Jeudi 23 mai 2013
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Est-il licite pour une femme de conduire un véhicule ?

Est-il licite pour une femme de conduire un véhicule ?
fr
http://oumma.com/sites/default/files/femme_niqab_taxi.jpg
L’ijtihad au 21è siècle 

Ainsi, en Arabie Saoudite, les femmes n’ont pas le droit de conduire un véhicule, du fait que ce serait commettre un acte illicite (interdit par la charia), d’après une fatwa d’Abdel Aziz Bin Baz, le Grand Mufti du pays. Depuis deux décennies, les associations féminines contestent le bien-fondé de cette interdiction, observant que l’Arabie Saoudite est le seul pays musulman à défendre une telle position.

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« Ce sont des êtres humains (avec toutes leurs faiblesses) qui interprètent la charia. »
Ali ibn Abu Talib

Nul ne s’étonne, de nos jours, de l’existence en droit musulman de différents rites (Abou Hanifa, Malik ibn Anas, Shafi’i, Ibn Hanbal, Shi’a…) dont chacun s’applique en exclusivité dans des pays et communautés déterminés. Les oulémas s’énorgueillissent de cette diversité d’interprétations de la charia qui témoigne, d’après eux, de sa vitalité et de sa capacité de traiter les cas les plus divers, en tous lieux et en tous temps.

Mais, au fil des siècles, les interprétations locales des règles de la charia se sont de plus en plus imprégnées de la culture, des traditions et des coutumes de chaque région, creusant un fossé grandissant entre les règles appliquées aux mêmes questions de droit, dans différents Etats musulmans.

Un roi, un mufti, une femme…

Ainsi, en Arabie Saoudite, les femmes n’ont pas le droit de conduire un véhicule, du fait que ce serait commettre un acte illicite (interdit par la charia), d’après une fatwa d’Abdel Aziz Bin Baz, le Grand Mufti du pays. Depuis deux décennies, les associations féminines contestent le bien-fondé de cette interdiction, observant que l’Arabie Saoudite est le seul pays musulman à défendre une telle position.

Le roi Abdallah lui-même conforta la position de ces associations lorsqu’il déclara, lors d’un voyage officiel en Grande Bretagne en 2007, que l'interdiction avait ses racines « non dans la politique, mais dans les coutumes et traditions locales ». Il pensait qu’un nouveau consensus sur cette question devrait être trouvé "dans des discussions directes entre les associations féminines, les « familles » et les autorités locales, au niveau de chaque région." Mais, la déclaration royale ne fut suivie d’aucun effet, sur le plan pratique.

Les femmes continuèrent donc de prendre régulièrement de nouvelles initiatives pour relancer le débat sur cette question. Ainsi, Mme Manal al-Sharif se fit-elle filmer en vidéo pendant qu’elle conduisait un véhicule, tout en expliquant à une passagère les grandes difficultés auxquelles les femmes étaient confrontées dans leur vie quotidienne, du fait qu’elles ne pouvaient pas conduire une voiture personnelle.

Elle plaça cette vidéo sur Facebook et YouTube (où elle peut encore être vue), à la grande colère des autorités du pays. Elle fut arrêtée et détenue pendant 9 jours avant d’être remise en liberté, après que les médias du monde entier aient parlé d’elle, dans un étalage de publicité (négative) dont les autorités saoudiennes se seraient bien passées.

La question épineuse de l’interprétation de la charia continue ainsi d’être posée sur ce point important, en Arabie Saoudite, en ce début du 21è siècle. La charia interdit-elle aux femmes de conduire un véhicule, comme l’affirme le Grand Mufti du pays ? Ou bien, s’agit-il d’une simple question de coutumes et de traditions, comme l’affirme le monarque saoudien ?

L’opinion juridique du Grand Mufti Abdel Aziz Bin Baz

Dans sa fatwa de 1990, Cheikh Abdel Aziz Bin Baz explique que «[la conduite d'automobiles par les femmes] peut indéniablement mener à de nombreux actes illicites», tels que « la "khalwa"[réunion en privé entre un homme et une femme] ; l'abandon du "hijab"[le voile] ou la rencontre avec les hommes, sans prendre les précautions nécessaires. Elle pourrait également conduire à commettre des actes «haram» [tabous], donc cela a été interdit. » (1)

