Vendredi 25 April 2014
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Babil d’un pseudo-Laïc

Babil d’un pseudo-Laïc
fr
http://oumma.com/sites/default/files/laicite-laic-2-34c7b.jpg
Exégèse d’un lieu commun début de siècle

D’abord, que l’on s’entende sur le portrait ! Le Pseudo-Laïc est jeune, approchant la trentaine, d’obédience mélenchoniste, il vote contre la droite et a des amis musulmans, catholiques et juifs, raison pour laquelle aucun procès de racisme ne peut être intenté contre lui – il a ses cautions religieuses !

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D’abord, que l’on s’entende sur le portrait ! Le Pseudo-Laïc est jeune, approchant la trentaine, d’obédience mélenchoniste, il vote contre la droite et a des amis musulmans, catholiques et juifs, raison pour laquelle aucun procès de racisme ne peut être intenté contre lui – il a ses cautions religieuses ! Un jour de TD de première année de psychologie dans une université de Provence, il fut frappé d’une illumination : il allait entrer dans un combat révolutionnaire pour prouver que Dieu n’est que la conséquence de la paranoïa humaine !

Moi, Laïc de confession, je vais te le prouver, à toi croyant atteint d’une maladie mentale.

Pourquoi « révolutionnaire » direz-vous ? Parce que notre pseudo-laïc est convaincu par cette révélation. Il est temps que Dieu soit déclaré définitivement mort ! Et comme ses amis juifs et catholiques sont plutôt discrets, son terrain d’expérimentation sera « le cerveau mahométan »…

« Nous, en France »

C’est devenu un tic de langage. D’aucuns considéreront que cette formule est le reflet d’une société qui n’a de collectif que le nom. En d’autres termes, ce « nous » n’est peut-être que la transformation énonciative inconsciente d’un « moi, je ». Il est aussi et surtout un réflexe de marginalisation qui relègue une partie du « nous » dans une espèce d’anesthésie intellectuelle – j’y reviendrai.

Nous, en France, on s’est battu pour la laïcité !

D’autres se sont interrogés sur une telle formule, et ont souligné ses implicites racistes et néocolonialistes – il est donc inutile d’y revenir. Ma démarche est, et a été auprès du Pseudo-Laïc, de lui expliquer que, d’un point de vue rhétorique, elle procédait d’une exclusion de ceux qu’il appelait ses amis. Le détachement du thème en tête de la phrase est en effet une opération de mise en relief que les stylisticiens nomment l’emphase : n’est-ce pas là, d’ores-et-déjà, une altération de soi pour dominer l’autre ? Le locuteur adopte en somme une posture condescendante qui exclut l’interlocuteur d’un « on » nébuleux dont l’accès est impossible – si bien qu’une première contradiction surgit : pourquoi fermer les portes au musulman, si ton objectif initial était de « l’intégrer » au cercle enchanté de tes amis ?

Le « Nous » est renforcé par le complément circonstanciel de lieu « en France ». Vous ne l’ignorez pas : le cerveau mahométan est en manque de repères ! Il se situe dans l’ordre de la transcendance et de l’irrationnel. Il faut donc que le Pseudo-Laïc le réinsère en lui prodiguant quelques précieuses balises spatiales. Le « en France », précédé du « Nous », constitue ainsi un premier jalon planté dans la tête de l’ami religieux dyspraxique [1]. Mais nous parvenons alors à un paradoxe communicationnel. La deixis nécessite une référence claire aux éléments qui composent la situation d’énonciation : or, l’embrayeur « nous » réfère à une instance générale et imprécise. D’ailleurs, cette référence inclut l’interlocuteur. De fait, ce dernier est présent dans l’espace « France ». Les références du pseudo-laïc s’en retrouvent vides. Alors, une autre question se pose : cette vacuité référentielle n’annule-t-elle pas l’objectif recherché par l’insistance emphatique ? Guider l’autre avec des repères imprécis et faux révèle un trouble sur lequel l’ex-étudiant en psychologie devrait se pencher. D’autant qu’un autre questionnement arrive...

