Samedi 20 September 2014
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Le calendrier lunaire à la lumière des données astronomiques

Le calendrier lunaire à la lumière des données astronomiques
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Le Prophète Muhammad (PBSL) n’a jamais incité les musulmans à rester illettrés. Au contraire, le premier passage coranique révélé au Prophète Muhammad (PBSL) met en valeur la plume comme outil d’écriture et du savoir.

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1. Introduction

Le calendrier lunaire fondé sur l’observation de la nouvelle lune est utilisé par les musulmans, essentiellement, pour déterminer les dates associées à certaines célébrations religieuses (le jeûne de Ramadan, les fêtes religieuses, le pèlerinage, etc..). Pour les autres activités c’est le calendrier grégorien qui s’est imposé, y compris dans les Etats musulmans. Les raisons à cela sont multiples : Certes la mondialisation, dans les échanges internationaux, a plus ou moins imposé certaines langues, monnaies, ou calendriers, mais cela n’explique pas tout.

Pour qu’un calendrier puisse permettre de situer les différents événements dans le temps et servir de moyen d’organisation et de planification des différentes activités, il doit pouvoir répondre à trois exigences:

1) Associer une date spécifique à chacun des jours d'une semaine, d'un mois ou d'une année donnée. Par exemple, nous avons besoin de savoir si le 1e chawal d’une année déterminée est un dimanche ou un autre jour de la semaine.

2) La correspondance entre les dates et les jours doit être univoque : à une date doit correspondre un seul jour.

3) Le calendrier doit être simple dans sa construction, dans son utilisation et à la portée des états et des communautés musulmanes.  Il doit servir à unir et à rassembler les musulmans et non à les diviser.

Il se trouve que, dans l’état actuel des choses, le calendrier lunaire basé sur l’observation mensuelle ne répond pas à ces exigences, contrairement au calendrier lunaire basé sur le calcul. C’est ce que nous espérons prouver dans ces quelques lignes, en s’inspirant des différents travaux réalisés sur le sujet et en priant le Très Miséricordieux de nous éclairer et de nous accorder Son Aide.

2. Observation visuelle ou calcul ?

De nombreux versets coraniques mentionnent que le soleil et la lune obéissent à des lois préétablies et incitent l’Homme à y chercher des signes de la grandeur de l’œuvre du Créateur. L’usage des différentes phases de la lune comme moyen pour se situer dans le temps est clairement mentionné dans le Saint Coran : « On t'interroge sur les nouvelles lunes. Dis-leur : Ce sont des moyens pour les hommes de mesurer le temps et de déterminer l'époque du pèlerinage. » (Coran 2.189), « C‘est Lui qui a fait du Soleil une clarté et de la lune une lumière, et Il en a déterminé les phases afin que vous sachiez le nombre des années et le calcul (du temps). Allah n’a créé cela qu’en toute vérité. Il expose les signes pour les gens doués du savoir » (Coran 10.5), «  Le nombre de mois, auprès d’Allah, est douze, dans la prescription d’Allah, le jour où Il créa les cieux et la terre... » (Coran 9.36).

La méthode pour déterminer les débuts des mois lunaires n’est pas explicitement exposée  dans le coran. Le verset coranique instaurant la prescription du jeûne du mois de Ramadan (9e mois lunaire) ne précise pas non plus cette méthode : «  Le mois de Ramadan est celui au cours duquel le Coran a été révélé pour guider les hommes dans la bonne direction et leur permettre de distinguer la Vérité de l'erreur. Quiconque parmi vous aura pris connaissance de ce mois devra commencer le jeûne… » (Coran 2.185). Ici, l’expression « aura pris connaissance » remplace le verbe arabe « Chahida » qui ne peut être assimilé au verbe « voir » comme le signale Ragheb Al Isphahani dans son dictionnaire des mots coraniques ([1]) et l’imam Fakhr Eddine Arrazi dans son livre de Tafssir ([2]).

En fait, l’observation de la nouvelle lune pour débuter le jeûne du mois de Ramadan trouve son origine dans les hadiths du Prophète Muhammad (PBSL) tel que: « Jeûnez lorsque vous le voyez (le premier croissant de lune) et cessez de jeûner lorsque vous le voyez, et s’il vous est caché par les nuages, déterminez-le. » (Recueil de Muslim), ou selon une variante : « Et s’il vous est caché par les nuages, complétez cha'ban (8e mois lunaire) en comptant trente jours (Recueil d’Al Bukhari).

