Jeudi 2 October 2014
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Les risques d’une extension régionale du conflit syrien

Les risques d’une extension régionale du conflit syrien
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Les derniers raids de l’aviation israélienne qui ont visé à deux reprises des objectifs situés à la périphérie de la capitale syrienne, Damas, augurent-ils d’une extension régionale du conflit syrien via une implication directe de l’Etat israélien ?

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Les derniers raids de l’aviation israélienne, qui ont visé à deux reprises des objectifs situés à la périphérie de la capitale syrienne, Damas, augurent-ils d’une extension régionale du conflit syrien via une implication directe de l’Etat israélien ?

Le risque n’est pas à prendre à la légère quand on examine les réactions diplomatiques qui ont suivi ces raids. Bien-sûr, les Etats-Unis ont très vite laissé entendre qu’ils n’ont pas été avertis avant les raids en question, mais la déclaration du président Obama précédant de quelques heures ces raids, suivant laquelle Israël a le droit de se défendre contre tout risque de voir des armes « chimiques » et/ou « stratégiques »  syriennes tomber entre les mains d’organisations « terroristes » comme le Hezbollah, peut être interprétée par les Israéliens comme un encouragement tacite.

L’appel à la retenue et à éviter tout risque d’extension régionale du conflit syrien lancé par les grandes puissances, à la suite du secrétaire général de l’Onu, pourrait quant à lui être interprété comme le signe que pareille extension du conflit demeure pour l’heure une option que personne ne souhaite, même si les raisons des uns et des autres ne coïncident pas nécessairement.

Il est normal que dans sa propagande de guerre, le régime syrien assimile trop facilement ces raids israéliens à une opération visant à influencer directement le rapport des forces sur le terrain en faveur de l’opposition armée. Mais dans des messages envoyés via des canaux diplomatiques, il semble bien que le gouvernement israélien ait tenu à rappeler au régime de Bachar Al Assad que ce dernier n’est pas visé par les raids israéliens, et que si Israël a tenu à détruire ce qu’il estime être une cargaison de missiles iraniens « Al Fateh 110 » destinés au Hezbollah libanais, il n’en reste pas moins attaché à la « neutralité » dont il a fait jusqu’ici preuve, tout au long d’un conflit qui dure depuis deux ans, conflit dont Israël attend avec perfidie l’autodestruction programmée d’un pays qu’il n’aurait plus à redouter militairement durant au moins deux décennies.

Ces assurances ont-elles suffi au régime syrien et peuvent-elles expliquer l’absence de riposte à des raids qui ont violé la souveraineté de la Syrie et fait quelque 300 morts dans les rangs de l’armée syrienne ?  En se montrant aussi passif, même s’il a déclaré qu’il se réserve le droit de riposter à cette agression caractérisée en temps et en lieu opportuns, le régime syrien a peut-être raté l’occasion de mettre politiquement en difficulté ses adversaires armés, dont la rhétorique islamiste n’a rien à envier à sa propre rhétorique nationaliste.

D’un autre côté, s’il est persuadé qu’Israël redoute plus que tout autre acteur stratégique régional ou international l’arrivée au pouvoir d’une coalition islamiste hostile et s’il compte un peu sur le retournement diplomatique des puissances occidentales qui commencent à adopter les inquiétudes et la stratégie israéliennes, le régime syrien a peut-être réagi avec une intelligence incontestable, sachant qu’un conflit direct avec Israël lui serait fatal dans les conditions actuelles.

Si le régime syrien n’est pas tombé dans la provocation israélienne, il n’en demeure pas moins que ces raids israéliens sont venus rappeler à l’opinion publique arabe qu’Israël est capable d’envoyer ses avions bombarder des cibles situées à la périphérie de la capitale d’un Etat arabe sans risquer plus que quelques hypocrites déclarations diplomatiques sans lendemain.

Pire, si certains représentants de l’ASL ont malicieusement rappelé l’impuissance de l’armée nationale syrienne à protéger l’intégrité territoriale et ont imputé la facilité avec laquelle l’aviation israélienne a mené ses raids au fait que le régime syrien concentre ses moyens de défense dans la capitale et les villes de l’intérieur, au lieu de les employer à protéger les frontières, d’autres n’ont pas hésité à exulter devant ce qu’ils considèrent comme un coup porté au régime de Bachar Al Assad, alors que c’est le pays qui est agressé et humilié. Pire, de prétendus prédicateurs salafistes n’ont pas hésité à applaudir à ces raids dans des prêches obscènes, qui renseignent sur le degré de bassesse morale et politique auquel certaines composantes du salafisme jihadiste sont descendues.

Mais quels que soient les véritables mobiles de cette agression israélienne, elle vient rappeler à la communauté internationale que les risques d’une extension régionale d’un conflit dramatique, qui a déjà fait plus de 70 000 victimes, 5 millions de déplacés à l’intérieur et 2 millions de réfugiés à l’extérieur des frontières, sont plus que jamais présents avec toutes les conséquences que cela suppose sur la stabilité et la paix d’une région que les contradictions internes et les interférences externes ont transformée en une véritable poudrière.

Il ne fait aucun doute qu’en lançant ses chasseurs-bombardiers sur les objectifs syriens jugés « sensibles », Israël était quasi-sûr que le régime syrien ne ferait rien qui puisse déclencher une guerre qui serait synonyme d’une extension régionale du conflit, pour la raison simple que ce régime tient avant tout à sa propre pérennité. Mais les risques de l’extension régionale du conflit ne sont pas pour autant écartés. En effet, ces risques ne se rapportent pas tant à la posture que pourrait prendre le gouvernement israélien qu’à l’aventurisme dont font preuve,  à des degrés divers, les puissances régionales et internationales plus ou moins impliquées dans le conflit.

