La décapitation, un châtiment bientôt révolu en Arabie saoudite?

La monarchie saoudienne songerait à abolir le châtiment moyenâgeux de la décapitation, apprend-on via le quotidien Al-Youm. Une lueur d’humanité rayonnerait-elle enfin à travers les ténèbres wahhabites d’un autre âge ?

La décapitation, un châtiment bientôt révolu en Arabie saoudite?

La monarchie saoudienne songerait à abolir le châtiment moyenâgeux de la décapitation, apprend-on via le quotidien Al-Youm. Une lueur d’humanité rayonnerait-elle enfin à travers les ténèbres wahhabites d’un autre âge ?

Ne nous y trompons pas, là où l’on aimerait déceler un petit supplément d’âme, c’est une raison très prosaïque qui préside au choix de ne plus passer au fil de l’épée les condamnés à la peine capitale. L’Arabie saoudite fait face à une grave pénurie, non pas d’or noir, mais de bourreaux !

Ils ont plein de pétrole, mais plus d’épéistes pour couper les têtes, et leur seule idée de substitution est de passer par les armes ceux dont le sort est scellé... Des pelotons d’exécution sont actuellement à l’étude au sein d’un comité mixte composé de représentants des ministères de l'Intérieur, de la Justice et de la Santé, qui sont chargés de délibérer sur leur mise en place et leur conformité avec la loi islamique. 

La fin de la décapitation saoudienne, ce raffinement de cruauté très peu goûté par ses partenaires occidentaux, mais passé sous silence, realpolitik oblige, vaudra-t-elle à la dynastie des Al-Saoud les éloges de son plus proche allié, les Etats-Unis ?

En attendant de savoir si la décision de fusiller les auteurs de crimes passibles de la peine de mort sera entérinée, le royaume saoudien n’a pas failli à sa légendaire intransigeance en donnant le coup de grâce à 76 individus en 2012, traînant derrière lui comme un boulet la décapitation qui a suscité, en début d'année, un large et vibrant appel à la clémence de la part d’ONG, mais aussi et surtout du président Sri-lankais : l’exécution au sabre d’une jeune domestique sri-lankaise de 23 ans, Rizana Nafeek, accusée d’avoir tué en 2005 un bébé qu’elle gardait, selon le ministère de l’Intérieur saoudien.

Une affaire qui a glacé le sang de la communauté internationale et envenimé les relations diplomatiques de la monarchie avec le Sri Lanka, dont l'ambassadeur en poste en Arabie saoudite a été rappelé en signe de sa plus vive protestation.

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