La langue est un système qui varie dans le temps et dans l’espace. Une approche sociolinguistique permet de dégager des variations de type diachronique (changement temporel), diatopique (changement spatial) ou diastratique (changement situationnel). On peut ajouter à ces variations une composante personnelle : l’histoire de l’individu joue également un rôle dans son indexation linguistique et donc sociale. Puisque nos origines déterminent nos manières de parler, un auvergnat n’aura pas le même comportement linguistique qu’un petit métèque banlieusard et mangeur de chocolatines – pains au chocolat, si vous résidez au-dessus de l’Auvergne... La variation diachronique étant traitée dans la partie où j’analyse la référence des déictiques(les éléments de l’énonciation), je me limiterai à étudier ce dernier paradoxe linguistique qu’est la variation diastratique. L’usage de l’emphase peut, dans certaines circonstances, relever du babil :

« - mon papa, il est gendarme !

- Eh ben ! Moi, mon papa, il est chef des gendarmes ! »

Mon exemple est certes peu glorieux, mais il montre que l’emphase est une opération récurrente chez les enfants. Comme nous avons affaire dans mon cas à deux adultes trentenaires, nous pouvons considérer qu’il s’agit simplement d’une stratégie d’infantilisation de l’allocutaire : le locuteur pense adapter son registre de langue à la situation. Le Mahométan n’est-il pas un éternel « jeune » ? Plus que paranoïaque, le musulman est atteint de schizophrénie…

Enfin, cette assertion péremptoire souffre un dernier problème. Comme j’ai une bibliothèque qui ne se limite pas au Coran et à ses différentes exégèses, j’ai pris ma Bible grammaticale pour vérifier la définition du verbe : « se battre ». Je sentais bien que l’utilisation qu’en a faite notre ami était spécieuse, et la GMF (la Grammaire Méthodique du français de M. Riegel, J.-C. Pellat et R. Rioul) me l’a confirmé :

D’un point de vue sémantique, la tradition grammaticale oppose le verbe au nom en se fondant sur le découpage du réel : les substantifs (statiques) sont dénotés par les noms ou substantifs, alors que les phénomènes (dynamiques) sont signifiés par les verbes, « les noms estant pour signifier ce qui demeure, & les verbes ce qui passe » (Grammaire générale et raisonnée, 1660). Et, depuis Aristote, le verbe est associé au temps : il est « vox signifians cum tempore : un mot qui signifie avec le temps une définition que traduit littéralement l’étiquette Zeitwort de la grammaire allemande.

Le verbe est donc associé au temps, il signifie ce qui passe. Alors, intéressons-nous au temps du verbe « se battre » dans notre phrase. Il y a d’abord une contradiction entre la posture très docte du locuteur, qui voudrait faire passer son propos pour une vérité générale et éternelle. Il y a ensuite une difficulté à cerner la valeur du passé composé dans la formule, ne serait-ce que parce que le Pseudo-Laïc semble alors s’exclure du « nous » – puisqu’il n’a pas connu cette glorieuse époque où l’on s’est battu... Ce passé composé ne peut pas davantage être aspectuel puisque le procès est réalisé dans sa globalité : si la laïcité demeure, le combat à son sujet n’a plus lieu d’être !

Babil, ai-je dit ?

N’est-ce pas le propre du babil que de tenir des propos insignifiants ? Jusqu’au seizième siècle, le verbe « babiller » a signifié « bégayer » – et, comme le précise un autre sacré livre, le Dictionnaire historique de la langue française :

« il s’est employé transitivement du XIIIe s. au XVIe s. pour “dire en bégayant, peu clairement”. L’argot des Coquillards l’a utilisé au sens de “bavarder à tort et à travers” … »

L’insignifiance du « Nous », du « on » et du verbe « se battre », ainsi que la répétition d’éléments qui ne renvoient à aucune référence, m’ont permis de qualifier mon ami de babillard. Il bégaie intellectuellement puisqu’il se soumet à une doxa médiatique qui a pour effet de crétiniser les esprits. Bon nombre d’intellectuels – pseudo, eux aussi – bégaient de la sorte : dès que le mot Islam est lâché, on lève le bouclier Laïcité, quitte à ne rien dire ou à se livrer à une sorte de psittacisme [2] quasi clérical, en répétant inlassablement ce qui a été dit... Quel est le communautariste dans l’histoire ?

Notes

[1] la dyspraxie est un trouble qui se caractérise par une perte de repères spatio-temporels.