Les opposants à l’usage du calcul s’appuient sur ce hadith pour affirmer que l’observation de la lune à l’œil nu est le moyen exclusif pour déterminer le début et la fin du mois de Ramadan. Les partisans du calcul, de leur côté, considère que le hadith n’indique pas cette exclusivité.

Un autre hadith est invoqué à la fois par les opposants et par les partisans du calcul: «  Nous sommes une nation illettrée. Nous n’écrivons pas et ne comptons pas. Les mois sont comme ceci et comme cela, c'est-à-dire 29 jours ou 30 jours » (Recueils de Muslim, et Al Bukhari ».

Pour les opposants, il s’agit là d’un rejet du calcul; les partisans y voient, au contraire, une incitation à recourir au calcul lorsque ce dernier est maîtrisé. C’est la situation du calcul et de l’écriture dans la péninsule arabique au VII siècle qui a conduit le Prophète Muhammad (PBSL) a proposer une règle simple, à la portée de tous, pour déterminer le début du mois ; et en vertu du principe de droit musulman selon lequel « une règle ne s’applique plus, si le facteur qui la justifie a cessé d’exister », la recommandation du Prophète ne s’applique plus aux musulmans, une fois qu’ils ont appris « à écrire et à compter » et ont cessé d’être « illettrés » (voir Qadi Ahmad Chakir[ 3]).

Le Prophète Muhammad (PBSL) n’a jamais incité les musulmans à rester illettrés. Au contraire, le premier passage coranique révélé au Prophète Muhammad (PBSL) met en valeur la plume comme outil d’écriture et du savoir : «  Lis et ton Seigneur Le Très généreux qui a enseigné avec le Calame ( plume), a enseigné à l’Homme ce qui ne savait pas » (Coran 96.3-5), et le hadith suivant : « Le jour de la résurrection, l’encre des savants et le sang des martyrs mis de part et d’autre sur une balance, c’est l’encre des savants qui l’emportera » ([ 4]), ne nécessite pas de commentaire !

A présent, examinons les trois exigences que doit satisfaire un calendrier, celles énumérées plus haut en introduction.

Concernant la première, personne ne peut contester que le « calendrier » basé sur l'observation de la nouvelle lune chaque 29e jour du mois lunaire au coucher du soleil, ne peut associer de date à des jours déterminés au-delà du mois en cours. Quant au calendrier basé sur le calcul, par définition même, il associe, à l’avance, des dates à tous les jours et ce pour de nombreuses années.

Concernant la deuxième, les faits montrent bien que les dates du « calendrier » sont associées à des jours différents dans différents Etats musulmans. Par exemple, la date «1er chawal 1426 » à laquelle est associée la célébration de l’Aïd El Fitr, lui correspond plusieurs jours : le mercredi 2 novembre 2005 dans 2 pays (Lybie, Nigéria) ; le jeudi 3 novembre dans 30 pays; le vendredi 4 novembre dans 13 pays et le samedi 5 novembre dans 1 pays (Inde). Cette situation, loin d’être exceptionnelle, est plutôt assez fréquente comme le montrent les travaux de de Nidhal Guessoum et Karim Meziane ([ 5 ]), Nidhal Guessoum, Mohamed el Atabi et Karim Meziane ([6]), Khalid Chraibi ([ 7 ]) et Mohammad Odeh ([ 8 ]).

Quant à la troisième exigence, l’observation mensuelle de la nouvelle lune a été longtemps un moyen de déterminer le début du mois lunaire. Ce moyen simple et efficace et à la portée de tous, nécessitait néanmoins un minimum d’expérience et d’habitude sur l’observation des astres comme il nécessitait un horizon bien dégagé et une bonne qualité de l’air. Ces exigences étaient justement satisfaites à l’époque du Prophète Muhammad (PBSL), alors que le calcul astronomique était quasiment inconnu chez les arabes de l’époque. Au fil du temps, l’expérience sur l’observation des astres est devenue de moins en moins acquise alors que le calcul astronomique devenait de plus en plus maîtrisé, si bien que dès le XIV-siècle, l’Imam Assoubki [ 9 ] (un des plus illustres imams de l’école chafi’ite) déclarait que toute observation considérée comme impossible par le calcul astronomique est religieusement non valide. De nos jours, à cause de la pollution, la qualité de l’air, notamment à proximité des grandes agglomérations, n’est plus ce qu’elle était dans le passé et l’observation de la lune est rendue difficile par l’intensité de l’éclairage industriel et le manque d’expérience et d’habitude chez les observateurs.

