Les succès électoraux, économiques et politiques du « parti de la justice et du développement turc » ont eu un large écho auprès des formations islamistes.Considéré, à tort, comme un modèle d’islamisme réussi, il a renforcé le virage libéral entamé par les organisations islamistes. Ne prenant pas en compte la spécificité du cas turc, les islamistes prennent pour modèle ce qui constitue en vérité un contre-modèle !
Naissance et évolution de l’AKP
A l’origine, les cadres du futur AKP formaient un courant « rénovateur » au sein du parti islamiste Fazilet. Critiques à l’égard des positions idéologiques et des stratégies de leur chef Erbakan, ils se démarquent de lui pour former une alliance avec des transfuges des partis de la droite nationaliste. En 2002, ils se présentent comme des «musulmans démocrates» (1) Suite à leurs succès aux élections municipales, ils prennent conscience, à travers leur gestion des grandes villes turques, que ce sont les services concrets offerts à la population qui comptent et non pas les grandes idées ni les idéologies.
La priorité est donc aux questions économiques, à la lutte contre la corruption et aux problèmes concrets de la vie quotidienne.Cette maturation les amène à abandonner la rhétorique islamiste traditionnelle pour se centrer sur les questions concrètes.
Créé en 2001 et rassemblant sous son égide les diverses droites, l’AKP, incarne alors les revendications d’une société qui aspire à se libérer du carcan de l’Etat Kémaliste. Représentant les intérêts et les aspirations d’une classe moyenne provinciale, il bénéficie du soutien des PME, réunis dans le Müsiad, mais également du grand patronat, qui apprécie la stabilité, la lutte contre l’inflation et les privatisations du secteur public.(2)
Ses succès économiques ont conforté sa place sur l’échiquier local et mondial. La Turquie est ainsi devenue la 17ème puissance économique et ambitionne d’être d’ici peu la 10ème.Le succès de l’AKP est dû à une alliance entre les classes moyennes et inférieures, dont sont issus les cadres de l’AKP, et qui sont méprisées par les élites turques. (3)
Axe de la culture turque, l’Islam a, au départ, été la référence face à l’hégémonie de l’Occident et un moyen de se protéger contre sa domination politique et économique. Mais par la suite, il a cédé le pas à une quête de développement économique autonome, dans le cadre d’une coopération accrue avec l’Occident. (4)
En 2003, après une année passée au pouvoir, l’AKP se déclare « conservateur démocrate ne reposant ni sur des bases religieuses, ni sur des bases ethniques » (5)
Etat, Religion et laïcité
Le réalisme des dirigeants turcs les a conduits à se démarquer de l’islamisme traditionnel. Le Président turc n’hésite pas à déclarer qu’« il faut séparer le religieux du politique » (6)
Pour le député AKP, Eyüp Fatsa, « La religion doit rester un choix personnel et en aucun cas une obligation ». Son collègue Murat Mercan renchérit : « Le Coran ne résout pas les problèmes de société. Il professe juste des valeurs ». Ces affirmations sont justifiées par un universitaire turc de gauche « La société turque, par son histoire différente du monde arabe, est imperméable au fondamentalisme » (7)
S’il est attaché à l’Islam, l’AKP n’est pas un parti missionnaire qui vise à répandre la religion dans la population (9) Il se distingue de l’Islam politique classique par l’abandon d’une religion d’Etat. Considérant que son introduction dans la sphère profane la condamnerait à être absorbée par la politique et ses aléas humains.
L’Etat n’a donc pas à imposer de morale personnelle et la Charia ne peut s’appliquer à tous. De là, il est nécessaire de maintenir un corpus juridique autonome. La majorité doit tenir compte des modes de vie qui ne sont pas les siens et reconnaître pleinement le droit à la critique pour ses adversaires.
L’AKP est fermement attaché à la laïcité, une laïcité qui implique la neutralité des institutions et qui met fin à l’ingérence de l’Etat dans la sphère relevant du privé (8)
Libéralisme et Conservatisme
Réconciliant foi et économie de marché, la nouvelle génération « islamiste » turque s’approprie le registre de la démocratie libérale. Conservateurs, les idéologues de l’AKP refusent le radicalisme et le remodelage mécanique de la société.
