Copé, champion décomplexé du jeu de dupes de la "Droite forte"

Champion toute catégorie d’un vaste jeu de dupes, le sacre contesté de Copé hisse au sommet un politicien ambitieux et calculateur, voire véreux pour les Fillonistes, qui se voit déjà roi en 2017, et dont les prétendues 952 voix d’avance sur son meilleur ennemi, François Fillon, seront à jamais entourées d’un halo de suspicion qui discrédite sa légitimité.

Copé, champion décomplexé du jeu de dupes de la "Droite forte"

Au pitoyable jeu de massacre de l’UMP, la proclamation de la victoire de Jean-François Copé sonne comme le triomphe sans gloire, mais entaché de déshonneur, de la droite dure, celle qui fait l’école Buissonnière en s’engouffrant dans la brèche populiste laissée béante par Patrick Buisson, l’ex-frontiste devenu gourou de Sarkozy, et grand inspirateur d’un pain au chocolat au goût amer qui n’a pas fini d’être mis à toutes les sauces cocardières et islamophobes.

Champion toute catégorie d’un vaste jeu de dupes, le sacre contesté de Copé hisse au sommet un politicien ambitieux et calculateur, voire véreux pour les Fillonistes, qui se voit déjà roi en 2017, et dont les prétendues 952 voix d’avance sur son meilleur ennemi, François Fillon, seront à jamais entourées d’un halo de suspicion qui discrédite sa légitimité. Une légitimité qui était déjà fortement écornée par son embarrassante amitié avec Ziad Takieddine, le milliardaire franco-libanais inculpé dans l’affaire des ventes d’armes françaises, où les bons comptes, les vacances de luxe aux frais de la princesse et une belle montre Rolex, entre autres petits cadeaux, ont fait les bons amis…

Mais ce ne serait rien si cette primaire rocambolesque n’avait gravement avili l’exercice de la politique et révélé des coulisses peu reluisantes, où la démocratie est un mythe, l’UMP, ou du moins ce qu’il en reste, ayant touché le fond en temps réel et sous les yeux effarés de la France d’en bas, qui aurait là matière à crier «tous pourris !».

Le nouveau patron de la droite éclaboussée et divisée n’est guère encensé que par sa légion de courtisans, fieffés opportunistes et flagorneurs, car dans le clan Fillon, les couteaux sont tirés, et la double accusation de « fraude industrielle » et de « coup de force » lui est renvoyée à la face comme un boomerang.  L’écoeurement a même conduit Dominique Dord, trésorier de l’UMP, et soutien de Fillon, à démissionner de manière fracassante en dénonçant avec véhémence la méthode Copé, qui oonsiste à user et abuser sans scrupule de tous les moyens du parti, à hauteur de 200 000 euros, pour vaincre sans péril.

Alors, est-on au bord de la scission, ou encore de l’implosion de la droite décomplexée qui, après avoir perdu toutes les élections intermédiaires et la présidentielle, aura même réussi l’exploit de perdre la seule élection où elle était assurée de ressortir gagnante ? La rumeur persistante selon laquelle la figure tutélaire, Nicolas Sarkozy, exhorterait à revoter, est-elle crédible ? François Fillon mettra-il sa menace de saisir la justice à exécution ?

Autant de questions brûlantes qui ne doivent pas pour autant éclipser l’autre fait marquant de ce scrutin tristement inédit : le plébiscite de la motion de la "Droite forte", incarnée par les deux étoiles montantes Umpistes, Guillaume Peltier et Geoffroy Didier, qui font du Sarkozy sans état d’âme et mettent le cap à droite toute en pleine tempête interne !

Ces deux jeunes loups aux dents longues et à la dent dure, l’un, Guillaume Peltier, issu des rangs du Front national, et l’autre Geoffroy Didier, ex-conseiller de l’ex-ministre de l’Intérieur Hortefeux, poursuivi par des « Auvergnats » fantômes mais rattrapé par un racisme bien réel, se sont distingués auprès des militants en proposant de créer une "Charte républicaine des musulmans de France", dénonçant l'émergence "d’un communautarisme plus revendicatif, plus agressif, plus conquérant". 

Tenants d’une "révolution laïque", ces deux Copéistes convaincus, qui n’ont de révolutionnaire que leur jeunesse, vont surtout dans le sens du vent en se faisant les chantres d’une droitisation qui était à son paroxysme pendant le débat poudre aux yeux sur l’identité nationale, et qu’ils comptent bien exacerber à travers la mise en place d’un ministère de la Laïcité.

Plaidant pour la création d'une "Charte républicaine des musulmans de France", qui "aura valeur de loi",  expliquant en préambule que "l'islam radical est le problème alors que l'islam modéré est la solution", ils indiquent que cette charte "conditionnera toute autorisation de construction de mosquée". Signée par les responsables musulmans, elle comportera "la reconnaissance de l'égalité homme-femme et de la laïcité de l'Etat, la condamnation de la polygamie, le refus de financement  par un pays étranger comme du financement public, l'interdiction des minarets, outils de prosélytisme dans l'espace public, l'interdiction des prières de rue et de la burqa". Faute de quoi, "les organisations seraient exclues du Conseil français du culte musulman, interlocuteur crédible de l'Etat"... 

Se sentant l’âme des futures sentinelles de la citadelle France qu’ils n’osent pas encore décréter assiégée, mais à l’épreuve grisante du pouvoir, gageons que cela ne saurait tarder, les prochains garants de "nos modes de vie, nos traditions, notre identité qui fonde la France d'hier, d'aujourd'hui et de demain", ce sera eux. En ces temps troublés où le radeau UMP vogue à la dérive, il y a fort à parier que certains préféreront de nouveau l’original Le Pen à la pâle copie Umpiste, personne, ni Copé, ni ses deux fougueux porte-flingues, n’ayant tiré les enseignements de la grande machine à perdre du Sarkozysme.

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Auteur : la rédaction

redaction@oumma.com

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