L’adoption des tables des heures des cinq prières rituelles qui sont basées sur le calcul n’a jamais suscité de débat ou d’opposition. Aujourd’hui, il ne viendrait à personne l’idée d’appeler les musulmans à vérifier à l’œil nu le lever de l’aube pour accomplir la prière du matin (Al Fajr), ou de vérifier le déclin du soleil à partir du zénith pour la prière de midi (Dohr), ou de mesurer l’ombre des objets pour s’assurer qu’elle est deux fois plus grande qu’eux-mêmes pour accomplir la prière de l’après-midi (Al‘Asr), ou d’observer le coucher du soleil pour la prière d’(Al Maghreb), ou encore de constater que le crépuscule a pris fin pour accomplir la prière de la nuit (Al ‘Icha). Les musulmans lorsqu’ils n’entendent pas l’appel à la prière du Muezzin, se remettent à leurs calendriers basées sur le calcul et vérifient l’heure sur leurs montres, comme le fait le Muezzin!

L’élaboration du calendrier lunaire étant du même ordre que l’usage des tables pour les prières rituelles, sa conformité avec les principes du droit musulman ne devrait donc pas être contestable.

Si l’on trouve un autre moyen apte à mieux réaliser le but recherché à savoir : jeuner le mois de Ramadan entier, si ce moyen est susceptible d’éviter l’erreur, l’imagination et le mensonge dans la détermination du début du mois; si ce moyen est devenu facile et ne pose pas de difficulté , s’il est à la portée de la communauté musulmane, maintenant qu’elle comporte de nombreux savants, astronomes, géologues, physiciens d’envergure internationale; si l’homme est désormais capable d’atteindre la lune, de s’y poser, d’y marcher et d’en ramener des échantillons de roches, et si de plus, ce moyen permet aux musulmans d’organiser et de planifier leurs activités à l’avance, pourquoi alors, nous en tiendrons-nous à un moyen, qui n’est pas une fin en soi ?

Cet autre moyen pourrait être obtenu en substituant le calcul astronomique à la méthode d'observation mensuelle de la nouvelle et en tenant compte du principe de « transfert de visibilité » consistant à accepter de débuter le mois partout dans le monde si le croissant est observable à n’importe quel endroit du globe un soir donné.

3. Règles de calcul

Le calcul astronomique peut nous donner l’heure exacte à quelques secondes près de la conjonction correspondant «  grossièrement » à l’instant où « la terre, la lune et le soleil » se trouvent « alignés », rendant la lune invisible à tout observateur quelque soit sa position sur la terre. Nous disons « grossièrement », car cet instant correspond plus exactement au moment où les centres de la terre, du soleil et de la lune se trouvent simultanément sur un plan perpendiculaire au plan écliptique. Après cet instant, la lune qui est en mouvement autour de la terre, quitte cette position et les lignes Terre-Lune et Terre-soleil forment alors un angle (Elongation) qui croit avec le temps, faisant ainsi accroitre, pour un observateur terrien, la possibilité de voir la lune à condition que celle-ci reste suffisamment au-dessus de l’horizon après le coucher du soleil.

Dès novembre 1978, la conférence internationale sur l’observation de la nouvelle lune (CHS) a réuni de nombreux pays musulmans à Istanbul en Turquie et le principe d’une règle permettant d’établir un calendrier « universel » basé sur le calcul, a été adopté. La Présidence des affaires religieuses de Turquie, qui assure depuis le secrétariat de la CHS a été chargée de faire une proposition. C’est dans ces termes que celle-ci a été faite : « Le mois lunaire est supposé commencer le soir où, quelque part sur Terre, le centre calculé de la nouvelle lune au coucher du soleil local est de plus de 5 ° au-dessus de l'horizon et l'élongation est de plus de 8 °» ([10]). Le calendrier qui en résulte est actuellement utilisé en Turquie et dans tous les pays à majorité musulmane de l’Europe (Bosnie, Kossovo, Albanie, Macédoine, etc.). Le Conseil Européen de la Fatwa et de la Recherche (CEFR) ([11]) basé à Dublin vient également de l’adopter. Les musulmans d’origine Turque vivant en Europe, s’y conforment également.

