Samedi 1 November 2014
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Interview avec le Dr Al Ajamî. « Que dit vraiment le Coran » (2/2)

Interview avec le Dr Al Ajamî. « Que dit vraiment le Coran » (2/2)
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Ce livre est destiné à tout lecteur, musulman ou non, il est le fruit d’une recherche coranique globale présentée ici par thème. Il se consulte facilement en fonction de la question posée, exemple : Hommes et Femmes ; Sharia ; Loi révélée (...)

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Votre livre « Que dit vraiment le Coran » a connu un beau succès de librairie et la deuxième édition revue et corrigée vient de paraître aux Éditions Zénith. Lors de notre premier entretien vous avez évoqué la démarche qui présidait à cet ouvrage novateur, pouvez-vous nous en rappeler la teneur ?

 

Ce livre est destiné à tout lecteur, musulman ou non, il est le fruit d’une recherche coranique globale présentée ici par thème. Il se consulte facilement en fonction de la question posée, exemple : Hommes et Femmes ; Sharia ; Loi révélée ; Polygamie ; Mariage mixte ; Voile islamique ; Jihâd ; Guerre et paix ; Tolérance et prosélytisme ; Relation avec les autres religions, Destin et fatalisme ; Bien et mal ; Peines corporelles ; Droits de l’homme, etc. En tout une quarantaine de questions qui demeurent au cœur de l’actualité, information, désinformation et déformations.

 

Il ne s’agit pas de points de vue personnels, d’une réflexion d’intellectuel, ou d’un discours sur le Coran au gré d’une interprétation moderniste, mais notre objectif a été de fournir avec constance le point de vue du Coran, quelles que soient les problématiques traitées. Ainsi, ai-je mis en situation plus de 700 versets ce qui, outre une démonstration entièrement fondée sur le Coran, fournit au lecteur un accès facilité aux références coraniques.

 

Nous avions évoqué l’opposition parfois constatée entre les points de vue du Coran et les affirmations du Droit musulman, le fiqh ou la sharia ; faut-il rejeter le système traditionnel des Écoles exégétiques et juridiques ?

 

Je ne le pense pas, les madhâ’ib, les Écoles, ont construit l’islam tout autant qu’ils en font à présent partie intégrante. Du reste, ceux qui prétendent qu’il nous faudrait les supprimer, ou du moins les dépasser, sont de deux ordres : ceux qui veulent imposer une variante bédouine du salafisme comme référentiel unique d’une pensée unique, et ceux qui voudraient séculariser l’islam en l’amputant des pratiques cultuelles. Je ne dis pas non plus qu’il nous faille obligatoirement nous noyer dans les divergences internes au Droit, les différentes Écoles ou les avis des uns ou des autres, il s’agit d’une mer vaste et parfois agitée où il n’est pas facile de naviguer à moins d’être un marin expérimenté. Mais il y a beaucoup plus simple et sain : définir l’ordre de priorité de ce qui fait sens pour le musulman. Et, même si nous sommes en une obligation historique, obligation de fait, de garder les Écoles comme référentiel, nous devons et pouvons utiliser leur apport en appliquant les critères de bon sens en fonction de la règle d’or que j’ai rappelé précédemment. Règle, qui pour faire simple, se résume à savoir établir la différence entre ce que « Dieu a dit », ce que le « Prophète aurait dit », et ce que les musulmans ont dit et disent encore. Je me suis donc efforcé en "Que dit vraiment le Coran" de montrer que le Coran fournit plus de sens que ne le laisserait croire la prépondérance des systèmes de production classiques tels le Hadîth et le Fiqh.

 

Vous avez dit que croire que le Prophète avait transmis des hadîths ne relève pas de la foi !