Il ajoute : "La pure charia interdit également les moyens permettant de commettre des actes tabous, et considère ces actes "haram" en eux-mêmes ... Ainsi, la charia pure interdit-elle tous les moyens conduisant au vice ... La conduite des voitures par les femmes est l'un des moyens menant à cela et cela est clair. "

La charia, la «khalwa» et le Shaytan

La « khalwa, » qui occupe une place centrale dans le raisonnement du Grand Mufti, mérite quelques explications. Aux premiers temps de l’islam, on parlait de « khalwa » lorsqu’un homme et une femme qui n'appartenaient pas à la même famille immédiate se trouvaient ensemble dans un espace clos où ils ne pouvaient pas être observés par des tiers. De nos jours, le concept de « khalwa » a été étendu pour s'appliquer même à un homme et à une femme assis ensemble à la même table, dans un espace public où tout le monde peut les voir (comme une cafèterie ou un restaurant).

Alors que le Coran ne mentionne pas la « khalwa, » un hadith du Prophète stipule : « Quiconque croit en Allah et au Jour Dernier, qu'il ne soit pas seul avec une femme qui n'a pas un mahram (parent masculin qu’elle ne peut pas épouser) avec elle. En effet, la tierce personne présente est al-Shaytan (le Diable). »

Ce hadith a été interprété diversement, dans différentes parties du monde musulman. Dans les pays du Maghreb, il est considéré comme un avertissement aux hommes et aux femmes de ne pas se mettre dans des situations où des tentations d’ordre sexuel pourraient survenir. En contraste, dans les pays du Golfe, les oulémas ont jugé que ce hadith interdisait aux hommes et aux femmes de se retrouver en situation de « khalwa ». Même si le Prophète n’a pas défini de sanction, les oulémas ont étudié l’ « infraction, » défini sa nature et établi les sanctions applicables (coups de fouet ou peine de prison…selon la décision du juge.)

Une fatwa fondée sur des prémisses discutables

La fatwa de Bin Baz postule que, si la femme (saoudienne) est autorisée à conduire un véhicule, elle en profitera pour quitter son domicile (sans être accompagnée d’un « mahram » (« gardien » mâle de sa famille)) ; elle se rendra dans des lieux où elle ne devrait pas aller, et où elle risque d’être exposée à des tentations auxquelles elle pourrait succomber. Elle pourrait se retrouver en situation de « khalwa », pourrait abandonner le « hijab », ou même commettre des actes « haram » (tels que les péchés de la chair).

Pour empêcher que de tels événements ne surviennent, les femmes ne doivent pas avoir la possibilité d’utiliser un véhicule pour se déplacer. Or, la charia considère précisément qu’il est illicite d’utiliser les moyens qui mènent à la réalisation de fins illicites. En conséquence, il est illicite pour la femme de conduire un véhicule.

Les prémisses de cette fatwa sont discutables. Le mufti saoudien ne tient compte d’aucune des qualités humaines de la femme (saoudienne), de son sens des responsabilités, de son respect pour elle-même, de son sens de l’honneur, de son sens de la fidélité vis-à-vis de son mari, si elle est mariée, de son sens des valeurs en société.

Il suppose que, dès qu’elle sortira de chez elle, elle aura un comportement totalement irresponsable et indigne de la moindre confiance. Mais, rien, dans le monde réel ne vient corroborer cette prémisse, comme en témoigne le comportement des femmes dans l’ensemble du monde (y compris le monde musulman.) L’argumentation de Bin Baz est érigée sur des bases des plus fragiles.

La fatwa ne tient aucun compte des véritables préoccupations des femmes

Les femmes qui luttent en Arabie Saoudite pour obtenir le droit de conduire leur véhicule ont de toutes autres préoccupations que celles décrites par Bin Baz. Dans des vidéos diffusées sur YouTube, destinées à sensibiliser l’opinion publique saoudienne et étrangère à leur cause, elles expliquent qu’elles sont confrontées aux plus grandes difficultés dans leur vie quotidienne, du fait qu’elles ne peuvent pas utiliser une voiture personnelle.

Les bus sont en nombre insuffisant, sont généralement bondés, et difficiles à prendre aux heures de pointe. Quand elles peuvent se le permettre, les femmes qui travaillent sont obligées de prendre un taxi pour chaque déplacement, ce qui est soumis à tous les aléas, à toute heure du jour, mais encore plus aux heures de pointe. Il en résulte des retards, beaucoup de tracas, et un budget de transport très élevé, compte tenu des tarifs appliqués. Quand une femme sort de son lieu de travail et va chercher son enfant à l’école pour le ramener à la maison, le coût des courses en taxi et le temps que cela prend sont démesurés par rapport à ce qu’ils seraient, si elle utilisait sa propre voiture.