Ils rejettent l’Utopie, l’homme nouveau, les lendemains qui chantent et critiquent le rationalisme des Lumières. Selon Akdogan, « Le conservatisme s’oppose aux changements révolutionnaires engendrés par les idéologies rationalistes » (9)
Influencés par la pensée conservatrice anglo-saxonne et par les thèses du néo-conservatisme américain (économie de marché, limitation du rôle de l’Etat, défense de la famille, libre expression de la religion dans la vie quotidienne), ils le sont également par la tradition conservatrice turque.
L’attachement à la tradition est affirmé, tradition dans laquelle l’Islam occupe une place fondamentale. Et pour l’AKP, la famille est l’expression la plus aboutie de l’ordre social. L’Etat a pour fonction de restaurer l’autorité et la vie sociale. Cependant ce conservatisme ne signifie pas réaction. Les formes révolues de gouvernement ne peuvent être ressuscitées et les ruptures de l’Histoire ne peuvent être niées. La conservation signifie évolution dans la continuité. Si les nécessités l’exigent, le changement ne peut qu’être tempéré.
Le corpus idéologique de l’AKP s’organise autour de la notion clef de société civile, mais celui-ci recouvre essentiellement les communautés religieuses, en particulier les confréries soufies. Au couple laïcité/autoritarisme, il oppose islam/ démocratie. Cette double identité est dans le contexte turc d’une redoutable efficacité.Le conservatisme social se double d’un libéralisme économique.
Akdogan, l’idéologue de l’AKP, célèbre l’économie de marché. Il considère que la propriété privée est une institution parfaitement en phase avec la culture islamique. Comme il prône la dérégulation des échanges, la privatisation du secteur public, le démantèlement de l’Etat providence…Selon lui, la libre entreprise est le ferment le plus solide des libertés publiques et du pluralisme social, et seule l’économie de marché renforce les contre-pouvoirs. (10)
Conformément à son idéologie libérale, l’AKP a adopté un programme économique axé sur le désengagement de l’Etat et la libéralisation de l’activité économique. L’Etat doit rester en dehors de tout type d’activité économique. Sa tâche est de réguler et de contrôler l’économie, tout en fournissant l’infrastructure nécessaire à la production et sa promotion. Son rôle le plus important consiste à créer un environnement favorable à l’initiative privée : stabilité politique et économique, transparence, clarté et fiabilité.
Cet environnement passe par la simplification et la réduction des impôts, la réduction de la dette publique et la participation des chambres de commerce et d’industrie à l’élaboration des politiques économiques. L’objectif est de favoriser l’économie de marché avec toutes ses institutions et ses règles, d’améliorer la compétitivité des entreprises nationales, de développer les exportations et d’attirer les capitaux étrangers, afin de favoriser le transfert de technologies et du savoir-faire.
Pour l’AKP, la privatisation est le véhicule d’une structure économique rationnelle. Ce qui implique une administration fiable et efficace de l’économie, par une privatisation rapide et transparente du secteur public. Cette privatisation concerne l’industrie, l’énergie, les transports, les services portuaires… Pour soutenir l’initiative privée, l’AKP prône la simplification des procédures administratives, la réduction des coûts des intrants y compris le coût de l’emploi, le soutien aux PME et la suppression de toutes les entraves à l’exportation.
Mais également, la lutte contre la concurrence déloyale, les profits déloyaux et le monopole, le soutien des activités de recherche et de développement, la modernisation de l’outil de production et l’incitation à la coopération entre l’industrie et l’université. Au niveau de l’emploi, l’objectif est de réduire le chômage et d’assurer la justice dans la répartition des revenus. (11)
Comme on le voit, c’est un programme foncièrement libéral qui réserve une place marginale au social. La stratégie de l’AKP ne vise pas une transformation sociale mais un développement économique qui, à court terme, ferait de la Turquie une puissance régionale et à long terme une puissance mondiale.
Les effets pervers du libéralisme à la manière de l’AKP
La politique suivie par l’AKP a porté des coups graves à la souveraineté nationale et creusé les écarts entre riches et pauvres. Presque les deux tiers des banques turques sont sous la coupe du Capital étranger et 40% du budget annuel de l’Etat servent à payer les intérêts d’une dette publique colossale.