L'Arabie Saoudite utilise depuis plusieurs décennies, à des fins civiles et administratives, un calendrier annuel, basé sur le calcul, connu sous le nom du calendrier d'Umm al Qura, qui tient compte à la fois de la "conjonction" et des horaires de coucher du soleil et de la lune aux coordonnées de La Mecque, Cette règle qui a connu plusieurs phases dans son élaboration peut aujourd’hui s’énoncer comme suit : «  Le mois lunaire débute au soir du 29è jours du mois en cours, si la nouvelle lune observée à partir de La Mecque se couche après le coucher du soleil et si la conjonction s’est produite. Dans le cas contraire, le mois en cours aura une durée de 30 jours([12]).

En Indonésie, en Malaisie et à Brunei, la règle appliquée est la suivante : « Le mois lunaire débute après la conjonction, lorsque l'âge de la nouvelle lune est supérieur à 8 h, l'altitude < 2° et l'élongation > 3 ° » ([7]).

Le Conseil du Fiqh de l’Amérique du Nord (CFAN) basé aux Etats-Unis avait, a adopté dès 2006, la règle suivante: « Utilisant comme point de référence, la ligne de datation internationale (Greenwich Mean Time (GMT), le nouveau mois lunaire commencera, En Amérique du Nord, au coucher du soleil du jour où la conjonction se produit avant 12 : 00 GMT. Dans le cas contraire, le mois commencera au coucher du soleil du jour suivant» ([13]). Cette règle a été proposée dès 2004 par Jamal Eddine Abderrazik dans son livre intitulé « Calendrier Lunaire Islamique Unifié » ([14]). Abderrazik stipule qu’il faut accepter le principe de « transfert de visibilité », c’est à dire accepter de débuter le mois partout dans le monde si le croissant est observable à n’importe quel endroit du globe un soir donné. Il ajoute que si ce principe est accepté, ce calendrier s’accorde alors avec les observations du croissant dans 92 % des cas.

Dans un souci d’améliorer la concordance entre la date résultant du calcul et celle résultant d’une observation visuelle, Nidhal Guessoum a proposé un calendrier bi-zonal consistant à découper le Globe en deux zones, la zone « Ouest » correspondant au continent américain et la zone « EST » englobant le reste du monde. Cette règle s’énonce ainsi : « Le nouveau mois commence dans les deux zones si la conjonction se produit avant l’aube à La Mecque. Le nouveau mois commence dans la zone « ouest » pour être reporté dans la zone « Est » si la conjonction se produit entre l’aube à La Mecque et 12h00 GMT. » ([15]).

Ces règles et d’autres ont donné lieu à de nombreux logiciels : Ilyas A, Ilyas B, Shaukat, Yallop, Odeh, etc… ([8]).

A noter que les règles de calcul qui permettent l’élaboration des tables des heures de cinq prières rituelles sont de même nature et leurs différences donnent lieu à des tables d’heures de prières différentes notamment pour les deux prières du matin (Fajr) et de la nuit (‘Icha). L’harmonisation de ces tables, au sein d’un même pays, est une question qui mérite d’être également étudiée.

4. La situation en France

La méthode utilisée en France actuellement, alliant la concertation entre les composantes du Conseil Français du Culte Musulman (CFCM) et l’analyse des annonces effectuées par les différentes autorités du monde musulman ainsi que les données astronomiques, outre qu’elle portait essentiellement sur la détermination du début et de la fin du mois de ramadan, a montré ses limites sur le plan pratique.

Au-delà des difficultés posées par le caractère aléatoire des décisions de certains pays musulmans, amenant le CFCM à faire des arbitrages difficiles, l’idée même d’attendre la veille pour prendre connaissance de la décision du CFCM pose aujourd’hui des problèmes aux musulmans de France.

En effet, l’administration française demande au CFCM de lui transmettre les dates des fêtes musulmanes (Al fitr, Al Adha, et le Mawlid) afin qu’elles soient prises en compte pour la délivrance des autorisations d’absence. A cet effet, une circulaire est publiée au début de chaque année. Les établissements de l’enseignement s’y réfèrent également pour en tenir compte dans la programmation des examens et des évaluations.

Les salariés musulmans, ne connaissant pas à l’avance les dates des fêtes et souhaitant poser leurs jours de congés pour pouvoir les célébrer, rencontrent des difficultés.

L’organisation des prières communautaires à l’occasion des fêtes, nécessite souvent la réservation des salles ou gymnases pour deux jours successifs alors qu’elles ne seraient utilisées que pour une seule journée. Cela provoque la réticence des maires lorsque les salles sont communales et donne lieu à un surcoût de location non négligeable.

Les abattoirs qui veulent se mettre à la disposition des musulmans pour la fête du sacrifice ont besoin de connaitre les dates de cette fête plusieurs semaines à l’avance pour les prendre en compte dans l’organisation de leur activité.