Le principe juridique invoqué est appliqué de manière sélective 

Le principe juridique invoqué par le mufti saoudien n’est pas d’application générale. Il n’est invoqué que de manière sélective. A titre d’illustration, l’acte de fumer est, de l’avis des experts, dangereux pour la santé. Les oulémas en ont conclu qu’il était illicite pour le musulman de fumer, et réclament depuis plusieurs décennies l’interdiction de la vente et de la consommation du tabac dans les pays musulmans. Ils invoquent le même principe cité par Bin Baz. Mais, la vente et la consommation de tabac continue de prospérer dans les pays musulmans, y compris en Arabie Saoudite, en dépit du fait que ces actes sont illicites, d’après les oulémas.

Le principe juridique devrait s’appliquer indifféremment aux hommes et aux femmes

Si l’on admet que le fait de conduire un véhicule peut amener le conducteur à se retrouver en situation de « khalwa » et à commettre des actes « haram », les hommes aussi ne devraient pas être autorisés à conduire un véhicule. Car, sur le plan théorique, la règle juridique invoquée par Bin Baz est de portée générale et s’applique indifféremment aux deux sexes.

Une interprétation de la charia unique dans le monde musulman

Dans des dizaines d'États et de communautés musulmanes à travers le monde, la conduite d’une voiture par une femme est considérée comme un acte tout à fait naturel et licite, du point de vue de la charia. Tous les oulémas de ces pays (et tous ces Etats) seraient-ils dans l’erreur ?

Ce n’est pas le mufti qui fait la loi nationale mais l’Etat

Il faut souligner, à cet égard, qu’une fatwa n’est qu’une opinion juridique formulée par un « alem » (juriste) sur une question donnée. Elle n’engage que son auteur, et personne d’autre. Cela s’applique également aux fatwas du Grand Mufti d’Arabie Saoudite, qui n’ont qu’une valeur consultative. L’Etat saoudien peut, à sa guise, tenir compte de la fatwa de Bin Baz, s’il le décide, ou ne pas en tenir compte, si telle est sa volonté.

Mais, s’il veut faire appliquer cette fatwa, l’Etat doit adopter les textes juridiques appropriés pour lui donner force de loi. En leur absence, la fatwa ne peut avoir aucun effet sur le plan juridique, sur qui que ce soit, dans le pays. Or, l’Etat saoudien n’a passé aucune loi interdisant aux femmes de conduire un véhicule.

Une discrimination basée sur le sexe

Donc, officiellement, la fatwa de Bin Baz est sans effet sur la situation, et les femmes ont le droit de conduire un véhicule en Arabie Saoudite, au même titre que les hommes. Mais, pour ce faire, l’Etat exige des conducteurs (qu’ils soient des nationaux ou des étrangers) de passer un examen en vue d’obtenir un permis de conduire saoudien. Les autorités refusent de délivrer ce permis aux femmes (qu’elles soient saoudiennes ou étrangères, résidentes ou de passage.)

Les autorités commettent ainsi un acte de discrimination vis-à-vis des femmes saoudiennes, puisqu’elles les empêchent, sans aucune raison juridique valable, d’obtenir un permis de conduire. C’est une discrimination basée sur le sexe, ce qui constitue une violation des dispositions de nombreuses conventions de l’ONU signées par l’Etat saoudien, dont certaines sont destinées à protéger les droits humains des citoyens en général, et d’autres ceux des femmes en particulier.

Le refus d’accorder le permis de conduire aux femmes étrangères est, pour sa part, inexplicable. Les stipulations de la charia ne les concernent évidemment pas. Il n’existe aucune raison juridique de leur refuser un permis de conduire. Il s’agit, là encore, d’un simple acte de discrimination basé sur le sexe.

Un « bras de fer » virtuel

On peut sans exagération considérer qu’un « bras de fer » virtuel est engagé, depuis un certain temps, sur la question du droit des femmes de conduire un véhicule, entre les associations féminines d’une part, et les associations des oulémas appuyées par toutes les forces conservatrices du pays, de l’autre, avec le Roi Abdallah dans le rôle difficile de médiateur.

