Passer son bac revêtue du voile que certains citoyens, plus royalistes que le roi, ne sauraient voir, licite ou illicite ?
La question, pourtant cruciale, n’a même pas effleuré les parents d’élèves du lycée la Folie Saint-James de Neuilly, qui, emportés par leur hostilité viscérale à l’encontre du foulard islamique, ont laissé éclater leur colère après avoir appris que certaines lycéennes avaient osé l’arborer pour se présenter à leur examen.
Alors même que la France n’a jamais été aussi légaliste, brandissant à tout propos la loi de 1905, vidée de sa substantifique moelle, ces parents-là, qui se sont compromis dans un nouveau procès en sorcellerie, jusqu’à se muer en délateurs sur RMC et Europe 1, ne se sont guère souciés de la légalité de l’apparence extérieure de ces jeunes filles.
Or, ces bachelières en devenir ont la loi de leur côté, une fois n’est pas coutume ! En effet, le législateur s’est prononcé en faveur du port de signes religieux lors du bachot, n’en déplaise au lycée de la Folie Saint-James…
Inès et Imen, deux de ces jeunes filles voilées, et très avisées, s’étaient munies du texte de loi en prévision de réactions épidermiques. Grand bien leur en a pris ! Au micro d’Europe 1, Inès a confié son incompréhension : "C'est écrit dans les textes, on a le droit donc je ne vois pas en quoi ce serait une provocation", tandis qu'Imen déclarait : "C'est vrai que c'est énervant de l'enlever, le remettre, l'enlever, le remettre. C'est dur, la loi mais je respecte la loi. Vu qu'on pouvait garder [le voile] pendant les épreuves du baccalauréat, je respecte quand même la loi".
Après avoir prouvé aux examinateurs que leur voile ne dissimulait aucune antisèche, ou quoi que ce soit d’autre, les deux amies se sont concentrées sur l’essentiel : l’épreuve de philosophie. Face à une énième polémique qui a frisé le passionnel et l'illicite, force à la loi, est-on tenté de dire, et ce plus que jamais !




Commentaires
La loi n° 2004-228 du 15 mars 2004, encadrant, en application du principe de laïcité, le port de signes ou de tenues manifestant une appartenance religieuse dans les écoles, collèges et lycées publics dispose :«Dans les écoles, les collèges et les lycées publics, le port de signes ou tenues par lesquels les élèves manifestent ostensiblement une appartenance religieuse est interdit. Le règlement intérieur rappelle que la mise en œuvre d’une procédure disciplinaire est précédée d’un dialogue avec l’élève. »
À la lecture du texte, il convient de souligner que le public visé par la loi de 2004 est clairement identifié : il est explicitement fait référence aux élèves inscrits dans des établissements de 1er et 2nd degrés (écoles, collèges et lycées.)
La circulaire d’application 2004-084 du 18 mai 2004 (JO du 22 mai 2004) précise par ailleurs que la loi de 2004 « ne concerne pas les parents d’élèves. Ne s’applique pas non plus aux candidats qui viennent passer les épreuves d’un examen
Salâm,
Je parie que ces mégères vont de toute urgence faire ce qu'il faut (les médias) afin d'exercer la pression et en un tour de main faire changer cette loi. L'hystérie collectif (anti-voile) étant ce qu'elle elle, je tire mon chapeau à ces jeunes femme pour leur sens du civisme, lol.
On peut pourtant passer le bac dans un pays musulman avec une croix au cou ou une kippa sur la tete. Les musulmans nous montrent constamment la tolerance et malgre tout ici personne ne les prend au serieux ! Honte a nous...