 

Oui, sans aucun doute, et il nous faut apprendre à distinguer croire et penser. La foi et la raison, même si elles doivent s’épouser, n’ont pas les mêmes champs d’application. Et, je le répète, il ne nous est pas demandé de croire aux hadîths, mais il nous incombe de réfléchir sur leur existence, leurs conditions de validité, la valeur de ce qu’ils transmettent. Trois questions intellectuelles que la foi n’autorise pas à l’égard du Coran. L’on peut par cet exemple comprendre la différence entre croire et penser, leur domaine respectif est contingenté et l’on ne doit pas les confondre. Un croyant doit apprendre à distinguer ce qui relève de la foi et ce qui relève de la raison. La confusion des genres est ici mortelle, quand la foi envahit le domaine de la raison cela mène au fanatisme, quand la raison se substitue à la foi cela mène au dépérissement de la religion. Autrement dit, l’on ne doit pas « croire » en la Sunna, mais l’on est en droit rationnellement d’en examiner le contenu.

 

D’accord, mais la « Shahâda » en islam ne témoigne-t-elle pas de la fonction du Prophète ?

 

Tout à fait, et cela conforte en réalité mon propos. La profession de foi, la shahâda : « Il n’y a de Dieu que Dieu et Muhammad est Son messager » signifie que nous attestons de notre foi en l’unicité de Dieu et que nous croyons que le Prophète a apporté le Message de Dieu, le Coran. C’est en ce sens là que Muhammad est dit Messager de Dieu des dizaines de fois dans le Coran. Or, effectivement, beaucoup de gens semblent croire que la fonction de messager du Prophète Muhammad consisterait à apporter la Sunna. On peut le penser, on peut surinterpréter certains versets du Coran pour essayer de le prouver, mais cela ne relèvera jamais du credo de foi, ce ne sera jamais qu’une opinion et concernant votre question une surinterprétation de la Sunna. Ce qui nous est demandé à ce sujet est de croire en Dieu, en Ses Anges, en Ses Messagers et en Ses livres ; cela signifie que nous devons croire que Dieu a fait révélation à Muhammad par l’intermédiaire de l’Archange Gabriel et que par conséquent Muhammad est le messager qui a apporté le message de Dieu, rien d’autre. La Sunna ne relève donc pas stricto sensu de la foi, mais d’un système d’opinions. Cela ne retire en rien au fait que concrètement la Sunna ait pris au fil du temps une importance prépondérante au point de nous auto-qualifier de sunnites, ce qui est un abus de langage pour ceux que le Coran a nommés musulmans, c'est-à-dire soumis volontairement à Dieu seul. En cette perspective, un des objectifs de "Que dit vraiment le Coran" est de recentrer notre pensée de musulman sur le Coran.

 

Vous dites que la Sunna est très présente en islam, mais que de nombreux hadîths posent problème, et vous l’avez d’ailleurs souvent montré en vos articles sur Oumma. Comment alors s’y repérer lorsqu’on n’est pas un spécialiste du Hadîth ?

 

Il serait préoccupant qu’un musulman soit dans l’obligation d’être un spécialiste du Hadîth pour savoir en quoi consiste le vrai en sa religion. Dieu lui aurait là imposé une trop lourde charge. Ceci alors même, je le répète, que la présence et le poids de la Sunna, ou plus exactement du Hadîth, est indéniable. Concrètement, il me parait raisonnable et simple de suivre le schéma directeur suivant :

  1. Se limiter de manière très stricte aux seuls hadîths dits authentifiés.

  2. N’admettre aucun de ces hadîths authentifiés qui soit en contradiction ou en opposition avec le sens apparent et explicite du Coran.

  3. Ne pas retenir de ces hadîths des informations relatives aux points de croyance relevant de l’Inapparent, al ghayb, sur lesquels le Coran n’aurait pas délivré une information de base suffisante.

  4. Ne pas retenir de ces hadîths tout ce qui est marqué culturellement, historiquement, politiquement. La dernière Révélation de Dieu n’est pas une validation a posteriori de l’histoire des hommes.

  5. Ne pas retenir tout ce qui atteint à la personne ou relève de la discrimination. Dieu ne peut avoir permis l’injustice.

  6. Ne pas retenir tout ce qui choque la morale et l’éthique personnelle ; l’essentiel principe coranique : « approuver le bien et réprouver le mal » est en soi universel et ubiquitaire.

  7. Ne pas retenir tout ce qui heurte la raison. La raison est le bien le plus précieux, l’unique, que Dieu nous ait donné pour discerner le vrai du faux, la lumière des ténèbres.