Les oulémas, s’appuyant sur le poids des traditions et sur leur interprétation de la charia, veulent perpétuer le statu quo. Les groupements féministes veulent obtenir la reconnaissance par les autorités de leur droit de conduire un véhicule.

Les autorités sont partagées sur ces questions. Certains centres de décision des plus importants appuient la position conservatrice des oulémas, alors qu’une minorité de groupes progressistes est prête à suivre dans le sillage du Roi, pour faire évoluer le pays vers des normes plus adaptées au monde du 21è siècle.

Conclusion

Cette situation soulève une question fondamentale concernant la nature de la charia, et les modalités de son interprétation et de son application dans le monde musulman. Si le droit musulman appliqué en terre d’Islam est essentiellement basé sur des prescriptions coraniques, pourquoi existe-t-il des règles aussi divergentes d’un pays musulman à l’autre, sur des questions aussi fondamentales ?

Ou bien, faut-il considérer que les règles associées à l’application de la charia dans différents pays ne constituent, sur des points clés, que des choix faits par les hommes, au fil des siècles, sur la base de leur interprétation des prescriptions coraniques ?

Dans ce dernier cas, le moment n’est-il pas venu, en ce début du 21è siècle, de revoir en profondeur ces interprétations, en vue d’en élaguer tout ce qui doit l’être ?

Notes

(1) Bin Baz, Abdel Aziz Bin Abdallah. 1990. Fatwa sur la conduite d’un véhicule par une femme (texte en arabe), http://www.scribd.com/doc/68964378/Bin-Baz-Abdel-Aziz-fatwa-in-Arabic-on-woman-driving-of-automobiles. Traduction partielle en anglais dans : Humanitarian texts. 2011. Repeal Saudi Arabia’s fatwa on women’s driving of automobiles, July 8, http://en.heidi-barathieu-brun.ch/wp-archive/7146.

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Commentaires

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Sarah
-148 points

Jusqu'à quand ce maudit royaume et ses rois et ses muftis analphabètes vont-ils nous couvrir de honte?!

C'est incroyable que ce genre de "fatwa" soit émis par des gens aussi haut placés.

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safi benbouzid
17 points

Pourquoi l’on ne cite presque jamais le rite ibadite qui est pourtant rite d’état à Oman ?
En Algérie, après l’Indépendance, nous étions envahi par de la littérature saoudienne, sans doute pour lutter contre ces communistes athées qui avaient pourtant inscrit, dans leur constitution, que l’Islam était religion d’état. J’ai lu, dans un de ces livres, que la tâche principale de la femme était d’assurer le confort de l’homme. Le rabbin Yossef Ovadia a été plus loin en déclarant que le rôle des goyim était de servir les Juifs. Les extrémismes ont un mode de raisonnement commun.
Il serait intéressant d’avoir l’avis de cet inquisiteur saoudien sur le fait que le Nom d’Allah soit apparu sur un nuage à Alger, grâce à un laser fourni par son ambassade en Algérie. Y a-t-il eu blasphème ou pas ?

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safi benbouzid
17 points

Du salafisme ou la judaïsation de l’Islam.
Mon grand-père, qui était un grand initié dans un ordre mystique soufi, nous expliquait que l’Islam religion du juste milieu, devait se comprendre par l’équilibre qu’il établit entre le rituel et la spiritualité. Le judaïsme est axé presqu’exclusivement sur l’observation du rituel. Le christianisme en exonère le fidèle et en charge le clergé. L’Islam fait la part du rituel dans les ablutions, par exemple, sans négliger le spirituel. La prière est une khalwa entre le Créateur et sa créature.
Le salafisme a fait la part belle au rituel et ouvert la voie à la casuistique. De jeunes Algériennes m’ont interrogé sur la validité de l’ablution de celle qui porte du vernis à ses ongles.

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Amir
-41 points

"«[la conduite d'automobiles par les femmes] peut indéniablement mener à de nombreux actes illicites», tels que « la "khalwa"[réunion en privé entre un homme et une femme] ; l'abandon du "hijab"[le voile] ou la rencontre avec les hommes, sans prendre les précautions nécessaires. Elle pourrait également conduire à commettre des actes «haram» [tabous], donc cela a été interdit. »"

Une Fatwa, c'est de l'Ijtihad? Admirez la profondeur des arguments du vénérable faqih du wahabisme.

Au fait, c'est la même personne qui a dit que la terre était plate dans les années 70,non?

Sans commentaire, c'est trop intelligent pour moi!!!!