[2] C’est-à-dire la répétition d’un raisonnement sans en comprendre le sens.

Les mots sont importants

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Commentaires

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alice
-2167 points

Mes amis, je commence à vous connaître tous un peu.

Ouais,ouais... A vos plumes, le ballet va commencer...
rire!
Que le meilleur gagne...heu quoi? Ben, un bon point comme à la maternelle.

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alice
-2167 points

" Il est temps que Dieu soit déclaré définitivement mort !"

" Si Dieu est mort, tout est mort.
Je n´appelle pas cette misérable étincelle sur un petit tas de boue, une vie! " André SUARES.

Les derniers, soyez consolés!
" Les derniers seront les premiers...dans l´autre Réalité ":-)

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Yannick Laude
-1127 points

Je n'ai pas tout compris du raisonnement de l'auteur mais du moment qu'il dit du mal de Mélenchon, ce doit être très bien ;-) Pour avoir été un jour trentenaire et de nombreuses années laïcard, je bats aujourd'hui ma coulpe tant j'ai pris conscience avec l'âge et l'expérience qu'il était injuste, d'un point de vue tant républicain que démocrate, d'empêcher les croyants d'exercer leur culte et leurs coutumes religieuses. Reste que ce "nous" collectif n'est pas l'apanage des seuls laïcards! Je le lis aussi très souvent sur Oumma sous la plume de bonnes âmes qui veulent enfermer les musulmans dans une identité unique, dans une lecture unique du Coran et dans un repli communautaire. Pour résumer, je dirais que le "je" est libre et le "nous" totalitaire et que le "vous" est un pont entre les individus.

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jeanmoulin
32 points

« - mon papa, il est gendarme !
- Eh ben ! Moi, mon papa, il est chef des gendarmes ! »
Mon exemple est certes peu glorieux,..."

Et pourquoi donc serait-il peu glorieux ? Ce n'est pas parceque l'auteur fait du verbiage qu'il est forcément plus instruit, plus intelligent, ou aura une meilleure reconnaissance qu'un gendarme qui dans l'inconscient collectif ne vaut rien.

Du coup, l'auteur partage ce qu'il reproche aux autres...

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Léo
-654 points

En faisant une approche sociolinguistique dans le sens diachronique, diatopique ou diastratique, (mais attention! il y a des variations), de ce texte, tout bon stylisticien dyspraxique ou non se perd en conjectures. C’est tout le paradoxe communicationnel de la deixis sans savoir si elle est in praesentia ou in absentia.

Khalid Keddouch se pose la question « Babil, ai-je dit ? »
Ma réponse : pédanterie

(Si vous n’avez pas tout compris, rassurez-vous moi non plus)
Comme quoi les mots sont importants !

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Liliane Bénard
-309 points

Cet article m'a pris la tête. Il fait preuve de culture ( trop sans doute) mais je n'ai pas encore compris son objet.

Ayant 2 fois et demi l'âge du condamné, j'avais peut-être une excuse mais il ne me semblait pas si débile que ça. Tel n'était probablement pas le but de l'auteur de l'article !

Une recherche méthodique de l'objet et du but de Khalid Keddouch m'a appris qu'il pourrait être question de laïcité et du combat pour qu'un état en dispose ou non.

L'histoire de France nous parle d'un combat pour la laïcité après des guerres de religion terribles qui ont provoqué l'exil vers les États Unis par exemple. Le vivre ensemble était impossible !

La laïcité devait au contraire favoriser la vie commune. L'Etat ne favorisant aucune religion, les religieux étaient priés de s'habiller en civils. Sont aussi apparus des religieux laïcs.

Le mariage civil a vu le jour. Le Cheikh Zakaria nous indique que la loi musulmane fait aussi du mariage un contrat civil sans imam ni costume, laïc

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Y
3 points

Donc le "pseudo"-laïc a un point de vue pauvre et partial sur la religion.
Ça méritait un article entier en effet, peut-être un livre?

Notez que ça marche aussi avec le "pseudo"-religieux, quand on fait les choses à moitié on ne convainc personne et on passe pour un imbécile auprès de ceux qui ont appris avant de prêcher.

Du reste un laïc n'est pas nécessairement un athée, et encore moins un antithéiste.