Il est ainsi facile de ne s’attacher qu’à des paroles attribuées au Prophète qui nous seront parfaitement profitables, car elles ne peuvent que refléter la sagesse et la justice, le respect de tous. Je le rappelle, à chacun des sujets que nous avons présentés en fonction du Coran nous avons fourni un exemple de hadîth authentifié parfaitement en accord avec le sens clair du Coran.

 

Nous avons bien compris qu’il fallait hiérarchiser les données constituant l’islam, mais il y aurait-il donc dans le Coran les réponses à toutes choses ?

 

La question est souvent posée, elle est étonnante, Dieu aurait-il donné sa dernière Révélation à l’humanité en la concevant insuffisante ! Je citerais : «  [ce Coran]   est une confirmation de ce qui précède, un exposé de toute chose, une guidée et une miséricorde pour ceux qui croient » S12.V111  . Tout y est dit : le Coran est conçu pour fournir la totalité des informations nécessaires à la guidée des croyants. En soi, le Coran est un message suffisant, mais tout se passe comme si l’on ne savait naviguer que sur les extrêmes, l’islam est pourtant une voie du milieu ! Lorsque le Coran dit qu’il est guidée, hudan, ou     furquân    , critère, il faut comprendre ce que ces termes signifient. Le Coran n’est pas une méta-encyclopédie ouverte qui aurait réponse à toutes les questions de l’humanité pour tous les temps ! Simplement, il a fixé pour tous les hommes et tous les temps ce qu’était la guidée du point de vue spirituel, la croyance ; le discernement du point de vue moral, une norme éthique que les musulmans ne peuvent transgresser et vers laquelle ils doivent s’efforcer de tendre. Si votre question relève de ces domaines, vous trouverez la réponse dans le Coran et, sans nul doute, elle sera suffisante. Si vous recherchez s’il y a de la vie sur Mars, alors il est préférable de lire des ouvrages de science, ou de science-fiction ou de fictions scientifiques. De plus, mais faudrait-il encore le préciser clairement, l’islam n’est pas une religion totalitaire par laquelle Dieu dicterait aux hommes tous leurs faits et gestes, toutes leurs pensées et tous leurs sentiments. Ainsi conçue notre religion serait dictatoriale, elle dominerait les individus, elle les écraserait au lieu de les élever et de les guider vers la lumière, l’islam a pour vocation première de fournir les conditions d’un développement personnel harmonieux.

 

Ceci étant, à partir de ces grandes lignes directrices qui composent la guidée et le critère, il nous est alors possible de savoir quelles informations complémentaires l’on peut valider, qu’il s’agisse de les prendre dans la Sunna, le Fiqh, la « sharia », ou nos habitudes sociales, elles ne peuvent être en contradiction avec les énoncés coraniques. Par exemple, si le Coran affirme l’égalité des êtres et l’égalité des hommes et des femmes, l’on ne peut valider un hadîth, ou un point de vue de fiqh ou une tradition qui serait contraire à ce principe coranique. Très précisément, "Que dit vraiment le Coran" est construit sur ce principe, il met d’abord en valeur le point de vue du Coran, puis la Sunna convergente, et enfin les positions du Droit ou des coutumes et traditions, les contradictions et les divergences apparaissent alors d’elles-mêmes et le lecteur peut ainsi construire son propre jugement.

 

Le Coran est-il apte à répondre aux défis de notre temps ?

 

Oui, comment pourrait-il en être autrement pour la Révélation qui se dit destinée à tous les hommes pour tous les temps, double sens du mot ’âlamîn. En "Que dit vraiment le Coran" nous montrons que le Coran fournit des réponses étonnement contemporaines aux problématiques actuelles. Le Coran est à la pointe, un éclaireur, au sens de qui éclaire devant, il devance encore nos propres capacités à accéder à des niveaux supérieurs d’humanité. Le Coran n’est pas notre passé, mais il est notre avenir. Le débat au présent est parasité par une fausse opposition, d’une part, une lecture ancienne du Coran, dite arabo-musulmane et, d’autre part, une lecture dite moderne, supposée pro-occidentale ou occidentalisée. Faux procès et débat stérile, puisque dans les deux cas il s’agit d’un asservissement du Coran à la pensée de l’homme.