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Mourad
-2 points

Non, Shaykh Ben Baz n'a jamais affirmé que la terre était plate, c'est une journaliste canadienne qui a écrit un article en affirmant cela sur le dos du shaykh pour le diffamer [et toi tu répètes ce mensonge avec ironie], et ce n'était pas dans les années 70 mais les années 90.

Par contre, niveau intelligence, je préfère 1.000 fois me tourner vers les paroles du shaykh que la votre...

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Amir
-41 points

Mais non, c'est un complot sioniste. Sans blague!!

Vous auriez pu dire, il est revenu sur ses dires, là au moins, ça aurait la vérité, mais non, c'est trop vous demander.

Pour l'intelligence, vous avez tout à fait raison de vous tournez vers votre petite idole...
Preuve :
Question à 1 € : laquelle des deux fatwas (la terre est plate ou l'interdiction de conduire pour la femme) est plus bête ?

Sinon ne me tutoyer pas, je ne suis pas votre ami.

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Liliane Bénard
-337 points

D'accord khalib Chraibi, "élaguons"!

Par temps d'hiver, c'est plus facile parce qu'il n'y a pas de feuilles. Elles sont tombées comme des traditions périmées. Leurs chutes sont naturelles même si le folklore s'en trouve un peu lésé, plus encore peut-être l'image que se fait d'elle l'Arabie Saoudite.

Il s'agit de l'Arabie heureuse où les femmes auraient toujours des chevaliers servants responsables du monde extérieur. La femme se préoccupant de l'intérieur et n'ayant pas accès à la vie publique.

Muhammad Asad au 20ieme siècle avait noté que cette distorsion intérieur-extérieur, public-privé, femme-homme était source de problème pour l'islam de son temps. Les musulmanes n'allaient pas se laisser exclure de la vie publique, enfermées sous des voiles noirs, sans permis de conduire ni de voter, quasi néantisées. Les femmes n'auraient-elles pas aussi bien que les hommes, les capacités de se conduire hors de leur foyer et sur la route ?

Bien des feuilles mal interprétées sont tombées. El

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Justine
33 points

Assalâmou alaykoum wa rahmatoullâhi wa barakâtouhou,

"C’est une discrimination basée sur le sexe, ce qui constitue une violation des dispositions de nombreuses conventions de l’ONU signées par l’Etat saoudien, dont certaines sont destinées à protéger les droits humains des citoyens en général, et d’autres ceux des femmes en particulier."

Avant d'être une violation des conventions onusiennes, c'est une violation des préceptes coraniques et prophétiques qui sont l'antithèse même de la misogynie et de l'infantilisation de la femme.
Attention de ne pas se tromper de référence lorsque l'on s'adresse à la oumma.

Wa salâm

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Liliane Bénard
-337 points

Élaguons en français.

Des feuilles mal interprétées sont tombées parce qu'elles confondaient l'accessoire et l'essentiel.

La majorité des citoyens musulmans juge l'égalité de l'homme et de la femme comme un droit. Personne n'ignore qu'en fait des différences importantes subsistent mais aussi que les droits conquis comme celui de voter ou de conduire vont dans le bon sens.

Hommes et femmes doivent ainsi accéder à la maturité.

L'intelligence classificatrice y fait obstacle des l'enfance. Un petit garçon n'est pas comme une petite fille. On va donc les ranger dans des classes différentes. Le problème est qu'on les hiérarchise, qu'une classe en domine une autre.

La maturité permet de libérer de toute domination de l'homme sur la femme, la force ne pouvant primer sur le droit.

Élaguons donc nos préjugés d'une manière mature !

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Fanette
21 points

Salam aleikoum,

à chaque fois que je tombe sur un fatwa, un avis religieux de ce Ibn Baz j'en ai la moutarde qui me monte au nez. Comment cet homme peut se permettre d'innover en matière de religion de manière aussi scandaleuse et être encore considéré comme un cheikh??? En Arabie Saoudite n'importe quel idiot barbus peut il émettre des avis religieux? Plus c'est misogyne et mieux c'est? J'ai aussi eu la malchance de voir sa vidéo sur la mixité. Il avoue clairement innover, son argument? LEs gens aujourd'hui sont plus perverts qu'avant, surtout les femmes. Je sais pas ce que sa mère lui a fait, mais d'après moi cet homme a des graves problèmes psychologiques et une obsession pathologique du sex. Franchement, je l'écris en toute sincérité, quand je lis ça je me dis que cet homme a un problème avec les femmes.