Le gouvernement ne fait que servir, aux dépens des pauvres, les intérêts des institutions économiques dominantes, le Müsiad, le grand patronat et les Magnats de la presse.
La privatisation a touché tous les secteurs y compris les entreprises florissantes cédées à des sommes symboliques ! L’Etat a abandonné son rôle économique pour une liberté économique sans freins ni règles.
La conséquence est l’aggravation des écarts entre riches et pauvres, 25 millions de turcs sont pauvres et 3 millions vivent en dessous du seuil de la pauvreté ! Le consumérisme et le gaspillage dominent les comportements économiques, les confréries sont passées de « la spiritualité à la gestion des affaires » et les « militants d’hier, sont devenus les entrepreneurs d’aujourd’hui » !
Les hommes d’affaires appliquent intégralement les règles capitalistes, contrats de travail temporaires, pas d’assurances pour les travailleurs… Mais ils prient et accomplissent le culte de manière régulière ! L’AKP a produit une bourgeoisie pieuse aux dépens des valeurs islamiques et humanistes.
Notes
(1) Alain Chenal. L’AKP et le paysage politique turc in Pouvoirs n°115 année 2005/ Maïte Darnault. Un Etat laïque en terre d’Islam www.lemondedesreligions.fr 17/2/2011 Rusen Cakir Au nom de Dieu, de la Turquie et du progrès social in Courrier international juin-juilet 2003
(2) www.cafebabel.com Fernando navarro sordo « En Turquie, la modernité rime avec AKP » 1/8/2007
(3) Taha Akyol La revanche des petites gens in Courrier international juin-juillet 2003
(4) www.medea.be Ihsan Dagi L’AKP est-il un parti islamiste –zaman 21 nov 2002/ Olivier Roy in revue l’histoire n° 281
(5) www.lexpress.fr La conversion des islamistes turcs 30/11/2003
(6) www.lexpress.fr La Turquie a accompli une révolution silencieuse 7/11/2008
(7) www.lexpress.fr 30/10/2003 La conversion des islamistes turcs- déclaration de Murat Belge
(8) www.magistro.fr Tancrède Josseran : « La nouvelle identité des islamistes de l’AKP »
(9) idem et Tancrède Josseran : « L’AKP veut faire de l’Islam le ciment du futur pacte social » entretien avec Maurice Gendre in media libre 26/02/2011
(10) www.magistro.fr et www.realpolitik.tv Tancrède Josseran « La nouvelle identité des islamistes de l’AKP » Olivier Roy. Même les croyants ont intégré la laïcité www.lexpress.fr 29/11/2004/ Ahmet Insal. Le danger n’est pas l’Islam mais le conservatisme www.lemonde.fr 15/3/2011
(11) Site officiel de l’AKP




Commentaires
comparaison avec l'UMP:
droite plus conservatrice que libérale (dans les 2 cas libéral=vendre à perte la poule aux oeufs d'or)
et un Erdogan qui me fait penser à Sarkozy
mais des différences:
l'AKP n'a pas beaucoup de boucs émissaires (faut quand même voir sur place),
pas de Christine Bout(entr)in qui ridiculise tout le parti
et du bon boulot puisque le parti est réélu régulièrement.
Enième articles dégoulinant d'Etatôlatrie (islamiquement compatible paraît-il ???), nous servant à l'envie tous les poncifs éculé de prix Nobel : http://www.emploi-2017.org/inegalites-la-science-fiction-de-stiglitz.html
Excellent article, seulement je dois commenter ce passage : "L’Etat n’a donc pas à imposer de morale personnelle et la Charia ne peut s’appliquer à tous. De là, il est nécessaire de maintenir un corpus juridique autonome. La majorité doit tenir compte des modes de vie qui ne sont pas les siens et reconnaître pleinement le droit à la critique pour ses adversaires."
et pourqoui par exemple en france la majorité ne tient pas en compte des modes de vie qui ne sont pas les siens et oblige des filles musulmanes à oter leurs voiles dans l'école et le travail ? si la mini jupe est permis en turquie musulmane pourquoi le voile est t-il interdit en france athée sachant que la définition de la démocratie ci-haut suppose l'égalité et la reciprocité dans le traitement qu'il s'agit d'un pays musulman ou pas
Je ne sais pas ce que représente réellement Erdogan mais il me fait de plus en plus penser à ces socialistes de la gauche caviar qui ne trouvant pas de place dans les partis de droite se sont rabattus sur la gauche où ils appliquent les principes de la social démocratie qui s'adresse à tout sauf au peuple de gauche.
