Véronique Genest ou l’islamophobie comme ciment du couple

Info Oumma. La peur de l’islam confessée par la comédienne Véronique Genest fait écho à celle entretenue, plus radicalement, par son mari. Révélations.

Véronique Genest ou l’islamophobie comme ciment du couple

Elle fait le buzz. Grâce à sa réprobation assumée de l’islam, Véronique Genest a réussi, malgré une carrière essoufflée, à faire parler d’elle.  Son altercation virtuelle avec le réalisateur Mathieu Kassovitz et son « coming out » anti-islam sur le plateau de Jean-Marc Morandini continuent de faire jaser sur les réseaux sociaux et dans les commentaires de presse. On s’interroge sur les motivations de l’héroïne de « Julie Lescaut », on s’amuse ou on s’indigne de la persistance, illustrée par sa profusion de tweets, dans ce registre discriminatoire.

Curieusement, aucun éditorialiste n’a cru bon d’éclairer ses propos en soulignant le contexte familial particulier de la comédienne. Depuis 1992, Véronique Genest est l’épouse de Meyer Bokobza, un ex-médecin reconverti dans la production audiovisuelle et cinématographique. « Sam & Cie », tel est le nom -clin d’œil à leur fils Sam Bokobza- de cette entreprise  cogérée en famille et prestataire de services pour TF1.

Pour mieux comprendre l’étrange fixation de l’actrice à propos de l’islam, il est utile de lever le voile sur les positions idéologiques de son mari. A cet égard, les éléments publics de son compte Facebook sont révélateurs. Sa photo de profil, digne de la blogosphère antimusulmane, représente ainsi une assemblée de femmes complètement voilées avec la Tour Eiffel visible à l’horizon. 

 

Plus significatif, le répertoire des notes publiées par Meyer Bokobza dévoile une personnalité obsédée par la menace que représenteraient, notamment à l’encontre des juifs, les musulmans français. Par exemple, un texte intitulé « Judenrat français » laisse entendre, par le choix du terme allemand, que la communauté juive hexagonale, victime de la haine d’autrui, serait toujours assignée dans un ghetto.

Dans un billet rédigé en décembre 2010, « au premier soir de Hanouka », Meyer Bokobza se lamentait aussi de « la liste effrayante de nos ennemis », de « l'encerclement d’Israël » et du « silence des nations ». Un an plus tard, le pieux commentateur, abonné au site ultra-sioniste JSS News, souligna en outre que la « reconquête de Jérusalem » n’était « pas finie ».

Prophète de malheur

Le lendemain de la tuerie perpétrée au collège-lycée juif de Toulouse, il en appelait également à une sorte de prise de conscience communautariste, relayée « tendrement » par son épouse :

« Comment vivre aujourd'hui dans un monde menaçant et menacé sans savoir qui l'on est et qui l'on sert?
Comment peut-on aujourd'hui en France, sans références, sans débats, sans jugements, se réclamer juif en occultant les mots Sionisme, Antisémitisme et Communauté, ces mots existent et nous renvoient à l'examen de notre conscience personnelle et collective.
Une clarification de notre identité et de notre statut en dehors de l'Etat d'Israël semble indispensable à notre existence. Il n'y a pas dans notre fondement culturel de hiérarchie religieuse, j'invite donc tous ceux qui se sentent concernés à provoquer et à instruire le débat sur l'identité culturelle juive et française ».

Un autre papier, daté du 12 mars 2012, rend hommage à l’ancien ministre Michel Poniatowski pour avoir mis en garde contre l’émergence d’une« société pluriethnique ». Reprenant le flambeau, Meyer Bokobza souscrit au propos suivant"
 

:

 « Si nous désirons voir les choses dégénérer ainsi, il suffit de leur laisser suivre leur cours. Le campement africain toujours plus grand, plus vaste, plus illégal, grignotera d'abord, puis rongera, avant de faire disparaître tout entier le cher vieux pays, dont la défaite sera annoncée du haut des minarets de nos nombreuses mosquées.

Nos temps sont assez graves pour ne pas faire appel à de médiocres facilités politiciennes. 
Nous allons vers des Saint-Barthélemy si l'immigration africaine n'est pas strictement contrôlée, limitée, réduite et expurgée de ses éléments négatifs et dangereux, si un effort d'intégration ne vient pas aussi compléter cette nécessaire répression ».

Paranoïa communautaire

L’époux de Véronique Genest n’hésite pas non plus à reproduire le texte édifiant d’un certain David Trauttman, remercié pour cette occasion.

Extrait : « La France des droits de l’homme n’existe pas pour les juifs. Sortir dans la rue en s’affichant comme juif est dangereux et certainement pas conseillé. D’un côté, il n’est pas dans la nature juive de provoquer nos hôtes ; d’un autre côté, ceux-ci portent la faute de ne pas nous laisser vivre à notre guise.

Savoir quels sont les plus virulents contre nous – les français de souche ou les musulmans – n’est pas un débat passionnant. Tous se tiendraient la main pour nous envoyer de nouveau dans des convois. Les musulmans possèdent au moins la franchise de nous le dire ouvertement. »

En réponse à l’un de ses contacts sur Facebook, surpris par la teneur extrémiste de ses publications, Meyer Bokobza rétorqua en lettres majuscules« VERITAS ODIUM PARIT, OBSEQUIUM AMICOS », ce qui signifie en latin : « La complaisance amène les amis, la vérité fait naître la haine ». Une posture jusqu’au-boutiste et sûre de son bon droit que semble désormais vouloir imiter son épouse ingénue.

Publicité

Auteur : Hicham Hamza

Journaliste

hhamza@oumma.com

commentaires