Nouvel appel à l'interdiction du Bourget par un plumitif du Figaro

Yves Thréard, plume servile de l’UMP, et qui n’hésite jamais à emboîter le pas de son idole idéologique Marine Le Pen, a suivi celle-ci pour demander que soit interdite la rencontre annuelle des musulmans de France.

Nouvel appel à l'interdiction du Bourget  par un plumitif du Figaro

Yves Thréard, plume servile de l’UMP, et qui n’hésite jamais à emboîter le pas de son idole idéologique Marine Le Pen, a suivi celle-ci pour demander que soit interdite la rencontre annuelle des musulmans de France, affirmant que cette rencontre  « prône un islam radical, politique, contre la mixité hommes-femmes, contre les relations entre musulmans et non-musulmans. Et tient un double discours sur l’antisémitisme et le voile » rien que ça ! Une petite visite à ladite rencontre lui ferait un grand bien, mais la haine et la vue, sur place, de musulmans affluant pour se retrouver,  risque de lui provoquer un choc anaphylactique, qu’on ne lui souhaite pas !

Il lui suffit de visionner les vidéos de la 28ème Rencontre pour voir les interventions de Raphael Liogier, de Pascal Boniface, d’Hervé Juvin, du père Le Long, et des nombreux non-musulmans qui interviennent dans cette rencontre ou s’y rendent chaque année, à moins que toutes ces personnalités ne soient taxées par Thréard de « musulmanes », ce qui ne serait pas étonnant de la plume de ce journaliste, puisqu’il doit exceller dans les mouvements saltatoires qui lui font prendre des musulmans pour des radicaux fanatiques, et des non-musulmans pour des musulmans…

Il est de moins en moins douteux  que les extrêmes n’ont pas besoin de gouverner pour imposer leurs idées aux décideurs politiques en France. Qu’ils se réfèrent à la religion dont la visibilité est la plus récente (l’Islam) ou politiques (le FN et des acteurs de la droite à l’exécutif), on est en droit de se demander si ces extrêmes ne sont pas en train d’imposer leur tempo aux Français, comme si les problèmes sociaux, économiques et éthiques de la France seraient résolus par la seule désignation de boucs émissaires.

Les délinquants se réclamant d’une lecture de l’Islam, et les racistes xénophobes servant de faire-valoir aux décisions arbitraires à l’encontre des musulmans, se retrouvent autour d’une idée commune : le refus de la diversité, qui se manifeste pour les premiers par le refus de vivre l’islam en France, avec l’ineptie qui cantonne cette religion à une aire géographique, ou une période historique et pour les autres, par une obsession de la France « pure » expurgée des citoyens descendants des ex-colonies, ou déniant à ceux-ci le droit de vivre en tant que véritables citoyens.

Dernière manifestation de cette tendance la décision, dans le feu de l’actualité, prise par le Président Sarkozy, d’interdire l’accès au territoire français à des savants musulmans connus et reconnus.

Après les incessantes attaques contre la visibilité des musulmans et de leur pratique, l’échec du débat sur l’identité nationale, l’épisode des civilisations censées être inférieures « musulmane bien sûr ! », comment ne pas trouver ceci cohérent avec l’interdiction faite aux musulmans d’inviter des savants mondialement respectés, voire leur interdire de tenir leur rencontre annuelle.

La diabolisation des musulmans est en marche, et cela semble fonctionner. Après le 11 septembre, la haine de l’Islam s’est accentuée, et en 2012, les crimes de Merah ouvrent la porte à une stigmatisation à grande échelle des musulmans et de leurs manifestations.

Que l'on soit d'accord ou pas avec l'Uoif, la question est dorénavant posée aux musulmans de France : acceptent-ils d'être ainsi mis en position de mineurs, ne méritant qu'un traitement policier ou "judiciaire" ou de citoyens de seconde zone à qui l'on doit dicter qui les représente, et quelles sont parmi leurs rencontres celles qui sont censées être politiquement halal?

Auteur : Hassan Safoui

Secrétaire général du Comité 15 mars

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