En poussant à la militarisation de la contestation du régime syrien qui était au départ pacifique, les acteurs régionaux et internationaux, qui ont faussé la nature de cette contestation, n’ont pas seulement répondu comme ils le prétendent à l’appel de l’opposition. D’un autre côté, la facilité avec laquelle les principales composantes de cette dernière se sont converties à la  subversion armée ne s’explique pas seulement par le caractère répressif du régime syrien. Opposition syrienne armée et puissances étrangères sont entrées dans un jeu qui risque de les dépasser, comme l’illustrent de nombreux indices, dont l’intrusion sur la scène syrienne d’acteurs proches de la mouvance d’Al Qaida, qui étaient jusqu’ici actifs en Irak, n’est pas le moindre.

C’est ce qui explique l’extrême prudence israélienne mais aussi le fait que l’activisme politico-militaire de nombreux acteurs régionaux et internationaux ait subitement laissé place à une certaine méfiance qui se dirige vers un soutien sélectif à certaines composantes de l’opposition armée, à l’exclusion d’autres. Le front « Al Nosra » a même été classé par les USA comme organisation terroriste et se voit, de ce fait, exclu des programmes de soutien financés par les puissances atlantiques et leurs alliés du Golfe.

Les germes d’une extension régionale du conflit

Mais outre la militarisation de la contestation qui risquait dans le contexte syrien de favoriser l’intrusion d’acteurs plus ou moins indésirables, il existe un autre facteur géopolitique autrement plus grave qui va dans le sens de l’extension régionale du conflit à plus ou moins brève échéance. Il s’agit de la tendance à la confessionnalisation d’un conflit qui avait au départ un caractère politique. Même si les mobiles des différents acteurs stratégiques ne sont pas similaires, le fait que, pour une raison ou une autre, les protagonistes ont essayé à travers le régime syrien d’abattre ce qu’ils considèrent comme le principal allié régional de l’Iran, constitue en soi un facteur qui porte en lui les germes d’une extension régionale du conflit.

A son corps défendant, l’opposition armée syrienne se trouve transformée en acteur stratégique régional mais sans réel contrôle sur son propre destin, tant la guerre qu’elle mène sur le terrain dépend du soutien politique, financier et logistique de puissances régionales et internationales qui l’instrumentalisent désormais dans une guerre qui n’est plus vraiment syro-syrienne depuis longtemps.

Les autres acteurs régionaux visés - à savoir l’Iran, l’Irak sous domination chiite, et le Hezbollah l’ont bien compris et ont réagi de la manière la plus attendue. Chacun est entré dans un soutien plus ou moins déclaré au régime syrien. Si l’Irak actuel n’a guère les moyens de soutenir directement le régime syrien, se contentant de l’appuyer diplomatiquement au sein de la Ligue arabe et d’essayer d’empêcher l’infiltration des combattants sunnites irakiens en territoire syrien au même moment où il laisse entrer essence et armes iraniennes, l’Iran ne cache pas son soutien direct à Damas.

Même si aucune preuve n’a été fournie sur l’implication directe du Hezbollah aux côtés de l’armée nationale syrienne, on imagine bien qu’il ne reste pas inactif, au moment où ses adversaires à l’intérieur du Liban ne se gênent pas pour apporter une aide militaire aux différentes factions armées syriennes qui combattent le régime d’Assad.

Même si elles redoutent le retournement des factions djihadistes radicales qui gravitent autour d’al Qaida et se méfient des groupes activant au nord qui sont généralement infiltrés par les services turcs, les pétromonarchies du Golfe sont engagées dans une véritable guerre indirecte contre l’Iran, via le soutien financier et logistique qu’elles accordent à l’ASL et à d’autres factions présentes au sud et à l’est, et qui utilisent généralement le territoire jordanien comme une base arrière.

Si les facteurs belligènes ne sont pas neutralisés à temps, il est fort à craindre que le conflit syrien ne dérape vers un conflit régional de plus grande envergure. Si une guerre saoudo-iranienne directe est peu probable, même si elle n’est pas à exclure dans l’absolu, rien ne pourrait empêcher une guerre indirecte entre une Syrie tombée entre les mains d’une coalition « sunnite » et un Irak sous domination « chiite ». Le réarmement actuel de l’Irak, y compris par le recours à la piste russe, est un indice qui ne trompe pas. Ce serait tout simplement une guerre saoudo-iranienne par procuration.

Cette guerre, qui pourrait arranger bien des intérêts régionaux et internationaux, ressemblerait à une sorte de réédition de la guerre irako-iranienne des années 80. Les usines d’armements occidentales et russes vont pouvoir tourner à plein régime. Entre-temps, cette guerre ferait sans doute des centaines de milliers de victimes, voire des millions, si elle durait dans le temps. Mais cette guerre aurait également un autre théâtre régional, géographiquement plus limité mais qui ne serait pas moins dramatique, c’est le Liban qui risque à son tour d’être nouvellement martyrisé sous le regard intéressé de l’acteur stratégique régional- Israël- qui n’a pas fini de rêver de voir ce petit peuple intelligent, laborieux et courageux, qui a su redonner aux Arabes leur fierté perdue, plonger dans une nouvelle guerre fratricide.

La guerre n’est pas une fatalité

La perspective de voir la région plonger dans une guerre régionale aux conséquences incalculables n’est pas une fatalité. Si les contradictions géopolitiques belligènes sont fortes et si des puissances étrangères n’hésiteront pas à favoriser ce cours, si elles y trouvent intérêt, rien ne dit que les acteurs régionaux tomberont aussi facilement dans ce jeu perfide. Contre toute attente, l’Arabie saoudite vient d’emboiter le pas des Etats arabes qui ont condamné les raids israéliens – L’Egypte, le Liban et l’Algérie- C’est peut-être un signe qui montre qu’autour du roi Abdallah, il existe encore des forces qui ne sont pas complètement aveuglées par le confessionnalisme anti-chiite qui tient lieu de boussole géopolitique à la famille régnante, dans ce pays arabe qui compte énormément par sa force de frappe financière.