C’est dire que la détermination des débuts des mois lunaires à l’avance éviterait aux musulmans de France de nombreuses difficultés. Les musulmans vivant dans des pays à majorité musulmane ne connaissent pas forcément ces difficultés de la même manière.

C’est pour cela, dès juin 2008, un groupe de réflexion s’est constitué au sein du Conseil Français du Culte Musulman (CFCM) pour étudier la possibilité de mise en place d’un calendrier lunaire basé sur le calcul. Le Conseil d’Administration du CFCM réuni à Paris, le 24 juin 2011, prenant acte des différentes positions exprimées par les composantes du CFCM, a adopté le principe du calcul et a chargé son Bureau Exécutif de mener les discussions entre les composantes du CFCM pour en définir la règle et la mettre en œuvre.

Des tests réalisés sur une durée de 60 mois, montrent que la quasi-totalité des règles de calcul énumérées plus haut donnent lieu à des calendriers quasiment identiques. Aussi, le critère essentiel qui doit guider le choix des musulmans de France c’est la capacité du calendrier à unir autour de lui les musulmans de France et les musulmans d’Europe.

Les différentes composantes du CFCM entendent, après la réussite de la réforme du CFCM intervenue le 23 février 2013, inaugurer une nouvelle étape dans la vie de l’institution représentative du culte musulman en se penchant sur ce dossier concret concernant la pratique religieuse musulmane. L’harmonisation des heures de prières rituelles doit intervenir également dans les mois à venir pour mieux consolider l’unité des musulmans.

Remerciements: Je tiens à remercier chaleureusement MM. Khalid CHRAIBI et Nidhal GUESSOUM pour leurs remarques précieuses et utiles à la réalisation de cet article.

Références

[1] Ragheb Al Isphahani, Dictionnaire sur des mots coraniques (en arabe), publié en arabe, par Almaymaniya, Egypte, 1324H.

[2] Fakhr Eddine Arrazi, Tafssir Alfakhr Arrazi (en arabe), dar Alfikr, Beyrouth, 1981, Vol3, 5, P.95.

[3] Ahmad Shakir: « Le début des mois arabes … est-il licite de le déterminer sur la base du calcul astronomique ? ». (publié en arabe en 1939) reproduit par le quotidien «al-madina », 13 octobre 2006 (n° 15878):

[4] Ibn ‘Abd Albarr: http://library.islamweb.net/hadith/.

[5] Karim Meziane et Nidhal Guessoum: La visibilité du croissant lunaire et le ramadan, La Recherche n° 316, janvier 1999.

[6] Nidhal Guessoum, Mohamed el Atabi et Karim Meziane : Ithbat acchouhour alhilaliya wa mouchkilate attawqiti alislami (en arabe), p.152, Dar attali’a, Beyrouth, 2è éd., 1997.

[7] Khalid Chraibi, http://oumma.com/15021/reforme-calendrier-musulman-33.

[8] Ahmad Odeh: http://www.icoproject.org/.

[9] Taqui Eddine Assoubki : Fatawa Assoubki (en arabe), Dar Al ma’rifah, Beyrouth, Vol1, P.209.

[10] http://www.diyanet.gov.tr/turkish/dy/default.aspx.

[11] Conseil Européen de la Recherche et de la Fatwa, www.e-cfr.org/.

[12] http://www.staff.science.uu.nl/~gent0113/islam/ummalqura.htm.

[13] CFAN: http://www.fiqhcouncil.org/node/20.

[14] Jamal Eddine Abderrazik : « Calendrier Lunaire Islamique Unifié », Editions Marsam, Rabat, 2004.

[15] Nidhal Guessoum, « Progrès dans la solution du problème du calendrier islamique », 1ere Conférence d’Astronomie des Emirats « Applications of Astronomical Calculations », Abu Dhabi, Décembre 2006.

 

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Commentaires

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momax
4 points

Manque de transparence...

sur le site du CFCM et dans l'article ci-dessus , il n'ai pas fait mention de la méthode de calcule (angle de visibilité , visibilité en France ou dans le monde...) utilisé pour obtenir ce calendrier lunaire.

Pour plus de transparence ,et de crédibilité il serais utile de rectifier le tire.

