Stéphane Hessel est mort : une élue socialiste s’en amuse

Dérapage. Valérie Maupas, élue PS à Paris, s’est moqué sur Twitter de la disparition de Stéphane Hessel.

Stéphane Hessel est mort : une élue socialiste s’en amuse

Suite au décès de l’ancien résistant Stéphane Hessel, la Ligue de défense juive s’est félicitée hier de la nouvelle tandis que le président du CRIF rédigeait un éditorial particulièrement véhément à l’encontre du défunt. Peu de temps après, c’est au tour d’une élue de la République de s’être distingué au sujet de l’ex-diplomate engagé pour la Palestine.

Dès l’annonce de sa mort, dans la matinée, Valérie Maupas, membre du Parti socialiste et adjointe  au maire du XIVème arrondissement de Paris, exprimait sa dissonance particulière : « Une mise au point : le paradis des indignés, ça n'existe pas. On va avoir affaire à des poètes toute la journée... Je fatigue déjà ».

Quelques minutes plus tard, elle surenchérissait sur un mode plus cynique : « Une surprise immense, un choc. Jamais, je n'aurais cru que ça arriverait si vite... #toiaussirendhommage ».

Avant d’ajouter  froidement :« Tous les élus de France vont devoir renouveler leur comité de soutien... #hessel ».

Une heure plus tard, le ton persiflant demeure identique : « Il ne verra pas la 2è défaite de l'OM face au PSG cette semaine. C'est peut-être mieux comme ça... #Hessel ».

Répondant à un tweet de Vincent Glad (chroniqueur au Grand Journal de Canal+) qui propose la lecture de l’ouvrage « Indignez-vous ! » de Stéphane Hessel, Valérie Maupas lui rétorqua ceci : «On peut mais on veut pas... ça doit être aussi mauvais la 2è fois, non ? ».

L’élue socialiste continua dans le même registre en s’adressant, à propos de la joie de la LDJ, au journaliste Samuel Laurent : « Les gens ont le droit de le conchier, non ? Y a une loi contre ça ? ». Ce message a été effacé entretemps de son compte mais demeure  lisible sur celui du journaliste du Monde qui l’a retweeté. Ayant suscité alors l’étonnement de l’assistant parlementaire Bruno Bernard, Valérie Maupas persista : « Les gens s'expriment selon ce qu'ils ressentent, c'est humain ».

Samuel Laurent lui rappela que la LDJ était un « groupe extrémiste ». Réponse laconique de Valérie Maupas : « C'est une bande de débiles extrémistes et ils sont 12 à tout casser. Laissez-les où ils sont : à la marge ».

Un tel mépris envers la mémoire du pro-palestinien Stéphane Hessel et un tel relativisme moral au sujet de la LDJ ne doivent guère surprendre : Valérie Maupas est également la « vice-présidente chargée des relations avec les élus » au sein de « Socialisme et judaïsme », une association membre du CRIF et dévolue au rapprochement franco-israélien. Dans le comité d’honneur de cette structure, on remarquera la présence de la députée Danièle Hoffman-Rispal, la présidente du groupe parlementaire France-Israël qui a tenu, le 13 février, un discours en mémoire d’Ilan Halimi face à un public composé, entre autres, de membres de la LDJ.

Le 8 février 2012, Valérie Maupas avait signé un appel, paru dansLibération et intitulé « Français juifs et de gauche ». Un passage du texte ne manque pas de piquant, au regard de l’attitude affichée aujourd’hui par l’élue socialiste : « Il est urgent pour préparer l’avenir de raviver dans notre morale républicaine les valeurs d’humanisme, de tolérance et de respect ».

Faites ce que je dis, pas ce que je fais.


Rencontre avec Valérie Maupas et Jean-Paul Millet par pierrecastagnou

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Auteur : Hicham Hamza

Journaliste

hhamza@oumma.com

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