C'est effarant de voir que ce type de raisonnement simpliste et même pas argumenté (juxtaposition de "donc" entre des phrases n'ayant aucune relation de cause à effet)fasse loi

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Pancole
-1012 points

Voilà à quoi en en arrive lorsqu'on prétend rendre d'actualité des prescriptions religieuses vieilles de plus de 1000ans.

Il est grand temps que le Coran soit relativisé et actualisé comme cela est suggéré en conclusion, et qu'on cesse d'imaginer son infaillibilité. Cela vitera les contorsions intellectuelles dérisoires pour rendre certains de ses principes compatibles avec le monde d'aujourd'hui et en premier lieu cesser d'imaginer que la charia, lois supposées divines, doive primer sur la loi des hommes.

Cela évitera ces absurdités comme interdire de conduire aux femmes. Se poser la question est déjà stupide aussi stupide que d'interdire aux juifs pratiquants de toucher un appareil électrique durant shabat ou d'être en situation de péché mortel lorsqu'un chrétien mange de la viande le vendredi saint.

Une chose au moins est sûre, toutes les religions se valent.

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Samson Best
-351 points

Islam meilleur religion de monde,tolerante,pas agressive,aimant tous ces sujets,pour la construction d'eglises pas crime de d'honneur,aimant les femmes, bref tout pour plaire,apres on fait nos
ablutions et on va prier....et Allah est content......

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Samson Best
-351 points

il y a des religions anciennes,ce qui est troublant,c'est que la nouvelle ne nous propose rien,sinon qu'elle exagere et fait de la surenchere sur les anciennes,c'est un cercle infernal,mais qui pensais que toute nouvelle chose etait attractive,non,enfin de compte,
tout a mettre dans le meme sac?non,la premiere n'a copie personne.

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Samson Best
-351 points

il y a des religions anciennes,ce qui est troublant,c'est que la nouvelle ne nous propose rien,sinon qu'elle exagere et fait de la surenchere sur les anciennes,c'est un cercle infernal,mais qui pensais que toute nouvelle chose etait attractive,non,enfin de compte,
tout a mettre dans le meme sac?non,la premiere n'a copie personne.

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Amlil71
-4 points

A salamou 'aleykoum,

vous êtes malheureusement tombée dans le piège tendu par cet article qui vise à diviser un peu plus la communauté.
L'auteur de l'article et la rédaction d'oumma assumeront la responsabilité de cette publication qui ne favorise pas le débat de fond et cristallise la critique d'une vision de l'islam (la salafiya)sur un homme.
J'espère que vous avez conscience du respect que l'on doit aux savants de l'islam (qui plus est décédés) quand bien même nous ne sommes pas d'accord avec leurs idées.
Vous ne savez peut être pas qu'une fatwa est l'expression d'un avis juridique à un moment donné et dans un contexte donné. Il faut la prendre comme telle. Discuter d'une fatwa dont l'auteur est décédé me semble un peu tiré par les cheveux.

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selma78
21 points

Décidément Palazzo, plus je vous lis, plus je me dis que vous êtes vraiment gratiné...Vous avez des actions dans une entreprise de dénigrement du religieux ???
Sérieusement, qui est mis en question dès le départ de l'article par un homme de science lui-même? Les êtres humains...dans leurs malencontreuses et faillibles interprétations et lectures de notre Saint Coran. Mais ce message peut être pris plus largement : l'homme est un être faillible, il est oublieux, il se complait facilement dans ses fantasmes et accède plus difficilement à la Vérité, il se prend pour le roi du monde alors qu'il n'est qu'une créature...Et oui, c'est un constat qu'on peut faire à tous niveaux et dans tout un tas de contexte, politique, idéologique etc. La phallocratie dont il est ici question est une dérive de l'homo sapiens oublieux, et non de la religion de Dieu. Quant aux musulmans qui entretiennent chez aux cette "qualité", ils en porteront seuls la responsabilité. Dieu sait mieux.

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Abou Tahar al-Tlemceni
51 points

Ce n'est pas les religions qui se valent toutes, c'est votre stupidité sans fond entre beaufs de service. A chaque message vous battez les records de connerie et de lâcheté. Au moins assumez vos opinions, au lieu de vous cacher dans l'anonymat pour insulter les autres. A quoi servez-vous mon pôvre "pancole-palazzo"? Quand avez-vous proposé le début d'un commencement de conversation ou de réponse qui tienne la route? Pensez-y avant de nous pondre une autre ânerie dont vous avez le secret...

