Film anti-islam : la saine indignation plutôt que la violence dévastatrice

La diffamation de la troisième religion du Livre, désormais enracinée en Occident et en Europe, ne connaît pas de répit, et pourtant nombreux sont les cœurs, de toutes origines et sensibilités, femmes comme hommes, qui rayonnent de l’universalité de ses préceptes.

Film anti-islam : la saine indignation plutôt que la violence dévastatrice

La diffamation de la troisième religion du Livre, désormais enracinée en Occident et en Europe, ne connaît pas de répit, et pourtant nombreux sont les cœurs, de toutes origines et sensibilités, femmes comme hommes, qui rayonnent de l’universalité de ses préceptes. Un vrai petit miracle de la quête de sens dans ce monde anxiogène, sous influence, et en plein tumulte. 

Face à l’islam à abattre, d’ici et d’ailleurs, la perfidie ambiante a choisi des armes redoutables, dont les bottes secrètes ont été démystifiées : une médiatisation sensationnaliste, un traitement passionnel, une projection fantasmagorique, la classification manichéenne entre les «musulmans éclairés» loués de tous, et ceux qui sont marqués au fer rouge de l'intégrisme, sans omettre la transgression suprême, l’incarnation ordurière du Prophète.

Cette stratégie de la provocation par le dénigrement et l'offense est allée crescendo en l’espace de quelques années, ses coups de boutoir frappant de plus en plus durement et fréquemment. Même le printemps arabe n’y a pas échappé, puisqu’après l’enthousiasme hexagonal de façade, il est de bon ton dorénavant de le mépriser, à travers une métaphore pour le moins glaciale qui ne laisse rien présager de bon : l’«hiver arabe».

Drapés dans leur honorabilité et leur notoriété, ceux qui tirent les ficelles de cette machination grossière n’aspirent qu’à une chose : déclencher l’étincelle qui embrasera les foules entières, et fera tache d’huile à l’échelle nationale et planétaire. Ces sombres intrigants voient grand et loin...

Leur scénario d'épouvante est cousu de fil blanc, et leur objectif est d’une limpidité confondante : conforter l’image de fanatisme et d’archaïsme accolée aux musulmans à l’origine de tous les maux, à qui l’on reprochera avec jubilation leur hyper-émotivité, leur brutalité, leur incapacité à prendre du recul, et leur négation de la liberté d’expression… Bref de ne pas être très philosophes, contrairement à cette illustre France des Lumières dont tous les grands esprits islamophobes se réclament, mûs par le triomphe si salutaire de l’excès de caricature, surtout quand il raille et jette l'opprobre sur les musulmans, cela va sans dire.

Institutionnalisée, l’aversion contre l’islam s’est désinhibée, popularisée sous l’effet nocif du Sarkozysme, donnant lieu à une recrudescence d’agressions et de profanations de mosquées et de lieux de culte sur le sol national. Une hémorragie de violences qui a été épinglée par des rapports européens, tous unanimes pour alerter sur le fléau de l’intolérance religieuse anti-islam, source de discriminations, sévissant en France tout particulièrement, mais aussi sur le Vieux Continent rattrapé par ses vieux démons.

Et tandis que les musulmans s’arment de patience, quand ils ne sont pas sommés de prouver leur loyauté à la République, condamnant à la fois l’instrumentalisation de l’islamophobie,  et exhortant à déjouer ses pièges par une souveraine indifférence, voilà qu’un film de la discorde fait irruption sur le devant de la scène américaine, à la faveur de l’âpre combat pour la présidentielle US et de la commémoration du 11 septembre, toujours sous haute tension.

«Innocence of muslims », le long métrage qui a déversé sa haine de l’islam sur la pellicule, a parachevé son dessein funeste : il a suscité des réactions violentes en chaîne dans le monde arabe, entraînant la mort de l’ambassadeur américain en Libye, tout en plongeant les musulmans occidentaux dans la plus grande consternation. Ces derniers sont doublement accablés, à la fois par le triste spectacle de l’embrasement du monde arabe, et par une énième tentative de diaboliser la genèse de l’islam, son Prophète, et par ricochet ses fidèles.

"Tout en condamnant fermement la diffusion de ce film honteux et méprisable, le CFCM appelle les musulmans à ne pas servir de porte-voix à ces prêcheurs de haine contre l’islam et à user de moyens justes et légaux pour défendre leur religion",a déclaré son président, Mohammed Moussaoui, dans un communiqué.

A Washington, la secrétaire d'Etat, Hillary Clinton, a pour sa part œuvré pour l'apaisement en dénonçant le caractère "écœurant" et répréhensible du film anti-islam. "Le gouvernement des Etats-Unis n'a strictement rien à voir avec cette vidéo. Nous en rejetons absolument le contenu et le message", a-t-elle indiqué lors de discussions avec une délégation de responsables marocains.

Répondre au complot de la haine, fomenté par l'Internationale des islamophobes en embuscade, par la violence, semeuse de chaos et de mort, n’est évidemment pas la solution, personne n’en disconviendra. L’usage de la force est éminemment répréhensible et destructeur, et au premier chef pour les musulmans eux-mêmes qui n’en sortiront pas indemnes.

L’ijithâd des cœurs, c’est aussi se surpasser positivement dans l’épreuve, et éviter l’écueil de faire précisément ce que les artisans du désastre attendent de tous les musulmans : céder aux plus viles pulsions en commettant l’irréparable, et déterrer la hache de guerre de la religion. Alors, plus que jamais, oui à la saine indignation, éclairée car rationnelle et argumentée, refusant que la liberté d'expression soit le paravent d'un racisme sournois et organisé, non à la loi du Talion qui fait parler les armes, et conduit à la dramatique impasse dans laquelle on aimerait acculer les fidèles des cinq continents ! 

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Auteur : la rédaction

redaction@oumma.com

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