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Yannick Laude
-1127 points

C'est une excellente initiative que de donner de la prévisibilité au ramadan. Les prévisions pourraient même être encore affinées sur plusieurs années au regard des connaissances scientifiques et des outils technologiques dont dispose l'astronomie moderne. Comme le souligne Idriss dans un commentaire sur un article parallèle consacré au même sujet, cela participe de l'"unité des musulmans de France quelque soit leurs origines" et constitue une marque d'indépendance vis à vis des "autorités étrangères". Bref, c'est bon pour l'intégration, d'autant que cette programmation calendaire est de toute manière le premier pas indispensable pour qu'un jour l'Aïd puisse être reconnu comme un jour férié. En tout cas, çà ôte l'argument économique selon lequel c'était ingérable parce qu'imprévisible.

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Liliane Bénard
-309 points

Momax,
Nidhal Guessoum nous a expliqué sur Oumma les principes scientifiques du calcul astronomique. Mohammed Moussaoui cite aussi cet astrophysicien de renommée à la fois islamique et mondiale. Il est musulman et savant en accord avec les paroles du Prophète et la volonté de Dieu qui s'exprime dans le Coran.

Le calendrier lunaire dépend des phases de la lune qui se déplace régulièrement selon les lois de Dieu que personne ne peut contester.

Elles permettent aussi aux hommes de prévoir et de décider ensemble de leur emploi du temps et des fêtes qui se célèbrent aussi en commun à travers le monde.

Le point de vue scientifique est celui des savants de notre petite planète. Ils ont réussi à aller sur la lune et aussi à s'accorder sur des calendriers qui font finalement l'accord des esprits désireux de vivre facilement sur notre terre.

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Liliane Bénard
-309 points

D'accord Yannick Laude, faire comprendre à la fois que la révélation coranique est accessible aux illettrés mais aussi que la communauté musulmane ayant grandi, sa gestion fait appel à des techniques nouvelles, est difficile.

Peu de gens en Europe sont illettrés et les mouvements de la lune ont été étudiés par les astronomes. Ils sont parvenus à des certitudes accessibles à tous les hommes. Les croyants ne dépendent plus de quelques religieux particuliers qui ne font confiance qu'à leurs yeux. L'étude de la lumière a bien montré que le champ visuel de l'humanité est limité mais aussi que nous avons des moyens d'aller au delà et de concevoir des années lumières hors de notre perception commune.

Un illettré reste capable de pratiquer l'islam en observant visuellement le mouvement des astres en Arabie. Lorsqu'ailleurs la lune est invisible, les musulmans veulent se rassembler hors de l'Arabie et du hajj traditionnel, plus rare. Ils font appel à d'autres techniques, dons de Dieu.

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Hanafy
41 points

Très intéressant. D'autant que le sujet est très sensible. Les polémiques ont déjà commencé.
Innovation religieuse (bid3a) ou non ? Là est toute la question. Néanmoins l'analyse de M. Moussaoui est très pertinente avec des références non-négligeables. Si effectivement la vue de la nouvelle Lune pour déterminer le début de Ramadhan ou le début de Chawal (pour l'Aid) est une recommandation prophétique, il me semble que dans les faits, les années précédentes cette vue a toujours (?) été confirmé par les calculs astronomiques.

Alors, M.Moussaoui soulève une question pertinente pour les millions de musulmans : la vision de la nouvelle Lune est-elle une fin en soit ou bien est-ce le mois béni du Ramadhan et son accomplissement qui est visé ? La vue (de la veille) est-ce une adoration (3ibadah) ou un moyen (mou3amalah) ?

Pour ma part l'analyse de M.Moussaoui me convainc suffisamment. Que celui ou celle qui trouve le sujet à faire dresser les cheveux sur la tête apporte donc la réfutation.

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miro
-9 points

Donc, en simplifiant chaque terme du problème énoncé, on doit se prononcer sur l'utilisation du siwak (adoration) ou de la brosse à dent électrique (moyen) ?

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Nysay Adebisi
2 points

Foulan,

Je ne pense pas que nous trouverons la réponse à vos questions (qui sont aussi les miennes) sur ce site. Il faudrait l'avis de plusieurs sheikh de la salafiya.

Je suis d'avis d'utiliser le calcul comme un support et non une fin en soi. Les années passées nous ont prouvé qu'une erreur est vite arrivée.
Mais bon, je ne dispose pas de a science nécessaire pour affirmer ou contredire ce qui est dit dans l'article...

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Hanafy
41 points

Justement Nysay, mon invitation ne concerne pas le muslim lambda à trancher selon ses (maigres) connaissances. Plutôt j'invite les frères et soeurs à la reflexion, à la lumière des avis déjà existant (ulamas et fatawa) sur le sujet.