Le fait que les principaux théologiens du royaume aient promulgué des fetwas contre l’engagement des jeunes saoudiens au sein de l’opposition armée syrienne, même s’ils continuent en même temps de rappeler le prétendu devoir religieux de soutenir moralement et financièrement les « moudjahidines » qui combattent le régime syrien, est un signe qui atteste que le régime saoudien a compris un peu tard que la politique de pyromane risque de l’atteindre s’il laissait ses fonds et ses armements tomber entre les mains de groupes incontrôlés.

Même si elle ne dépasse guère les  petits calculs d’apothicaire et même si elle risque d’être sans lendemain, tant que le petit émirat du Qatar continuera de mettre ses fabuleuses richesses au service d’un leadership régional surdimensionné et propice aux manipulations étrangères, la prudence saoudienne a néanmoins contribué à donner un petit crédit diplomatique aux efforts déployés par l’Egypte, en vue de trouver un difficile équilibre entre son refus de toute ingérence étrangère en Syrie et son soutien à la lutte du peuple syrien contre la dictature et pour le changement démocratique.

Bien entendu, l’Egypte, qui doit faire face aux conséquences conjuguées de sa crise politique interne, de son asphyxie financière et des pressions des puissances étrangères qui redoutent qu’elle renoue avec son indépendance nationale et son statut géopolitique régional, a peu de chances de faire entendre sa voix dans le vacarme régional des explosions qui secouent l’Irak et la Syrie. Ni la démographie, ni la culture ne sauraient malheureusement transcender le mur du son érigé par les tonnes de pétrodollars que les monarchies du Golfe déversent annuellement sur la région.

Les quelques milliards de dollars que l’Arabie saoudite et le Qatar ont prêtés à l’Egypte lui ont sans doute donné un ballon d’oxygène inespéré, mais ils ne lui permettent guère de retrouver la santé économique qui seule pourrait favoriser son retour sur la scène géopolitique régionale. Et pourtant le récent rapprochement entre l’Egypte et l’Iran, que plus d’une  puissance cherche à torpiller, constitue une des clés permettant d’envisager pour la région un avenir autre que les sombres perspectives que lui préparent des centres d’intérêts, qui se nourrissent tels des vampires du sang des peuples.

Si la Turquie pouvait se ressaisir et reconsidérer au mieux ses intérêts stratégiques dans le conflit syrien, pour trouver avec les autres puissances régionales concernées  une solution politique qui épargne à la Syrie et à la région les affres d’une guerre qui n’a que trop duré, tout le monde pourrait à court terme s’y retrouver, même si les contradictions souterraines qui travaillent la région appelleront, un jour ou l’autre, des solutions plus radicales pour venir à bout des injustices que l’histoire coloniale et postcoloniale a semées durant des décennies.

Nul doute que les forces qui n’hésitent pas à investir dans les divisions ethniques et confessionnelles et dans les peurs réelles ou inventées des uns et des autres pour faire passer leurs intérêts, quitte à provoquer des conflits incontrôlables, vont redoubler d’efforts pour torpiller tout effort diplomatique et politique allant dans le sens d’une résolution pacifique des différends qui opposent les protagonistes internes et régionaux, tant l’apaisement des fronts intérieurs risque de focaliser l’attention des sociétés et des Etats sur les véritables enjeux sociaux, politiques, stratégiques et technologiques qui sont aujourd’hui parasités par les campagnes pseudo-démocratiques et pseudo-humanitaires de l’Empire dans la région.

La facilité avec laquelle les avions israéliens ont violé l’espace aérien syrien est un avertissement pour tous les acteurs régionaux qui tiennent encore à leur indépendance relative et qui sont appelés à reconsidérer plus sérieusement les enjeux technologiques des conflits du futur, dans lesquels la guerre électronique jouera un rôle capital, enjeux qui ne sauraient être pris en charge sans une véritable révolution scientifique et technologique portée par de nouvelles élites authentiques et modernes, alliées à un puissant mouvement populaire, seul garant d’un front intérieur solide contre toutes les menaces extérieures.  

L’inconnue égyptienne

A cet égard, les pressions sur l’Arabie Saoudite et le Qatar vont se faire plus fortes que jamais, en vue de les empêcher de soutenir de manière plus conséquente l’Egypte tant cette dernière puissance reste la clé de tout changement véritable de l’équilibre géopolitique dans la région. Le chantage financier des pétromonarchies du Golfe arrivera-t-il à sa principale fin géopolitique recherchée, à savoir le sabotage du rapprochement égypto-iranien ? La réponse à cette question conditionnera jusqu’à un certain point le futur proche de la région.

L’Arabie saoudite ne rompra pas si aisément avec ses constantes diplomatiques. Mais rien ne dit qu’elle choisira l’aventure non plus. Pour se prémunir sérieusement contre l’hégémonisme supposé du bouillant voisin iranien, l’Arabie saoudite peut aussi bien s’enfoncer dans la dépendance quasi-coloniale à l’égard du puissant mais encombrant protecteur américain, avec tous les risques stratégiques et politiques encourus à terme, que choisir l’alliance stratégique avec une Egypte qui pourrait devenir un arbitre régional crédible sans inquiéter outre mesure les intérêts de la puissance américaine dans la région.