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Liliane Bénard
-337 points

Vous etes un comique !
Il y a plus de 1000 ans, il n'y avait pas de permis de conduire !
l'infaillibilité est plus pontificale que musulmane !!!
Je préfère pour ma part que mon mari conduise ou mes amis (filles et garcons)...
Faire le shabat est une expérience...
Pourquoi faire des péchés mortels si on aime la vie.
Bravo pour votre constatation de l'égalité des religions.

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hakku
7 points

As salamu aleykum
Le monde musulman a fait son départ vers la place qu'il mérite et qu'Allah lui a choisi.Le sheykh Ben baz-rahimahu Allah- n'est plus.Les conjonctures actuelles ne sont pas celles des années 90.Sa fetwa reflète un état d'esprit existant de par le monde musulman que la jeunesse de tout niveau doit dénoncer.Elle me rappelle les années où la télévision avait été taxée haram ainsi que l'internet- disons pour"mauvaise utilisation" pour ne pas dire les mêmes raisons.Je lisais en 90 une fetwa qui déclarait haram toute image, même la photo; alors que la photo du mufti figurait sur la couverture de derrière.Au début du siècle, ce même mufti couvrait, l'essentiel des chaines islamiques. Combien de temps ont-il fait perdre à la Umma par leurs fetwa erronées .Quand est-ce que ces muftis(?)cesseront-ils de marcher à contre courant de la Umma. L'Islam est plus grand qu'un rite,qu'une confrérie, qu'un parti,qu'un mufti fut-il officiel ...si vigilance il y a .

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hakku
7 points

As salamu aleykum
Le monde musulman a fait son départ vers la place qu'il mérite et qu'Allah lui a choisi.Le sheykh Ben baz-rahimahu Allah- n'est plus.Les conjonctures actuelles ne sont pas celles des années 90.Sa fetwa reflète un état d'esprit existant de par le monde musulman que la jeunesse de tout niveau doit dénoncer.Elle me rappelle les années où la télévision avait été taxée haram ainsi que l'internet- disons pour"mauvaise utilisation" pour ne pas dire les mêmes raisons.Je lisais en 90 une fetwa qui déclarait haram toute image, même la photo; alors que la photo du mufti figurait sur la couverture de derrière.Au début du siècle, ce même mufti couvrait, l'essentiel des chaines islamiques. Combien de temps ont-il fait perdre à la Umma par leurs fetwa erronées .Quand est-ce que ces muftis(?)cesseront-ils de marcher à contre courant de la Umma. L'Islam est plus grand qu'un rite,qu'une confrérie, qu'un parti,qu'un mufti fut-il officiel ...si vigilance il y a .

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hakku
7 points

As salamu aleykum
Le monde musulman a fait son départ vers la place qu'il mérite et qu'Allah lui a choisi.Le sheykh Ben baz-rahimahu Allah- n'est plus.Les conjonctures actuelles ne sont pas celles des années 90.Sa fetwa reflète un état d'esprit existant de par le monde musulman que la jeunesse de tout niveau doit dénoncer.Elle me rappelle les années où la télévision avait été taxée haram ainsi que l'internet- disons pour"mauvaise utilisation" pour ne pas dire les mêmes raisons.Je lisais en 90 une fetwa qui déclarait haram toute image, même la photo; alors que la photo du mufti figurait sur la couverture de derrière.Au début du siècle, ce même mufti couvrait, l'essentiel des chaines islamiques. Combien de temps ont-il fait perdre à la Umma par leurs fetwa erronées .Quand est-ce que ces muftis(?)cesseront-ils de marcher à contre courant de la Umma. L'Islam est plus grand qu'un rite,qu'une confrérie, qu'un parti,qu'un mufti fut-il officiel ...si vigilance il y a .

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safi benbouzid
17 points

@ Pancole alias Pallazo Décidemment vous êtes nul en histoire. L’Islam est dans son XVème siècle.
Vous êtes également nul en lecture ! Il n’est pas suggéré de « relativiser et d’actualiser le Coran », mais certains modes d’émission d’avis juridiques (fatwa ne signifie rien d’autre et surtout pas décret religieux). Je pourrais vous raconter l’histoire de la fatwa sur le djihad de l’Emir Abdelkader, surnommée la fatwa de l’horloge, mais je vous laisse le temps d’assimiler ma 1ère leçon.

