Une actrice syrienne, attaquée en Egypte, après avoir récité des poèmes pro-Assad

Une actrice syrienne, attaquée en Egypte, après avoir récité des poèmes pro-Assad

Devant un auditoire qui n’en a pas cru ses oreilles, Raghda, une célèbre actrice syrienne, profitant d’une conférence dédiée à la poésie arabe au sein de l’Opéra du Caire, pensait remporter le concours de l’éloquence en lisant des poèmes en hommage à Bachar al-Assad, à la force très suggestive…

Bien mal lui en a pris, car le lyrisme de son ode au président porté au pinacle n’a pas eu la rime heureuse pour les islamistes, ces derniers n’ayant pas été couverts de fleurs, mais de reproches acerbes.

Loin d’adoucir les mœurs ou de plonger dans l’extase, la musicalité poétique de la comédienne de 55 ans, installée au Caire et fidèle parmi les fidèles du clan Assad, a mis les nerfs à vif des islamistes présents dans la salle, ulcérés par la diatribe du « marché aux esclaves », une dénonciation des unions de femmes syriennes avec des islamistes égyptiens.

Un égyptien, n’y tenant plus, s’est alors insurgé avec force contre une pensée pétrie de préjugés, s’exclamant : "Je suis musulman, mais je ne suis pas raciste". De là s’ensuivit un dialogue de sourd, dégénérant en altercation, entre Raghda, par qui la poésie engagée a enflammé l’Opéra du Caire, et des islamistes, ivres de colère, dont  six d’entre eux ont empoigné des extincteurs et les ont jetés sur elle.

Une partie du public vola au secours de la poétesse maudite, qui au final s’en est sortie avec des ecchymoses derrière la tête. Ce n'est plus en vers, mais en prose et le verbe haut, que cette dernière a annoncé aux médias locaux qu’elle a porté plainte contre les Frères musulmans, les accusant d’être les fomenteurs de la sédition en Syrie, tout en précisant que sa résidence du Caire est devenue un bunker truffé de caméras de surveillance. 

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