 

En réalité, le Coran a son propre discours, n’est-ce pas à travers lui que Dieu s’adresse aux hommes, à tous les hommes ! Le Coran n’est ni d’Orient ni d’Occident il est cette lumière qui n’épuise pas l’huile de la lampe. Qu’il n’y ait pas de confusion, ce que je défends et propose n’est pas de pratiquer une relecture ou une surinterprétation contemporaine ou réactualisée du Coran, mais le fait que nous devons apprendre à l’entendre. Le Coran est notre maître de vie, notre guide, mais comment bénéficier de ses leçons si nous ne cessons pas de parler à sa place. Il nous faut donc apprendre à faire taire la parole séculière qui s’est substituée à la Parole et, à l’écoute retrouvée, trouver en lui la force de la foi, de la liberté et la dignité de l’être, le vecteur de la raison, le sens du vivre et du vivre-ensemble. A ma modeste mesure, c’est ce temps d’écoute que par "Que dit vraiment le Coran" j’ai voulu partager.

 

Propos recueillis par la rédaction

 

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Commentaires

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Liliane Bénard
-309 points

Merci Dr. Al-Ajamî,
Notre lecture du Coran nous le fait voir comme une perle précieuse avec tant de facettes. Il est aussi animé d'une cohérence interne. C'est la thèse de Muhammad Asad mais aussi la votre dans "Que dit vraiment le Coran".

Votre humilité est grande. Elle rappelle que la Loi de Dieu est différente de celles des hommes, y compris de celles des sunnites.

Le Coran n'est pas un livre de sciences, ni d'astrophysique...c'est une guidée pour chacun d'entre nous quelque soit notre ignorance. Il nous conduit vers Dieu Seul et la résurrection.

Sa cohérence interne demande une lecture globale qui permet d'éviter les contre-sens. Elle met au jour des principes fondamentaux accessibles à tous les êtres humains. Elle distingue l'essentiel et l'accessoire que tout croyant perçoit.

C'est en effet la foi qui est en question et elle ne porte pas sur le fiqh ni les charia. Elle nous oriente vers le Seigneur des mondes qui a communiqué des messages complets aux hommes.

Merci encore

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Kabyle Solitaire
0 points

Salam wa Rahma,

Toujours aussi agréable à lire..
Très bien cette nouvelle version. Le format est plus pratique avec un contenu toujours aussi riche d'enseignements ! encore une fois ... RESPECT !

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Tiny
41 points

je vous suis depuis un moment, pourquoi vous avez autant de points négatifs ? Pourtant vos commentaires sont très sensés et agréables à lire.

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Liliane Bénard
-309 points

Traditionnellement, les musulmans se réfèrent au Coran et à la sunna. La sunna aidant à faciliter la lecture du Coran.

Votre hiérarchisation est tout aussi coranique. La question pourrait être celle de la lecture de ceux qui se recommandent du sunnisme ?

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Liliane Bénard
-309 points

Merci Tiny !
Mais quand on aime on ne compte pas. Je ne sais pas non plus qui décide des points en moins. Ce n'est pas capital !

L'ouvrage du. Dr. Al-Ajamî est plus important car précisément il traite de l'essentiel par delà trop de divisions oublieuses de la spiritualité "vraie".

Je suis entrain de lire Guenon et Schuon...

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Tiny
41 points

Je suis d'accord avec vous, moi aussi je cherche la spiritualité vraie et aujourd'hui, je ne veux plus vraiment me considérer comme "sunnite" au sens dogmatique mais comme une musulmane à part entière. Cependant, je ne rejette pas le sunnisme, pas dans sa totalité en tout cas. Je veux juste aller au-delà, pour découvrir le véritable message de l'Islam, ce dernier ne pouvant pas se réduire à une doctrine, quand bien même elle serait majoritaire ^^

J'envisage justement de lire le livre d'Al-Ajamî, ainsi que ceux de Schuon, Guénon, Shariati et encore pleins d'autres, au delà des clivages doctrinales, s'il y a matière à apprendre, je prends ^^

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Yasmina
-348 points

je suis tout à fait en phase avec le Docteur Al Ajami.

vivement des articles de vulgarisation dans ce sens.