Je sais bien que l'auteur est en pays conquis ici et que tout ce qui n'est pas pro-religieux peu importe le contexte ou la raison est un ennemi déclaré mais pas de quoi se congratuler après un pavé aussi vide.

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Pancole
-4221 points

Monsieur Khedouch, vous compliquez ce que ne l'est pas, et sur l'air que vous voulez, pourquoi pas la carmagnole, on peut dire qu'en France les laïcs veulent simplement que les croyants ne montrent pas leur culte à tous les passants.

75% des Français partagent cette définition, c'est bien au delà de ce que peut espérer Mélanchon aux prochaines élections.

Il faudra revoir votre étude, plus abscons tu meurs, et demander à Pierre Perret de la traduire en un Français intelligible par tous. Il l'a fait pour les textes administratifs il pourrait le faire pour vous.

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Liliane Bénard
-309 points

Regardez Oumma TV et l'interview de Tévanian. Il ne s'agit pas d'être religieux mais de contester la haine contre la religion. Ceux qui croient au ciel et ceux qui n'y croient pas peuvent vivre ensemble et gérer la société en bonne laïcité.

Encore faudrait-il qu'ils renoncent à leur complexe de supériorité !

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Pancole
-4221 points

Madame Liliane, là grande différence qu'il y a entre un laïc et une personne qui place la religion au dessus de tout, est que le laïc considère en toute conviction que TOUTES LES CROYANCES SE VALENT. Il ne donne donc pas à sa croyance, si il est croyant et ce n'est pas que je sache incompatible avec la laïcité, une place supérieure à celles des autres croyances.

Le suprémaciste religieux considère lui que sa religion est la seule qui vaille. Il la place au dessus des autres. Il détient la vérité vraie sur l'existence de Dieu.
Il établit même une hiérarchie en considérant que les croyances idolâtres sont un stade primitif, tandis que les religions monothéistes seraient le fin du fin en terme de spiritualité.

Et bien sûr le summum étant la religion révélée qui vient en dernier.

Comble de la suffisance il considère que dans la société sa religion doit guider l'ensemble de ses actes avant de se conformer au contrat social.

Dites-moi si je me trompe?

Au final qui est le pseudo laïc?

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oc12
9 points

en fait, il faut déterminer si l'accent est mis sur la laïcité comme en Albanie de 1967 à 1991 ou sur la liberté de conscience,indissociable de la liberté de parole,comme par exemple aux USA.Mais il n'y a que le croyant qui peut admettre que la croyance de l'autre est importante pour son voisin comme aux USA ou en Indonésie où, sorti de toute les religions (6 "officielles" pour ce dernier tout en ayant une séparation entre la religion et l'état), il n'y a pas beaucoup de place pour les non-croyants (il vaut mieux raconter, dans certains états US qu'on l'on croit en Dieu mais qu'on l'emmerde et qu'on préfère vivre dans le péché que de raconter qu'on ne croit en rien). Quant aux dangers que représente l'islam en France, bien, vu que ce n'est qu'en France, je vous invite à vous casser avec la caisse pour aller là où les imbéciles ont d'autres chats à fouetter, les protestants ne se sont pas privés au XVIIe siècle et manifestement, ils n'ont pas tout-à-fait la partie.

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michel7520
-1952 points

Comme Farida avait raison d'annoncer un "ballet" (pour sa peine, j'ai mis un bon point à son premier post !). Pourtant, si beaucoup a été dit ci-dessus, il reste quelques points à soulever, ou sur lesquels insister.

1) Dans "Pseudo-Laïc" comme dans "laïc de confession", l'auteur confond "laïque" (partisan de la laïcité) et "laïc" (chrétien non membre du clergé) ! Et les commentateurs l'imitent...

2) L'expression "laï[que] de confession". L'auteur l'attribue à son personnage, mais ce n'est que rhétorique. C'est lui, Khalid Kedouch, qui introduit - d'emblée et sciemment - une confusion, puisque la laïcité n'est qu'une invitation à vivre ensemble adressée aux croyants comme aux non-croyants. Nommer ce personnage "PSEUDO-Laï[que]" est un clin d'oeil à ceux qui le savent: l'auteur n'est pas dupe de son invention... mais cela ne l'arrête pas ! Rhétorique, là encore.