Dans cette course vers la réappropriation d’un statut géopolitique régional perdu mais qu’elle mérite amplement au regard de sa géographie et de son histoire, l’Egypte butte aujourd’hui dramatiquement sur le maudit nerf de la guerre qu’est l’argent. Pourtant, les pays arabes qui ont les moyens de la soutenir pourraient en engranger d’énormes dividendes géopolitiques, s’ils arrivaient à transcender les politiques de courte vue qui leur servent de boussole diplomatique.

Ce n’est pas en contribuant à financer l’industrie d’armement américaine et européenne et en entassant inutilement des équipements onéreux, mais downgradés sur leur sol, que l’Arabie saoudite et les EAU réussiront à garantir leur sécurité, surtout que les perspectives du conflit syrien n’augurent rien de bon pour la région si une solution politique garantissant l’indépendance, l’unité et la liberté du peuple syrien n’est pas trouvée en dehors des manœuvres de déstabilisation orchestrées de l’extérieur.

La prolongation criminelle du conflit syrien et les risques de son extension régionale sont aujourd’hui directement liés à la paralysie dans laquelle se trouve l’Egypte. Une paralysie qui est sans doute encouragée par les grandes puissances mais qui est due également aux difficultés de la transition égyptienne. Les velléités hégémoniques des Frères Musulmans ne contrarient pas seulement aujourd’hui la transition démocratique en Egypte.

Elles constituent également un facteur aggravant la méfiance de certains voisins qui craignent la dynamique d’exportation de la révolution égyptienne, comme l’illustre la crise diplomatique larvée avec les EAU, suite à la découverte et au démantèlement d’un groupe activiste islamiste soupçonné d’avoir des ramifications égyptiennes. Plus que jamais la construction d’un nouvel équilibre géopolitique régional favorable à la paix dépend cruellement de la capacité de l’Egypte à retrouver sa stabilité politique et institutionnelle.

Si les luttes pour le pouvoir ne peuvent que parasiter les véritables enjeux, les défis externes peuvent contribuer à un sursaut national salvateur et à remettre à l’ordre du jour des batailles politiques autrement plus décisives, comme l’a montré clairement le consensus retrouvé entre toutes les forces politiques égyptiennes au pouvoir et dans l’opposition face aux raids israéliens sur Damas.

Il a fallu qu’Israël vienne rappeler à ceux qui s’entredéchirent pour le pouvoir que des choses autrement plus importantes, comme l’intégrité et la sécurité nationales, sont en jeu. Puissent tous les protagonistes du conflit syrien, qui ont encore quelque chose de syrien dans l’âme, se ressaisir et se hisser au niveau des défis posés aussi bien par la politique belliciste israélienne que par la tragédie que vit au quotidien le peuple syrien…

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Commentaires

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Easy
-81 points

Je crois à titre personnel qu'israel, par ces raids, a essayé d'aider le régime syrien. Chaque fois que les puissances occidentales tendent à lever l'embargo sur les armes sophistiqués destinés à l'armée syrienne libre ou entendent imposer une zone d'exclusion aeerienne en syrie, l'armée israelienne intervient pour atténuer les pressions sur le régime de Bachar sachant que depuis la transformation de la révolution en lutte armée les dirigeants israeliens ont toujours exercé des pressions sur l'europe et sur les états unis pour que l'embargo sur les armes sophistiqués ne soit pas levés, donc je suis d'accord avec Bensaada sur le fait qu'israel chreche à prolonger le conflit pour que la syrie soit détruite totalement et que même si la révolution triomphe un jour les syriens héritent un pays trés en difficulté.

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jboudrani
4 points

ces djihadistes font la guerre par procuration en lieu et place d'israêl.

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Abdelmadjid
-37 points

La situation en Syrie peut se résumer en quelques lignes.
L'Occident, a décidé d'imposer Israël, définitivement, dans la région, et les seuls régimes qui agréent cette décision irrévocable des USA et de ses alliés européens, sont bien entendu, l'Arabie Saoudite, Qatar, et leur allié stratégique, Israël.
Après l'expérience, voire l'enlisement US, en Irak, et l'inanité des sanctions contre la République islamique d'Iran, à propos du "nucléaire", pour ne pas dire, en réalité les sanctions pour son indéfectible soutien, à la cause palestinienne, et en particulier au HAMAS, les USA, ont ordonné à son allié turc, et à ses valets du Golfe et de la péninsule arabique, de se préparer à une guerre "éclair" contre la R.I. d'Iran, à mener de concert entre émirs du Golfe, l'Arabie et Israël, unis sous le parapluie US.
Les chouyoukhs de palais, d'Arabie et d'ALJazeera, ont été mobilisés pour sonner l'hallali contre Bachar, alors que c'est la nation syrienne qu'ils veulent dépecer en émirats wahabis

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Liliane Bénard
-309 points

Cet article est remarquable. Il invite les commentateurs à la réflexion.
Je n'entends rien en géopolitique mais Bensaada conclut d'une manière probante. Quelles sont les véritables victimes des guerres et qui oublie les intérêts des industries d'armements ? Détruire la Syrie n'apportera rien au peuple syrien qui demande qu'une dictature cesse sans se soumettre à d'autres diktats qu'ils soient israéliens ou soumis à d'autres empires.

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baraa
419 points

Mais les manifestations pacifiques n'étaient qu'un écran de fumée derrière un plan visant à généraliser les guerres et à démanteler les Etats arabes indépendants de Washington et de Tel Aviv. Dès avant les manifestations en Syrie, on sait que des groupes armés et des caches d'armes étaient prêtes. Il fallait que la Syrie tombe dans une guerre destructrice. Aujourd'hui, la question n'est plus celle du régime syrien mais celle de la défense de l'Etat syrien en soi. Ce qui explique pourquoi toute une série d'opposants patriotes ont rallié la cause de l'Etat, quelque soient leur avis sur les dirigeants actuels de cet Etat. Dans une barricade il n'y a jamais trois côtés mais deux, et il faut choisir la meilleure ou la moins mauvaise solution. Les opposants qui n'ont pas su jouer en souplesse ont une responsabilité dans ce désastre. Aujourd'hui la seule solution c'est la négociation sous condition de non ingérence étrangère.

