« La France est le pays qui comprend le moins l'islam », selon Rached Ghannouchi

« La France est le pays qui comprend le moins l'islam », selon Rached Ghannouchi

L’arrogance française est une spécificité qui s’exporte très mal, notamment de l’autre côté de la méditerranée, en Tunisie, à l’image de celle qui a caractérisé Manuel Valls à l’annonce de l’assassinat de Chokri Belaïd, le ministre de l’Intérieur et des cultes réussissant un joli doublé : offenser tout un peuple en ternissant la haute idée du « génie » national…

"La relation entre la Tunisie et la France est complexe. La France est un pays si proche de nous. Malgré cela, la France est le pays qui comprend le moins l'islam et les Tunisiens", a déclaré Rached Ghannouchi au Journal du Dimanche. Des Tunisiens  qui se sont sentis "insultés" par les propos péremptoires de Manuel Valls, ce dernier ayant repris à son compte, sans sourciller, l’expression à forte charge émotionnelle du « fascisme islamique », conceptualisée par une certains intelligentsia dans les salons feutrés du parisianisme.

La France ne se verra décerner aucune palme par le leader d’Ennahdha, mais plutôt le mauvais point de  banaliser des amalgames délétères :  "Ennahdha, les Frères musulmans, Al-Qaïda: Manuel Valls a mis tout le monde dans le même sac et, ce faisant, a montré qu'il ne comprenait rien à l'islam. À l'inverse, les Allemands, les Britanniques, les Américains y parviennent et savent que l'islam n'est pas uniforme et comporte des radicaux, des modérés, et que nous sommes à la tête des composantes modérées", a-t-il commenté.

Interrogé sur le nouveau chef du gouvernement tunisien Ali Larayedh, qui a repris le flambeau suite à la démission de Hamadi Jebali confronté au veto de son parti au sujet de sa proposition de former un gouvernement de technocrates, Rached Ghannouchi a dépeint un "militant connu pour sa modération et ses bonnes relations avec toutes les composantes de la classe politique".

2013, année de tous les enjeux à atteindre, mais aussi de tous les écueils à contourner, la Tunisie, soumise à de fortes zones de turbulences, devra respecter un agenda politique très chargé : "Nous prévoyons pour cette année la rédaction d'une nouvelle loi électorale, d'une nouvelle Constitution, l'élection d'une nouvelle Assemblée, d'un nouveau président. Il se peut que les élections se tiennent à l'automne prochain", a détaillé Rached Ghannouchi.

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