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Yasmina
-348 points

Dans le Coran, il est ordonné d’obeir au Prophète(III,50 et XXIV,54), non de l’imiter sinon dans sa foi(XXXIII,21 et VX,4 et6). Le Prophète lui meme, selon ce que rapportent trois de ces plus proches compagnons-Zaid iBn Thabet, Abu Huraira et Abu Said al Khudri- ne voulut pas que l’on écrive ses propos personnels, mais seulement les versets du Coran afin qu’on ne risque pas de les confondre avec la parole de Dieu.

Il considère lui meme que ses commentaires personnels n’ont d’interet que lorsqu’ils reprennent le Coran :" apres ma mort, les propos memes qui me sont attribués se multiplieront, de meme que l’on a attribué en grand nombres aux prophètes anterieurs des paroles qui ne venaient pas d’eux. Ce que l’on publie comme ayant été dit de moi, vous devez le comparer avec le Livre de Dieu : ce qui est d’accord avec lui est de moi, que je l’aie réellement dit ou non".

" Quand je vous donne un ordre concernant la religion, acceptez-le. Mais quand je donne un ordre les affaires du monde,

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Yasmina
-348 points

suite 2

" Quand je vous donne un ordre concernant la religion, acceptez-le. Mais quand je donne un ordre les affaires du monde, je ne suis pas plus qu’un homme"

"mes propos n’abrogent pas la parole de Dieu, mais la parole de Dieu peut abroger mes propos"

C’est seulement en dehors du Coran et après la mort du Prophète qu’est introduite la notion de sunna du Prophète donnant systèmatiquement une valeur normative aux propos- hadiths- qui lui sont attribués. Pendant deux siècles, après quelques traditions autentiques, ce fut une inflation de hadiths.

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Yasmina
-348 points

que signifie "souna" souna du Prophète"

Dans le Coran , ce mot est le plus souvent employé en un sens péjoratif : il désigne les coutumes préislamiques avec lesquelles le Corant appelle à rompre.

Il est remarquable que ce mot même de sunna, qui apparait 11 fois dans le Coran, lorsqu’il ne signifie pas seulement la coutume des Anciens(VIII,38 et XV,13 et IV,26 au pluriel), n’est employé que pour désigner la sunna de Dieu, la façon d’agir de Dieu, c’est à dire la continuité du message des prophètes( XVII,77 et XXXIII,38 et XXXIII,62 et XXXV,43 et XL,85 et XLVIII,23 et III,137)

Non seulement n’est pas envisagée, pour l’avenir, apres la mort du Prophète, une sunna du Prophète, mais à plusieurs reprise, Dieu rappelle à son messager qu’en dehors de la révélation qu’il transmet dans le Coran, il doit dire :" je suis un homme comme vous", "tu n’es là que pour rappeler la parole de Dieu. tu n’as pas pouvoir sur eux"

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Liliane Bénard
-309 points

SalamTiny,
Je ne suis pas non plus contre le sunnisme ni même contre le chiisme. Des soufies se reconnaissent comme sunnites, expressions de la majorité. Tu soulignes bien ce point.

Lire le Coran, à mes yeux, dans sa totalité, nous permet de percevoir le Message accessible à tous les êtres humains, qu'ils soient femmes ou hommes et quelque soit leurs races. Notre étude des sciences que le Dr.Al-Ajamî connaît bien nous conforte dans notre foi. Nous savons aussi que le Coran n'est pas un traité d'astrophysique. Il conduit chacun d'entre nous, conscient de notre ignorance, en présence de la création, différente de Son créateur même si elle porte sa marque indélébile. Les savants ont les moyens de découvrir l'univers. Ils peuvent aussi s'approcher de son créateur...

Le Dr.Al-Ajamî connaît aussi d'autres livres sacrés que le Coran. Ils nous parlent aussi du Créateur des mondes...