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yukof
284 points

Courage aux moudjahidine qui se battent pour proteger leurs familles , chaque jour ces derniers gagnent du terrain Grace a Allah et que les négationnistes des massacres en syrie soit maudit .

Assad est fini que vous le vouliez ou non , il est obliger de recruter des femmes , des iraniens et des membres du Hezbollah pour faire survivre son armée d'Alouites .
10 % d'alouites ne contrôleront plus jamais un pays de 70 % de sunnites cela parait évident .

Et arreter avec vos délires de complot , les néo-conservateurs pro-sionistes sont tous anti-révolutionnaires .(le site néo-conservateur dreuz infos ne fait que d'établir des mensonges contre l'ASL et ses combattants) .

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chb
-15 points

Le gouvernement israélien a-t-il intérêt à promouvoir la stabilité, ou plutôt à se créer des ennemis finalement contrôlables ? Rien de tel qu'une vengeance pour avancer : c'est toute l'utilité de ses provocations. Ainsi, c'est suite aux intifadas et pauvres petites roquettes de Gaza qu'il a croqué le plus de territoires.
Quant à son vieil ennemi Hamas, il mange maintenant dans sa main grâce au Qatar...
La Syrie, en ne répondant pas aux récentes provocations, a gagné des points. Même la Ligue arabe a dû condamner les raids, et Kerry a été obligé de repenser aux négociations sur la base de Genève !

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chb
-15 points

Introuvable sur Google actualités, cette information pourtant importante :
Le Parti communiste israélien a condamné l’attaque israélienne de la Syrie en déclarant : « Nous condamnons cette atteinte injustifiable à la souveraineté de la Syrie ». « Le gouvernement Netanyahu prouve qu’il n’a tiré aucune leçon de l’histoire, la sécurité ne peut pas provenir d’un état de guerre. Le Parti communiste d’Israël et le Hadash (Front démocratique pour la paix et l’égalité) condamnent les frappes aériennes et appellent à la fin immédiate de l’escalade militaire. Le PCI et le Hadash mettent en garde contre un engrenage qui conduirait à une guerre régionale ».

A propos de provocation, l'affaire des armes chimiques (que Carla del Ponté a courageusement éventée) évoque tellement les ADM introuvables de l'Irak ! Ce pays a été renvoyé au Moyen-Âge, alors méfie-toi, al Assad...

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Waglioni
-1249 points

D’accord avec Liliane, cet article est remarquable dans son analyse de la situation syrienne et de son développement.
On aurait tort de croire ces âmes damnées des US-EU et leurs alliées quand elles disent vouloir exclure le front Al Nosra de tout soutien financier. Car alors si personne ne soutient cette organisation, comment se maintient-elle comme la plus forte sur le terrain de la terreur sponsorisée ? Se pourrait-il, que le double-jeu des puissances qui sont parties-prenantes, fasse que l’on condamne d’un côté, mais que l’on soutienne de l’autre ? Et jusqu’à quel point, ce point de retour espéré à une certaine normalité favorable aux intérêts des sponsors ? Et alors d’exterminer ces terroristes, comme le furent en leur temps les anarchistes de la Guerre d’Espagne, s’il est permis de penser à ces soldats perdus d’avance comme à de teks avatars. Mais ils ont de puissants moyens de riposte contre leurs sponsors, comme on le voit dans le récent attentat en territoire turc.

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Waglioni
-1249 points

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Mais surtout, la seule question, essentielle : le principe de non-ingérence, un des pilier du droit international, totalement bafoué par la coalition des puissances "démocratiques" (dont le Saoud et le Qatar !), et défendu par la Russie, la Chine et l’Iran. On est en pleine confusion, non plus seulement mentale, mais éthique, et le renversement des rôles est particulièrement savoureux, puisque ce sont les états que l’Ouest catalogue comme non-démocratiques, qui sont les défenseurs des principes du droit des peuples et de leur souveraineté, tandis que l’Ouest (mais alors carrément à l’Ouest et en bonne compagnie !) bafoue ces mêmes principes.
L’affaire syrienne n’est qu’un des symptômes de l’abandon complet des valeurs par ce camp de l’Ouest : Obama avec son Guantanamo, ses assassinats par drone et les dégâts collatéraux qui vont avec, est un autre symptôme, et ce n’est pas le plus rassurant : ses tours et ses passes de magnétiseur n’ont même plus d’effet sur les petites filles.

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Easy
-81 points

@ Waglioni,

Le peuple syrien durant les premiers mois de la révolte affrontait des balles réelles avec des poitrines découvertes, tout le monde a vu cela dans les vidéos amateurs, le régime syrien avait d'ailleurs interdit à la presse internationale d'acceder au territoire syrien, ceux qui ont pu y pénétrer clandestinement ont vérifié les faits, ensuite devant l'immobilisme internationale et aprés que plusieurs milliers d'officiers et militaires syriens ont déserté l'armée et crée l'armée syrienne libre, la communauté internationale a refusé de leur livrer des armes sophitiqués, nottament des batteries anti-aeriennes, tout en fermant les yeux sur le passage des combattants étrangers(dont Annosra), les membres de l'ASL ont fait donc avec les moyens du bord et recu aussi des aides modestes qui leur ont permis d'attaquer des bases militaires et de s'emparer de materiel militaire, donc il y'avait à la base une volonté d'affaiblir la révolution et d'utilser le djihadisme comme épouvantail.

