Méprisons la nouvelle provocation de Charlie Hebdo !

Plus la satire est scandaleusement irresponsable, plus l’excès de caricatures s’acharne contre les musulmans, moins la petite entreprise, qui n’a ni Dieu ni maître, sauf le business, connaît la crise !

Méprisons la nouvelle provocation de Charlie Hebdo !

La salutaire liberté d’expression, dont la France Voltairienne s’enorgueillit, n’est plus qu’une vaste Tartufferie où les bouffons du roi sont de tristes sires, dénués de la moindre étincelle de génie, mais qui rivalisent de cynisme pour jeter de l’huile sur le feu et capitaliser sur les périodes troubles et troublées de notre époque.

Et parmi ces bateleurs qui se prennent pour les preux chevaliers de la liberté de rire de tout, alors qu’ils n’encourent aucun péril à jouer les blasphémateurs dans un pays où tous les parjures sont permis, Charlie Hebdo se pose là en matière de fumisterie !

Plus la satire est scandaleusement irresponsable, plus l’excès de caricatures s’acharne contre les musulmans, moins la petite entreprise, qui n’a ni Dieu ni maître, sauf le business, connaît la crise !

Presque un an après sa Une minable sur le Prophète, la rédaction du journal, emmenée par son directeur Charb, n’a pu résister à la tentation d’électriser un climat particulièrement inflammable en resservant sa recette du succès : l’incarnation parodiée du Prophète, une transgression suprême pour tous les musulmans, mais suprêmement euphorisante pour les caricaturistes du journal qui s’en sont donné à cœur joie dans l’édition de ce mercredi, cette fois-ci en pages intérieures…

Ces dessins "choqueraient ceux qui vont vouloir être choqués  en lisant un journal qu’ils ne lisent pas" a bravé Charb sur Itélé, sûr de son coup, se foutant comme de l’an quarante du ressentiment créé par cette provocation de trop, ou plutôt qui jubilerait à l’idée de mettre le feu aux poudres dans l’Hexagone. En poussant la supercherie jusqu’à se faire passer pour la victime innocente de hordes de «sarrasins» qui piétinent la liberté d’expression en France et en Navarre, c’est l’entrée dans la postérité assurée !

A l’annonce de la récidive de Charlie Hebdo, le gouvernement n’a pas tressé des lauriers à cet élan créatif qui surfe éhontément sur l’opportunisme le plus sordide et le marketing le plus immoral qui soit. Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères, interrogé alors qu'il se trouvait au Caire, a déclaré :  "Je ne vois pas du tout l'utilité quelconque d'une provocation et même je la condamne d'une façon très nette et en même temps je respecte la liberté d'expression", tandis que le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault exprimait "dans le contexte actuel", sa "désapprobation face à tout excès", appelant à "l'esprit de responsabilité de chacun".

Le recteur de la Grande Mosquée de Paris, Dalil Boubakeur, a pour sa part lancé un "appel au calme", tout en confiant à l’AFP avoir appris avec " beaucoup d'étonnement, de tristesse et d'inquiétude une publication qui risque d'exacerber l'indignation générale du monde musulman".

On entend d'ici l'hypocrisie dominante nous rebattre les oreilles avec cette liberté d'expression sacralisée, mais en se gardant bien de dénoncer la perversité de sa géométrie variable, et avec ces musulmans rabat-joie, ou pire intégristes, empêcheurs de se gausser de l'islam en rond...

Charlie Hebdo ne fait pas honneur à l'art de la satire, contrairement à l'image idéalisée que les bouffeurs de curés et islamophobes notoires, qui ne font souvent qu'un, vont louer dans les jours qui viennent. Son inspiration ne répond qu’aux stimuli du profit, et ne jaillit que sous l’emprise du réflexe pavlovien de la provocation offensante face aux tourments du monde arabo-musulman.

La raillerie version Charlie Hebdo a sombré dans un nivellement par le bas, mais elle n'a pas à entraîner le reste de la société française dans son funeste néant humoristique. La France éclairée du vivre-ensemble mérite mieux que ça!

Oumma.com appelle tous les musulmans de France à traiter avec le plus grand mépris ce énième piège béant tendu par Charlie Hebdo, et à répondre juridiquement, si certains le souhaitent, à cette volonté  à peine voilée de nuire à la concorde nationale.

Auteur : la rédaction

redaction@oumma.com

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