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Pancole
-1012 points

Ma chère Liliane, il y a mille ans on pouvait toujours conduire un attelage, le moteur ne change pas le fond de l'histoire. L'islam devait très certainement déjà interdire aux femmes de les conduire.
La preuve : généralement on voit l'homme sur le bourricot et la femme marchant à côté. Il a bien fallu adapter les prescriptions coraniques aux inventions modernes!

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Pancole
-1012 points

Comme abou (de souffle) vous ne répondez jamais aux questions.

Islam a-t-il pour principe de reconnaître l'égalité des religions? Si tel est le cas cela m'a échappé!

Quand à l'infaillibilité elle est l'essence même du Coran!

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Fanette
21 points

Salam,

personnellement je connaissais l'individu avant d'avoir lû cet article et avais entendu parlé des lois misogynes et liberticides de l'Arabie Saoudite, entre autre. Je suis musulmane et bien contente de l'être, et je ne peux supporter que la religion soit dévoyée à ce point. Ce n'est pas cet article qui est source de clivage, mais bel et bien les prétendu savants dont on ne peut critiquer les raisonnements plus que douteux qui mènent des innovations allant à l'encontre de l'esprit même de la religion. Il ne faut pas tout confondre. LA foi n'empèche pas le bon sens, bien au contraire. Et il ne faut pas avoir fait l'école des cheikh du wahabismes pour s'appercevoir de l'aberration de telles fatwas. Il y a pourtant des mises en gardes dans le Coran, claires et explicites sur ce types d'agissements. Mais certains d'entre nous préfèrent soutenir un homme qui rajoute à ce que Dieu nous a ordonné, plutôt que de dire qu'il a tort. Et vous? Vous acceptez le raisonnement de Ibn Baz ??

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safi benbouzid
17 points

Le Roi Louis-Philippe, trouvant que la « pacification » s’éternisait, a demandé au Khédive de commander à Al- Azhar une Fatwa disant que la résistance de l’Emir n’était pas du Djihad. Sommés de s’exécuter, les Ulémas, pour rester en vie et préserver leur salut, ont eu recours à la subtilité arabe. La fatwa disait que le combat de l’Emir cesserait d’être du Djihad dès qu’il aura pris connaissance de cet avis juridique. L’Emir a fait ce que tout bon Musulman fait en ce cas, demander une contre-fatwa, en l’occurrence à la Qarawyine au Maroc qui confirmé que c’était, bel et bien, du Djihad.
Louis-Philippe, en remerciement a offert une horloge qui, justice divine immanente, n’a jamais fonctionné.

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Abou Tahar al-Tlemceni
51 points

Pauvre débile. Le degré zéro de la connaissance et de la réflexion. Regardez votre score (en rouge), c'est affligeant. Même pas une once d'amour-propre.

Pourquoi perdrait-on son temps à vous répondre? Vous ne posez jamais de question, vous balancez des accusations de comptoir. Puis comme on vous l'a dit mille fois déjà: changez de ton, et ayez la décence de vous présenter si vous souhaitez un dialogue.

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Orlando
-1420 points

Est-il licite en France, de ne pas ressembler à une femme ?

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safi benbouzid
17 points

@ Fanette Tous les intégrismes trouvent leurs sources dans une sexualité mal assumée. Sinon pourquoi exiger que les femmes soient à l’arrière des bus, sinon pour éviter de titiller l’homosexualité latente?
Le pilote qui a organisé l’attentat à l’aéroport d’Alger en 1992 a embrassé l’extrémisme parce que, son vol ayant été annulé, il a trouvé son épouse en galante compagnie. Si tous les maris trompés devaient agir ainsi, l’humanité irait à sa perte.

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Orlando
-1420 points

Assalâmou alaykoum wa rahmatoullâhi wa barakâtouhou, etc...

"C’est une discrimination basée sur le sexe, ce qui constitue une violation des dispositions de nombreuses conventions de l’ONU signées par l’Etat saoudien, dont certaines sont destinées à protéger les droits humains des citoyens en général, et d’autres ceux des femmes en particulier."

Les pays arabo-musulmans n'ont jamais signé leur acceptation de la convention des droits de l'homme. Ils ont rédigé la leur...

Dans l'islam, la discrimination basée sur le sexe est une évidence.

Si vous êtes une femme : vous ne devriez pas être musulmane. A moins d'être masochiste de façon avancée.

Wa salâm...