3) La phrase : "Il est temps que Dieu soit déclaré définitivement mort!". Elle introduit une autre confusion...
(à suivre)

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Liliane Bénard
-309 points

Il ne s'agit pas d'opposer un laïc et un religieux. Il y a des religieux qui vivent dans des états laïcs, en France, en Turquie par exemple.

Dans ces États, le pouvoir politique est différent du pouvoir religieux. Ils permettent que plusieurs religions vivent ensemble et elles devraient être traitées de manière égale. Les athées n'y sont pas non plus traités comme des criminels. Le pouvoir politique doit être neutre, c'est-à-dire sans privilégier quiconque au regard de sa religion ou de son athéisme.

La laïcité ne saurait interdire une religion, ni faire obstacle à son culte. Elle protège croyants et incroyants et interdit la discrimination en toute justice !

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Léo
-654 points

Au sujet de "laïc de confession", la question a déjà été posée sans réponse à ce jour :
Quels sont les lieux de culte de cette nouvelle religion ?
Y-a-t-il une profession de foi ou un baptême ?

D’après l’auteur, il s’agit d’une « illumination » réservé aux « première année » de psychologie dans une université de Provence (entre nous, 30 ans en première année… c’est pas terrible)
Appel aux étudiants des universités de Provence : évitez les TD, vous risquez de devenir mélenchoniste !

Babil, NON !
Aggiornamento de la doxa musulmania, OUI !

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michel7520
-1952 points

(suite 1)
... une autre confusion, plus subtile, entre athéisme et théologie de la mort de Dieu. Une théologie issue des réflexions de l'un des rares résistants allemands, le pasteur protestant Dietrich Bonhoeffer, dans ses lettres à l'"Eglise confessante" clandestine, écrites en attendant son exécution dans une prison nazie (éditées sous le titre "Résistance et soumission" en 1951). Des juifs aussi, rescapés du génocide hitlérien, se sont demandé où était Dieu et s'il n'était pas mort.

4) Khalid Kedouch place son personnage en 1ère année de psycho lors de sa révélation sur la "paranoïa" des croyants. Premier effet rhétorique : c'est un ignare en psychologie qui prétend diagnostiquer une paranoïa ! En ricochet, un deuxième effet est plus profond : le choix de l'athéisme est réduit à un raisonnement de psychologue, éminemment discutable. L'existence d'autres arguments - relevant notamment de la logique - est passée sous silence. L'athéisme culturel est nié.

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michel7520
-1952 points

(suite 2 et fin)
5) L'auteur campe un personnage trentenaire qui, au début de ses études supérieures - soit dix ou quinze ans auparavant - est devenu l'ennemi des croyances ; pourtant, pour les besoins de sa démonstration, il lui accorde des amis juifs, chrétiens et musulmans.
Pour rendre ce récit un peu cohérent, il faut le compléter sur la période intermédiaire :
- soit cet ex-laïcard fanatique est revenu entretemps à la raison et s'est fait de nouveaux amis parmi les croyants, auquel cas il n'est pas raciste, en particulier pas raciste anti-musulmans.
- soit ce Pseudo-Laïcard a toujours été si peu fanatique qu'il a conservé ses amis croyants, auquel cas sa révélation ne l'a pas rendu raciste, en particulier pas raciste anti-musulmans. Il a peut-être développé des arguments rationnels montrant qu'une entité "Dieu" ne peut exister, mais il est resté tolérant.

Ainsi dans tous les cas, dès qu'on cherche à lui donner un minimum de cohérence, la démonstration de Khalid Kedouch échoue.

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ZAKI
-1 points

Foin des circonvolutions ,du respect svp ;ce n'est pas en montrant qu'on connaît des mots savants qu'on attestera de sa citoyenneté ou de la vérité de ses propos;le problème est le vivre ensemble .C'est grâce à la laïcité et en son nom que toutes les religions ont des droits et un ARBITRE ,sinon ce serait la guerre....

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alice
-2167 points

"Pour résumer, je dirais que le "je" est libre et le "nous" totalitaire et que le "vous" est un pont entre les individus" Yannick LAUDE

j´adore! Vous voilà, Yannick, immortalisé dans mon carnet.
Une psychologie laudienne! :-).

C´est pure créativité...