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michel75200
-1710 points

Waglioni,

"le principe de non-ingérence, un des piliers du droit international, totalement bafoué par la coalition des puissances "démocratiques" (dont le Saoud et le Qatar !), et défendu par la Russie, la Chine et l’Iran."

Si le sort du peuple syrien n'était pas en jeu (avec peut-être 100 000 morts, des millions de déplacés à l'intérieur et à l'extérieur, des milliers de prisonniers torturés, etc.), un tel paradoxe serait drôle, en effet. Mais est-il vrai ?

La Russie n'intervient pas en Syrie ? Sans ses fournitures massives d'hélicoptères de combat, d'armes et de munitions, le régime aurait déjà été balayé. Ah oui, elle le fait à la demande du gouvernement officiel. Exactement comme Hitler et Mussolini envers Franco durant la guerre d'Espagne. Ce n'est donc pas de l'ingérence, ça ?
Mieux encore:
L'Iran n'intervient pas en Syrie ? Que font donc les combattants du Hezbollah - organisation financée et armée par l'Iran - aux côtés des soldats de Bachar Al Hassad... du tourisme ?

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Waglioni
-1249 points

le fil de discussion était d’un certain niveau, celui de l’article dominant le tout, et inévitablement viennent les interventions inutiles, répétition de pauvres narrations de propagande, du genre : « l’abominable Assad persécute son peuple et les attentats qui se produisent sont de son fait, les vertueuses puissances occidentales ne font que soutenir les justes revendications des syriens contre cet Assad qui ne mérite pas d’être sur Terre (magister sionistissimus Fabius dixit) ! »
Il y a pourtant une évidence à la volonté de destruction de la Syrie pour élargir le glacis aux fenêtres des voyous de l’entité de l’Israël, ce bras surarmé de la coalition des forces de destruction, mais non, rien n’y fait, il y encore des gens pour succomber aux effets du magnétiseur :
to the left, to the right, let me hypnotize you !

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chb
-15 points

En admettant avec Michel 7520 que l'Iran et la Russie font de l'ingérence en fournissant des armes, (Tiens, il serait croquignolet d'interdire la vente d'armes à tout état étranger ! ) cela n'autorise pas "les démocraties" à aider à un coup d'état via mercenaires terroristes.
Nos télés parlent seulement des exactions attribuées au régime, souvent sans preuve d'ailleurs, mais ont une timidité de violette sur les bilans de notre «solidarité avec le peuple» en Irak, en Libye etc. On voit que seule la propagande nous fait avaler une autre couleuvre des va-t-en-guerre.
Les massacres pas si anciens de la France en Afrique, des USA au Vietnam et ailleurs, ne qualifient pas l'occident pour faire la pluie (de bombes) et le beau temps (des multinationales). Quant aux pétrodictatures, leur étiquette « islam » en fait-elle des parangons des droits de l'homme ?
Un article intéressant (pas pro Bachar) : http://blog.lefigaro.fr/malbrunot/2013/05/le-spectaculaire-revirement-fr...

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Easy
-81 points

@ Chb, vous dites, Nos télés parlent seulement des exactions attribuées au régime, souvent sans preuve d'ailleurs...

Donatella Rovera, principale conseillère d'Amnesty International pour les situations de crise, s'est rendue dans 23 villes et villages des gouvernorats d'Alep et d'Idlib, au coeur des zones où les forces gouvernementales syriennes ont lancé en mars et en avril de l'année dernière des offensives de grande ampleur. Elle en revient avec un rapport de 70 pages, dans lequel elle accuse les forces de sécurité syriennes de crimes contre l'humanité, voici son reportage sur la situation dans ces régions :

http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=0nm0MDJQMoQ

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michel75200
-1710 points

@ chb,

"En admettant avec Michel7520 que l'Iran et la Russie font de l'ingérence en fournissant des armes [..] cela n'autorise pas "les démocraties" à aider à un coup d'état via mercenaires terroristes."

Votre raisonnement serait convaincant s'il ne gommait pas certains faits.

1) Vous avez transformé mon propos. L'Iran n'as pas les moyens de fournir des armes à Assad, alors il lui procure des instructeurs, bien utiles à l'armée qui n'avait aucune expérience dans la contre-guérilla en zone urbaine (une forme de TERRORISME d'Etat, comme l'a montré la bataille d'Alger). Autant le Hezbollah est légitime au sud-Liban autant, en Syrie, c'est une force étrangère, qui intervient au service du régime et espère bien être un jour payée de retour, donc MERCENAIRE.

2) Les manifestants ne voulaient au début ni violence, ni armes, ni coup d'Etat, ni djihadistes, ni intervention occidentale. Une répression sans limite les y a acculés. Assad est seul responsable de cette dérive.
(à suivre)

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michel75200
-1710 points

(suite et fin)
3) Dans de telles conditions, aucune puissance n'a hésité à jouer sa partie afin de tirer, autant que possible, les marrons du feu.

La Chine, la Russie et l'Iran, exactement comme les autres, font des calculs géostratégiques à court et long termes. Pour la Russie, la Syrie est son seul grand port de guerre sur les côtes de la Méditerranée. Pour l'Iran, c'est l'intermédiaire indispensable entre lui et son bras armé au Liban, le Hezbollah. Pour la Chine, c'est un affrontement par procuration avec l'Occident.

En quoi ces jeux d'intérêts sont-ils moins cyniques que ceux des autres nations ? Surtout quand les "victimes collatérales" sont le peuple syrien dans sa grande majorité. Bachar Al Assad n'est-il pas en train de détruire son pays avec ses infrastructures, son potentiel économique et même militaire, la force et la cohésion de sa population, bref de réduire à néant son avenir exactement comme les USA l'ont fait en Irak ?
Que lui-même soit syrien n'est pas une excuse.

