Un concours de hijab met les nerfs à vif des islamophobes américains

Un concours de hijab met les nerfs à vif des islamophobes américains

Américaniser le hijab, et non « hijabiser » l’Amérique comme l’insinuent  les grands pourfendeurs de l’islam de l’autre côté de l’Atlantique, maléfiques artisans de la suspicion de l'entrisme islamiste, telle est l’idée avant-gardiste, fashion mais pour la bonne cause, qui a germé dans l’esprit d’une avocate de 31 ans, Shaz Kaiseruddin.

Figure de proue d’une nouvelle génération de musulmanes américaines, pionnières dans l’âme, pour qui l’islam n’est pas synonyme d’archaïsme et la mode rime avec évolution des mentalités, cette juriste de Chicago, spécialisée dans les droits de l’Homme, aspire à démystifier le voile, caressant le doux rêve d’en faire une parure aussi emblématique de l’art de vivre américain que l’est le cultissime blue jeans. Une vraie gageure, car si le port du jeans a conquis tous les continents, le hijab n’a, lui, d’universel que les peurs et fantasmes qu’il cristallise en Occident.

Indifférente aux cris d’orfraie des islamophobes de tous poils qui fulminent devant ce qu'ils qualifient de "normalisation de la Sharia", Shaz Kaiseruddin, inébranlable, a parachevé son grand projet : organiser un concours national de stylisme pour inciter les créateurs de mode à apporter une touche américaine au hijab, tout en conciliant modernité et élégance. 

"Ici, aux Etats-Unis, la plupart des femmes qui portent un foulard marient le style arabe de leur hijab avec des tenues américaines très actuelles", a déclaré Shaz Kaiseruddin, précisant au Chicago Tribune qu'elle-même porte le voile depuis l’âge de 11 ans. "Les Arabes ont leur style de hijab, les Malaisiens ont le leur, ainsi que les Indiens, mais nous qui vivons en Occident, il nous reste à inventer la version occidentalisée ou américanisée pour l’avenir", a ajouté la jeune femme, qui a insisté sur le gage de loyauté qu’elle donne à sa patrie à travers cette initiative originale et novatrice.

70 stylistes en herbe, disséminés aux quatre coins du pays, ont déjà posé leur candidature. Reste à savoir qui sera le grand lauréat et à quoi ressemblera le hijab dernier cri made in US, à la fois en phase avec son temps et imperméable au vent mauvais de l’islamophobie occidentale.

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