Monsieur Erdogan a un discours mâtiné d'Islam pour avoir les votes du plus grand nombre , c'est à dire les pauvres, mais en réalité il travaille pour et avec les élites et les grands patrons qui en général et comme tous les riches ont le dollar pour religion.
Cet homme est un opportuniste qui ratisse large: la preuve le portait d'Attaturk qui est derrière lui indique qu'il se réclame de son héritage. Or, nous savons ce qu'Attaturk, ce grand amateur d'alcool fort ( il a fini ivrogne) qui coupait les barbes avec ses grands ciseaux et remplaçait le fez par le chapeau, pensait de l'Islam
L’AKP est un parti de centre-droit. Ses cadres sont d’anciens islamistes que l’exercice du pouvoir a rendus pragmatiques. Si les Turcs votent majoritairement pour ce parti c’est uniquement parce qu’ils sont efficaces et non dogmatiques contrairement aux laïques.
Erdogan ne se réclame pas d’Atatürk. Les portraits d’Atatürk trônent partout en Turquie, il n'est donc pas étonnant qu'Erdogan pose devant un de ses portraits. En dehors de quelques imbéciles, ultra minoritaires, personne n’a de problème avec le fondateur de la république.
ce qu'on appelle l'islamisme, modéré ou extrémiste, est le contraire de l'islam, c'est à dire le contraire de la lutte pour une société de consultation, de justice sociale et d'égalité où la pauvreté aura disparu. Ce qui passe par la socialisation des moyens de production et d'échange en même temps que la suppression de l'usure, et donc du crédit et de la spéculation, toutes choses impossibles à réaliser dans le capitalisme qui fonctionne sur la concentration de la propriété aux mains de quelques uns. L'AKP n'est conservatrice qu'en ce sens qu'elle veut conserver le système injuste introduit en Turquie avec le capitalisme et son alliance avec l'OTAN. Il faut relire les textes des révolutionnaires musulmans de l'époque de la révolution russe des années 1920, les textes d'Ali Shariati, les textes de Malek Bennabi et prolonger leurs pensées. la religion comme hochet identitaire est le contraire du souffle justicier porté par les prophètes.
@ Mahi Zohra.
Pour l’ensemble du peuple turc, comme pour le monde musulman,à l'époque, Mustapha Kamel reste le grand capitaine de la bataille de Sakarya, où il a battu les envahisseurs Grecs et les a boutés hors de Turquie, en s'emparant de Smyrne, où ils étaient majoritaires..
A Konia, début des années 70, alors que le laïcisme régnait absolument, j’ai été frappé de voir le nombre de tags sur les murs: « Turk Halk muslim » (le peuple turc est musulman) et de trouver dans tous les commerces le portrait d’Atatürk. Les intéressés n’y voyaient aucune contradiction.
Effectivement, c’était un grand amateur de raki qui est mort d’une cirrhose alcoolique.
la chute de l'article
"Les hommes d’affaires appliquent intégralement les règles capitalistes, contrats de travail temporaires, pas d’assurances pour les travailleurs… Mais ils prient et accomplissent le culte de manière régulière ! L’AKP a produit une bourgeoisie pieuse aux dépens des valeurs islamiques et humanistes."
me fait penser au verset 177 de la sourate II( la piété ne consiste pas à tourner votre face vers l'Orient ou vers l'Occident) . La vie agréable à Dieu, dit le Coran, n'est pas celle du formalisme et du ritualisme. Lorsqu'il donne la définition du "bon musulman" il ne dit pas: le" bon musulman" est celui qui observe les rites, mais celui qui par amour de Dieu donne à autrui ce qu'il aime.( "Vous n'atteindrez pas la piété vraie tant que vous ne ferez pas don à autrui de ce que vous aimez" III,92 )
@ François
Puisque vous cherchez du son, sous-produit de la trituration.