Et dire que dans notre Tradition, nous combattons l´égo.
rire!
non , pour vous, le " je " est libre et porteur de tous les possibles...
Révolutionnaire comme découverte! :-)

" L´égo n´est pas mauvais ,il est juste inconscient."
E.TOLLE

C´était donc vrai! :-))

Michel,

Merci pour le bon point!
Merci pour toutes ces précisions !
Bon , j´ai gagné le droit de poster une chanson ou pas ? :-)

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michel7520
-1952 points

Farida,

Dans la mesure où ta question semble s'adresser à moi (bien que je ne sache pas pourquoi), ma réponse est : pourquoi pas... dès que tu auras lu (ou relu) mon troisième post, dont j'ai terminé la rédaction après la publication du tien.
Dans le cadre des nouveaux programmes scolaires en (im-)morale laïque, la leçon du jour sera : "On n'a jamais rien sans rien." [à noter dans ton carnet ! :-)]

Je t'invite à distinguer "égo" et "je", du moins si tu es intéressée par un point de vue psychanalytique. Dans ce cadre théorique il y a trois instances : le "ça" (pulsions basiques, inconscientes), le "moi" (= l'égo, conscient) et le "surmoi" (l'idéal de soi, inconscient). En laissant ce fonctionnement venir à sa conscience, l'analysant (non le "psychanalysé", car c'est lui qui fait le travail, grâce au contexte élaboré par le psychanalyste) peut faire advenir, à la place de son "moi", un "je" qui ne soit pas entièrement conditionné par ses deux instances inconscientes, "ça" et "surmoi".

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yukof
284 points

qu'on apprennent juste aux gens ce qu'est vraiment la laicité , a savoir la neutralité religieuse de l'etat , de ses institutions et rien d'autre .

la laicité ne s'implique en aucun cas aux tenus vestimentaires de particuliers ,et heureusement que la cour de cassation est là pour le rappeler a certains rageux .

certaine personne se révèlent dangereuse a vouloir controller la pensé des gens et l'a rendre laic comme avait essayer de le faire les dirigeants autoritaires dans le passé (Staline , Hitler , Mao ).

la liberté et le respect des choix d'autrui (qui ne concerne que lui) est le fondement meme de la tolérance .

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khalexis
2 points

Ce qui est "peu glorieux" c'est mon choix d'exemple (je voulais illustrer la surenchère infantile, je me critique donc). Il n'était aucunement question de rabaisser le gendarme. Si même dans mon autocritique vous voyez de la condescendance...

X
khalexis
2 points

Dans mon texte, j'essaie de parler de ceux qui instrumentalisent la laïcité afin d'exclure une frange de la population.Je ne parle pas de laïcité mais ceux qui sont occasionnellement laïcs. Ces mêmes personnes s'érigent en "donneurs de leçons" et recrachent les poncifs habituels : Histoire de France, guerre,... (et je ne parle pas de vous, je ne vous connais pas !)
Permettez-moi enfin de vous dire à mon tour que je ne comprends pas, non pas l'objet, mais le sujet de votre commentaire. La référence au Cheikh Zakaria est, par exemple, un étalage de culture gratuit et inutile.

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khalexis
2 points

Madame ou monsieur Palazzo,

"on peut dire qu'en France les laïcs veulent simplement que les croyants ne montrent pas leur culte à tous les passants.
75% des Français partagent cette définition, c'est bien au delà de ce que peut espérer Mélanchon aux prochaines élections."

Où avez-vous trouvé une remise en cause d'une quelconque définition dans mon texte ? Je critique une posture inscrite dans des circonstances précises, c'est tout.

"Il faudra revoir votre étude, plus abscons tu meurs, et demander à Pierre Perret de la traduire en un Français intelligible par tous. Il l'a fait pour les textes administratifs il pourrait le faire pour vous."

Merci pour le conseil. Si vous avez ses coordonnées, je suis preneur car j'ai du mal à contacter Henri Dès.

