Hassen Chalghoumi, hué à Paris, superstar à Tel Aviv

En déplacement en Israël, l'imam de Drancy, de plus en plus contesté en France, continue d'ignorer les critiques. Une pétition relayée prochainement par Oumma réclame sa démission.

Hassen Chalghoumi, hué à Paris, superstar à Tel Aviv

Hassen Chalghoumi n'a pas fini de déchaîner les passions dans la communauté musulmane. Ce mardi soir, à Tel Aviv, il participe à l'inauguration du forum "démocratie et religion" : deux journées de conférences-débats en compagnie de Caroline Fourest, Alain Finkielkraut, Elisabeth Lévy, Raphaël Enthoven, Richard Malka, Frédéric Encel, Pascal Bruckner, entre autres. Pour la plupart de ses détracteurs, le problème ne consiste pas à se joindre à ce type d'évènement mais plutôt à faire silence, une fois invité, quant aux exactions israéliennes toujours commises contre les Palestiniens.

En février 2010, l'imam de Drancy avait fait sa percée médiatique après avoir prétendu être menacé par un "commando" d'intégristes-barbus-antisémites-et-sanguinaires. Oumma avait alors consacré une enquête détaillée sur l'incident et démontré le caractère mensonger d'une telle allégation. Il n'empêche : depuis cette mise en scène, le personnage a pris du galon au point d'incarner, notamment auprès de l'UMP et du CRIF, l'interlocuteur idéal d'un "islam de France". L'hiver dernier, le Grand Journal deCanal + avait jugé pertinent de l'inviter pour "débattre" avec Marine Le Pen. Comme en témoignent les commentaires de la vidéo mise en ligne par Oumma et visionnée près de 300000 fois, le résultat fut désastreux pour l'image des clercs musulmans. 

Ces faits ne dissuadent pourtant pas certains partisans, à l'instar du site franco-israélien de droite JSS News, de le présenter comme un "chef de file religieux". Un leader, Hassen Chalghoumi? Difficile d'étayer une telle affirmation au regard de l'échec de sa manifestation, en avril dernier, contre le radicalisme islamique.

Aujourd'hui, des citoyens se mobilisent contre l'imam de Drancy en lancant une pétition réclamant sa démission. D'horizons divers, ces figures émergentes de la communauté musulmane française ont des sensibilités religieuses différentes mais partagent cependant le même agacement envers Hassen Chalghoumi. Preuve en est que ses détracteurs ne se réduisent pas à une frange d'extrémistes comme le laisse entendre celui qui se présente également comme le "président de la conférence des imams".

Oummavous propose de juger sur pièces les deux parties en présence. En attendant la diffusion du texte de la pétition , deux vidéos vous permettront d'apprécier le personnage à sa juste mesure : lundi, avant de se recueillir ostensiblement au mémorial de l'Holocauste de Yad Vashem, l'imam de Drancy a donné une longue conférence de presse à l'hôtel Sheraton de Tel Aviv.

http://www.dailymotion.com/video/xrbupt_arabes-et-juifs-ensemble-ca-changera-des-choses_lifestyle

http://www.youtube.com/watch?v=4ig8LiXkWm4

Sujets abordés, en vrac : le récit truculent du dîner marseillais du CRIF auquel il rend hommage, ses émissions consacrées à la Shoah sur la chaîne saoudienne Al Arabiya, son combat contre "3 ou 4 opposants" dans la communauté musulmane hexagonale, l'honneur qu'il ressent d'être surnommé "l'imam juif", son appréciation de Manuel Valls-un "homme ferme" et son allégation d'un affrontement courtois avec le dictateur déchu Ben Ali. 

Pour la première fois, l'internaute aura donc le loisir de découvrir pendant 42 minutes le style, l'idéologie et la rhétorique d'Hassen Chalghoumi, imam le plus décrié de France. 

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Auteur : Hicham Hamza

Journaliste

hhamza@oumma.com

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