« Je ne me souviens plus de ce qu'étaient les dhimmis : pouvez-vous me renseigner ? »
Littéralement, celui qui est sous notre responsabilité. Le mort est dit dhimmi de Dieu.
Les gens du livre étaient dispensés du service militaire et en contrepartie devaient payer la ‘’djizya’’, en termes actuels, contribution à la défense nationale.
L’assiette ne concernait que les hommes en mesure de porter les armes, ce qui excluait les vieux, les femmes, les enfants et les handicapés.
Cette responsabilité devant Dieu et les hommes a fait que Mohammed V a refusé catégoriquement d’appliquer les lois scélérates de Vichy, que les Tunisois ont empêché la
Wehrmacht de rafler leurs voisins juifs et que le peuple algérien a pris soin des siens.
Pendant ce temps, la police ‘’française’’ chassaient le Juif à vue et les corbeaux les dénonçaient.
(à suivre)
Encore du son pour François
Quand vous nous empruntez des concepts, vous y mettez un contenu à vous. C’est valable pour dhimmi et ou encore pour fatwa.
Fatwa signifie, avis juridique qui appelle automatiquement un contre-avis qu’un autre juriste peut et doit émettre.
Vous, vous parlez de lancer des fatwas, ce qui renvoie au très catholique lancer l’anathème.
Si Kaddour Benghabrit, Recteur de la mosquée de Paris, a au péril de sa vie sauvé des camps de la mort, 1937 Juifs de France. Cela fait de lui, un Juste, selon la propre définition de ce mot. On attend que cette qualité lui soit conférée.
Le consulat turc de Salonique a délivré des milliers de passeports à des Juifs, toujours suivant le principe de la dhimmitude-responsabilité.
J’espère que vous êtes repu.
Durant l'affaire de la flottille de Gaza il y a 2 ans 1/2, tous les intellectuels musulmans de France ont tressé des lauriers à Erdogan et son parti l'AKP.
Mais aujourd'hui, les mêmes se retournent et lui crachent dessus parce qu'il ne soutient pas Bachar El Assad. Minable.
@ francois et jaied
La règle générale concernant les droits des dhimmi-s est qu’ils ont les mêmes droits et les mêmes devoirs que les musulmans. Cette règle a été établie par les jurisconsultes hanafites. Elle est confirmée par les propos des jurisconsultes malékites, chaféites et hanbalites, ainsi que par certains récits des oulémas des premières générations de l’Islam. Alî ibn Abî Tâlib, qu'Allah soit satisfait de lui, a dit : «Ils acceptent de payer la djiziya (impôt payé par les dhimmi-s) pour que leur argent et leur sang soient aussi sacrés que les notres. »
Cependant, cette règle n’est pas absolue. En effet, les dhimmi-s ne sont pas toujours l’égal des musulmans en ce qui concerne les droits et les devoirs, et cela, en raison de leur incroyance et leur non-respect des lois de l'Islam. Voici les droits dont jouissent les dhimmi-s en Islam :
Premièrement : le droit à la protection de l’Etat.
Deuxièmement : le droit de résidence et de libre circulation.
Troisièmement : ....
...: le droit d'exercer librement leurs croyances et leurs pratiques religieuses.
Quatrièmement: le droit de choisir leur travail. »
Concernant les peines relatives à la consommation d’alcool en particulier, les ulémas des quatre écoles jurisprudentielles disent que ces peines ne s’appliquent pas à eux. Ils s'appuient, pour justifier cet avis, sur des preuves solides mentionnées par l’imam al-Châfi’î et ayant trait au droit de ces dhimmi-s de pratiquer librement leur culte. Concernant les autres peines prescrites par les lois islamiques elles dépendent des circonstances. Quant aux pratiques des dhimmi-s qui peuvent être la source de tentation pour les musulmans, elles sont interdites. C’est pourquoi dans le "Pacte d’Umar" on peut lire: «...nous ne mangerons pas de porc à côté d’eux(les musulmans), ni nous ne vendrons d’alcool, ni nous ne professerons ouvertement le polythéisme, ni nous ne prêcherons notre religion et nous n’inviterons personne à la rejoindre...
Et Allah sait mieux