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khalexis
2 points

Merci de me prêter tant d'intentions. Je vais essayer de répondre à certaines remarques même si je sais d'avance que mes réponses sont vouées à l'échec, tout comme ma démonstration à vos yeux.
"Dans "Pseudo-Laïc" comme dans "laïc de confession", l'auteur confond "laïque" (partisan de la laïcité) et "laïc" (chrétien non membre du clergé) !"
Le "laïc de confession" est de la pure ironie. Le Pseudo-Laïc est "Pseudo" parce qu'il n'est pas partisan de la la laïcité. Contrairement à vous, je pense qu'on est laïc (et j'accepte que l'on mette des définitions différentes derrière ce mot et que cela soit discutable)ou pas mais que votre distinction orthographique est spécieuse.
Pour vos points 3 et 4 : il ne s'agit pas d'un personnage mais d'une personne et l'expression de Dietrich Bonhoeffer est VRAIMENT la sienne. Je ne lui accorde rien, tout lui appartient. Je me contente d'analyser son propos.

X
alice
-2167 points

Bonjour Michel,

Merci grandement pour ces précisions psychanalitiques. :-)
Tu ne sais pas pourquoi je m´adresse à toi à propos de musique à poster?
Nous parlions de bon point et je me disais que grâce au bon point que tu m´as attribuée, je pouvais mettre une chanson.

Bon , je m´octroie le droit :-) !
Car je le vaux bien ...
En parlant de liberté, de créativité, voici pour tous.

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Yannick Laude
-1127 points

Il est très bien ce petit gars, Farida, qui veut qu'on le laisse rêver et il a bien raison! Ca doit être effectivement très dur d'être sur ses gardes toute la journée du fait des comportements individuels d'autres et vous avez bien du mérite comme Ibrahim à vous afficher musulman. C'est pourtant votre droit inaliénable car vous le professez et le pratiquez sans vous imposer à l'autre sinon par la puissance de l'exemplarité. J'aimerais que certains autres qui s'expriment sur ce site posent eux aussi leurs glaives pour s'ouvrir au monde, le libérer de ses peurs et non le combattre et me contraindre à la confrontation.

X
alice
-2167 points

Ne croyez-vous pas, cher Yannick, qu´il est besoin d´être deux pour une confrontation?
Déposez le vôtre d´abord en exemple.:-)

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michel7520
-1952 points

Mr Khalid Kedouch alias Khalexis,

a) La phrase "Il est temps que Dieu soit déclaré définitivement mort !" n'est pas de Dietrich Bonhoeffer, pas plus que d'un autre théologien de la mort de Dieu, tous étant bien plus prudents et ne parlant que du Dieu des chrétiens. C'en est une exagération, une caricature.

Visiblement, vous vous avancez en terrain inconnu.

b) Le Petit Robert à la rubrique "LAÏC, LAÏQUE" (lat. eccl. "laicus")
1° Qui ne fait pas partie du clergé (..). Un laïc, une laïque, des laïcs.
3° Qui est indépendant de toute confession religieuse (V. Laïcité). L'Etat laïque. L'enseignement laïque.

Vous avez dit "distinction orthographique spécieuse" ?

c) S'il s'agit d'une personne, vous pouvez compléter notre information sur les dix ou quinze ans depuis sa révélation. Entre-t-il dans le 1er cas ou le 2ème cas de mon paragraphe 5 ?

Sinon, de quelles sortes sont ses amis chrétiens, ses amis juifs et ses amis musulmans ? quelles sont aujourd'hui ses convictions ?

X
khalexis
2 points

M. Michel7520,
Un premier commentaire présentant ma démarche a été censuré et je le déplore.
Vous avez raison, je ne connais pas l'historique de la phrase en question. Visiblement vous connaissez mieux "le terrain" religieux que moi. Et je ne me situe à aucun moment comme analyste théologien dans mon texte.
Je confirme ma remarque sur la distinction orthographique. Certes, les deux orthographes existent. Certes, les deux définitions sont présentes dans le PR. Mais il n'y a pas une acception pour une orthographe et une autre acception pour l'autre. C'est là que votre invention a joué. Dans la définition du PR, vous avez oublié de relever l'exemple "un laïque" situé entre "Un laïc"et "une laïque". Les deux orthographes sont valables quelle que soit la définition.
Concernant votre dernière question, vous semblez vouloir prouver que la personne en question n'est pas raciste. Vous avez raison, je pense sérieusement qu'elle ne l'est pas. (à suivre)

X
khalexis
2 points

Mais on peut ne pas l'être et tenir des propos qui soient perçus comme racistes. Donc qu'il soit d'une catégorie ou de l'autre importe peu.