musulmans sont des gens qui sont en état de reddition à l'égard de Dieu.

(Islam/aslama/reddition).

Abdiquer (devant Dieu) pourrait convenir aussi dans certains cas ... .

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alice
-2167 points

Coucou Justine, Latifa, Azouagh,

Me voilà comblée au delà de mes espérances!
Une nourriture terrestre puis aussi spirituelle que vous m´offrez chacun! :-)
Je vous ai lu et j´adore notre conversation...
Merci infiniment...

Justine , que c´est beau ce diamant que tu faconnes en toi.
Puisses-tu briller de mille feux, refléter Lumière et Espérance un peu plus chaque jour. En toi, Il veut parfaire Son oeuvre créatrice pour en faire un chef d´oeuvre!

Azouagh, tu comprends parfaitement ma pensée et je te lis avec joie. Merci de tout coeur, frère!

Latifa, recois toute mon amitié! :-)

Saha Ftorkoum!

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Pancole
-4221 points

Monsieur Hammadi, emportées qu'elles sont par leurs bouffées mystiques, Latifa, Farida et Justine ne voient pas que le Dieu contraignant et impitoyable envers les désobéissants est exactement le Dieu des musulmans.

Une religion faite d'interdits et de rites contraignants, sans lesquels le croyant ne peut aspirer aux réjouissances de l'au-delà.
La religion ramenée à une espèce de road-book où toute transgression conduit à la sortie de route.

Le respect des rites, pour la très grande majorité des croyants, n'est pas une occasion de manifester sa spiritualité mais avant tout un acte, mêlé de superstition, sans le respect duquel le croyant se voit sanctionné par son divin Maître. C'est la peur qui fait croyance.

Quelle différence entre l'animiste qui égorge un poulet pour faire venir la pluie et satisfaire ses dieux telluriques et le croyant monothéiste qui fait un strict ramadan en pleine canicule pour s'attirer les bonnes grâces d'un Dieu bien cruel pour exiger pareil sacrifice?

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Rachid Zani
-302 points

Un ramadan strict en pleine canicule ne dure qu'un moment puisque le rituel est cyclique.

Chaque année voit la date avancée de décade en décade jusque parvenir vers des temps plus cléments si cela puis vous rassurer Pancolino.

Mais soyez pas aussi sûr qu'en hiver le ramadan ne présenta pas de difficultés également.Lorsqu'il fait froid le corps brûle l’énergie bcp plus vite que de normal et c'est la faim qui vous mine.En été c'est l'inverse,c'est la soif qui vous taraude.Une compensation en somme pour un juste équilibre.

Encore faut-il que vous puissiez l'admettre du haut de votre vanité,le tout étant de souffrir pour être beau car en cela il vous rapproche de Dieu

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Pancole
-4221 points

Le ramadan est une pratique qui relève de la mortification pure et simple. Une religion qui mortifie ses fidèles à un sérieux problème avec la spiritualité.
Il y a des sectes chiites où les adeptes se flagellent au sang pour plaire à leur Dieu, qu'est-ce qu'ils sont beaux!
La religion catholique aussi affirme que les femmes doivent enfanter dans la souffrance, heureusement rares sont celles qui aujourd'hui refusent une salutaire péridurale, sans se soucier de désobéir à Dieu.

Et puisque la souffrance est un viatique pour l'extase pourquoi ne pas faire le ramadan uniquement durant les saisons où l'on souffre un max. En été et en hiver par exemple.
Comme les musulmans qui habitent près des cercles polaires sont beaux en été en jeûnant 21h!
C'est du pur masochisme et vous cautionnez cela sur un ton doctoral.

Actuellement dans nos médias on recommande aux personnes de boire abondamment tout au long de la journée, c'est sûrement de la provocation et de l'islamophobie.

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chekli1989
3 points

Louange a ALLAH Seigneur des mondes et des univers et ce qui il y a entre , qui a honoré les croyants par L'Islam

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Spinoza forever
-412 points

Monsieur Plazzo,je ne peut hélas pas vous contredire.

Qu'est-ce qui distingue certaines conceptions de la religion de la pure superstition? Voila une terrible question qui devrait hanter toute personne en quête d'absolu véritable!
Certains croyants vont jusqu'à affirmer ouvertement la nécessité de craindre Dieu! Jamais aucun sagesse n'a été fondée sur la crainte... la crainte est la manière de gouverner des tyrans! Est-ce un hasard si dans nos pays musulmans nous avons eu et continuons d'avoir autant de tyrans?!
Et tout ces pseudo-savants qui font la promotion de ces interprétations d'un Dieu tyrannique qui menace des pires souffrance tout en nous appâtant avec des récompenses grossières et purement matérielles dans l'au-delà- poussant le paradoxe jusqu'à mettre en avant ce qui nous est interdit, ici-bas: les fameuses rivières de vin-.
Il est regrettable de constater que les gardiens de la Tradition musulmane actuelle n'ont pas grand chose à voir avec la vraie spiritualité.

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latifa
-56 points

Il y a une vingtaine d'années, j'aurais pu rédiger les mêmes commentaires que Palazzio ou a.hamadi. Je sais quels lieux leur pensée habite.

"L'eau prend la couleur du récipient qui la contient". Ibn Arabi.

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Spinoza forever
-412 points

Et si le sens profond du Ramadan- à retrouver- consistait à se priver d'un certain type d'avoir pour mieux augmenter son être?

Il se pourrait même que le sens profond du Ramadan tienne dans le fait de retrouver rien d'autre que la condition humaine elle-même, et ce dans tout ce qu'elle a de plus dépouillée et pure?
Un peu à la façon du Roi Lear qui redécouvre au fond de l’abîme- de la folie- toute la vérité du monde et de la condition humaine. Il était roi. Là, fou et en aillons dans la tempête : Là-bas, il se redécouvre merveilleusement humain.
Un tel mois devrait être pour nous l'occasion de méditer sur notre condition humaine.Aussi,cela devrait nous rapprocher de tous ceux qui réalisent au plus près cette condition commune au quotidien, les pauvres et les malades- par des actions bénévoles et concrètes tout au long de ce mois-.
Ainsi, il se pourrait bien que le sens profond du Ramadan ait pas grand chose à voir avec la simple privation du boire et du manger. Mais, chuute!