J'ajoute que effectivement, l'observation visuelle (pour les salat) n'est quasiment plus appliqué. Les millions de musulmans ont accepté (bon gré, mal gré) l'introduction des calculs pour les prières quotidiennes.

wa Allahu a3lam.

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latifa
-56 points

On n'a pas besoin d'introduire cette innovation.

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Nysay Adebisi
2 points

Je suis entièrement d'accord avec vous Foulan, voila pourquoi je souhaite l'avis de plusieurs sheikh de la salafiya à ce sujet car je ne fais absolument pas confiance à ces associations de musulmans de France (CFCM, UOIF, etc.).

L'exemple des horaires de prières est un bon exemple qui peut nous faire méditer sur notre comportement. Aujourd'hui, je pense que la majorité des musulmans est perdue sans ses tables d'horaires et une montre.
Le problème est bien la, nous sommes comme à l'image du consommateur de poisson qui attend qu'on le lui apporte mais qui n'apprend pas à pêcher.

La question de fond est de savoir pourquoi délaisserions nous entièrement l'observation de la lune pour des calculs mathématiques ?
Que ferons-nous si les calculs prédisent le 1er Ramadhan le 9 juillet et qu'on aperçoit le croissant de lune le 8 juillet ? Et inversement si les calculs prédisent le 1er Ramadhan avant l'apparition du croissant de lune.
Tout ceci ne semble pas avoir été traiter par le cfcm

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latifa
-56 points

Pour l'heure, rien ne nous oblige à suivre les injonctions du Ministère de l'Intérieur en matière de dogme.

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Liliane Bénard
-309 points

Cher Foulan,
J'ai étudié la distinction ibadat et muamalat. Il s'agit de pratiques rituelles et de relations humaines. Le sheikh Zakaria nous a montré sur Oumma TV que les aspects rituels sont peu nombreux en islam à la différence de points discutables et interprétables.

Il s'agit ici de décider de dates de fêtes ou de pratiques. Ces dernières font partie du consensus. Les dates dépendent des sociétés qui vont vivre ici-bas et maintenant ces réjouissances religieuses. L'intérêt est pratique et temporel pour réunir les croyants. Le CFCM a ce projet qui semble aussi faire consensus ?

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sofia94
8 points

Très bon article. J'ai beaucoup appris en le lisant.Je remercie son auteur.
personnellement je suis pour le calcul. Il était temps !
Pour une fois le cfcm me donne satisfaction. pourvu que ça dure.

Par contre je suis étonnée que certains musulmans refusent cette méthode simple, claire et infiniment plus fiable que le repérage à l’œil nu.
Excusez moi, mais il me semble que parler de bid3a ici n'est rien d'autre qu'une immense idiotie. En quoi regarder la lune est une fin et non un moyen ce qui laissera penser que c'est une bid3a?

Et pourquoi toujours aller demander et chercher chez un tel ou un tel même pour un détail du détail du détail au lieu de réfléchir un peu par soi même?

Bref, parler de bid3a ici me fait penser à un beit du plus grand poète arabe El Moutanabi qui a dit : Est-ce raser vos moustaches est la finalité de la religion?..etc
Le beit en arabe (la totalité du beit)est bien meilleur et infiniment plus exquis :

اغاية الدين ان تحفوا شواربكم..يا امة ضحكت من جهلها الامم.

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Califat magikwordz
-5 points

Assaleimou aleikoum,

« Est-ce que cette action va aider les musulmans qui vivent en France a commencer/finir le même jour le Ramadan ? »

La réponse brève est un simple NON !

Et ceci n’est pas seulement parce que le CFCM a bafoué sa notoriété et que peu sont ceux qui ont confiance en eux, mais ceci est surtout parce qu’il y a un argument bcp plus fort et bcp plus compréhensif dans la demande que, au minimum, l'un des membres de cette Oumma voit la lune pour que le reste de cette Oumma commence a jeûner.

Le Ramadan renforce le concept d’Oumma !

Donc la réalité est que comme toutes les années précédentes ceci ne va rien changer, actuellement ceci pourrait même devenir un plus grand clash et même une complète honte SI la lune est observer AVANT ou APRES le 9 Juillet ou si le calcule d’un des pays qui le pratique tombe sur une date autre que le 9 Juillet…

Sans la réinstauration du Califat l’Oumma du Prophète (psbl) ne pourras JAMAIS célébrer le début et la fin du Ramadan ENSEMBLE !!!

