A la Grande Mosquée de Strasbourg, Manuel Valls demande sèchement qu’on l’applaudisse

Matamore. Jeudi, le ministre de l’Intérieur a inauguré la Grande Mosquée de Strasbourg avec un style plutôt martial. Illustration en images.

A la Grande Mosquée de Strasbourg, Manuel Valls demande sèchement qu’on l’applaudisse

Depuis  son ascension dans les sondages, les médias lui font les yeux de Chimène. Manuel Valls n’est-il pas, après tout, « l’homme le plus puissant de France » selon l’expression qualifiant d’ordinaire le ministre de l’Intérieur ? Son tempérament nerveux est désormais édulcoré par les journalistes politiques. Révélée l’an dernier par Oumma, son allégeance envers Israël -nation étrangère et colonialiste envers laquelle il s’est déclaré être « lié de manière éternelle »-  est de notoriété publique sur les sites alternatifs mais demeure totalement passée sous silence par les éditorialistes de la presse classique. Seul l’écrivain Marek Halter s’est publiquement réjoui d’une telle connivence communautaire. Et même discrétion des faiseurs d’opinion quand Manuel Valls bombe le torse de manière outrancière : cela ne fait plus l’objet d’un commentaire médiatique.

Ainsi en va-t-il de sa prestation lors de l’inauguration de la Grande Mosquée de Strasbourg. Jeudi dernier, en sa qualité de ministre en charge des cultes, Manuel Valls avait soufflé le chaud et le froid sur l’islam de France, reconnaissant la liberté de culte des musulmans tout en menaçant régulièrement d’expulser du territoire ceux qui, se « réclamant de l’islam », ne cessent de « défier les lois de la République ».

Peu importe si, dans le même temps, ceux qui se revendiquent d’une autre religion tout en enfreignant ouvertement la loi -à l’instar des membres extrémistes de la Ligue de Défense Juive- bénéficient toujours d’une parfaite impunité.

Parade militaire

A l’occasion d’une énième envolée contre les « prédicateurs de haine », visiblement nombreux au regard de l’énergie verbale qu’il leur accorde, Manuel Valls s’est interrompu, admonestant le public présent avec une rudesse inhabituelle pour ce type de cérémonie : « Vous pouvez applaudir aussi, mesdames et messieurs ! ».

http://youtu.be/74n1HRasG0s

La vidéo intégrale de son discours est disponible sur le compte Dailymotion du ministère de l’Intérieur. Dans cet extrait repéré et découpé par Oumma, Manuel Valls conclut sa diatribe alarmiste en affirmant également qu’il n’y a « qu’une seule communauté qui vaille, qui s’impose : la communauté nationale ».  Il faut saluer ici la remarquable évolution personnelle de l’élu socialiste : en juin 2011, l’homme affirmait plutôt « être lié, par sa femme, de manière éternelle à la communauté juive et à Israël ». A moins qu’il ne s’agisse d’un double discours, Manuel Valls semble donc avoir désormais saisi le principe essentiel de la laïcité : une stricte neutralité affichée par tout élu républicain à l’égard de chaque composante religieuse de la société. Autrement dit : ni traitement de faveur, ni paternalisme envers tel ou tel culte.

Barbouze sous Valls

L’image qu’il renvoie sur ce thème -son rapport aux religions- lui tient à cœur : en mars dernier, invité à débattre de la laïcité au Consistoire central israélite de France, Manuel Valls a vivement fait savoir qu’il n’avait pas apprécié le succès sur le web de la révélation d’Oumma faisant état de ses accointances religieuses et politiques. L’ex-directeur de communication de François Hollande avait même utilisé une métaphore quelque peu ordurière, évoquant ce que « charrie » Internet pour qualifier notre article à son sujet.

Reste à espérer que Manuel Valls  ne sera pas rancunier à l’encontre d’Oumma. Dans le cas contraire, il confirmerait alors une information rapportée en 2008 par Alexandre Adler : selon l’intellectuel proche des réseaux du pouvoir, le site Oumma.com serait surveillé« en permanence » par le ministère de l’Intérieur. Une sorte de police politique, toujours en place sous François Hollande? C’est nous faire trop d’honneur, mais en cette période d’économie budgétaire, nous serions ravis, par patriotisme, de voir les valeureux fonctionnaires du Renseignement intérieur exercer leurs talents ailleurs. Sur eux-mêmes, par exemple

Auteur : Hicham Hamza

Journaliste

hhamza@oumma.com

commentaires