Terres fertiles de l’or noir, les émirats du Golfe persique sont en revanche peu féconds en matière de démocratie, une vertu qui a force d’être laissée en jachère n’en a pas fait des parangons de tolérance.
Les royaumes autoritaires continuent de creuser leur sillon en laissant des traces indélébiles, à l’image du Bahreïn qui vient de condamner à trois ans de prison ferme Nabeel Rajab, un ardent défenseur des droits de l’Homme. Et l'on peut compter sur la realpolitik pour fermer les yeux avec une belle constance, brillant par une complaisance qui pour être tactique n’en est pas moins déroutante...
Ainsi, ironie de l’agenda, la France recevait presque en catimini, le 2 août dernier (source Nouvel Obs), le souverain du Bahreïn en personne, dans le cadre d’une visite mêlant habilement la dimension économique à celle plus stupéfiante des... droits de l’Homme. Mais pas de chance, l’esprit lumineux des Lumières n’a manifestement pas encore imprégné le roi Hamad ben Issa al-Kahalifa, qui est resté hermétique au bon usage de la liberté d’expression dans le cas Nabeel Rajab !
Comme à l'accoutumée, ce sont les ONG qui s’insurgent aujourd'hui contre le sort injuste réservé à celui qui est qualifié de "prisonnier politique". "Nous espérons que la communauté internationale va condamner fermement cette décision et appeler à la libération de Nabeel Rajab",a déclaré la présidente de la Fédération internationale des droits de l’Homme (FIDH), Souhayr Belhassen, dans un communiqué.
De son côté, Amnesty International a appelé mercredi les autorités bahreïnies à libérer M. Rajab :"Comme beaucoup d’autres à Bahreïn, Nabeel Rajab est un prisonnier d’opinion, incarcéré uniquement pour avoir exercé pacifiquement son droit à la liberté d’expression", a dénoncé avec force l'association.
Dans un Etat qui bâillonne la contestation, fait feu sur son propre peuple, comme en 2011, pour mieux réduire au silence ses exigences de réformes, et envoie croupir dans ses geôles un de ses opposants au motif qu’il a pris part à des manifestations «non autorisées», mettre le Bahreïn sur les rails démocratiques sera une vraie gageure pour la patrie des droits de l’Homme, et le gouvernement Hollande du changement en douceur…




Commentaires
Bahrein n'est pas seulement un Etat qui réprime les droits de ses sujets (c'est une monarchie donc pas de citoyens !), ce qui est une affaire interne à cet Etat, mais c'est un Etat qui est sous occupation étrangère, saoudienne, ce qui est beaucoup plus grave et constitue une violation du droit international, ce qui devrait permettre à ladite communauté internationale de se mêler de la question. Il en va de même au Yémen ou au Pakistan, en Palestine, en Afghanistan, en Irak, au Mali, en Libye qui sont régulièrement bombardés par des drones des USA ou des interventions saoudiennes ou qatariotes. Mais qui s'en occupe ? Nous préférons condamner la Syrie dont le gouvernement mène sa politique sans ingérence extérieure et qui voit ses ennemis intérieurs s'appuyer sur une ingérence extérieure. C'est le monde à l'envers! Mais qui dans notre oumma malade est même en état de comprendre et de dire cette contradiction flagrante ?