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mourad-oumma
12 points

@ Nysay Adebisi

Selon la méthode de calcul Oumm al-Qura (voir la définition dans l'article), le scénario que vous craignez ne peut pas se produire
puisque le 8 juillet la conjonction Soleil-Lune-Terre n'aura pas encore eu lieu, ce qui veut dire que le dernier cycle lunaire n'aura meme pas été complété.

Les deux méthodes (observation et calcul) étant toutes deux islamiquement valables et les gens peuvent continuer à recourir à l'observation.

Mais force est de constater que c'est plutot la méthode basée sur l'observaton qui a été jusqu'ici à l'origine de situations insensées où des musulmans, croyants à la thèse que la détermination des débuts de mois lunaire est une ibadah, font l'exercice d'observation meme lorsque les conditions astronomiques ne sont pas respectées, par exemple à des moments où la Lune s'est déjà couchée avant le Soleil et donc qu'il n'y a pas d'objet lunaire à l'horizon.

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mourad-oumma
12 points

@ Nysay Adebisi

Maintenant, s'il fallait que l'observation soit guidée par le calcul, alors autant adopter la méthode de calcul ouvertement, d'autant plus que cette méthode est tout à fait conforme à l'esprit coranique qui n'exige pour le début du Ramadan que le fait pour le croyant d'etre conscient (le terme arabe ''chahida'') de son début. Et puisque la méthode de calcul a les avantages d'etre non seulement infiniment précise mais en plus d'eviter les désagréments logistiques surtout aux communautés musulmanes en Occident. Ce n'est pas d'ailleurs pas pour rien que l'usage collectif de la méthode de calcul nous vient d'abord de savants musulmans d'Amérique du Nord et de l'Europe.

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mourad-oumma
12 points

@ Nysay Adebisi & Califat Magikwordz

Toujours concernant la scénario scandaleux ou honteux relié à la méthode par calcul, en fait (voir http://moonsighting.com/ramadan.html), la conjonction Soleil-Lune-Terre survient le 8 juillet 2013 @ 10h14min heure de la Mecque, soit avant le coucher du soleil qui est à 19h07min
alors que la lune s'y couche à 19h08min, soit 1min après le soleil. Le calendrier Umm al-Qura (le meme suivi par le
Conseil de Fiqh d'Amérique du Nord) basé sur le calcul conclut alors que le 1er jour du Ramadan est le 9 juillet 2013.

Aucun pays à l'Est de la Mecque ne pourra voir la Lune le 8 juillet 2013 après le coucher du soleil
car les heures qui précédent la conjonction, la lune s'y couchera avant le coucher du soleil. Il n'y a rien
à voir à l'horizon. Quant au pays à l'Ouest de la Mecque, seuls certains pays d'Amerique Latine auront
une chance de voir la Lune et encore avec des jumelles ou instruments. (à suivre)

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mourad-oumma
12 points

(suite)

Mais, s'ils voient la lune alors ils déclareront
le 9 juillet 2013 comme étant le 1er jour du Ramadan. Pas de différence avec le calendrier Umm al-Qura.

Quant au 9 juillet 2013, c'est normal que la plupart du monde pourra voir le croissant de Lune car la conjonction date
de plus de 24h et donc cela fait plus que 24h que la lune a entamé son nouveau cycle lunaire (le mois du Ramadan)
sur son orbite. Les musulmans qui attendraient le 9 juillet pour voir la Lune commenceraient leur Ramadan le 10 juillet,
soit 2 jours après que le mois du Ramadan a commencé au sens astronomique!!

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Yannick Laude
-1127 points

@ Nysay Adebisi & Califat Magikwordz: Vos interventions, comme d'habitude, sont atterrantes, même si c'est de la lune dont il en question. Combien même, la date fixée par le CFCM ne serait pas exactement celle fixée par des "savants" mecquois - et Mourad Sahafa vous a démontré en quoi le calendrier de la Péninsule arabique n'était de toute manière pas adaptée à d'autres cieux (la terre est ronde, doit-on vous le rappeler) -, comment pouvez vous considérer en toute raison qu'il est plus important de respecter la tradition plutôt que la modernité? Et qui sont les "sheikh de la salafiya" qu'il faudrait consulter? Comment avez vous le front de vous plaindre de discrimination, si c'est à l'étranger que vous cherchez vos références! L'Islam de France doit se bâtir avec des Français musulmans et des dates prévisibles pour le ramadan et l'Aïd ne peut qu'aider à l'intégration, sans parler, je suppose, du confort que cela apportera aux croyants qui souhaitent se préparer pour le jeûne.