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chb
-15 points

À Michel 7520
Votre point 3 me semble être premier dans le déroulement des événements qui détruisent la Syrie. Au risque de passer pour conspirationniste, je rappellerais :
- la rhétorique bushienne de l'Axe du Mal, et celle des « printemps », contre une sélection restreinte de dictatures,
- le besoin d'affaiblir la Syrie pour croquer l'Iran,
- l'enjeu énergétique (valable pour les occidentaux comme pour la Russie),
- la propagande qui insiste sur l'aspect religieux du conflit s'agissant d'un état séculier (mais ça avait marché en Irak, alors pourquoi ne pas essayer là aussi?), et diabolise le pouvoir pour nous convaincre du bien fondé des sanctions, des aides aux rebelles etc.
- le Golan, bien sûr...
- le fait que la France un temps amie (de la Libye !) et de la Syrie a lancé ses attaques diplomatiques et autres dès après avoir intégré l'OTAN, alors que la Turquie trahissait sa voisine (je parle des gouvernements).
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chb
-15 points

(suite)
Point 2 . Les manifs pacifiques, je crois qu'elles ont été utilisées : les quelques morts du début ne sont pas clairement le seul fait de la répression, et les manifs pro Bachar avaient beaucoup de succès. Comme pour la Libye, il a eu du parti pris de nos medias qui « ne pouvaient pas enquêter sur place ». Pratique pour diffuser la pub de l'OSDH et de son « réseau d'opposants ». Pourquoi se battre contre le régime serait suffisant comme preuve d'objectivité ?
Quant au point 1, votre le choix et le mien divergent. Où est la juste description ? Pas chez Fabius la girouette, qui du coup éloigne la solution au chaos.

@ Easy : je n'ai pas confiance en D. Rovera, son ONG n'étant plus indépendante.

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Easy
-81 points

Si Al-asad était si populaire que ca pourquoi n'a t-il pas appelé à des éléctions législatives et présidentielles anticipées sous supervision internationale au lieu de tirer à balles réelles sur les manifestants pacifiques, bombarder les villes avec des avions de guerre et occuper son propre pays avec la force des armes ?

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Easy
-81 points

Si Al-asad était si populaire que ca pourquoi n'a t-il pas appelé à des éléctions législatives et présidentielles anticipées sous supervision internationale au lieu de tirer à balles réelles sur les manifestants pacifiques, bombarder les villes avec des avions de guerre et occuper son propre pays avec la force des armes ?

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chb
-15 points

@ Easy
Des élections, il y en a eu en Syrie, sur une nouvelle constitution et pour le parlement. Nous en avons peu entendu parler, parce qu'elles n'étaient pas cornaquées l'occident. Ce dernier, ennemi déclaré du régime, (il aurait été impartial ?) n'a pas entériné le résultat.
D'autres élections, les présidentielles, se tiendront en principe en 2014. Les "Amis de la Syrie" les reconnaîtront-elles, si le président qu'aura alors le CNS (ou ce qui remplacera le CNS à la légitimité "un peu faible") n'est pas élu ?
Anecdote sur la démocratie sponsorisée : on cite souvent, comme précédents au chaos syrien, l'Irak ou la Libye. Mais on a aussi vu, au Honduras, un président bien élu et populaire, puis viré avec l'aide... d'Obama (pas tué, coup de pot). La normalisation par les putschistes est encore en cours, c'est sanglant.
Quant aux bombes, d'où viennent celles qui tuent les civils syriens ? L'OSDH là-dessus n'est pas crédible.

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michel75200
-1710 points

@ chb,

Pour ma part, je me fie à des courriers envoyés par des Syriens chrétiens qui ont manifesté dès le début aux côtés de leurs concitoyens musulmans et témoigné de ce qu'ils voyaient et subissaient avec eux. Comme ces infos ont été corroborées par d'autres canaux, tels l'OSDH, à mes yeux cela a crédibilisé ces canaux.
En effet, je n'oublierai jamais que les premiers témoignages sur le Goulag russe ont été dénoncés comme des manipulations, qu'a été niée l'existence du Rapport secret communiqué le 24/02/1956 par Nikita Khrouchtchev au XXe congrès du PC d'US (le "pseudo-rapport Khrouchtchev" disait-on).

Mais j'ai compris que je ne vous convaincrai pas. Alors une seule question : si les soulèvements populaires étaient manipulés dès le début - voire suscités - par les pays occidentaux et leurs alliés, comment expliquez-vous qu'il y ait eu un soulèvement à Bahreïn ?
(je vous rappelle que la répression y est menée par des unités saoudiennes, formées par la Grande Bretagne et la France)

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chb
-15 points

Michel 7520, vous faites bien de mentionner Bahreïn, où la répression des manifestants (par l'état) est classiquement épaulée par les états amis. On se souvient de MAM proposant à la Tunisie «le savoir-faire, qui est reconnu dans le monde entier, de nos forces de sécurité [pour] des situations sécuritaires de ce type» !
Or, en Syrie, c'est soi disant pour aider ceux qui manifestaient (légitimement) contre la vie chère, la corruption, la répression etc. que nous déclarons la guerre au gouvernement syrien. Lequel se trouve combattre les mêmes « jihadistes » que l'on veut sortir du Sahel ?!
Qu'ont dit vos correspondants chrétiens quand Juppé annonçait qu'ils n'avaient pas vocation à rester chez eux ? Côté France, les octrois de visas ne sont pas généreux. Quel avenir (à la libyenne? à l'irakienne? à la Cro Magnon ?) envisagent-ils après Assad ? En général, les puissances ne s'engagent pas sans espérer un gâteau : quel part en restera pour le peuple ? Quelle paix dans 5 ans?

