Qui veut passer son dimanche avec BHL, Chalghoumi, Prasquier, Sifaoui et Val ?

Bon plan. Oumma-les-bons-tuyaux vous donne des pistes pour enrichir intellectuellement votre weekend.

Qui veut passer son dimanche avec BHL, Chalghoumi, Prasquier, Sifaoui et Val ?

Parisien, francilien ou de passage à la capitale ce weekend : cette annonce vous est destinée. Au lieu d’aller rejoindre la manifestation hostile au « mariage pour tous », Oumma vous a déniché une opportunité culturelle exceptionnelle : passer votre dimanche à l’écoute des plus grandes figures intellectuelles et associatives de notre temps.

Dimanche 13 janvier, le Conseil représentatif des institutions juives de France organisera sa seconde convention nationale. Ouvert au public et promu sur Facebook, ce rassemblement, consacré cette année au « combat contre la menace antisémite », permettra au spectateur (désireux d’en finir avec ce-mal-insidieux-qui-nous-vient-des-banlieues) d’entendre les plus beaux fleurons de l’intelligentsia française. Passage en revue des troupes de choc :

·       9h45 : la député UMP Nathalie Kosciuszko-Morizet, l’historien Alexandre Adler, le journaliste Laurent Joffrin et le réalisateur Jacques Tarnero prendront « la mesure des menaces en France et en Europe » en se posant les questions qui fâchent : « Les actes terroristes de Mohamed Merah sont-ils le fait d’un fanatique isolé ou le symptôme d’une menace plus grande ? Y a-t-il de nouveaux territoires perdus par la République ? ». Arié Bensemhoun membre du bureau exécutif du CRIF et responsable de la communauté juive de Toulouse, conclura ce premier débat indispensable.

·       11h : en guest star, Abdelghani Merah présentera son « témoignage introductif » pour lancer la discussion à propos d’une question cruciale : « Peut-on guérir de l’antisémitisme ? ». En détail, les intervenants, parmi lesquels le vaillant Dominique Sopo de Sos Racisme, s’interrogeront solennellement : « L’antisémitisme est-il une pathologie de l’âme inguérissable ? La raison, l’histoire, l’éducation, constituent-elles des outils efficaces pour s’opposer à ce fléau ? ».

·       13h30 : le choix sera difficile entre deux débats simultanés qui s’annoncent de haute volée. D’un côté, l’écrivain Marek Halter, le député PS Jérôme Guedj, l’élu Philippe « al-Dura » Karsenty et l’intrépide reporter Jérôme Simon-Sellem se demanderont « comment faire tomber le masque de l’antisionisme » qui recouvre « la haine des Juifs ». De l’autre, Jean-Louis Borloo de l’UDI, l’humoriste Michel Boujenah, l’imam Hassen Chalghoumi, l’éditorialiste du Figaro, Yves Thréard, et le directeur de France Inter, Philippe Val, disserteront sur « les limites de la liberté d’expression » et sur la nécessité de « revendiquer le blasphème ».

·       14h45 : un nouveau dilemme se présente pour l’amateur des fulgurances de l’esprit. D’un côté, l’impétueuse Elisabeth Lévy débattra avec  le président de« l’association des journalistes juifs de la presse française » et reporter à France3, Clément Weill-Reynal, de « l’étrange objet du délire » que constituerait « le nom ‘‘Israël’’ dans les médias ». De l’autre, le politologue Dominique Moïsi et le journaliste d’investigation Mohamed Sifaoui se poseront la question taboue : « Verra-t-on un jour des démocraties musulmanes comme existent en Europe des démocraties chrétiennes ? ».

·       16h30 : le clou du spectacle aura lieu au crépuscule. Après l’intervention du grand Rabbin de France Gilles Bernheim, les deux philosophes des lumières que le monde nous envie, Bernard-Henri Lévy et Alain Finkielkraut, nous diront comment faire« face à l’antisémitisme » en passant « du constat au combat ». L’humaniste Richard Prasquier viendra ensuite conclure -malheureusement- cet auguste rassemblement.

Les inscriptions sur Internet sont closes mais il est toujours possible de se présenter sur place afin de pouvoir bénéficier des perles intellectuelles qui jailliront dans l’agora. Espérons toutefois que le service d’ordre, généralement composé de nos tendres amis de la Ligue de Défense Juive, sauront parer à toute intrusion islamo-gauchiste. Ces idolâtres de Tariq Ramadan et du Hezbollah seraient fort capables de perturber le bel ordonnancement de la journée en rappelant aux uns et aux autres leurs petits arrangements avec la vérité ou leurs maladresses inoffensives.

 Ainsi, Mohamed Sifaoui et Abdelghani Merah ont eu tout à le fait droit d’accuser à tort un « troisième homme » dans l’affaire de Toulouse sans que cet excès de zèle ne leur soit reproché. Richard Prasquier n’a pas démérité en tentant de dissuader le père d’une victime de porter plainte contre l’ex-directeur de la DCRI ou en traitant de « fou antisémite » l’agent occulte du Hamas, Richard Falk. Laurent Joffrin et Philippe Val font preuve de courage quand ils dénoncent avec panache la dangerosité de ces complotistes qui osent douter de la vérité sacro-sainte du 11-Septembre. Enfin, Bernard-Henri Lévy, déjà présent lors de la première convention nationale du CRIF, n’a pas à s’excuser pour les légers remous de la démocratisation libyenne en cours. Bref : espérons que les antisionistes antisémites, dont on connaît la propension à la taqqiya, ne parviendront pas à gagner les rangées d’un public éclairé.

Oumma n’a qu’un seul bémol à adresser aux organisateurs du rassemblement : dommage de ne pas avoir réussi à convaincre Manuel Valls à se joindre aux débats. En effet, comme l’indique le programme initial de la journée, le fougueux ministre était annoncé, « sous réserve », pour introduire les festivités sur le thème des « menaces en France et en Europe ». Dieu merci, entre le prochain dîner annuel du CRIF  et une réunion avec le CRIF Rhône-Alpes prévue fin janvier, notre chouchou au gouvernement aura encore l’occasion de faire belle figure.

Auteur : Hicham Hamza

Journaliste

hhamza@oumma.com

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