Samedi 1 November 2014
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Mohamed Morsi renforce ses pouvoirs au grand dam de l'opposition égyptienne

Mohamed Morsi renforce ses pouvoirs au grand dam de l'opposition égyptienne
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Mohamed Morsi, nouveau Pharaon au pays des Pharaons, c’est ce que redoutent les Egyptiens hostiles à celui qu’ils qualifient d’accaparateur de tous les pouvoirs dans une main de fer, et contre lequel ils seraient des milliers à s’être insurgés, vendredi, sur l’emblématique place Tahrir, au Caire.

Craignant de voir la résurgence des années de plomb miner leur pays, les opposants au régime en place ont observé un sit-in à l’appel de personnalités ou de mouvements laïques et libéraux en scandant «Morsi dictateur», afin de dénoncer les nouvelles prérogatives que s’est arrogé l’homme fort qui préside désormais à leurs destinées, notamment face à la justice.

La puissance de ce dernier renforcée au nom de la « défense » de la révolution de 2011 a mis le feu aux poudres,  et ce n’est pas l’allocution télévisée du porte-parole de la présidence, Yasser Ali, qui a déclaré en substance que «Le Président peut prendre toute décision ou mesure pour protéger la révolution», qui a apaisé les esprits.

Parallèlement à cette protestation de grande ampleur,  les médias ont relaté l’incendie des locaux du parti politique issu des Frères musulmans par des manifestants, dans d’autres villes du pays.

Au même moment, une autre clameur montait devant le palais présidentiel, mais aux cris de «Morsi on t’aime», en soutien au Président qui s’est dit déterminé à assumer ses pouvoirs consolidés et élargis, confirmant ce qui fut annoncé dans la «déclaration constitutionnelle» de jeudi dernier.

Le pouvoir judiciaire, qui entretient des relations orageuses avec le sommet de l'Etat, est également monté au créneau, résolu à agir. Ainsi, les juges d’Alexandrie ont annoncé la tenue d'une grève ouverte en signe de leur plus vive désapprobation, soutenus dans leur démarche par la plus haute autorité judiciaire d’Egypte. La déclaration constitutionnelle annoncée par la Présidence «est une attaque sans précédent contre l’indépendance du pouvoir judiciaire et ses jugements», a vivement déploré dans un communiqué le Conseil supérieur de la magistrature, à l’issue d’une réunion d’urgence.

A ce tonnerre d’indignations égyptiennes a fait écho l’inquiétude de la communauté internationale, les Etats-Unis et l’Union Européenne appelant de concert au respect du « processus démocratique » dans l'Egypte tout juste libérée de l'autocratie.

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Commentaires

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karim
-300 points

Revoilà Moloch !!!

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Saladin
-81 points

Bien qu'on est pas d'accord avec l'idée que le procureur général soit désigné par le président pour une durée de 4 ans, Mohamed mursi demeure un président élu démocratiquement par le peuple egyptien et il a le droit de chercher à réaliser les objectifs de la révolution en utilisant et élargissant temporairement ses pouvoirs de chef d'état jusqu'a l'éléction d'un nouveau parlement et la validation d'une nouvelle constitution, d'ailleurs, le mouvement " juges pour l'egypte " composé principalement de magistrats indépendants a affirmé hier dans une conférence de presse son soutien aux décisions de Mohamed Morsi

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elham
558 points

Il y avait un véritable complot en préparation:

Morsi a eu vent que la cour suprême d’Égypte compte rendre le 05 décembre prochain (à la demande des opposants) un jugement de dissolution de la commission chargée de réfléchir et rédiger la future constitution, ceci étant l'étape 1 du complot.

Etape 2:
le procureur général écarté compte profiter de l'affaiblissement du président pour engager des poursuite à son encontre et ouvrir la porte au maréchal Tantaoui pour revenir au pouvoir.

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Sarah
-30 points

Il serait bon qu'il y ait plus de précision et moins de simplisme sur ce qui se passe en Egypte.

Les juges qui manifestent contre Morsi sont les fidèles de Moubarak et de l'ancien régime,et non des défenseurs de la démocratie et de l'indépendance de la justice comme il est répété dans les médias.

On n'a jamais entendu ces fameux amoureux de la démocratie manifester sous le régime de Moubarak auquel ils obéissaient au doigt et à l'oeil.

Par ailleurs,il faut savoir que de nombreuses institutions,parmi lesquelles la justice et l'armée, mettent des bâtons dans les roues du nouveau régime qui se trouve dans l'incapacité de mener à bien les réformes nécessaires.
Bien que je sois en désaccord avec ce genre de décisions,Morsi a-t-il vraiment le choix pour faire avancer son pays?

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blancdecoeur
3 points

c'est l'opposition laique qui est hélas responsable car leur stratégie est de discréditer les mouvements islamiques auprès des populations et pour espérer prendre le pouvoir lors des prochaines élections et quand ces laiques seront au pouvoir ils imposeront des lois répressives sous prétexte que les "islamistes ne seraient pas respectueux des principes démocratiques et des résultats des urnes "
et vu le soutien des occidentaux pour les laiques il est clair que cela ressemble à une stratégie du nouvel ordre mondial et d'instaurer des régimes pro occidentaux sur le moyen terme.

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michel7520
-1952 points

C'est bien gentil de parler sans cesse de "complots", d'accuser les "laïques" de tous les maux, mais en réalité Morsi a tout planifié pour faire passer SA version de la Constitution dont certains articles sont très controversés.
Les oppositions ayant déserté l'Assemblée pour protester contre son coup de force, celle-ci a pu voter un à un et quasiment sans débat les articles de SON projet de Constitution.
Le référendum est programmé dans un délai si court qu'il n'y aura même pas de campagne d'explication, encore moins de débat contradictoire pour éclairer les citoyens avant le vote.
Maintenant, les Egyptiens sont devant un choix entre Charybde et Scylla. Soit ils acceptent ce projet de Constitution, soit ils conservent Morsi avec ses pleins pouvoirs pour longtemps !

La démocratie, ce n'est pas (seulement) la légitimité donnée à un président et un gouvernement par des élections (combien de dictateurs et même de systèmes totalitaires ont été "légitimés" par des votes !)...

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michel7520
-1952 points

(suite et fin)
- c'est l'existence de contre-pouvoirs puissants, nombreux et divers à tous les niveaux de la société civile (associations, syndicats, partis, ordres corporatifs, corps professionnels, religions constituées, etc.), sans compter les élus aux divers échelons d'organisation de la société politique (du local au national) défendant les intérêts de tous les citoyens de leur zone, et pas seulement celui de leur parti politique ou de leurs électeurs.
Et grâce à tous ces contre-pouvoirs,
- c'est une gouvernance de la majorité qui n'écrase pas les minorités, qui tient compte AUSSI de leurs intérêts vitaux.

En Egypte cela voudrais dire une Constitution qui, entre autres, ne ferait pas peur à la minorité copte (6 à 10% de la population), donc qui ne fonderait pas le droit du pays - formé de musulmans et de chrétiens - sur le seul droit islamique, qui ne donnerait pas uniquement à Al-Azhar un droit de regard sur les lois adoptées par les élus.