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chb
-15 points

Michel 7520, vous faites bien de mentionner Bahreïn, où la répression des manifestants (par l'état) est épaulée par les états amis. Classique. On se souvient de MAM proposant à la Tunisie «le savoir-faire, qui est reconnu dans le monde entier, de nos forces de sécurité [pour] des situations sécuritaires de ce type» !
Or, en Syrie, c'est soi disant pour aider ceux qui manifestaient (légitimement) contre la vie chère, la corruption, la répression etc. que nous menons la guerre au gouvernement syrien. Lequel combat... les mêmes « jihadistes » que l'on veut éliminer du Sahel ?!
Qu'ont dit vos correspondants chrétiens quand Juppé annonçait qu'ils n'avaient pas vocation à rester chez eux ? Côté France, l'octroi de visas n'est pas généreux. Quel avenir (à la libyenne? à l'irakienne? à la Cro Magnon ?) envisagent-ils après Assad ? En général, les puissances ne s'engagent pas sans espérer un gâteau : quel part en restera pour le peuple ? Quelle paix dans 5 ans?

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michel75200
-1710 points

@ chb,

1) Les chrétiens de Syrie n'utilisent pas les canaux clandestins de sortie du courrier à l'international pour commenter les propos d'un Juppé, tout ancien ministre des Affaires Etrangères qu'il soit.

2) Je vous ai posé une question simple, claire et précise :

"Si les soulèvements populaires étaient manipulés dès le début - voire suscités - par les pays occidentaux et leurs alliés, comment expliquez-vous qu'il y ait eu un soulèvement à Bahreïn ?"

Votre réplique est tout sauf une réponse à cette question. Pour moi, le débat s'arrête donc là.

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chb
-15 points

Michel7520, pourquoi un soulèvement à Bahreïn ? Parfois, des gens ont le sentiment d'être injustement traités. C'est cela qui peut (rarement) déclencher des protestations collectives, comme en Syrie il y a deux ans, comme à Bahreïn, comme dans les « printemps arabes » etc. Ou voulez-vous dire : pourquoi pas de soulèvement avant ? Bof.
Les répressions, et manipulations diverses, interfèrent toujours avec les jacqueries ou révolutions et influent sur leur issue. L'histoire connaît mille cas, dans un sens ou dans l'autre. En fait, le cours naturel d'une révolte n'existe pas, tant la variété des intérêts en jeu est grande (pardon d'enfoncer une porte ouverte). Les chutes des Somoza, Sankara, Pétain, Nicolas II, Saddam Hussein, Reza Pahlavi, Kadhafi, Zelaya etc. montrent une variété des implications, notamment étrangères.
Accessoirement, les complots me semblent consubstantiels à la vie des sociétés.
Au fait, je vous offre un scoop : la révolution de 1789 n'a pas été provoquée par la CIA.

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Easy
-81 points

Je n'ai aucune sympatie pour la monarchie du Bahrein, mais est ce que cette monarchie a utilisé des avions de guerre pour bombarder mosqués, hopitaux, boulangeries, écoles, stations d'essence comme c'est le cas du régime syrien, est ce qu'elle a assasiné des medecins, des infermiers, des journalistes, des militants politiques, est ce qu'elle a violé des femmes ? bien sûr que non, donc pourquoi faudra t-il défendre l'indéfendable, quant au scénario libyen, en quoi est t-il comparable avec le scénario irakien, l'otan n'a pas occupé militairement la libye, grace à la révolution, toute la population est armée aujourd'hui et a les moyens de se défendre contre toute agression étrangère, il y'a eu aussi un parlement élu démocratiquement, recemment les révolutionnaires ont exercé sur lui des pressions pour exlure les kaddafistes et les agents de l'otan des hautes fonctions, le peuple libyen a recu un soutien suffisant pour faire triompher sa cause ce qui n'est pas hélas le cas du peuple syrien

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Easy
-81 points

Je n'ai aucune sympatie pour la monarchie du Bahrein, mais est ce que cette monarchie a utilisé des avions de guerre pour bombarder mosqués, hopitaux, boulangeries, écoles, stations d'essence comme c'est le cas du régime syrien, est ce qu'elle a assasiné des medecins, des infermiers, des journalistes, des militants politiques, est ce qu'elle a violé des femmes ? bien sûr que non, donc pourquoi faudra t-il défendre l'indéfendable, quant au scénario libyen, en quoi est t-il comparable avec le scénario irakien, l'otan n'a pas occupé militairement la libye, grace à la révolution, toute la population est armée aujourd'hui et a les moyens de se défendre contre toute agression étrangère, il y'a eu aussi un parlement élu démocratiquement, recemment les révolutionnaires ont exercé sur lui des pressions pour exlure les kaddafistes et les agents de l'otan des hautes fonctions, le peuple libyen a recu un soutien suffisant pour faire triompher sa cause ce qui n'est pas hélas le cas du peuple syrien

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chb
-15 points

Easy, il y a encore besoin de preuves quant à la responsabilité des exactions que vous dénoncez.
L'Osdh, qui nous a fourni la plupart de nos « infos » depuis deux ans, milite pour la destitution d'al Assad. C'est son droit, mais cela aurait dû être pris en compte par les journalistes qui nous ont longtemps laissé ignorer les massacres et autres horreurs perpétrées au nom des « manifestants pacifiques ».

De son côté, le régime a besoin du soutien de la population pour survivre (son armée multiconfessionnelle est constituée de conscrits, et il semble qu'elle n'ait pas bombardé aussi aveuglément que vous le dites).
Croyez-vous par exemple qu'al Assad a utilisé des armes chimiques, ou commis un attentat en Turquie, alors que ses ennemis n'attendent que cela pour lancer l'ingérence « humanitaire » officielle qu'ils souhaitent ?
Les réactions sur place suite à la reconquête de son territoire par le gouvernement nous montreront qui est plus légitime en ce moment...